Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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vendredi 31 décembre 2010

Nous irons tous au paradis - Yves Robert (1977)


Ayant découvert fortuitement une photo sur laquelle Marthe, sa femme, embrasse un inconnu vêtu d'une veste à carreaux, Étienne Dorsay est travaillé par le démon de la jalousie, et imagine divers stratagèmes pour identifier l'amant.

Parallèlement, Étienne et ses amis font l'acquisition d'une maison à la campagne vendue à un prix défiant toute concurrence... laquelle se trouve être en fin de compte en bout de piste d'un grand aéroport (elle est achetée pendant une grève et le premier réveil des nouveaux propriétaires est « agité » et bruyant).


Après l'énorme succès du premier opus, une suite est embrayée dans la foulée et sort l'année suivante ce qui offre une continuité idéale malgré quelques incohérence (Rochefort qui semble avoir totalement changé de profession, le cabinet de Bedos totalement différent d'aspect par rapport au premier...). Le scénario de Dabadie et Robert est une nouvelle formidable dans son équilibre puisque paradoxalement les évènements de ce second opus sont bien plus dramatiques que dans Un éléphant mais pourtant les gags et moments comiques bien plus énormes et mémorables.

Une nouvelle fois notre quatuor voit sa masculinité bousculé par les temps qui changent, le film alternant de nouvelle pistes (la jalousie maladive de Rochefort, Lanoux confronté aux tourments de l'amour libre avec sa nouvelle compagne) et la surenchère réjouissante sur des situations déjà exploitée. Le grand gagnant sur ce point est Guy Bedos qui était le héros le moins fouillé du premier film et qui là est réellement touchant entre ses empoignades épiques avec sa mère Marthe Villalonga et ses conquêtes féminines compliquées (grande idées que ces consultation imaginaire en forme de rendez vous amoureux). La scène où il apprend le décès de sa mère est vraiment belle et montre la solidarité indéfectible du groupe, soumis à rude épreuve également lorsque la tentative de Brasseur d'entrer dans une certaine "normalité" va lamentablement échouer.

Ce ton bien plus mélancolique (à l'opposé du guilleret premier film) est heureusement contrebalancé par un burlesque grandiose. L'influence de Blake Edwards esquissée dans la conclusion de Un éléphant devient cette fois manifeste avec Jean Rochefort habillé et se mouvant comme l'Inspecteur Clouseau dans la filature de sa femme adultère et le score de Vladimir Cosma offre une jolie variation du thème de La Panthère Rose de Henry Mancini.

L'épisode de la maison de campagne voisine d'un aéroport est tout aussi mémorable (notamment la partie de tennis qui tourne au vinaigre sous le vacarme des avions !), tout comme la rencontre musclée entre Rochefort et Jean Pierre Castaldi pour un sacré désossement de voiture. Sans égaler le final du premier film, la conclusion offre tout de même une belle réinvention d'une situation de vaudeville où le couple est mis à mal mais une nouvelle fois c'est malgré tout les hommes qui n'en sortent pas grandis.

extrait grandiose



Et puisque c'est le dernier billet pour 2010 bonne année à tous lecteurs et lectrices !

jeudi 30 décembre 2010

Un éléphant ça trompe énormément - Yves Robert (1976)


L'histoire de quatre copains, restés de grands enfants à l'approche de la quarantaine. Etienne est heureux dans son couple, mais il est obsédé par l'image d'une jeune femme en robe rouge...

Un des summum de ce sous genre qu'est "le film de potes" et en tout cas de loin le meilleur archétype français dans cette catégorie loin devant Mes Meilleurs Copains, Le Coeur des Hommes (au demeurant fort sympathiques) et du récent Les Petits Mouchoirs qui avait plutôt tendance à (très mal) plagier Les Copains D'abord de Lawrence Kasdan.

Le film est une sorte de photographie idéale du mâle français des 70's, les mutations de la société d'alors s'illustrant dans les certitudes vacillantes du groupe de héros. Le scénario de Yves Robert et Jean Loup Dabadie partagé entre situations grotesque hilarante et dialogues finement ciselés entreprend donc de soumettre à rude épreuve nos mâles sûr de leur condition. Tout d'abord avec le père de famille modèle incarné par Jean Rochefort, assailli par un terrible démon de midi face à une insaisissable femme en rouge (magnifique Annie Duperey aux jambes interminable et qui a droit à une mémorable première apparition) dont la conquête sera de longue haleine avant une conclusion en apothéose sur la corniche d'un immeuble. Victor Lanoux mari coureur et fier de l'être va lui tomber de haut quand son épouse quittera le domicile avec perte et fracas, Guy Bedos est lui étouffé par les femmes à commencer par sa mère (Marthe Villalonga en forme olympique) et Claude Brasseur sous ses airs macho dissimule en fait drôle de secrets.

Le quatuor vedette possède une merveilleuse alchimie admirablement servi par les situations les tournant en ridicule. Le constant décalage de la voix off de Jean Rochefort le mettant en valeur et ses vrais déboires dans la réalité offre d'irrésistibles moments de drôleries comme ses tentatives malheureuses de se mettre à l'équitation. Pour Lanoux ce décalage frappe d'emblée entre une partie de tennis où il joue les gros bras et siffle la moindre fille qui passe pour fondre en larmes dès la séquence suivante dans son appartement désormais vide.

C'est dans ce même procédé mais à retardement que Brasseur est également mis à nu entre les grosses voitures qu'il conduit, les blagues énormes qu'il faits (grand moment lorsqu'il se fait passer pour un aveugle au restaurant) la moindre bagarre à laquelle il est prêt à se mêler qui ne rende que plus surprenante la révélation le concernant. Le personnage de Guy Bedos est moins fouillé propose un humour plus simple et immédiat au détriment de l'émotion par rapport à ses compères mais le tout fonctionne très bien.

Fonctionnant plus sur le ton de la chronique plutôt que sur vraie intrigue soutenue, le film conserve une fraîcheur et un humour intact tout en restant toujours d'actualité dans ses thèmes. Et surtout on aura rarement vu conclusion plus folle dans une comédie française avec une situation de vaudeville qui se transforme en gags étiré à la Blake Edwards se terminant par un mémorable saut de l'ange. Enorme succès, une suite sortira dès l'année suivante avec Nous irons tous au Paradis.


Sorti dans un beau coffret rétrospectif comprenant le film et sa suite

Court mais savoureux extrait



mercredi 29 décembre 2010

Jiang Hu : The Bride with white hair - Bai fa mo nu zhuan, Ronny Yu (1993)


Yi-hang, un jeune guerrier au service de la secte du Wou-tang, qui oeuvre pour la chasse aux hérétiques, rencontre la Louve, une sorcière au service de Tsi, l'ennemi juré de Wou-tang. Tous deux tombent amoureux, ce qui va entraîner des conséquences désastreuses dans leurs camps respectifs...

Cette relecture de Romeo et Juliette constitue probablement un des plus beaux films produits à Hong Kong dans les années 90 et qui doit sa grande réussite aux grands talents de ses instigateurs mais aussi une suite de hasards et contrainte qui en firent un objet unique en son genre. Le film s'inscrit dans la vague du renouveau du wu xia pian (film de sabre chinois) qui tombé en désuétude dans les 80's au profit du polar retrouvait les faveurs du public après le succès du chaotique mais grandiose Swordsman II produit (et en partie réalisé) par Tsui Hark. Le genre pullule donc sur les écrans et lorsque Ronny Yu novice en la matière (tout ces précédents films se déroule dans un cadre contemporain) décide de s'y frotter le maître mot est de contourner tout les clichés s'y rapprochant.

Ce qui aura motivé le réalisateur à se lancer c'est la magnifique histoire de ce Bride with the white hair issue d'un roman de Liang Yusheng et dont il pense donner une illustration marquante après les deux adaptations ayant déjà été réalisé. Solide metteur en scène mais sans génie jusqu'ici (ni même après) Ronny Yu déploie là une magnificence visuelle alors totalement à contre courant d'un cinéma hongkongais dont le côté bricolé constitue un des grands charmes. Les costumes sont donc dessinés par Emi Wada (célèbre pour son travail chez Kurosawa notamment le magnifique Ran), la photo Peter Pau (futur oscarisé pour Tigre et Dragons) et le couple vedette sera incarné par les deux acteurs les plus glamour de Hong Kong à savoir Leslie Cheung et Ling Ching Hsia.

Dès la magnifique introduction sur les personnages enfants, leur lien indéfectible mais aussi le poids de leur entourage se dessine. Yi-hang (Leslie Cheung) est un jeune orphelin est durement entraîné au arts martiaux dans le but de devenir le futur maître de la secte Wu Tang. Cependant sa nature légère et espiègle le place bien loin de ses préoccupations et s'est après s'être perdu en forêt pour échapper à son labeur qu'il est sauvé des loups une fillette toute de blanc vêtue qu'il n'oubliera jamais. Quelques années plus tard il découvrira qu'elle s'avère être La Louve, exécutrice sanguinaire des Tsi ennemis juré de son camp.

Le film dessine un pur univers de fantasy et de légendes où chacun des deux mondes qui s'oppose s'avère aussi néfaste l'un que l'autre. Les Wu Tang sont rongé par les intrigues de palais pour le pouvoir, et déploie une violence et une haine sans discernement pour le moindre ennemi. Yu y fustige là un certain rigorisme clanique voir religieux qui ne laisse pas la place au doute et à la nuance, ce que ne peut supporter le personnage rebelle de Leslie Cheung. Les éclairages se font alors sobre, l'ambiance solonelle et feutrée, tout le contraire de l'ennemi Tsi. Là on on donne dans la luxure et la dépravation, les éclairages se font rougeoyant et baroques dans un décor extravagants d'outrance. Tout cet excès est symbolisé par les grands méchant du films, des frères et soeurs siamois décadents et schizophrènes.

L'histoire rapproche donc deux figures destinés à être le bras armés de leur camps mais qui n'en ont cure une fois retrouvé. Leslie Cheung (une nouvelle fois magnifique de charisme) n'est guère intéressé par le pouvoir et La Louve découvre un bonheur insoupçonnée dans les bras de cet homme qui l'aime pour elle et pas l'usage qu'il pourrait en faire. Le plus beau symbole de ces sentiments est la scène où il lui donne un nom alors qu'elle n'était jusque identifié que sous son aura guerrière. Chose rare dans un film tout public hongkongais, le film ose des scènes d'amours aux élans lascif et passionné (il faudra le Green Snake de Tsui Hark pour retrouver pareil fougue) longuement filmé par la caméra amoureuse de Ronny Yu.

Comme déjà dit les contraintes de tournages apportèrent des atouts inespérés au film. La production est contrainte de construire un studio pour satisfaire les exigences de Yu mais le tournage en pleine canicule de juillet oblige à tourner essentiellement de nuit pour ne pas épuiser les acteurs en lourd costume d'époque. Du coup les séquences de jour acquièrent une aura étrange et irréelle tandis les moments nocturne déploie alors une majesté féérique d'autant plus saisissante.

Les séquences de combat donne également dans le jamais vu puisque Yu soucieux d'uniquement utiliser ses acteurs durant les affrontements compense leur carences martiales en jouant avec les vitesse de filmages ralenties sur le tournages puis accéléré en post production (le montage de David Wu est prodigieux) pour un résultat bluffant de poésie et d'inventivité (il faut imaginer les jeux sur la vitesse de l'image d'un Wong Kar Wai mais dans le cadre du cinéma d'art martiaux) ou le décor souple permet les mouvements de caméra les plus fous. L'affrontement extraordinaire avec les siamois en conclusion est ainsi sacrément virtuose.

Les séquences d'anthologies pullulent notamment dans la dernière partie. Le sacrifice de Ling Ching Hsia (qui malgré la facette guerrière délaisse son aspect androgyne pour un de ses plus beaux personnages tragique) qui traverse de terrible épreuves pour échapper à son camp s'oppose donc à la terrible lâcheté momentanée de Leslie Cheung qui va provoquer le drame. La Louve ayant tout abandonnée pour l'homme qu'elle aime ainsi trahi manifeste sa détresse par cette chevelure brusquement blanchie par la douleur. Y-hang ainsi damné pour avoir douté de sa belle devra surmonter la solitude de toute une vie et courir après une légende hypothétique pour espérer la voir revenir. Tragique et flamboyante conclusion pour ce grand film qui distille une incroyable gamme d'émotions et de personnages complexe en 1h25 à peine.

Le film fut un immense succès à Hong Kong et le premier wu xia pian à obtenir une authentique renommée internationale (les histoires d'amours sont toujours universelles). C'est également un traumatisme esthétique qui se ressent encore aujourd'hui dans les avatars récents du genre comme le Hero de Zhang Yimou qui (sans parler du fond navrant) néanmoins lorgne plus vers la pub pour du parfum que la splendeur de Ronny Yu. Le film connaîtra une suite la même année mais bien moins intéressante car trop simpliste sans les nuances du roman.

Sorti en dvd zone 2 chez Studio Canal et doté d'une passionnante interview de Ronny Yu sur la confection du film.

mardi 28 décembre 2010

Fantômes à Rome - Fantasmi a Roma, Antonio Pietrangeli (1961)

Le vieux prince Don Annibale di Roviano cohabite avec ses fantômes ancestraux dans son antique palais romain. Il refuse l'offre alléchante que lui fait une société immobilière qui voudrait acheter son palais pour en faire un grand magasin. Le prince meurt subitement et Reginaldo, son héritier, conclut la vente.

Quand la comédie italienne décide de se teinter de fantastique ça donne ce petit bijou un peu oublié de Antonio Pietrangeli, fameux scénariste (La Terre Tremble et Ossessione pour Visconti, Europa 51 pour Rosselini entre autres...) et auteurs de quelques grandes réussite en tant que réalisateur comme Adua et ses compagnes. Fantômes à Rome, commande du producteur Franco Cristaldi au casting prestigieux bien que moins personnel n'en demeure pas moins brillants.

Le principe est assez classique du film de fantôme avec des revenants qui vont tout faire pour empêcher leur demeure de tomber entre les mains d'un promoteur immobilier souhaitant la transformer en garage. Tout est dans le traitement assez irrésistible grâce au scénario finement ciselé de Pietrangeli, aidé entre autres par un Ettore Scola pas encore passé à la réalisation. On découvre donc l'attachant et acariâtre vieillard Don Annibale di Roviano dernier prince de sa lignée cohabitant joyeusement avec les fantômes de ses ancêtres, tous mort dans des circonstances rocambolesque.On trouve Reginaldo (Marcello Mastroianni) séducteur mort en glissant du balcon d'où il quittait la chambre d'une maîtresse (et condamné dans l'au delà à ne porter qu'une chaussure l'autre ayant été perdue au moment fatidique), Flora (la belle Sandra Milo) jeune fille suicidée par dépit amoureux ou encore le Frère Bartolomeo (Tino Buazelli) victime de sa gourmandise lorsqu'il mangea des boulettes de viandes pleines de mort aux rats.

La première partie pose les règles de coexistence entre le monde des morts et des vivants, les revenants pouvant intervenir physiquement de manière restreinte (mais source de nombreux gags) et surtout psychologiquement en influençant les actions et pensées des humains. Chaque fantôme possède une personnalité bien marquée et attachante, tel Mastroianni profitant de son statut pour reluquer les belles plantes dans leur intimité voir plus, ou encore la nature lunaire et dingue de Sandra Milo. Les bons mots pleuvent et les situations délirantes également jusqu'à la mort accidentelle du prince qui enclenche l'intrigue puisque le palais semble menacé si le seul héritier (Mastroianni dans un double rôle voir plus grosse surprise à la fin) cède au promoteurou à sa fiancée (Belinda Lee) intéressée.

Un des grands atouts est que malgré l'humour l'aspect fantastique est traité avec rigueur tout en déclinant une belle poésie. Les tenues blanches immaculées et le teint blafard des fantômes contraste avec l'éclatant technicolor, tout comme l'atmosphère éthérée de leur univers avec le côté réaliste et "vivant" du quartier romain où se déroule l'histoire. Dès lors tout en conservant un caractère bien trempé, les spectres s'en donne à coeur joie dans les faculté offerte par leur statut, traverser les murs, déplacer les objets.

En toile de fond, c'est la question de la modernité se faisant dans le le mépris du passé qui se dessine et les fantômes et leur disparition annoncées ne sont qu'une métaphore de l'oubli dans lequel l'inculture et l'appât du gain sacrifie le patrimoine ici sous la forme de spéculation immobilière (dont un savoureux moment où Gassman se plaint de son acienne demeure devenue une barre HLM sans âme). Au delà des murs en eux même, c'est aussi une manière de vivre qui disparaît par ce phénomène, Pietrangeli l'illustre d'ailleurs avec quelques figures hautes en couleurs du quartier comme la Reine déchue jouée par une cabotine et touchante Lilla Brignone.Cette thématique s'exprime pleinement dans l'ultime astuce trouvées par les fantômes pour conserver leur demeure, en faire un monument historique. C'est l'occasion d'une mémorable apparition finale de Vittorio Gassman plus cabot que jamais en peintre soupe au lait dont l'oeuvre confondue avec celle du Caravage est l'occasion de colère dantesque.

Drôle, élégamment mis en scène et porté par un superbe score de Nino Rota une grande réussite parmi les plus originale de la comédie italienne.

Sorti uniquement en dvd zone 2 chez SNC/M6 Vidéo

extrait

lundi 27 décembre 2010

Sayonara - Joshua Logan (1957)


Pendant la guerre de Corée, il était interdit aux Américains en poste au Japon de se marier avec des Japonaises. Le film relate donc l'histoire de deux amours interdits.

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale et de la longue occupation américaine dans un Japon vaincu, les rapprochements entre soldat américains et japonaises étaient inévitable et le film dépeint les obstacles à franchir pour ses couples mixte mal vus des deux côtés. L'histoire se déroule durant la Guerre de Corée, moment où la xénophobie américaine retrouvait un pic semblable à l'après Pearl Harbor et c'est justement un grand héros de l'armée transféré au Japon qu'incarne Marlon Brando. Ce dernier en fait un peu trop en gradé yankee méprisant des coutumes nippones, accent du sud traînant bien appuyée et remarques désobligeantes à foison. On devine bien que le but est de marquer la différence avec son changement à venir mais c'est néanmoins forcé.

Le principal intérêt du film est vraiment dans la description de cette découverte, rapprochement avec la culture japonaise par les yeux blasés puis peu à peu fascinés de Brando. Il faut le voir affalé mâchant son chewing gum durant un spectacle Kabuki et clamer que ça manque de beauté à la Marilyn Monroe, pas très subtil. Les entraves de l'armée aux unions entre américain et japonaise (qu'ils n'étaient pas autorisé à ramener au USA en cas de transfert) offrent des moments vraiment intéressant à travers les embûches administrative et manoeuvres d'intimidation pour briser ses couples.

Le film a cependant un énorme problème, son histoire d'amour est totalement insipide. Brando agace tout d'abord en américain rouleur de mécanique puis semble en pilotage automatique quand il s'agit de conter fleurette à sa belle japonaise. Le personnage comporte pourtant des facettes intéressante notamment le fait d'être un officier modèle faisant passer sa réputation et image avant tout, ce que lui reproche sa fiancée Patricia Owens en début de film. L'alchimie ne fonctionne avec Miiko Taka la faute également à la prestation de cette dernière dont on peut soupçonner un apprentissage en phonétique des dialogues anglais tant elle semble désincarnée. Les séquences de séduction où elle demeure lointaine et conserve son mystère de star (elle est la danseuse vedette d'une revue célèbre) sont réussie mais dès la séquence de déclaration il y a un fossé entre la décontraction de Brando et la touche trop énamourée de Miiko Taka.

Il y a pourtant bien une vrai belle romance dans le film, celle entre le soldat incarné par Red Buttons et Miyoshi Umeki. Moins glamour que le couple vedette ils sont pourtant plus authentique et touchants (le scénario osant poser le problème de la barrière de la langue dans leur cas) dans leurs hésitation et maladresse. Leur sort s'avère réellement tragique et les deux acteurs seront judicieusement récompensés des Oscars des meilleurs seconds rôle masculins et féminins.

Le film sera également récompensé pour sa direction artistique et nominé pour sa photographie(les extérieurs à Kobé sont superbes), à juste titre tant on sent la volonté de respecter et d'illustrer au mieux les diverses spécificité japonaises comme le théâtre kabuki, les intérieurs soignés ou dans une veine plus hollywoodienne offrir des numéros musicaux imprégnés du folklore local. Malgré ces gros défauts ça se laisse donc relativement regarder malgré la platitude de la mise en scène de Logan (nettement moins inspiré que sur Picnic) les choix artistique hasardeux (Ricardo Montalban grimé en japonais qui grimace et plisse les yeux tout le film) et les grosses longueurs (2h20 out de même).

Sorti en dvd zone 2 français chez MGM

Extrait du générique de début histoire de savourer la bande son soignée et les belles images...

dimanche 26 décembre 2010

L'Île mystérieuse - Mysterious Island, Cy Enfield (1961)


Durant la guerre civile américaine, des soldats de l'union s'enfuient à bord d'un ballon d'un fort où ils étaient prisonniers ; par un concours de circonstance, un soldat sudiste se retrouve avec eux dans la nacelle. Ne sachant comment piloter l'engin, ils partent à la dérive, portés par les vents violents d'une gigantesque tempête. Ils finissent par s'échouer sur une île qui semble déserte. Bientôt, deux autres naufragés les rejoignent et, alors que la vie commence à s'organiser, ils font connaissance avec les créatures qui peuplent l'île : un crabe, des guêpes, des oiseaux..., mais tous d'une taille démesurée !

Après les Mille et Une Nuits (Le Septième Voyages de Sinbad), Jonathan Swift (Les Voyages de Gulliver) et avant HG Wells et la mythologie grecque (le formidable Les Premiers hommes sur la lune, Jason et les Argonautes) le cinéma de Ray Harryhausen s'appropriait donc cet autre grand pourvoyeur d'imaginaire qu'était Jules Verne. Le film est très fidèle au livre et contrairement à notamment Les Voyages de Gulliver (évoqué en mai sur le blog) les changements destinés à correspondre à la formule des productions Harryhausen/Charles Schneer se font dans le bon sens et ne dénature pas le roman.

Le point de départ est similaire avec la fuite en ballon d'un groupe d'hommes lors du siège de Richmond sauf que contrairement au livre ils sont cette fois tous militaire et seront rejoint plus tard sur l'île par deux naufragée (le prétexte à intégrer une présence féminine aguicheuse est assez voyant surtout dès que Beth Morgan troque sa tenue distinguée pour un pagne ultra court que n'aurait pas reniée Raquel Welch). Autre légère modifications pour les connaisseurs du livre le bandit repenti Ayrton (réutilisé par Jules Verne après Les Enfants du Capitaine Grant) est déjà mort et seulement évoqué comme un ancien habitant de l'île.

Les grands thèmes de Jules Verne sur la camaraderie et l'ingéniosité des hommes les aidant à survivre démunis sur cette île sont bien là, à travers le récit qui conserve cette tonalité à la Robinson Crusoé (Dafoe fut le modèle de Verne lorsqu'il se lança dans le roman) et la narration par Cyrus (qui d'ingénieur devient donc militaire tout en conservant son ingéniosité technique). Les militaires de camps différent qui s'unissent puis se lient d'amitié dans l'adversité illustrent les idées de Verne et permettront d'introduire de manière cohérente le Capitaine Nemo, présence bienveillante et mystérieuse planant sur l'île.

Alors que le livre est un pur récit de survie face à l'hostilité de la nature, Harryhausen ajoute pour plus de piquant une foultitude de créatures au proportions titanesque pour des morceaux de bravoures impressionnants. La première apparition d'un crabe géante est palpitante et inattendue, un volatile un peu ridicule offre tout de même une sacrée scène techniquement virtuose et on est pas loin de basculer dans l'épouvante avec des abeilles géantes peu ragoutantes. Le scénario lie habilement ses apparitions aux expériences de Nemo pour rendre le monde meilleur (notamment la faune gigantesque de l'île).

Parfois mal servi par des réalisateurs peu doués et des castings transparents (les seuls effets sauvant les films) Harryhausen offre une ses production les plus réussies grâce à la présence derrière la caméra du solide Cy Enfield le réalisateur du fameux Zoulou et les acteurs sont solides dans l'ensemble notamment Michael Craig en Cyrus.

Par contre sans être mauvais Herbert Holm affiche nettement moins de prestance en Nemo que James Mason dans le Vingt Mille Lieues sous les mers de Richard Fleischer ou même Omar Sharif dans l'excellent feuilleton tv des 70's (si on veut une adaptation fidèle c'est celle là qu'il faut voir). C'est d'autant plus vrai dans la scène où il périt assez quelconque alors que Mason est majestueux à ce moment là et que Sharif dans une scène similaire dégageait une sacrée émotion dans ses derniers moments (gros souvenir d'enfance son dernier regard avant la fin !).

Techniquement le film est une grande réussite multipliant les prouesses. La traversée en ballon d'ouverture, l'île où le décor (la même plage que Le Septième Voyages de Sinbad pour les extérieurs le reste dans les studios de Shepperton) se dote d'un exotisme irréel par l'ajout de prodigieux matte painting compte parmi les images les impressionnantes sans parler des séquences sous marine où on entraperçoit des ruines de l'Atlantide (directement inspiré des dessins de Ferat dans l'édition originale du livre) et une éruption volcanique finale dantesque. Le design du Nautilus est un poil décevant par rapport au film de Fleischer ceci dit, mais ce ne sont que de petites broutilles pour ce formidable film d'aventures porté en plus par un fantastique score de Bernard Herrmann.

Sorti en dvd zone 2 anglais doté de sous titre français dans la collection Harryhausen


vendredi 24 décembre 2010

Angel - François Ozon (2007)


Angleterre, 1905. Angel Deverell, jeune écrivain prodige, connaît une ascension fulgurante et réalise ainsi le rêve de toute jeune fille : succès, gloire et amour. Mais n'est-ce pas trop pour une seule femme ?

Grand amateur de romanesque hollywoodien, François Ozon franchissait le pas en 2007 avec Angel qui le voyait s'essayer pour la première à un tournage en costume et entièrement en anglais. Le film adapte un roman de Elizabeth Taylor, la romancière s'étant elle même inspirée pour son héroïne de Marie Corelli écrivain à l'eau de rose anglaise de la fin du XIXe tombé en désuétude mais très populaire en son temps (elle fut l'auteur favorite de la Reine d'Angleterre) et célèbre pour ses excentricités.

Ces informations permettent de faire le lien avec la drôle d'héroïne que constitue Angel. Ozon prend quelques liberté avec le livre pour servir sa vision, notamment en donnant à Angel les traits charmant de Romola Garai alors qu'elle est décrite comme laide sur papier. C'est l'équilibre entre ce physique attrayant, cette jeunesse et un caractère exécrable qui font tout le sel du personnage. Si cette nature de chipie insupportable mais adorable n'est pas nouveau (on pense bien sûr à la Scarlett O'Hara de Autant en emporte le vent) elle est ici élevée à des hauteurs inouïes : égocentrique, narcissique et hautaine, Angel a tout de l'enfant gâtée pénible. C'est aussi ce qui fait son génie, totalement immergée dans son univers flamboyant elle croit en son talent et à sa future réussite et n'en démord pas.

C'est donc à son irrésistible ascension qu'on assiste dans la première partie, de sa première publication à sa notoriété grandissante qui en font une des grandes figures de son temps. Tout peut lui être pardonné, son arrogance, ses goûts esthétiques douteux comme son ignorance crasse des choses du monde. Romola Garai est absolument parfaite, assumant pleinement le côté grotesque et autocenté d'Angel, passant de la grâce à l'ignominie en un clin d'oeil (il faut voir cette scène de repas où elle rabroue la pauvre Charlotte Rampling d'une phrase assassine bien sentie).

Angel est une héroïne qui rêve sa vie tout comme elle a une vie rêvée (dans un premier temps) et l'esthétique du film adopte cette idée. Ozon s'en donne à coeur joie dans les intérieurs rococo de Paradise la demeure de Angel, ou dans les tenues flamboyante de celle-ci tel cette robe rouge écarlate arborée lors du gala de promotion d'un nouvel ouvrage. Le réalisateur marche là sur les dignes traces de ses idoles Douglas Sirk ou Vincente Minelli qui soumettaient la réalité des images à l'état d'esprit de leurs héros par une mise en scène, des éclairages et des couleurs flamboyantes. Il en va de même lorsque Angel va découvrir l'amour dans les bras d'un peintre torturé lors d'une scène de déclaration enflammée ou plus tard un voyage de noces très carte postale où Ozon rend encore plus factices encore les procédés de rétro projection (un décor projeté derrière les acteurs alors qu'ils évoluent en studio) en vogue dans les années 40/50.

Cette première moitié de film est réellement épatante, Ozon apportant un souffle novateur dans ce type de récit romanesque très codifié. L'histoire d'amour entre Angel et Esmé (Michael Fassbender excellent) prend un tour légèrement différent du livre avec un relation plus ambiguë où on ne situe pas la distance entre l'intérêt financier et les vrais sentiments pour Fassbender. Etrangement, comme s'il était effrayé par son audace de la première partie Ozon s'avère terriblement conventionnel pour illustrer la déchéance progressive d'Angel. La dégradation du mariage offre des péripéties assez attendues (sentiment d'étouffement de Esmé, départ à la guerre, dettes de jeux, adultère) mais qui avec la même fougue et inventivité du début auraient largement pu être captivante. Au contraire cela s'avère assez morne et la dernière partie où Angel sombre définitivement est bien timide visuellement sorti des tenues incroyables de Romola Garai (dont une étonnante où elle traverse Londres attifée comme une sorcière).

Les thèmes du film appelaient pourtant de belles envolées. Angel dont les bizarreries s'était avérées si en accord avec la mode du moment devient soudain terriblement décalée. Toujours perdue dans son monde intérieur elle n'a pas remarqué que celui autour a changé et qu'elle n'y a plus sa place. Le monde baroque et flamboyant du début aurait donc dû se plier à une certaine noirceur et offrir des images cauchemardesques et grandiose mais cette idée est plus présente dans la trame que dans son illustration même.

On peut trouver diverses raisons (bien que tourné en anglais l'équipe est entièrement française et n'a pas la culture de la grandiloquence romantique à l'anglo-saxonne) mais toujours est il que le film déçoit grandement dans sa conclusion. Sans doute que trop fortement sorti de son univers, Ozon n'a pas su adopter l'emphase (toujours à la limite du ridicule) qu'osent si bien les drames hollywoodiens, voir la tentative brillante de Todd Haynes dans Loin du Paradis (ou même un Titanic de James Cameron en autre essai récent). Dommage mais reste une belle curiosité du cinéma français et Ozon a récemment rectifié le tir avec son excellent Potiche remake officieux de Tout ce que le ciel permet de Sirk transposé dans la France des 70's.

Sorti dans une très belle édition chez Wild Side

jeudi 23 décembre 2010

La Ville abandonnée - Yellow Sky, William A. Wellman (1948)


Après avoir pillé une banque, des hors-la-loi s’enfoncent dans le désert de sel pour échapper à leurs poursuivants. Exténués, ils échouent dans une ville fantôme, Yellow Sky, où vivent un vieux chercheur d’or et sa fille. L’appât de l’or divise la bande...

Très grand western de Wellman où ses thèmes de prédilection et son style visuel atteignent des sommets pour offrir un objet précurseur en tout point dans le genre. L'ouverture donne dans le classique sans surprise avec cette bande de hors la loi sans scrupule qui arrive en ville, pille une banque et déguerpit aussi sec. Ce début nous montre ainsi les malfrats sous leur jour le plus désincarné et fonctionnel afin que soit appuyé l'aspect révélateur de la tournure plus surprenante de la suite du récit. Ce sera tout d'abord par une terrible scène de traversée de désert, qui révèle les dissensions sous jacente de la bande mais aussi la profonde autorité qu'exerce Gregory Peck sur ses hommes prêt à le suivre dans cette fournaise ardente. Un beau morceau de bravoure (qui inspirera sûrement Leone pour une séquence similaire dans Le Bon, La Brute et Le Truand) où les personnalités les plus valeureuses, lâche ou tenace se dévoile nous permettant d'anticiper certaines réactions de la seconde partie.

Cette traversée du désert qui laisse nos héros exsangues n'est que la première étape d'une mise à nu de chacun dans le cadre surprenant de la ville fantôme de Yellow Sky. Filmé dans le décor naturel de la Vallée de la Mort, le film distille une atmosphère inhabituelle dans le western américain de l'époque avec ces rocheuses imposantes dessinant des ombres de plus en plus oppressantes sur cette mystérieuse ville fantôme. L'action se trouve réduite au strict nécessaire dans une tonalité exclusivement psychologique où toutes les facettes de Wellman se dévoilent. Le grand attrait pour les personnages féminins fort (célébrés dans Convois de Femmes notamment) avec une Anne Baxter teigneuse faisant face sans férir aux malfrats et qui au terme d'un relation tumultueuse avec Gregory Peck découvre peu à peu sa féminité.

Plus surprenant, le message sur les méfaits de la guerre et la manière dont elle détruit les hommes, thème récurrent de Wellman (vétéran de la Première Guerre Mondiale) mais qu'on a pas vu venir ici. En effet sous les premiers abord patibulaires, la bande se révèle peu à peu comme une suite de destins brisés par la Guerre de Sécession. Diverses lignes de dialogues révèlent pour certains un passé plus simple et rural que la guerre et que la nécessité a poussée vers une voie criminelle, le moment le plus significatif étant la touchante séquence d'aveux où Peck conclu un marché en narrant son enfance difficile soucieux de démontrer que le vrai lui réside dans cette existence dont il a été détournée.

Plus qu'à un groupe de malfrat néfaste c'est sous la forme d'une bande de garçons perdus qu'apparaît la bande, la façon autoritaire et presque paternelle dont Peck résout tout les conflits et la crainte qu'il inspire à ses hommes (qui multiplient les volte face pour ou contre lui, indécis) soulignant ce fait. Au final hormis un très inquiétant Richard Widmark (et sans doute aussi John Russel et son regard vicieux) avide de revanche, il n'y a pas de vrai figure malfaisante et négative qui se distingue. Le pouvoir de suivisme dans un collectivité que fustigeait Wellman dans son puissant L'étrange accident est donc vu sous un jour plus nuancé ici quoique désespérant avec ses hommes condamnés à suivre un leader bon ou mauvais.

La forme est assez exceptionnelle et déborde d'inventivité. Tout les jeux vidéos FPS naissent lors de ce plan insensé où Anne Baxter arme son fusil sur un adversaire avec vue subjective depuis l'intérieur du canon, la manière d'aligner les personnages dans un décor et surtout le jeu d'ombre sur leur visages se découpant dans le cadre dans le jeu sur la profondeur de champs annonce elle le western spaghetti.

Le sommet est atteint en conclusion où Peck, Widmark et Russel se traquent longuement dans les ruines, rien ne nous étant caché de leurs progression alors que l'explosion de violence clôturant la séquence est elle vue en hors champs de puis l'extérieur (le western spaghetti Keoma de Castellari calquera quasiment son final sur celui de Wellman) laissant planer le doute sur le vainqueur. Grâce à toute cette finesse déployée, la scène final en forme de repentance et de nouveau départ aurait pu paraître trop simpliste ou appuyée mais fonctionne parfaitement. Juste brillant!

Sorti en dvd zone 2 français, pour les anglophones le zone 1 est cependant beaucoup moins cher et doté de sous titres anglais.

Pas pu trouver de bande annonce donc petit panorama des meilleurs moments mais mieux vaut couper le son vu la musique hors sujet...

mercredi 22 décembre 2010

Les Vampires - I Vampiri, Riccardo Freda et Mario Bava (1957)

1957, Paris, des jeunes filles disparaissent mystérieusement avant de réapparaître, mortes et vidées de leur sang – Pierre Lantin, journaliste, part à la recherche de l’assassin qu’il surnomme « le vampire ».

Un vrai film charnière du fantastique mondial qui aura une descendance considérable sur diverses cinématographies, relancera le genre sous plusieurs incarnations dans les années à venir et établira définitivement certaines carrière. Pour le cinéma italien c'est enfin l'affirmation du fantastique face aux genre et écoles dominants comme le néoréalisme ou la comédie, avec une véritable déferlante du gothique italien dans les années à venir. La trame policière qui se mêle au récit surnaturel anticipe également les intrigues plus tortueuses du giallo, notamment les quelques séquences d'enlèvements des jeunes filles dont le suspense, la tension palpable et menaçante annonce des moments du même style en plus sanglant des années plus tard.

Le film est débuté par Riccardo Freda, grande maître du cinéma populaire italien à l'époque qui en tournera la moitié en 2 semaines avant de claquer la porte suite à des désaccords avec ses producteurs. On retrouve sa patte dans le sens de la narration et du rebondissement exemplaire (il aurait vendu son scénario en en délivrant une bande sonore complète racontant l'histoire pour une émission de radio), ses cadrages précis et sa direction artistique impeccable.

Mario Bava, directeur photo et collaborateur régulier de Freda est chargé de reprendre la main et réussi (comme souvent au cours de sa carrière) l'impossible en tournant la seconde moitié du film en 2 jours, par la grâce de quelques modification au scénario (le personnage du journaliste Pierre Lantin ayant été considérablement mis en avant car c'est le seul rôle majeur dont l'acteur était encore sur le tournage) et surtout de son sens visuel magistral, bien aidé par une équipe technique surdouée et habituée à travailler avec lui.

Le côté policier un peu plan plan est donc contrebalancé par des ambiances gothiques inquiétante à souhait où Bava rend autant hommage à ses maîtres (on pense souvent aux Frankenstein de James Whale et autres classique Universal dans le jeu d'ombres avec le décors et les personnages) qu'il annonce ses chefs d'oeuvre à venir comme Le Masque du Démon, Les Vampires étant le dernier film qu'il réalise sans le signer de son nom. Sans provoquer la grande trouille, des moments tout de même sacrément angoissant notamment tout ce qui a trait à aux transformations du personnage de Gianna Maria Canale, avec un effets spécial assez extraordinaire et quasiment en un plan, surtout quand vient l'explication dans les bonus tellement simple et astucieuse et enterrant tout les morphings du monde.

Le succès international du film lancera également la Hammer sur le créneau avec le destin que l'on sait, et en France Franju lui rend ouvertement hommage avec une intrigue et des atmosphères proche pour son chef d'oeuvre Les Yeux Sans Visage.

Sorti en dvd zone 2 français.

Extrait