Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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lundi 27 juillet 2015

Clueless - Amy Heckerling (1995)

Cher Horowitz, lycéenne issue du milieu huppé de Beverly Hills, est une jeune fille pourrie gâtée qui sait jouer de ses atouts. Écartant ses rivales grâce à son sens de la mode, se défaisant de ses problèmes scolaires d'un claquement de doigts, Cher essuie tout de même les réprimandes de Josh qui ne se cache pas pour lui dire tout le mal qu'il pense de son attitude superficielle.

Treize ans après son cultissime Fast Times at Ridgemont High (1982), Amy Heckerling parvenait à signer un autre teen movie culte avec ce Clueless. Le film apportera un vrai renouveau au genre où tout comme dans Fast Times at Ridgemont High, la réalisatrice parvient à entremêler avec brio imagerie bariolée, ton potache et une vraie profondeur dans le questionnement adolescent. Clueless était au départ pensé pour une série tv (ce qu'il deviendra effectivement à la suite du succès du film) mais l'approche d'Amy Heckerling restera incomprise par la Fox et c'est le producteur Scott Rudin et la Paramount qui séduit par le script reprendront le projet, l'estimant assez bon pour constituer un film.

Le teen movie et notamment les films de John Hughes auront souvent saisi le mal être adolescent à travers les figures de marginaux, se sentant exclus pour leur physiques, leurs origines sociales ou encore leurs passions bien éloignées de leur camarades. Clueless adopte à l'inverse le point de vue des beaux, riches et enviés figures populaires des lycées faisant habituellement office de méchants hautains. Le cadre de vie luxueux, les belles fringues et l'adulation/jalousie des autres ne suffit cependant pas au bonheur dans une intrigue adaptant le Emma de Jane Austen dans ce cadre contemporain. Cher (Alicia Silverstone) lycéenne issue des milieux huppés de Beverly Hills fait office de Emma moderne.

Elle vit dans une véritable bulle de superficialité où son quotidien se fait au rythme de la popularité qu'elle cherche à entretenir, de sa collection de vêtement de luxe à agrandir et des discussions idiotes avec sa meilleure amie Dionne (Stacey Dash). Amy Heckerling façonne un univers bariolé et décalé constituant le monde intérieur de Cher, l'extravagance de ces nantis jurant au milieu du cadre lycéen conventionnel (fait des modes vestimentaires hideuse des 90's entre baggy informe, panta court de skater et autres chemises grunge) et illustrant leur éloignement de la réalité. Ce décalage se traduira par les joutes verbales hilarantes et creuses que mène Cher durant les débats de société qu'elle doit réaliser en classe, mais aussi des échanges savoureux avec son "grand frère" Josh qui la renvoie constamment au vide de sa pensée.

Cher prenant plus ou moins conscience de cet égoïsme décide d'y remédier en cherchant à s'occuper des autres. Amy Heckerling s'avère bien plus dans l'esprit de Jane Austen que l'affreuse adaptation officielle Emma l'entremetteuse (1996) qui sortira peu après. Le snobisme de la bourgeoisie rurale anglaise et le rapport de classes sont habilement retranscrits dans ce Beverly Hills (Elton refusant de sortir avec Tai à cause de son rang inférieur) tout comme le cheminement d'Emma. La sophistication de son allure dissimule ainsi une inexpérience qui lui fait faire les mauvais choix pour les autres en faisant de la naturelle et spontané Tai/Harriet Smith (Brittany Murphy) une créature creuse qu'elle mène vers des garçons bien éloigné de son caractère.

Cet égarement se prolonge à elle-même incapable de distinguer qu'un garçon qu'elle cherche à caser n'a d'yeux que pour elle ou qu'un autre à d'autres attirances (Justin Walker et son élégante allure de membre du rat pack). Ainsi l'objet de son cœur ne se révèlera à elle que lorsqu'une autre le convoitera, Cher s'étonnant alors de cet étrange serrement qu'elle ressent au cœur. Alicia Silverstone (repérée grâce à ses apparitions dans les clips d'Aerosmith) trouve là le rôle de sa vie. Allure glamour, regard mutin et toujours ce soupçon d'innocence enfantine qui empêche le personnage d'être détestable malgré ses égarements, elle est absolument parfaite et on pouvait espérer une autre carrière (mais hormis Peine d'amours perdus (2000) de Kenneth Branagh rien de marquant par la suite). Elle rend ainsi touchant le désespoir de Cher sous la superficialité et le matérialisme dissimule une âme en plein doute également. On retiendra aussi un Dan Hedaya parfait en papa soupe au lait et surmené.

La force du film est de maintenir son approche acidulée en toutes circonstances, la mélancolie s'instaurant progressivement, de manière aussi subtile qu'inattendue au vu de l'éloge du vide initial. L'esthétique du film fera école, jurant avec les modes d'alors (fantastique travail de la costumière Mona May prolongeant la personnalité de chacune dans cette inventivité vestimentaire) pour finalement devenir un standard des looks teenagers après la sortie tandis que la mise en scène cartoonesque d'Heckerling et la photo tape à l'œil de Bill Pope renforcent le côté rose bonbon réjouissant. Toujours aussi juste et réjouissant vingt ans après, Clueless sera le point de départ (dans un autre genre Scream sortira l'année suivante) d'un nouvel essor du teen movie dont l'héritage est palpable dans d'autres œuvres marquantes comme Lolita malgré moi (2004). Et superbe bande son (Cranberries, Radiohead, Supergrass, David Bowie...) estampillé 90's.

 Sorti en dvd zone 2 français et bluray chez Paramount

 

dimanche 26 juin 2011

Bonjour les vacances 2 - National Lampoon's European Vacation, Amy Heckerling (1985)


European Vacation est la suite du cultissime National Lampoon's Vacation (Bonjour les vacances en vf) géniale comédie qui voyait le père de famille Chevy Chase vivre avec sa petite famille des vacances aussi cauchemardesques qu'hilarante durant leur périple à travers les Etats-Unis. Les talents associés de John Hughes au script et de Harold Ramis pour sa deuxième réalisation ainsi que l'abattage comique de Chevy Chase avait donné une comédie irrésistible et attachante au succès massif.

Deux ans plus tard une suite est donc mise en route, Ramis passé à la vitesse supérieure avec Ghostbuster laisse sa place à la moins douée Amy Heckerling (Fast times at Ridgemont High teen comedy fort sympathique, Clueless nettement moins) et John Hughes rempile au script. Le couple Chevy Chase/Beverly D'Angelo est à nouveau réuni mais le casting change pour les rôles de leurs enfants (notamment Anthony Michael Hall excellent dans le premier film et devenu star entre temps grâce à Breakfast Club) avec de nouveaux acteurs donnant nettement plus dans le cliché adolescent et bien moins attachant.

National Lampoon Vacation offrait un regard tendre et moqueur sur la famille moyenne américaine et donnait dans la caricature tordante pour décrire l'Amérique profonde qu'ils traversaient, truffée de rednecks illétrés, de buveurs de bière et d'amateurs d'armes en tout genre. Ce second volet reprend donc le principe cette fois étendu à l'Europe,l'argument d'un gain à un jeu télévisé (avec John Astin le Gomez de La Famille Adams en présentateur déjanté) amenant nos héros à parcourir le vieux continent et précisément Rome, Paris, Londres et l'Allemagne rurale. Une nouvelle fois le scénario de Hughes moque autant les clichés attachés à ses contrées que l'ignorance crasse des américains pour le reste du monde.

Chevy Chase est grandiose dans ce registre, la mine autosatisfaite, se croyant maître de la situation et accumulant les gaffes. Parmi les moments savoureux, la difficile acclimatation à la conduite à gauche en Angleterre qui le voit tourner des heures durant dans un rond point, la visite express du Louvres sous prétexte qu'il ferme dans 15 minutes, l'invasion du domicile de retraités allemand qu'ils ont confondus avec leur famille sans parler des tentatives "d'adaptations" aux moeurs locales (toute la famille qui adopte le béret ridicule à Paris). le tout début du film avant le voyage lorsque chacun imagine l'Europe de ses rêves est gratiné aussi, Chevy Chase imaginant l'Allemagne comme un un décalque de La Mélodie du bonheur.

Fous rires garantis lorsqu'il s'agit de mettre en boîte les européens même si les gags sont inégaux. La légendaire goujaterie du parisien moyen offre formidable dialogue à double sens entre notre famille et un serveur très indélicat, la grande gastronomie française se résume à des surgelés chauffés en douce (sur fond de Marseillaise guillerette) et Paris est bien sûr peuplés de voleurs. L'épisode Londonien est tout aussi grossier avec des anglais tous dotés d'un accent cockney infernal (et Chevy Chase de sortir son traducteur électronique à la première occasion), qui conserve leur flegme même en cas d'accident de la route et dont les hôtel son dépourvus de salle de bain. Le casting regorge d'ailleurs d'acteurs locaux venus s'amuser, Victor Lanoux est très à l'aise en voleur de charme et le Monty Python Eric Idle toujours aussi allumé.

Très sympathique donc mais tout de même en dessous du premier film car la farce domine et la famille est moins attachante cette fois (hormis Chevy Chase parfait) et c'est nettement moins intemporel avec les tenues et ambiances 80's criardes ainsi que des références (les allusions à Lady Di) qui le date définitivement alors que le précédent gardait un côté universel pour quiconque avait parcourut les routes des vacances en famille. Il y a eu 3 autres déclinaison Christmas Vacation (1989), Las Vegas Vacation (1997) et une récente en 2010 pour un court-métrage publicitaire avec toujours Chevy Chase/Beverly d'Angelo à tenter éventuellement même si ça parait moins inspiré...

Sorti en dvd zone 1 et doté de sous titres franças, pour les "fans" il il a même un box désormais disponible réunissant tous les épisodes.

vendredi 23 avril 2010

Ça chauffe au lycée Ridgemont - Fast Times at Ridgemont High, Amy Heckerling (1982)

Très sympathique et légère chronique adolescente bien marquée 80's (BO qui dépote Tom Petty, les Cars les Go-Go's dès la scène d'ouverture !) qui s'attarde sur le destin de quelques teenagers le temps d'une année scolaire au lycée Ridgemont. Pas de grande message ni d'intrigue construite, juste des petite histoire truffée de personnages attachants confrontés à des problèmes de leurs âge. Là où le film fait mouche c'est sur le mélange d'humour bien débile et d'un aspect dramatique qui transparait sous la légèreté. Cela passera surtout par l'héroïne jouée par la toute jeune Jennifer Jason Leigh pressé de devenir femme et se donnant un peu trop facilement aux garçons avant d'apprendre à faire passer les sentiments et de mieux se connaître.

Le casting regorgeant de grands espoir de l'époque et de futurs superstar est réellement impressionnant : Sean Penn grandiose (et loin des rôle sérieux qui feront sa réputation) en stoner surfer ahuri, Phoebe Cates, Forest Witaker, Judge Reinhold ou Nicholas Cage (encore sous son vrai nom Coppola)... Le film fait figure d'ancêtre des American Pie (mais en novateur pour l'époque) avec ses ados en rut multipliant les galipettes et les situations scabreuses (dont un flagrant délit de masturbation mémorable, ou encore un entraînement à la fellation en plein réfectoire)). D'ailleurs par rapport au teen movie sages d'aujourd'hui on s'étonnera du festival de topless et nudité pour des acteurs qui ont souvent l'âge de leur rôles (Jennifer Jason Leigh donne déjà grandement de sa personne avant La Chair et le sang de Verhoeven où elle était encore mineure aussi, Phoebe Cates se dévoile lors d'une scène de fantasme bien folle).

La réalisatrice Amy Heckerling n'ayant rien fait de bon à part ça (hormis l'autre classique du teenmovie qu'est Clueless avec Alicia Silverstone sinon des horreurs comme Allo Maman ici bébé) on peut largement attribuer la réussite du film à Camerone Crowe qui signait là son premier scénario d'après un de ses livres. On retrouve plusieurs facettes du futur réalisateur de Presque Célèbre : la peinture parfaite d'un grand groupe de personnages, plein de petits récit secondaires qui donnent consistance au récit et bien sûr la candeur juvénile et l'innocence se fondant dans un ensemble très musical et pop.

Le côté 80's donne un charme fou (la vanne sur toutes les filles se faisant le look de Pat Benatar irrésistible !) à ce petit classique teen qui sait être profond sans se prendre au sérieux, bon moment.

Sorti en dvd zone 2 français en 2001 difficilement trouvable désormais mais le zone 1 est doté de sous titres français et facilement disponible sur le net.