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dimanche 6 juin 2010

Un Château en Enfer - Castle Keep, Sydney Pollack (1969)


Au mois de décembre 1944, lors de la Bataille des Ardennes, une contre-offensive des allemands contre les forces alliées, un groupe de huit G.I.s, conduit par le major borgne Falconer (Burt Lancaster) se réfugie au château de Malderais, une bâtisse isolée du Xe siècle. Le comte Henri Texier et Thérèse, sa jeune épouse s’avérant être également sa nièce, y vivent sans enfant, le comte étant impuissant, entourés d'inestimables œuvres d’art. Le major décide, malgré l’opposition de son second, le capitaine Beckman, féru d’art et spécialiste des miniatures en ivoire du XIIe siècle, de s’installer dans les lieux et d'en faire une place forte.


Sous ce pitch en apparence classique se cache un pur ovni du film de guerre. Le début évoque les classique du film de commando de l'époque avec ce groupe de soldat investi de la protection château médiéval mais très vite le tout dérape. L'atmosphère pesante chargée d'histoire des lieux, l'ennui provoqué les longues semaines d'inactivité et l'idylle improbable entre le commandant joué par Lancaster et la jeune châtelaine sont des éléments qui font que le film détonnent progressivement de ce genre de production.

Du coup les enjeux se déplacent complètement, la grande question étant ici l'opposition entre Lancaster souhaitant faire du château le dernier bastion de résistance à l'arrivée imminente des troupes allemandes tandis que son second (excellent Patrick O'Neal) féru d'art souhaite préserver le patrimoine du château, soutenu par le comte joué par Jean Pierre Aumont. Pollack applique une esthétique et une narration tout aussi surprenante, très moderne et presque psyché dans certains effet avec des ellipses surprenantes, des dialogues en voix off décalé avec l'image et une imagerie majestueuse pour tout ce qui est d'illustrer les splendeurs contenues dans le château de Malderais. L'ambiance m'a vraiment rappellé La neuvième Configuration (et sa galerie de vétéran fêlé et psychotique) de William Peter Blatty par instants.
Certaines scènes sont vraiment hallucinantes tel ce moment où le commando se rend au bordel du village, aux intérieur rougeoyants et théâtraux où les prostituées prennent la pose pour nos soldats en tenues affriolantes. L'arrivée d'un groupe de soldat déserteur fous de dieu mené par un Bruce Dern possédé est également des plus déstabilisant. Les seconds rôles sont à l'avenant en particulier Peter Falk réinvestit de son métier premier lorsqu'il se lie avec la boulangère du village, Scott Wilson (le terrifiant Slim Grisom de Pas d'orchidée pour Miss Blandish) qui tombe amoureux d'un Volkswagen ou le jeune écrivain noir dont le livre imaginaire fait office de narrateur par intermittence.

On sent que Les Douze salopards de Aldrich est passé par là à travers cette galerie de personnages psychotique et torturé, et comme pas mal de film de cette période c'est surtout la guerre du Vietnam qui est en point de mire plutôt que le réel conflit où se déroule l'intrigue. Malgré ce ton anticonformiste, les séquences d'action sont bien là et s'avère dantesques : une sène de guérilla en plein village où un tank allemand pulvérise les parois d'une église pour traquer des soldats américain et surtout la résistance finale pour la défense du château où une véritable apocalypse de feu et de sang se déchaîne sous nos yeux.

Magnifique Lancaster dont le personnage reste une énigme dans son jusqu'au boutisme suicidaire qui rattrappe bien les faiblesses d'interprétation de Astrid Heeren. Vraiment étonnant dans le genre, et sacré score de Michel Legrand aussi déroutant que les images.


Trouvable pour 3 fois rien en dvd zone 2 chez Columbia


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