Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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mercredi 27 septembre 2017

Pilotes de chasse - Thunder Birds, William A. Wellman (1942)



Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans un camp d'entraînement de l'armée américaine, un élève pilote tombe amoureux de la fiancée de son instructeur.

Thunder Birds est un film de propagande pensé par la Fox pour surfer sur le succès de Un Yankee dans la RAF (1941). On inversera ainsi simplement le principe ici en faisant évoluer un anglais dans l’aviation américaine, le titre de travail du film étant d’ailleurs A Tommy in the U.S.A. Darryl Zanuck en écrit un traitement sommaire et engage William A. Wellman qui accepte la commande avec la promesse de pouvoir réaliser le plus personnel L'Étrange Incident (1943). Wellman est un vétéran de la Première Guerre Mondiale dans l’aviation et servi au sein de l'escadrille La Fayette. Cette expérience se manifesta dans plusieurs de ses films de guerre évoquant l’aviation, notamment Les Ailes (1927) un de ses chefs d’œuvres. 

 Thunder Birds s’attache ainsi à dépeindre la formation d’apprentis pilotes dans une base d’entraînement américaine. Une voix-off tonitruante nous présente ainsi les lieux qui vont faire de ces jeunes gens des « hommes » avec images imposantes des avions en vol, des recrues arpentant le tarmac. Cette ouverture amorce des pistes intéressantes et méconnues en montrant des chinois parmi le melting-pot de recrues mais ce ne sera guère creusé dans la suite du film. Le scénario en reste au récit d’apprentissage à travers la relation entre l’élève anglais Peter Stackhouse (Jack Sutton) et l’instructeur Steve Britt (Preston Foster). Le devoir à accomplir surmonte tous les écueils à ce cheminement où s’entremêle le professionnel (le vertige que doit affronter Peter pour devenir pilote) et l’intime avec un triangle amoureux entre Peter, Steve et la belle Kay (Gene Tierney).

 Aucune vraie dramaturgie ne se noue cependant autour de ces enjeux, les élans du cœur ne venant pas détourner du devoir mais contribuant à mieux le réaliser. La rivalité n’existe ainsi pas réellement, Britt mettant sentiments personnels de côté pour faire de Peter un pilote chevronné. Ce n’est pas un cheminement fait de conflits initiaux mais un fait établi immédiatement et du coup le film suit une sorte de ligne claire sans heurts pas très passionnante et qui n’évite l’ennui que grâce à sa brève durée. Les scènes de vol témoignent de l’expérience de Wellman en mêlant habilement prises de vues réelles, rétroprojection pour les plans rapprochés et usage plus ou moins réussies de maquettes (moins impressionnantes que celles des films de guerre de la Warner) notamment durant une séquence de tempête de sable. Il faut bien cela pour nous sortir de l’indifférence polie ainsi que quelques moments piquants (la scène de la Croix rouge, le bain de Gene Tierney) et un Technicolor chatoyant mettant en valeur le regard de Gene Tierney.

Sorti en dvd zone 2 français et bluray chez ESC

lundi 8 septembre 2014

Ladies They Talk About - Howard Bretherton et William Keighley (1933)

Arrêtée pour complicité dans le braquage d’une banque, Nan Taylor (Barbara Stanwyck) tente de séduire le procureur David Slade (Preston Foster) qui résiste, et l’envoie en prison. Elle y fait la rencontre de plusieurs codétenues et cherche à s’évader grâce à l’aide de ses anciens complices. L’évasion tourne mal, et les hommes sont tués. À sa sortie, Nan est prête à tout pour se venger.

Ladies They Talk About est un Pré Code typique par son questionnement social sur la rédemption, sa dualité entre provocation et morale bienveillante et bien sûr son flamboyant personnage féminin typique des "mauvaises filles" qui traverse le genre. L'originalité viendra du cadre encore inédit du récit à l'époque, la prison de femmes. Nan Taylor (Barbara Stanwyck) est une criminelle endurcie depuis son plus jeune âge où elle n'a cessé de fréquenter les maisons de correction. Son charme et allure innocente représentent des atouts irrésistible dès qu'il s'agira d duper son interlocuteur et c'est ainsi que nous la découvrons, faisant les yeux doux à un agent pour qu'il lui ouvre plus tôt les porte de sa banque et permette à ses complices de s'y introduire et la dévaliser.

Malheureusement et en dépit de sa perruque blonde, un policier l'ayant arrêtée par le passé va la reconnaitre et deviner sa possible complicité malgré l'absence de preuve. Nan va cependant user d'un dernier atout en séduisant le procureur et ancien camarade d'enfance David Slade (Preston Foster) qui va user de son influence pour la libérer. Nan lui avoue néanmoins sa réelle culpabilité avant sa sortie et Slade incorruptible la fait envoyer à la prison pour femme de San Quentin où elle va longuement ruminer sa vengeance.

Le récit semble ainsi devoir évoquer le cheminement moral possible de Nan mais prendra pour cela des détours inattendus. On découvre ainsi l'univers prison et ses détenues où il ne règne absolument pas une atmosphère de repentance. Les figures hautes en couleurs, inquiétante et truculentes sont légions, assumant parfaitement les raisons qui les ont menées là dans une énumération savoureuse de leurs crimes. Ces femmes semblent assumer cette forme d'émancipation jusqu'au bout, évoquant amusées leur méfait sans que le moindre dialogue ou situation ne les juge (l'ancienne tenancière de maison close...), la prison étant absoute de toute les règles de l'extérieur à l'image de cette prisonnière noire invectivant une aristocrate blanche la traitant en subalterne.

Sous leurs allures rebelles, elles sont toutes observées avec une humanité s'attardant autant sur leur frustration physique (avec ce dialogue soulignant le manque le plus douloureux "la liberté et les hommes" et l'érotisme latent traversant tout le film) et morale où chacune recréera un semblant d'environnement personnel dans la décoration de sa cellule.

Nan est bien évidemment le symbole de tout cela avec son déchirement amour/haine pour celui qu'il l'a envoyée en prison. On ne sait si elle veut sortir pour se réfugier dans ses bras ou le faire payer, Barbara Stanwyck par sa prestation incandescente maintenant le doute jusqu'au bout, notamment une dernière scène où son regard haineux marque durablement. Personnage volcanique et ne s'en laissant pas compter, Nan reste d'ailleurs fidèle à elle-même jusqu'au bout puisque la rédemption est plus amenée à être sentimentale que morale, au vu d'un des derniers rebondissements où elle aide des complices à s'évader.

Les figures féminines apparaissent ainsi impétueuses et passionnées (à l'image du pendant négatif de Nan, Susie (Dorothy Burgess obsédée par Slade), plus libres malgré leurs écarts que les hommes toujours unidimensionnels (David Slade et sa facette religieuse en tête). La prise de conscience et l'apaisement final ne peut ainsi venir que d'un éveil personnel, la morale et les regards des autres ne semblant jamais avoir eu prise sur l'indomptable Nan.

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner dans la collection Trésors Warner consacrée au Pré Code

lundi 29 avril 2013

Annie Oakley, La Gloire du cirque - Annie Oakley, George Stevens (1935)


 Ce film raconte la biographie romancée d'Annie Oakley, la plus adroite des femmes de l'ouest au maniement des armes à feu. Elle rencontre Buffalo Bill et entre au Wild West Show.

Georges Stevens nous offre un divertissement des plus agréables avec cette biographie romancée d'Annie Oakley, légende de l'Ouest passé à la postérité pour sa dextérité au tir. L'intrigue suit très fidèlement le parcours de la tireuse en dramatisant un peu plus et en accélérant certains évènements : son enfance pauvre où elle apprend à tirer pour nourrir sans famille après le décès de son père, le défi lancé à un autre virtuose du tir qui va lui amener la notoriété et la faire engager dans le Buffalo Bill Wild West Show, le succès et les tournées à travers le monde dont un fameux numéro testé sur le Guillaume II d'Allemagne...

Tout cela serait très linéaire et mécanique sans une interprétation épatante et des enjeux sentimentaux bien mené. Dans la réalité, Annie Oakley tomba amoureuse et épousa celui qui fut son premier adversaire, Frank E. Butler vaincu lors de son premier concours de tir. Le scénario le transforme ici en Toby Walker (Preston Foster) et retarde l'union qui sera donc tout l'enjeu du film.

Annie Oakley innocente et énamouré de Walker ira jusqu'à lui laisser remporter leur première confrontation (au contraire de la réalité donc) mais ce dernier présenter comme arrogant et macho va pourtant la prendre sous son aile pour lui apporter ce qui lui manque, l'art de l'entertainment avec des numéros de plus en plus virtuose. Ce revirement est superbement amené par un excellent Preston Foster dont les poses de coq dissimulent un personnage très attachant qui se dévoile au fur et à mesure qu'il devient faillible. Barbara Stanwyck dans le rôle-titre croise avec brio candeur et détermination, l'allure séduisante de ses tenues de scènes n'ayant d'égal que sa précision infaillible au tir et forme un très joli couple avec Foster.

Dans cette bonne humeur ambiante le film ne fait que survoler les quelques pistes lancées au départ notamment la facette féministe et la fermeture aux femmes d'espaces masculins que ce soit le scandale de voir une femme dans un bar ou pire se mesurer aux hommes en tir. Ici passé l'incrédulité et la méfiance de départ, aucun obstacle ne se pose plus une fois qu'Annie a fait montre de ses capacités. De même le triangle amoureux un peu plus conflictuel au départ entre Annie, Toby Walker et le manager joué par Melvyn Douglas n'est guère exploité non plus, tout comme le questionnement amorcé mais vite éteint des relectures des mythes de l'Ouest dans cette troupe avec les personnages farfelus de Sitting Bull et Buffalo Bill. Un bon moment tout de même.

Sorti en dvd zone 1 chez Warner et doté de sous-titres français