Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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samedi 11 septembre 2010

Barbarella - Roger Vadim (1968)


En l'an 40 000, le monde vit maintenant dans une ère peace and love où les armes sont devenues obsolètes et où les gens font l'amour en absorbant des pilules. L'aventurière Barbarella est envoyée en mission par le président de la Terre pour tenter de retrouver le savant Durand Durand, inventeur d'une arme destructrice, le Positron. L'homme a disparu aux environs de la planète Lithion, il y a déjà quelques années.

Un pur objet kitsch 60's qui entre de bonne main aurait pu être une splendeur pop égale au Danger Diabolik de Mario Bava sommet du genre, mais qui s'en sort tout de même avec les honneurs malgré l'incompétence manifeste de Roger Vadim grâce à d'autres qualités.


Adapté de la bd de Jean Claude Forrest qui participa à l'essor de la révolution sexuelle au début des 60's, le film reste dans le même ton d'érotisme soft en y incluant une bonne dose de la mentalité flower power du moment, notamment par la description de la société terrienne pacifiée et qui se salue en se lançant des "Love !" et ne faisant plus l'amour que de manière psychique à l'aide de pilule.

La mission de Barbarella dans une contrée hostile et barbare sera donc également une découverte de sa sexualité et de sa sensualité, il faut voir la transformation du personnage entre le tout début du film où elle est très emprunté malgré son sex apeal évident et ses déhanchés de chatte en chaleur après avoir gouté à l'amour charnel pour la première fois avec ce gros rustre d'Ugo Tognazzi (d'ailleurs habillé d'une peau de bête juste après ce moment là...).

Barbarella va donc multiplier les expériences durant ses aventures, découvrant l'amour pur avec l'ange incarné par John Philip Law, être soumise à la torture par l'orgue démoniaque de Duran Duran* (qui porte le doux nom d'Orgasmotron) dont les notes sont censées faire mourir d'orgasme l'auditeur et on sent bien que c'est la censure de l'époque qui empêche le film d'aller plus loin encore avec une scène saphique entre Barbarella et le grand tyran incarné par la somptueuse Anita Pallenberg, plusieurs fois suggérée.

Au niveau des décors, le film témoigne du style de l'époque avec un futur de pacotille stylisé à souhait et typique des productions les plus "autres" de Dino De Laurentis. C'est là qu'intervient le grand défaut du film, la réalisation de Roger Vadim. Un Mario Bava savait jouer des limites de son budget par sa science du cadrage et des éclairages pour livrer des images impressionnantes comme sur Hercule contre les Vampires ou encore retranscrire la dynamique de la bd au cinéma avec brio comme le prouve Danger Diabolik.

Vadim se contente lui de reproduire les cases de la bd sans aucune énergie, certains moments comme Barbarella pilotant son vaisseau s'avérant terriblement statique. Les décors les plus limités ne résistent pas à cette mise en image et apparaissent comme terriblement désuet comme la plaine de glace de la planète Lithion où atterrit Barbarella.
Cependant l'équipe technique étant des plus compétentes, la photo splendide de Claude Lenoir et certains décors outranciers comme la chambre des fantasmes sont dotés d'une grande classe visuelle, certaines scènes étant dotée d'une belle poésie comme l'envol de l'ange et de Barbarella.

L'esthétique du film fera des émules puisqu'on pense souvent à l'ambiance du manga et de l'animé Cobra pour le ton jazzy et 60's, le festival de jeunes femmes sexy en tenues extravagante, notamment lors de la première apparition de la reine noire Anita Pallenberg dont Buichi Terasawa (auteur de Cobra) a calqué le look d'une de ses méchantes les plus redoutable avec la pirate de l'espace borgne Sandra.

Cependant la grande attraction du film c'est Jane Fonda (au jeu plus qu'approximatif mais qui prouvera son talent l'année suivante avec On achève bien les chevaux), comme l'annonce son affolant effeuillage en tenue d'astronaute en ouverture. Compagne de Roger Vadim à l'époque, elle est littéralement filmée sous toutes les coutures, change de tenue presque toutes les scènes et multiplie les poses suggestives sexy et ingénue, créant ainsi une des figures les plus fantasmatiques du cinéma de l'époque.

Le reste du casting est assez déroutant avec notamment David Hemmings et plus surprenant le mime Marceau en professeur Ping. Au final un pur plaisir dont l'ambiance désuète et colorée rattrape largement les défauts de la mise en image.

* Le célèbre groupe pop 80's fan du film lui doit donc son nom et lui rendra même hommage dans le clip du bien nommé Electric Barbarella où apparaît l'interprète de Duran Duran Milo O'Shea qui reprend son rôle de savant fou le temps d'une chanson.

Sorti uniquement en dvd zone 1 chez Paramount, et doté d'une vo non sous titrée et d'une très amusante vf.

jeudi 2 septembre 2010

Histoires Extraordinaires - Federico Fellini, Louis Malle, Roger Vadim (1968)


Une coproduction franco-Italienne inspiré plus ou moins fidèlement des nouvelles d’Edgar Allan Poe. D'une très bonne tenue dans l'ensemble même si le sketch de Vadim est un ton en dessous.


Metzengerstein de Roger Vadim

Les étranges rapports d’amour et de haine que la comtesse Frederica (Jane Fonda), cavalière émérite, entretien avec son cheval, un superbe étalon noir qui va s’avérer être la réincarnation de son amant décédé…

Clairement l'opus faible du lot, même si pas dénué de qualité. Le début laisse à penser que Vadim se fait la main pour son futur Barbarella, entre une Jane Fonda filmée sous toutes les coutures une tenue différente à chaque scène et les séquences de luxure et de débauche au château. Une ambiance raffinée et une vraie élégance se dégage de cette vie de château en campagne, Jane Fonda campant une comtesse odieuse et autoritaire, adepte de la torture psychologique et de l'humiliation en tout genre.

Tant que l'on reste dans ce ton, le récit fonctionne mais on tombe dans le ridicule lorsque Fonda découvre l'amour et tue l'homme ayant rejeté ses avances dans un incendie, se dernier se réincarnant en cheval. S'ensuivent d'interminables séquences où Jane Fonda galope en pleine nature à moi nue avec son cheval, le caressant, l'embrassant et lui susurrant à l'oreille, le tout pour en arriver à une conclusion attendue et plate.


William Wilson de Louis Malle

William Wilson (Alain Delon), un officier autrichien despotique, hanté par son double, entame une partie de carte avec la belle Giuseppina(Brigitte Bardot), partie qui va révéler les tendances sadiques de Wilson…

La qualité se réhausse dans ce second sketch. Très grande performance de Delon en officier psychotique et sadique, une vraie ordure à la cruauté inouïe mais perturbé par un double venant régulièrement troubler ses noirs desseins. La réalisation de Louis Malle capte bien le trouble de son personnage principal, entre schizophrénie fantastique ouvertement prononcé.

La partie de carte face à Brigitte Bardot est un grand moment de tension (à la conclusion bien perverses) et la fin ouverte excellente, bien dans le ton trouble où nous laissent les récits les plus déroutants de Poe. A noter un enfant jouant Alain Delon enfant sacrément inquiétant...


Il ne faut jamais parier sa tête avec le diable de Federico Fellini

L’acteur britannique Toby Dammit vient à Rome pour un projet de film, un western à l’italienne. Une soirée médiatique est organisée pour fêter cet évènement. L’attention de Toby, déjà passablement altérée par la drogue et l’alcool, plus que par la bizarre cérémonie romaine où défilent prêtres et journalistes, est surtout attirée par la belle Ferrari qu’on lui fait miroiter pour le séduire et aussi par une étrange fillette qui joue avec une sorte de balle blanche. Hallucination ou réalité ?

Le vraie sommet arrive avec ce récit, sans doute celui qui prend le plus de liberté avec Poe en le situant à une époque contemporaine et dans le milieu du cinéma. Totalement déstabilisant dès les premières secondes en adoptant le point de vue halluciné de Terence Stamp abruti par la drogue et l'alcool.

Un filtre rouge omniprésent, une temporalité des plus étranges et un défilé de situations les plus bizarres les unes que les autres où Fellini recase à coup de référence son univers onirique sur le monde du spectacle de Huit et demi dans une veine plus psychédélique. Un conclusion des plus glaçante et mystérieuse avec un Terence Stamp (le teint blafard et allure de rock star) coincé au milieu de nulle part et hanté par une inquiétante petite fille dont on ne connaitra jamais le rapport avec lui. Le plus intriguant du lot et de loin.

Pas totalement abouti mais au final le film est une vraie curiosité et un témoignage d'une époque où le film à sketch était un genre roi du cinéma grand public.

Longtemps indisponible et enfin sorti cette année dans une belle édition