Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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lundi 24 septembre 2018

Le Grand passage - Northwest passage, King Vidor (1940)


New Hampshire, 1759. Les guerres franco-britanniques battent leur plein. Langdon Towne et Hunk Mariner s’engagent dans les Rangers, et participent à une expédition particulièrement périlleuse qui consiste à détruire un village indien. Mais ils devront affronter autant les hommes que la nature pour survivre...

A la fin des années 30, le western n’est pas encore un genre prestigieux et majeur du cinéma hollywoodien. La Piste des géants de Raoul Walsh (1930 et premier rôle majeur de John Wayne) est un échec commercial qui cantonne le western à la série B et la donne ne sera changée qu’avec l’immense succès de La Chevauchée fantastique de John Ford (1939). Néanmoins le western ne devient un genre dominant et au rythme e production industrielle qu’au début des années 50, décennies qui en constitue l’âge d’or classique. En attendant le western navigue entre les deux extrêmes de la série B fauchée et de la superproduction fastueuse. Dans cette veine nantie les films se doivent d’être auréolés d’une forme de prestige, que ce soit par l’évocation d’une figure mythique comme Jesse James dans Le Brigand bien-aimé (1940, Henry King), la mégalomanie d’un producteur dans Duel au soleil (1946, King Vidor) ou reposer sur une grande adaptation littéraire comme Autant en emporte le vent (1939, Victor Fleming). Le Grand passage réunit à peu près tous ces critères et notamment la source littéraire lucrative puisqu’il s’agit de l’adaptation du roman Northwest Passage, best-seller de Kenneth Roberts paru en 1937. 

Roberts était spécialisé dans la fiction américano-historique (Guerre d’indépendance, guerres franco-britanniques…) où il mettait en valeur des figures héroïques méconnues et/ou oubliées. Dans Le Grand passage il célèbre donc Robert Rogers, fondateur et chef des Rogers Rangers, milices privées plus aptes aux raids dans une nature hostile que l’armée anglaise, et plus rompues aux affrontements barbares avec les indiens. Le roman était divisé en deux parties distinctes, la première montrant Rogers sous son jour le plus héroïque tandis que la seconde traitait de sa déchéance. La MGM acquiert rapidement les droits du roman et fait le choix de Spencer Tracy dans le rôle de Rogers. Pour le reste la production sera assez chaotique, W.S. Van Dyke jetant l’éponge à la réalisation après avoir dépensé des fortunes en repérages, Robert Taylor faisant de même en tête d’affiche au profit de Robert Young. King Vidor prend la suite mais se heurte au refus du studio d’adapter les deux parties du roman, les atermoiements et aléas d’un difficile tournage en extérieur causeront dépassements de budgets et retard. Le Grand passage devait être le premier film MGM en Technicolor mais sera finalement devancé par Amants de W.S. Van Dyke (1938) et Le Magicien d’Oz de Victor Fleming (1939), Vidor ayant d’ailleurs tourné quelques séquences de ce dernier.

Le film débute comme une œuvre picaresque s’attachant à une destinée individuelle pour finalement embrasser une célébration d’une grande aventure collective. Le jeune Langdon Towne (Robert Young) rétif à l’autoritarisme et l’injustice sociale se voit tour à tour renvoyé d’Harvard puis persona non grata dans sa ville de Portsmouth après avoir dénoncé un notable corrompu. Son talent pour confectionner les cartes l’amène à être recruté plus ou moins volontairement par Robert Rogers. Ce dernier voit en lui un atout de taille alors qu’il s’apprête à mener un dangereux raid contre un village d’indiens Abenakis s’adonnant au massacre et pillage d’américain. La majesté des grands espaces (le tournage aura lieu dans les environs de McCall en Idaho) se conjugue aux rigueurs auxquelles doivent se soumettre les rangers et associe au départ le récit au film d’aventures. Cependant la discipline, la cohésion et l’intelligence qu’exigent la traversée de ces contrées hostiles anticipe finalement beaucoup les codes du film de guerre et plus précisément de commando avec des œuvres comme Aventures en Birmanie (1945) notamment. Le regard s’associe à la découverte de ces codes et environnements avec Towne, bleusaille et aspirant peintre, mais surtout par le chef charismatique qu’est Robert Rogers. 

Son autorité bienveillante fait passer la dimension sacrificielle du soldat face à la mission (aucun blessé ne doit handicaper la marche et la mission, et sera abandonné en chemin de son plein gré) et galvanise les troupes dans les entreprises les plus impossibles. Le collectif domptant l’adversité par la seule force de sa cohésion était au cœur des scènes les plus flamboyantes de Note pain quotidien (1934) et King Vidor retrouve totalement de cette ferveur ici. Ce sera tout d’abord lors d’une scène ou pour éviter une escouade française embusquée en mer, les rangers la contournent en portant leurs canots sur une colline. La silhouette des rangers semble se démultiplier à perte de vue dans l’effort, leur tenue verte apportant une uniformisation dans l’effort que King Vidor filme comme s’il saisissait un haut fait mythologique – bien aidé par le thème chargé d’emphase d’Herbert Stothart. Même sentiment en plus puissant encore lorsque les rangers formeront une chaîne humaine pour traverser une rivière agitée, tout dans le déroulement et la répartition des tâches (la chaîne humaine aide d’autres rangers à faire passer vivres et armes avant d’être tirée à son tour) sert ce geste collectif.

L’individu ressurgit pour le meilleur quand Rogers se doit de prendre l’initiative pour ragaillardir ses troupes qui flanchent, ou quand le souvenir intime aide à repartir comme Towne qui surmontera une terrible blessure sans abandonner la marche. Vidor ne glisse les dysfonctionnements que dans la facette guerrière lors d’une mémorable séquence de bataille. L’union et la stratégie servent ainsi la victoire finale mais laisse entrevoir les bas-instincts de soldats gagnés par la folie et cédant à un sadisme certain durant l’affrontement – et confirmé avec les élans cannibales de certains lors de la traversée finale en famine. L’arrivée des westerns pro-indiens des années 50 fit revoir Le Grand Passage d’un regard plus critique et d’accusations de racisme injustes. Il y a bien quelques moments qui font tiquer (Spencer Tracy rebaptisant avec l’arbitraire du colon un enfant indien de Billy) mais hormis la réalité indéniable des scalps d’innocents, les indiens demeurent des silhouettes ennemies anonymes qui ne sont pas ridiculisées, que ce soit pour en faire des barbares sanguinaires ou des idiots (le seul introduits ainsi et saoul et plutôt mis en valeur par la suite en tant qu’éclaireur). Le traitement des indiens sera certes plus fouillé et subtil dans des westerns futurs mais n'a rien de gênant rétrospectivement au vu des standards de l'époque.

Spencer Tracy est absolument parfait en leader insubmersible (mais toujours humain et ouvert, voir le final au fort) et plus que les morceaux de bravoures spectaculaires, la scène ou par sa seule verve et fait se relever un Robert Young plus mort que vif donne vraiment le frisson. Robert Young qu’on a plus l’habitude de voir dans le mélo ou la comédie s’en sort très bien dans ce registre viril et ne fait pas regretter Robert Taylor plus taillé pour le rôle sur le papier. Le film sera un vrai succès en salle, mais insuffisant à rembourser son budget pharaonique (encore allongé par des scènes additionnelles tournées par Jack Conway et Norman Foster), d’autant que le racisme évoqué plus haut empêchera les possibles ressorties et rendra le film assez rare avec le temps. Une œuvre passionnante donc, tant dans ses coulisses que par le spectacle offert à l’écran.

Sorti en dvd zone 2 français chez Wild Side 

dimanche 26 février 2017

Un nommé Joe - A guy named Joe, Victor Fleming (1943)

Dans une unité de bombardement en Angleterre, un pilote américain (Spencer Tracy) se signale par son audace, ses imprudences, son indiscipline. Mais c'est un as, qui réussit tout ce qu'il entreprend. Il voue une tendre passion à une convoyeuse de l'aviation américaine, avec toute la désinvolture du héros machiste. Mais la tendre aviatrice (Irene Dunne) en profite pour lui chantonner toute la tendresse de son amour. Ses chefs, pour l'assagir, veulent l'envoyer aux États-Unis, faire l'instructeur pour de jeunes pilotes. Sa bien-aimée insiste aussi. Il accepte. Mais il reste une dernière mission à accomplir, pour ce bouillant pilote de B-25 : attaquer dans l'Atlantique un porte-avions allemand. L'héroïque Joe attaque à lui tout seul le porte-avions, le coule, mais est tué par des chasseurs allemands.

A Guy Named Joe s'inscrit dans les productions Hollywoodienne destinées à contribuer à l'effort de guerre attendue par l'Office of War Information. Dans le lot on distingue les films guerre plus ouvertement spectaculaires, patriotiques et belliqueux d'où pouvaient néanmoins émerger de grands films (Aventures en Birmanie (1945) de Raoul Walsh) et destiné à réconforté les familles resté au pays (Madame Miniver (1942) de William Wyler ou le beau homefront Depuis ton départ (1944) de John Cromwell). A Guy Named Joe joue sur les deux tableaux, visuellement impressionnant et célébrant l'héroïsme des pilotes tout en nous offrant une poignante histoire d'amour. Cet équilibre est dû à la présence de Dalton Trumbo au scénario, l'auteur du roman pacifiste Johnny s'en va-t’en guerre (paru en 1939) et militant communiste actif étant une surprise sur un tel projet.

Le film oscille ainsi entre la célébration du héros macho chers à Victor Fleming et son interprète Spencer Tracy incarnant ici l'intrépide Pete Sandidge. La désinvolture et l'individualisme de Sandidge s'expriment autant aux commandes de son B-25 qu'aux bras de la volcanique Dorinda (Irene Dunne), pilote également. Le charisme tranquille du personnage se dévoile ainsi par le jeu de Spencer Tracy et son panache en situation, avec une introduction spectaculaire le voyant atterrir parfaitement après son escadrille dans une carlingue en lambeaux. Il en va de même dans la relation tendre et orageuse qu'il entretient avec Dorinda où les mots doux et caresse alternent constamment avec les coups de griffes. On sent alors la plume de Trumbo montrer l'envers de ces airs débonnaires chez Pete qui alimente un certain égocentrisme et machisme (il ne supporte pas notamment de voir Dorinda piloter). Alors que l'armure semble possiblement se fendre, Pete meurt en mission dans un acte justement marqué entre ce narcissisme et héroïsme qui le caractérise (il renonce à un sauvetage possible pour se sacrifier et détruire un porte-avion allemand). Le paradis des pilotes lui ouvre ses portes tandis que Dorinda reste inconsolable.

Le film évite le patriotisme trop marqué pour plutôt mettre en valeur la fraternité de cette communauté de pilote. Cela se jouera d'abord avec la roublardise des vieux briscards que son Pete et son ami Al (Ward Bond), cette fraternité "céleste" des pilotes aidant leurs successeurs par un retour aux sources auprès des bleus en apprentissage. C'est une belle idée qui donne du coup une vision très originale du paradis (et qui aurait plus l'être encore plus, Trumbo envisageant un au-delà où se côtoierai pilotes américain, russes et chinois mais la production imposera d'américaniser tout cela) où les disparus guident les pas des nouveaux héros en devenir. Pete sert ainsi d'ange gardien à Ted (Van Johnson) jeune pilote qui va aussi lui succéder dans le cœur de Dorinda. On retrouve le même équilibre entre morceaux de bravoures et intimisme, à la différence que Ted par sa douceur et vulnérabilité est tout ce que Pete n'était pas. Les scènes aériennes entre stock shots fournis par la US Air Force et un usage virtuose de maquettes dans les studios MGM sont vraiment très impressionnantes mais malgré tout l'apprentissage n'est pas là où on le pense.

L'amour de Pete s'exprime finalement dans ce machisme, ce nature possessive dont il ne peut se détacher même en tant qu'ange gardien et empêche Dorinda de se libérer. Ce qu'il n'avait pu réaliser vivant, il devra le résoudre en tant que fantôme dans une belle évolution que Spencer Tracy exprime avec sensibilité et nuances. Preuve de cette mue le magnifique final où l'acte le plus héroïque sera particulièrement inattendu. Victor Fleming aussi à l'aise dans la féérie (Le Magicien d'Oz évidemment) que l'action plus terre à terre évite ainsi l'imagerie céleste trop surannée souvent présente dans le cinéma hollywoodien. Le paradis des pilotes reste ainsi d’une belle sobriété tandis que les fondus enchaînés, les transitions fluides et des effets visuels sobres font le lien brillamment entre l'au-delà et le monde réel.

En coulisse le tournage fut assez houleux, Victor Fleming et Spencer Tracy menant la vie dure à Irene Dunne. Spencer Tracy avait suggéré sa maîtresse Katharine Hepburn mais la MGM optera pour Irene Dunne ce qui nécessitera donc quelques tension. En cours de tournage Van Johnson sera victime d'un grave accident de moto et alors que le studio envisage le remplacer, Spencer Tracy et Victor Fleming menacent de quitter le projet si l'on ne l'attend pas le temps de ses quatre mois de convalescence (les plus observateurs distingueront les scènes tournées avant et après l'accident avec la cicatrice visible sur le front de Van Johnson).

En échange la MGM exige donc un comportement plus courtois envers Irene Dunne et l'interruption servira à retourner les premières scènes glaciales entre Tracy et Dunne qui témoignaient de cette hostilité commune. Une belle réussite et un sommet de romantisme qui remportera un grand succès à sa sortie. Un certain Steven Spielberg le découvrira enfant et en donnera plus tard un remake avec ce qui reste malheureusement un de ses films les plus faibles, Always (1989).

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner 

lundi 13 avril 2015

20 000 ans sous les verrous - 20,000 Years in Sing Sing, Michael Curtiz (1932)

Appréhendé pour de nombreux méfaits, le gangster Tom Connors est incarcéré à Sing Sing et condamné à y purger une peine de détention à vie. Il est persuadé cependant qu'il en sortira très vite, grâce aux relations politiques qu'entretient Finn, son associé. Celui-ci échoue toutefois dans sa tentative de soudoyer le directeur de la prison, M. Long, homme intègre et réfléchi. Décidé à jouer les "fortes têtes", Tom refuse de porter l'uniforme et ne veut à aucun prix accomplir les besognes réservées aux prisonniers. M. Long accepte ses exigences mais lui fait subir, en contrepartie, les conséquences de son attitude.

20,000 Years in Sing Sing perpétue le sous-genre du film carcéral initié cette même année avec le succès de Je suis un évadé de Mervyn Leroy. La Warner exploite donc ce nouveau filon qui s'inscrit néanmoins dans la veine sociale qui caractérise le studio. Le film adapte le roman éponyme de Lewis E. Lawes, ancien directeur du pénitencier de Sing Sing. Ancien gardien ayant gravit les échelons jusqu'aux plus hautes fonctions, Lawes eut ainsi le loisir d'étudier au plus près la psychologie du prisonnier et les méthodes pour qu'il ressorte meilleur de sa détention. Véritable "star" de son corps, il publia ainsi de nombreux ouvrage et s'exprima souvent dans la presse sur la nécessité de réelles méthodes de réinsertions pour les criminels. Il y aurait sûrement eu un film captivant à produire consacrée à sa seule personne mais le film choisit un autre angle, croisant le film de gangster à la James Cagney (initialement envisagé pour tenir la vedette mais alors en pleine renégociation salariale avec le studio) et le mélodrame plutôt que la vraie étude de mœurs en prison.

Tom Connors (Spencer Tracy) un gangster incarcéré à Sing Sing pour une longue peine. Un sort qu'il pense provisoire grâces à ses relations haut placées, la scène d'ouverture montrant Connors tout en fanfaronnades sous le feu des projecteurs soulignant bien cela. C'est par ce même bagout qu'il compte se mettre Paul Long (Arthur Byron), le directeur de la prison, dans la poche. Ce dernier incorruptible et fin psychologue va pourtant peu à peu canaliser le chien fou qu'est Connors. Le film à cause de sa narration trop rapide mais aussi de la bonhomie de Spencer Tracy (convaincant mais jamais complètement intimidant comme pourrait l'être un Cagney au grain de folie omniprésent même dans la légèreté) échoue cependant à traduire la pédagogie que préconise Lawes.

 Ce dernier eu un droit de regard sur le scénario et le montage final (en échange d'un tournage dans la vraie prison de Sing Sing) ce qui peut sans doute expliquer le côté un peu simpliste de certaines situations, notamment Connors devenant docile après quelques semaines d'isolement. Même si à l'inverse nous verrons quelques irrécupérables (la scène d'évasion) tout cela s'enchaîne bien trop vite et sur ces thèmes Le Prisonnier d'Alcatraz (1962) voire plus proche Le Bataillon des sans-amours (1933 traitant lui des maisons de corrections) seront beaucoup plus juste et approfondi. Le polar et le mélo amènent ainsi deux gros rebondissements mettant à l'épreuve les méthodes du directeur et prouvant que Connors a changé, mais tout cela est trop précipitamment amené l'efficacité ayant été préférée à l'immersion.

La mise en scène de Michael Curtiz rattrape cependant grandement ces défauts narratifs. Sa manière de filmer la prison de Sing Sing est ainsi un surprenant mélange de réalisme et stylisation. Le film s'ouvre sur une merveilleuse idée visuelle avec ce plan d'ensemble des détenus, foule anonyme simplement résumés par la durée de leur peine qui s'affiche au-dessus d'eux. L'imagerie se fera oppressante et expressionniste par les jeux d'ombres écrasants qui prolongent les barreaux et l'architecture carcérale dans l'espace, noyant un Spencer Tracy isolé dans les ténèbres de sa cellule. Curtiz lâche aussi une fulgurante scène d'action dont il a le secret avec la séquence d'évasion, brutale et inventive. Pas tout à fait abouti mais intéressant donc.

 Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

jeudi 16 janvier 2014

Éternel tourment - Cass Timberlane, George Sidney (1947)

Cass Timberlane est juge dans une ville du Minnesota. Il rencontre Jinny Marshland, issue d'un milieu plutôt modeste. Les deux tourtereaux convolent en justes noces. L'idylle est sans nuages, tout paraît pouvoir durer ainsi une éternité. C'est la mort d'un bébé qui vient rompre la mélodie du bonheur et déstabilise Jinny.

George Sidney adapte ici une nouvelle de Sinclair Lewis dans cet intéressant drame sentimental. La grande question ici sera ce qui fait durer un couple, les concessions et renoncements de chacun, les qualités devenant des défauts lorsqu'il s'agit de partager un quotidien. Une idée qui parcourra le film à travers les amours contrariés de Cass Timberlane (Spencer Tracy) et Jinny Marshland (Lana Turner). Cass est un juge d'une petite ville du Minnesota qui s'étonne lors de la scène d'ouverture de l'abondance de couples venus divorcés, y voyant une forme de renoncements de leur part jusqu'à ce que lui-même se trouve plus tard pris dans les affres d'une union contrariée.

Sidney filme tout d'abord avec un charme certain la rencontre puis le mariage de Cass et Jinny où il multiplie les instants attachants : Jinny témoin penaude face au juge lorsque celui-ci trouve le bloc où elle l'a caricaturé en dessin, le match de base-ball... Lana Turner jamais aussi bonne que quand elle joue un personnage ordinaire plutôt que les vamps est ici très touchante et espiègle, se mêlant parfaitement à la présence mûre et bienveillante de Spencer Tracy.

Les obstacles se devinent pourtant déjà en arrière-plan avec la différence sociale u couple, Cass Timberlane étant un notable invité au country-club et autre lieu de la haute société de la ville quand Jinny ne cessera d'être regardée de haut en dépit de ses efforts du fait de ses origines modestes. Passé ce début idyllique le drame de la perte d'un enfant va venir rappeler à chacun les carences du couple qui aurait sans doute pu être comblées par la présence du nourrisson. C'est sans doute là la qualité mais aussi le défaut du film. Les conflits du couple s'inscrivent dans une sobriété bienvenue où ce quotidien finit par les ronger.

Les deux stars sont formidables pour exprimer ces tourments, Lana Turner forçant l'enjouement pour se fondre dans ce milieu snob mais jamais réellement à l'aise et Spencer Tracy compréhensif et droit mais de plus en plus meurtri par la situation. Malheureusement seule la conviction des acteurs font passer ce tourbillon de sentiments mais les situations qui les amènent sont quelconques (Jinny s'essayant d'un coup au théâtre sans qu'on ne l'ait vraiment vu venir) et de la fadeur du reste casting (hormis une formidable Mary Astor en ancienne amante délaissée) notamment un insipide Zachary Scott en rival amoureux.

Du coup lorsqu'arrive le vrai gros rebondissement final, c'est presque "too much" comparé à la sobriété qui a précédée et résout le tout un peu trop facilement. Le dernier échange est cependant très beau et fait preuve d'une vraie profondeur dans la façon dont Jinny et Cass (qui n'ont jamais cessé de s'aimer) comprennent enfin comment évoluer tout en maintenant leur couple.

La retenue met vraiment les acteurs en valeur renforce la dimension intimiste voulue mais la trame en elle-même est finalement peu palpitante d'où l'impression mitigée. Sidney ne parvient pas tout à fait à trouver l'équilibre d'un Sirk dans ses films plus feutrés comme Demain est un autre jour ou un Curtis Bernhard dans Le Droit d'aimer (1946) sachant mieux allier terre à terre et flamboyance.

Sorti en dvd zone 1 chez Warner dans la collection Warner Archives et donc sans sous-titres

lundi 22 avril 2013

San Francisco - W.S. Van Dyke (1936)


 Mary Blake est une jeune chanteuse cherchant désespérément du travail à San Francisco. Le gérant de casino Blackie Norton lui fait signer un contrat qu'elle regrette lorsqu'elle se voit offrir une place à l'Opéra Tivoli. Après une dispute avec Norton, elle rejoint la maison Tivoli de Jack Burley. Blackie menace de poursuivre Burley en justice, demande à Mary de l'épouser et arrive à la convaincre de revenir travailler pour lui. L'idylle ne dure pas et Mary le quitte à nouveau pour l'Opéra Tivoli où elle devient la tête d'affiche.

San Francisco est une grande fresque sentimentale et musicale qui fut un des grands succès MGM des années 30 notamment grâce à la chanson éponyme chantée par Jeanette MacDonald qui devint un grand standard. A travers la romance entre le propriétaire de cabaret Blackie Norton (Clark Gable) et la chanteuse Mary Blake (Jeanette MacDonald), l'intrigue offre une vision contrastée de cette bouillonnante cité de San Francisco du début de siècle. Blackie est un cynique s'étant élevé à la force du poignet et qui masque sa bonté sous ses attitudes rudes. Mary Blake ne sait sur quel pied danser avec cet homme lui ayant donné sa chance mais qui se complait dans cette débauche ambiante.

Le script fait évoluer ce questionnement vers une dimension plus sociale à travers le triangle amoureux et l'hésitation de Mary Blake entre Blackie et Jack Burley (Jack Holt) représentant de l'aristocratie de San Francisco. Celui-ci possède une éducation et des attitudes plus courtoises que le goujat Blackie et propose à Mary Blake une place de cantatrice d'opéra plus conforme à ses aspirations, s'opposant ainsi aux spectacles vulgaires de Blackie.

Le film s'avère bien moins binaire que ce dispositif de départ, Blackie soufflant le chaud et le froid entre son réel souci des autres (sa lutte pour la mise aux normes des quartiers populaires victimes d'incendies intempestif) et son égoïsme lui faisant adopter des attitudes révoltantes envers Mary. A l'inverse le bien-pensant Jack Burley est un vil profiteur préférant maintenir le statu quo plutôt que d'offrir une un meilleur cadre aux quartiers pauvres. Si Jack Holt est quelque peu unidimensionnel en riche entrepreneur, Clark Gable tout en gouaille et séduction est irrésistible en goujat peinant à dévoiler ses failles, adorable et détestable.

Jeanette MacDonald en oie blanche révoltée ou soumise par amour amène une opposition tout en douceur et diablement attachante en plus d'impressionner dans ses nombreuses envolées vocales. Spencer Tracy en meilleur ami prêtre et conscience de Gable amène par sa bonhomie et sa franchise une nuance au côté manichéen du film. La rédemption de Blackie s'avère moins religieuse que personnelle lorsqu'il pense avoir tout perdu après le tremblement de terre purificateur.

Les séquences musicales sont légèrement décevantes par contre, assez quelconque lors des scènes de cabaret et vraiment trop statique pour celle d'opéra entièrement au service de la voix et l'interprétation de Jeanette MacDonald. Un peu dommage quand on sait le faste et la folie que saura insuffler W.S. Van Dyke dans son Marie-Antoinette (1938). 

Le tremblement de terre est par contre des plus impressionnants, un pur moment de terreur et d'apocalypse ou toute la frivolité qui a précédé se voit balayé d'une secousse vengeresse renvoyant chacun aux vraies réalités. Les morts brutales et cruelles s'enchaînent dans un tourbillon de flammes et de hurlements aux visions infernales.

L'épilogue en forme de remise en question et de recueillement est ainsi des plus poignants avec l'errance de Gable dans ce monde révolu et à reconstruire. C'est autant ce San Francisco dévasté que son âme blessée qui sont à reconstruire sur des bases plus saines comme le montre un saisissant fondu enchaîné final (peut-être inspiration de Scorsese qui conclura son Gangs of New York de la même façon) liant passé et présent. C'est tout le symbole des belles retrouvailles finales malgré le côté religieux très appuyé et refuge dans un tel moment.



Sorti en dvd zone 2 français chez Warner dans la collection "Trésors Warner"


mercredi 16 janvier 2013

Le Vieil Homme et la Mer - The Old Man and the Sea, John Sturges (1958)

 
Un vieux pêcheur, n'ayant rien pris pendant des jours, prend la mer encore une fois. Alors qu'il dérivait au large, il sentit une violente secousse au bout de sa ligne. L'énorme bête ne voulait pas se rendre, lui s'obstinait de plus en plus à ne plus lâcher. Ce duel l'éloigna considérablement vers la haute mer.

Malgré de bonnes intentions et de vraies qualités, une adaptation assez ratée du classique d'Hemingway. Tout est pourtant bien là avec les thématiques du roman largement évoquées, le combat de l'homme contre la nature, la dignité retrouvée et le respect de l'adversaire valeureux à travers le long duel d'un vieux pêcheur ne cédant pas un pouce avec marlin aux proportions titanesques qui s'est retrouvé au bout de sa ligne. Spencer Tracy, interprète rêvé d'Hemingway pour son personnage incarne un valeureux, humble et fragile Santiago dont on s'émeut du courage et de la volonté surhumaine, la musique de Dimitri Tiomkin donne des élans grandiose à cette odyssée et certaines vues en pleine mer de ce cadre exotique et dangereux sont somptueuses grâce à la photo de James Wong Howe. Tant que le film se fait simplement évocateur la magie fonctionne mais c'est bien trop rare.

La déférence trop grande au texte d'Hemingway plombe totalement le film avec une voix off omniprésente qui surligne d'une poésie toute littéraire ce qui devrait passer par l'image, Spencer Tracy lisant des pans entier du livre de la première à la dernière minute. L'ennui s'installe rapidement face à ce procédé qui nous rend totalement extérieur à la si importante relation entre le vieil homme et l'enfant, le moindre regard, la moindre émotion, échange et semblant de complicité étant décrit par la voix off. Quitte à réduire les dialogues à leur strict minimum il aurait au moins fallu privilégier les silences notamment lors du duel en mer mais ce n'est pas le cas et on décroche.

Autre soucis esthétique le film semble constamment coupé en deux dans ses choix. Sturges innovait là l'usage du blue screen incrustant un acteur filmé en studio dans un décor naturel et s'il s'avère déjà plutôt efficace il tue tout le naturalisme attendu des séquences en mer puisque étendu à tout le passage de Spencer Tracy en barque en plus de ceux plus nécessaire où apparaît le marlin. Tracy semble donc constamment s'agiter dans un environnement différent souligné par le montage où dans les scènes sous-marines une mer bleue de pleine journée contredit le ciel crépusculaire de l'extérieur.

De bonnes intentions mais une adaptation ratée la faute à une transposition trop fidèle et surtout pas pensée en terme cinématographique, dommage car tout était là pour faire un grand film.

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

Extrait

lundi 1 août 2011

Capitaines Courageux - Captains Courageous, Victor Fleming (1937)

Le jeune Harvey Cheyne est le fils d'un très riche entrepreneur américain. Il pense pouvoir tout obtenir et tout se permettre grâce à l l'argent de son père. Renvoyé temporairement de son école pour avoir tenté de corrompre un professeur, il entreprend une croisière avec son père. Mais il tombe à la mer et se retrouve mousse sur le bateau de pêcheurs qui l'a recueilli.

Victor Fleming réalise un superbe film d'aventures initiatiques avec cette adaptation de Rudyard Kipling. Capitaines Courageux joue sur les figures attendues du film pour enfant avec la découverte de douleurs bien adultes pour notre jeune héros mais aussi inversement d'une insouciance qu'il n'avait pas. La première partie nous fait ainsi découvrir un bien odieux garçon qui gâté par un père aussi richissime qu'absent définit sa relation aux autres par sa supériorité sociale. Intimidant et méprisant camarades comme des adultes, tout est fait pour rendre détestable ce Harvey (Freddie Bartholomew enfant star des années 30 vu aussi dans les David Copperfield et Le Petit Lord Fauntleroy produits par Selznick à cette époque) et définir son caractère corrompu.

Au détour d'une timide tentative de reprise en main par son père, un concours de circonstances va amener Harvey sur un bateau de pêcheur en expédition pour trois mois. Livré à lui-même et face à des rugueux marins qui n'ont que faire de son statut et de ses caprices, le garçon va enfin pouvoir changer. Un postulat simple mais qui est idéalement traité par Fleming. Freddie Bartholomew livre vraiment une des plus belles performances vues pour un enfant acteur. L'insolence hautaine de façade contraste avec les traits avenants et poupins ce qui ne le rend que plus horripilant dans la première partie, mais c'est en fait l'attention et la rigueur d'un père qui lui manque. Cette figure absente il va la trouver avec un extraordinaire Spencer Tracy (récompensé d'un Oscar pour sa prestation) en marin portugais plus vrai que nature, peau tanné par le soleil et accent outrancier inclus.

L'alchimie entre les deux fait merveille, tant dans les moments orageux (Tracy qui ramène Harvey au bateau en découvrant sa tricherie) que ceux plus tendre où le lien affectueux se noue de manière très touchante. Le casting dans son ensemble est excellent que ce soit Melvyn Douglas en père dépassé ou Lionel Barrymore en capitaine gueulard, le reste des marins alignant les trognes burinées respirant l'authenticité.

Fleming souvent à l'aise dans ce type d'atmosphère viriles rend vraiment bien le quotidien d'un bateau de pêche, tant dans les manœuvres maritimes que les méthodes de pêche. Les décors studios (tous les plans rapprochés sauf exception avec vraie mer en rétroprojection) alternent avec d'impressionnantes prises de vues en pleine mer où le chalutier est soumis à la loi des éléments. La véracité du cadre rend d'autant plus forte la transformation de Harvey au contact du travail, de l'entraide commune et de l'exaltation du voyage avec nombres de jolis moments comme cette première prise à la pêche. Très beau film donc qui se teinte d'une vraie mélancolie dans sa dernière partie et son douloureux retour au monde réel.

Sorti en dvd zone français chez Warner

Extrait

vendredi 10 septembre 2010

La Lance Brisée - Broken Lance, Edward Dmytryk (1954)


Riche éleveur, Matt Devereaux dirige avec une poigne de fer un véritable empire en Arizona, secondé par ses quatre fils, Ben, Mike, Danny et Joe. L'ainé, Ben, a fini par haïr son père, dont la seule affection va à son cadet Joe qu'il a eu avec sa seconde femme, fille d'un chef comanche. Tandis que Joe se fiance avec Barbara, la fille du gouverneur, un incident se produit: les déchets de la mine de cuivre de l'endroit polluent la rivière et empoisonnent quelques bêtes. Matt dirige une expédition punitive à la mine et saccage les installations...

La lance Brisée est le remake du film de Mankiewicz La Maison des Etrangers transposé d'une époque contemporaine à un cadre de western pour un puissant drame familial. Les thèmes classiques du genre se mêle admirablement au récit plus intime. La figure imposante du personnage de Spencer Tracy s'imprègne bien avant son apparition effective à l'écran, par symbole (ce portrait le magnifiant) et l'antagonisme régnant entre les quatre frères et plus particulièrement l'aîné (Richard Widmark) et le benjamin (Robert Wagner) né d'une indienne. Tracy est un propriétaire qui s'est élevé à la force du poignet par la violence, que son intransigeance et sa dureté rendent dépassé à l'ère moderne et qui surtout l'éloigne de ses fils au caractère faible hormis Robert Wagner.

Le problème racial et la jalousie se créent par ce dernier, fils modèle et métis seul à même de succéder à son père. Robert Wagner même si très convaincant est un peu lisse en bon fils mais occasionnent quelques réflexion intéressante quant à son rapport aux autres personnage, l'amitié (l'avocat qui ne souhaite pas le voir fréquenter sa fille) et les liens fraternels ne pouvant dépasser le racisme. A l'opposé, Richard Widmark transcende ce qui aurait pu être un méchant basique en exprimant toute la détresse de ce fils méprisé qui a tout sacrifié et qui voit son héritage lui échapper.

Les confrontations entre lui et Spencer Tracy où il se fait malmener puis se venge face à un père diminué sont d'une grande intensité et noirceur (au point de voir dans le film une variation western du "Roi Lear" comme le souligne Tavernier en bonus) le clou étant atteint lors de la magnifique scène de mort de Tracy. Spencer Tracy est assez incroyable, produit de l'Ouest à l'attitude discutable mais à la sincérité qui le rendent plus attachant qu'un Widmark plus aigri. Dmytryk donne ainsi toute sa mesure dans sa direction d'acteurs, sa mise en scène plus mesurée n'offrant de moments visuellement marquants que par intermittence tel l'esprit de Tracy qui semble presque posséder la vieille demeure avant que ne s'amorce le flashback.

En dépit d'une ultime confrontation pas forcément utile (et amenée pour compenser un relatif manque d'action alors que tout devrait s'arrêter une fois Wagner apaisé) un superbe western donc.

Sorti en dvd zone 2 français dans la collection western de SGCC. Bonus très interessant avec tavernier racontant les origines étonnantes du script du film.

Extrait

jeudi 17 juin 2010

La femme de l'année - Woman of the Year, George Stevens (1942)


Sam Craig (Spencer Tracy), reporter sportif dans un quotidien new-yorkais, supporte mal les remarques sur le sport de sa collègue Tess Harding (Katharine Hepburn), fille de diplomate et chroniqueuse à la rubrique internationale. Ils se querellent car tout les oppose. Mais, au grand étonnement de leurs amis, ils se marient ! Commencent les difficultés.

Première des 9 collaborations du duo Katharine Hepburn/ Spencer Tracy, certainement pas la meilleure (petite préférence pour Mademoiselle gagne tout) mais plutôt agréable dans l'ensemble. Comme d'habitude l'opposition entre les deux joue à plein, cette fois dans le milieu du journalisme : il est un pur new yorkais un peu rustre et inculte couvrant le sport, elle est reporter international fille de diplomate élevée à l'étranger, en contact avec tout les grands du monde. Le début plus porté sur la comédie joue largement de cet antagonisme mais sans que ça empêche le rapprochement des deux héros qui se complètent et s'attirent dans leur différences. La première rencontre est d'ailleurs mémorable avec un Spencer Tracy hypnotisé par les jambes parfaites et interminable de Hepburn.

C'est une fois mariés que le film s'installe dans le drame conjugal avec une Katharine Hepburn totalement inadaptée à la vie en couple qui conserve son mode de vie de journaliste disponible et sur le qui vive. Une prestation intéressante de l'actrice qui prend le risque de rendre son personnage presque antipathique et manipulateur (notamment l'épisode de l'adoption) alors que Spencer Tracy conserve toute notre sympathie en mari malmené et dépassé. La scène de prise de conscience où assiste au mariage de son père acquiert ainsi une belle émotion, les poids des mots sacré du mariage lui parlant enfin tardivement.

Seul problème sorti des deux acteurs, le film peine à constamment intéresser la faute à un rythme très lâche et poussif, notamment tout le passage concernant le quotidien des mariés dont la monotonie est contagieuse chez le spectateur également. Même les gags bien amenés semble tirer un peu trop en longueur tel le final où Hepburn s'improvise ménagère d'intérieur, même si son insistance finit par toucher. Sympathique bien que ne reposant que sur le charisme de son duo vedette, qui fera bien mieux lors des collaboration suivantes, en plus de ce rapprocher en formant à l'écran et à la ville (de manière bien plus secrète et scandaleuse) un des couples les plus mythiques du cinéma américains.

Trouvable facilement en dvd zone 2