Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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lundi 26 novembre 2018

Opération clandestine - The Carey Treatment, Blake Edwards (1972)

Le docteur Peter Carey rejoint son nouveau poste dans un hôpital de Boston, dirigé par le docteur J.D. Randall et où travaille un de ses amis, le docteur David Tao. Il y fait la connaissance de Georgia Hightower dont il tombe amoureux. Bientôt, il apprend l'arrestation de Tao, accusé d'avoir pratiqué un avortement illégal sur Karen Randall, fille de J.D., qui vient de mourir d'une hémorragie interne peu après son arrivée aux urgences de l'hôpital. Convaincu de l'innocence de son ami, Carey mène une enquête parallèle.

Opération clandestine s'inscrit dans une période creuse de la filmographie de Blake Edwards. Le succès commercial le fuit tandis que le montage de plusieurs de ses films lui échappe sur Darling Lili (1970), Deux hommes dans l'Ouest (1971) et donc Opération clandestine. Cela n'empêchera pas la vraie réussite artistique de ces trois films mais laissera au réalisateur un ressentiment qui s'exprimera plus tard dans le furieux S.O.B. (1981).

Opération clandestine marque l'introduction de Michael Crichton dans le monde du cinéma avec cette première adaptation d'un de ses romans, signé sous pseudo au vu du sujet médical polémique alors qu'il officie encore à la faculté de médecine d'Harvard. Le récit nous plonge dans le quotidien d'un hôpital de Boston où le docteur Peter Carey (James Coburn), fraîchement arrivé fait figure d'électron libre. Cela passe d'abord pas le jeu décontracté et séducteur de Coburn, en contradiction avec l'attitude ambiante guindée et déférente envers le tout puissant J.D. Randall (Dan O'Herlihy), directeur de l'établissement.

Lorsque le drame se noue avec la mort accidentelle de la fille adolescente de Randall, cette présence poil à gratter de Carey prend tout son sens. L'accusé idéal est en effet le docteur Tao (James Hong), accusé d'avoir avorté grossièrement la jeune fille. L'introduction aura habilement mis en place les jeux de pouvoirs et les échelles sociales de l'hôpital où l'on comprend vite que Tao l'émigrant chinois fait un coupable idéal face à la bourgeoisie WASP en place. Carey mène l'enquête pour innocenter son ami et le tempérament gouailleur du personnage sert un regard ironique où Edwards met à jour l'hypocrisie sociale ambiante, se développant au-delà même de l'hôpital avec notamment la complaisance de la police.

C'est cette approche qui domine, la dimension purement policière et thriller ne s'amorçant vraiment que dans les quinze dernières minutes. Auparavant Edwards tisse une atmosphère désabusée dans les portraits dépeints sur toutes les strates sociales (adolescentes livrées à elles-mêmes, parents démissionnaires et alcooliques) tout en creusant la personnalité de Carey porté par une interprétation subtile d'un étonnant James Coburn.

Le ton mélancolique fonctionne particulièrement dans la romance qui se noue avec le personnage de Jennifer O'Neill, mais leur scènes en commun semblent être les principales victimes des coupes du studio. L'alchimie fonctionne mais l'on finit un peu frustré de ne pas avoir eu cet aspect plus développé. Une belle réussite néanmoins pour Blake Edwards mais un nouvel échec au box-office, le succès ne revenant qu'avec la reprise de la saga de La Panthère Rose.

 Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

mercredi 26 novembre 2014

Top Secret - The Tamarind Seed, Blake Edwards (1974)

Une employée du ministère de l'Intérieur britannique et un agent secret soviétique tombent amoureux durant un séjour à la Barbade. Mais leurs pays respectifs ne voient pas leur relation d'un bon œil. A défaut de les séparer, ils tentent de les utiliser afin d'obtenir des informations confidentielles.

Le début des années 70 constitue une période très particulière dans la carrière de Blake Edwards. La fin des années 60 l’avait vu s’atteler à des productions de plus en plus nanties et audacieuses mais qui pour la plupart allaient se solder par un échec commercial. Qu'as-tu fait à la guerre, papa ? (1966) et sa satire de la guerre arrive ainsi un peu trop tôt alors que les comédies pacifistes comme M.A.S.H. (1970) ou De l’or pour les braves (1970) rencontreront un grand succès dans un Hollywood plus ouvert à la contre-culture. L’aura de film culte de The Party (1968) se fera surtout dans le temps tant le film est singulier dans son approche comique à l’époque, et la comédie musicale flamboyante Darling Lili (1970) sera un échec cuisant car symbole du système de studio à bout de souffle alors qu’émerge le Nouvel Hollywood - au même moment un David Lean reçoit un accueil glacial injuste pour les mêmes raisons avec La Fille de Ryan

Edwards mettra pratiquement une décennie à s’en remettre, se relançant d’abord commercialement en ressuscitant la série des Panthère rose dont il enchaîne trois épisodes inégaux avec Le Retour de la Panthère rose (1975), Quand la Panthère rose s’emmêle (1976) et La Malédiction de la Panthère rose (1978). Pour le renouveau artistique, il faudra attendre le formidable Elle (1979) où il trouve la formule magique de la comédie adulte douce-amère qui fera le sel de ses riches années 80. Reste donc ce curieux moment du début des seventies où Blake Edwards se cherche, délaisse la comédie pure et s’aventure dans des genres inattendus pour lui avec notamment le western Deux hommes dans l’Ouest (1971), le thriller médical Opération clandestine (1972) et le film d’espionnage Top Secret (1973). Trois grandes réussites qui se solderont malheureusement à nouveau par des fours commerciaux, Deux hommes dans l’Ouest constituant même un souvenir douloureux car remonté par le studio ; Edwards en nourrira une rancœur tenace envers Hollywood qui s’exprimera dans le corrosif S.O.B. (1981).

On pense forcément à la série des James Bond avec ce générique de Maurice Binder accompagné d’une musique de John Barry, mais pourtant Top Secret dessine sa dualité entre espionnage et intrigue sentimentale dès cette ouverture. Le magnifique thème de Barry offre une tonalité romantique feutrée sur des jeux d’ombres du couple vedette tandis que l’arrière-plan rouge dresse le cadre inquiétant de l'environnement où va évoluer l’intrigue. C’est bien le monde de l’espionnage qui va s’introduire dans une histoire d’amour, qui débute de façon commune avec la rencontre entre l'Anglaise Judith Farrow (Julie Andrews) et le Russe Feodor Sverdlov (Omar Sharif) dans le cadre paradisiaque de la Barbade.

La romance est dans un premier temps perturbée par les fêlures de chacun : Sharif est un agent soviétique solitaire et désormais désintéressé de la cause tandis que Julie Andrews, secrétaire au ministère de l'Intérieur, sort d'une rupture douloureuse et ne s'est jamais pardonnée la mort de son mari quelques années auparavant. Entre eux se noue une étrange relation amoureuse platonique placée (élément crucial pour la suite) sous le signe de la sincérité malgré des natures diamétralement opposées. Déambulant dans de divins paysages exotiques, ils se livrent étonnement l'un à l'autre sur leurs différences culturelles, leur déconvenues personnelles et surtout ces doux sentiments qui semblent déjà les rapprocher. La séduction directe et entreprenante du Slave Feodor se heurte à la réserve de l'Anglaise Judith pas encore prête à se livrer, à souffrir de nouveau. Feodor, habitué à contenir ses émotions et à donner le change dans le monde du KGB où toute opinion divergente fait suspecter de trahison, va ainsi se révéler à cette femme qui à l’inverse est un véritable livre ouvert quant à ses émotions.

Omar Sharif par le bagout de son personnage parait souvent ambigu, le cynisme de sa vision du monde contredisant sa vraie croyance en son amour pour Judith. Julie Andrews à l’inverse exprime une candeur et une sincérité troublantes, incapable de donner le change en dépit de la distance et de la retenue affichées. Par ces tempéraments opposés, chacun trouve son complément chez l’autre et Blake Edwards signe en fait l’exact inverse de son Darling Lili. Dans ce dernier, l’histoire d’amour était toujours perturbée par la méfiance qu’entretenaient mutuellement les amants, le pilote américain joué par Rock Hudson et déjà Julie Andrews en agent double et simili Mata Hari officiant pour les Allemands.

La relation s’avérait mouvementée et tumultueuse car la volonté de manipulation se voyait rattrapée par de vrais sentiments naissants, dans un chaos jurant avec l’esthétique chatoyante du film. Top Secret, au contraire, oppose un amour pur, sincère et longtemps chaste qui constituera la seul lumière d’un environnement froid, uniforme (la Barbade dépourvue du moindre exotisme, Paris et Londres quasi anonymes et se devinant plus par le dialogue) et où tout le monde ment et dissimule un secret quelconque. On le sait, Blake Edwards a rencontré Julie Andrews sur le tournage de Darling Lili et l’a épousée peu après. A l’aune de cette information, on peut voir Darling Lili comme témoin de la confusion de l’amoureux incertain tandis que la paix qui traverse la romance de Top Secret est celle d’un amant confiant et apaisé.

L'histoire - adaptée du roman éponyme d’Evelyn Anthony paru en 1971 - prendra bien plus d’ampleur quand leurs professions, nationalités et blocs opposés rattraperont notre couple. Incapables d'imaginer une relation d'amitié, voire amoureuse, entre deux êtres issus de régimes antagonistes, les services secrets russes et anglais s'agitent pour empêcher ce lien puis en profiter afin de soutirer des informations. La sincérité jamais démentie du couple se poursuit de retour dans le monde réel, seul point d’ancrage dans la redoutable partie d'échecs qui se joue alors et qui convoque brillamment toutes les figures du genre (agent double, passage à l'Ouest, micros...) à travers les excellent seconds rôles que sont Anthony Quayle en chef du MI5 et Dan O'Herlihy en ambassadeur retors. 

Ces deux personnages figurent chacun à leur manière la paranoïa et le secret régnant dans cet univers du Renseignement. Quayle doute de tout et de tout le monde, cette méfiance le rendant quasiment omniscient et jamais pris au dépourvu par les revirements inattendus de certaines situations et de la part de certains protagonistes. Dan O'Herlihy avec son personnage d’ambassadeur justifie à lui seul cette paranoïa, son propre couple étant bâti sur un mensonge (il est homosexuel), si ce n’est son existence entière comme le montrera une révélation saisissante.

Epiés, suivis et traqués, les héros poursuivent dans le monde réel la magie du lien des premiers instants du film à travers l'alchimie palpable entre Sharif et Julie Andrews. Edwards les filme avec une grande pudeur, passant plus par les mots et sa mise en scène pour tisser leur lien puisque la dissimulation est constamment de mise pour donner le change à leurs pairs. L’ironie repose sur la manière dont les amants réussiront à poursuivre leur relation. En étant francs et en avouant à leurs supérieurs qu’ils se plaisent et souhaitent se voir, ils n’éveilleraient que la suspicion. Ils leur diront donc simplement ce qu’ils souhaitent entendre, Judith comme Feodor faisant croire chacun à leur camp qu’ils souhaitent faire de l’autre un agent double et pouvant alors se voir à leur guise. Feodor, habitué à ce jeu de dupes, s’en amuse même si les risques sont immenses tandis que l’expérience sera une révélation pour Judith, ne s’avouant jamais ses sentiments mais osant toujours aller plus loin dans la supercherie. 

Cette hésitation et cette crainte constante de s’ouvrir seront toujours balayées par la conviction de Feodor, puisqu’on aura deviné que la jeune femme n’avait eu que des partenaires défaillants et lâches auparavant. Le rapprochement du couple sera ainsi un long cheminement jusqu’à cet abandon total de Judith, Edwards usant des même motifs visuels - mais pour un résultat inverse - que dans Darling Lili pour illustrer ce sentiment de long échange ininterrompu par un montage poursuivant les bribes de conversation d'un lieu à un autre sans coupures. La tension sexuelle évidente se voit désamorcée par une même volonté de retenue envers la pudeur de Judith ; et lorsque Feodor lui propose vers la fin d'aller nager ou de (enfin) faire l'amour, la scène suivante montre l'après apaisé plutôt que la facile séquence charnelle attendue.

Pratiquement sans action (et assez laborieuse les rares fois où il y cède avec une fusillade finale brouillonne), la trame n’en est pas moins palpitante, rappelant La Lettre du Kremlin de John Huston où le suspense découle de la seule force du soupçon envers l’autre. Chambre d’hôtel isolée, alcôve de bureau et parcours de golf sont les lieux où les décisions fatidiques se prennent et où les pièges se referment dans une pure cordialité de façade. Le contexte de la Guerre Froide n'a d'ailleurs pas vieilli tant il n'est que prétexte à magnifier l’osmose entre Judith et Feodor (aucun rebondissement ne jouera jamais sur le doute de l'un sur l'autre), symbolisée par le leitmotiv de la graine de tamarinier. Les soubresauts de l’intrigue rendent aussi incertain l’avenir du couple que l’existence de la graine, supposée selon la légende ressembler à un visage humain depuis qu’un esclave a été pendu à tort sous l’une de ses pousses. 

La rêveuse Judith y croit tandis que le plus pragmatique Feodor n’y voit qu’un conte. L’apparition finale de la graine avec son contour atypique signifiera leur union indéfectible dans une magnifique scène de retrouvailles. Dans le même temps, le fossé avec ce monde de l’espionnage qu’ils ont quitté se creuse avec un ultime et marquant stratagème de tromperie. Top Secret est l'une des œuvres les plus méconnues de Blake Edwards, mais surtout un vrai joyau dans sa filmographie.

Sorti en dvd zone 2 français chez Elephant Films

mardi 11 novembre 2014

Diamants sur canapé - Breakfast at Tiffany's, Blake Edwards (1961)

Holly Golightly, une pétillante jeune femme, rêve d'amour et d'argent. De New York, où elle vit, elle ne connaît surtout que les vitrines du grand joaillier Tiffany's, qu'elle contemple platoniquement, la prison de Sing Sing, où elle rend visite à un truand, et les restaurants où de vieux messieurs chic l'emmènent dîner. Paul Varjak, son voisin, un écrivain en panne d'inspiration, qui vit des grâces généreuses de sa protectrice, Edith Parenson, est rapidement séduit par le charme mutin de Holly.

Breakfast at Tiffany's est la première manifestation de la veine plus délicate et sensible de Blake Edwards après des débuts placés sous le signe de la comédie potache. Le film adapte la nouvelle éponyme de Truman Capote parue en 1958 et dont la transposition à l’écran fut de longue haleine. Le fond scabreux demande une illustration moins directe notamment mais le souci principal sera de trouver l’interprète pour incarner Holly Golightly. La candidate idéale est Marilyn Monroe, Truman Capote pensant à elle quand il écrivait la nouvelle et l’on imagine parfaitement l’icône incarner le mélange de charme ingénu et de sensualité provocante du personnage. Capote cédera les droits de sa nouvelle dans l’idée de voir Marilyn jouer son personnage, initialement dirigée par John Frankenheimer. 

La star déclinera pourtant la proposition car en pleine influence actor’s studio et sous la coupe de Lee Strasberg qui lui conseillera de refuser ce rôle de prostituée associé à l’image sexy qu’elle souhaite atténuer (son choix se portera à la place sur Les Désaxés (1961) de John Huston). Après un nouveau refus de la part de Kim Novak (qui quand on pense au Embrasse-moi idiot (1964) de Billy Wilder aurait été un merveilleux choix aussi) les producteurs firent un choix étonnant en engageant Audrey Hepburn, au grand désarroi de Truman Capote. La sage, mutine et introvertie Audrey Hepburn pour incarner un personnage aussi extravagant était un vrai risque qui allait déterminer le ton très différent du film désormais dirigé par Blake Edwards (Frankenheimer ayant été écarté à la demande d’Hepburn qui n’avait jamais entendu parler de lui).

 
L’histoire dépeint la rencontre de deux solitudes qui par leur sexe, origines sociales et caractères opposés n’ont pas la mêmes moyens d’échapper à leur destin. Paul Varjak (George Peppard) est un jeune écrivain en panne d’inspiration luxueusement entretenu par une riche et séduisante protectrice (Patricia Neal). Il va rencontrer en emménageant sa charmante voisine Holly Golightly (Audrey Hepburn), jeune femme volage subsistant en se prostituant auprès d’amants nantis mais qui rêve de jours meilleurs symbolisé par ces arrêts au petit matin devant les vitrines du joaillier Tiffany’s. Le récit marque progressivement les similitudes et différences entre Paul et Holly. Plus introverti et réfléchi, Paul pêche par oisiveté en s’engonçant dans le confort accordé par sa riche bienfaitrice et retardant ainsi son retour à l’écriture. 

Holly n’a pas cette planche de salut artistique et s’accroche à des rêves aussi incertains que ses nombreux amants, le scénario résumant les « passes » à un paiement de 50 dollars pour aller aux toilettes pour dames. Avec Audrey Hepburn, la vulnérabilité et la fragilité d’Holly l’emporte sur son côté sexy même si la seule issue vénale de réussite est savoureusement croquée lorsqu’entre deux nouveaux arrivant masculins elle se dirigera vers celle étant la « 9e fortune de moins de cinquante ans » au physique pourtant fort disgracieux.

Cette seule motivation pécuniaire lui évite de tisser des liens trop étroit avec quiconque (que ce soit son appartement pas meublé ou son chat sans nom) mais ne lui attirera finalement que les plus odieux et libidineux des prétendants. Le passé douloureux (mariage précoce, enfance rurale misérable, petits larcins) se devine en filigrane au fil du récit et la fuite en avant permanente de Holly devient compréhensible, elle qui n’a jamais représenté qu’un bel objet même pour ceux l’aimant sincèrement à l’image de du vieux vétérinaire texan et éphémère époux revenu la chercher à New York.

Dépeint ainsi on pourrait croire le film réellement lugubre mais il n’en est rien. La relation amicale entre Paul/ Fred et Holly amène une éclaircie et une légèreté bienvenue à cet arrière-plan tragique, chaque scène commune faisant étalage de leur complicité dans un grand éclat de rire. On pense à cette séquence de fête où Blake Edwards répète The Party (1968) avec ces convives hétéroclites et alcoolisés, son festival de gags délirants. 

L’excursion où le couple tente de nouvelles expériences loufoques est une pure merveille de drôlerie également dans un New York de conte de fée. C’est pourtant bien quand l’environnement s’estompe, que les personnages sont laissés seuls à leur mélancolie et échangent des regards aimant que la magie fonctionne pleinement. C’est le cas lors de ce baiser au retour de la fameuse ballade mais surtout quand Holly entonne la merveilleuse Moon River, alertant à l’étage du dessus un Paul subjugué. Blake Edwards à travers le regard de Paul nous place à ces deux moments en plongée face à une Audrey Hepburn mise à nu et délestée de sa superficialité de façade pour redevenir ce petit être fragile qu’il faut protéger. 

Il faudra pourtant qu’elle apprenne à se sauver elle-même en acceptant que le vrai salut extérieur ne peut venir que de l’amour et pas d’une fortune conséquente, un long chemin qui passera par d’autres péripéties malheureuse. On passera sur les rares fautes de gouts (Mickey Rooney en japonais caricatural, l’intrigue policière des bulletins météo amenée de manière assez poussive) pour ne se souvenir que de ce merveilleux final sous la pluie new yorkaise où, enfin, le couple s’avoue désirer la même chose au même moment dans un tendre baiser final. Le conclusion plus amère de Truman Capote se voit supplanté par cette issue plus lumineuse dans une bijou de comédie romantique.

Sorti en dvd zone 2 et bluray chez Paramount


Et la merveilleuse Moon River par Audrey Hepburn

mardi 8 octobre 2013

The Party - Blake Edwards (1968)

Un acteur indien, nommé Hrundi V. Bakshi, est recruté par un studio hollywoodien pour jouer un soldat indigène dans un remake de Gunga Din. Lors du tournage, cet homme très maladroit détruit un des décors très coûteux du film. Le producteur très fâché contre le comédien de second ordre demande qu'on le note sur une liste noire. Suite à une erreur-quiproquo du studio, Hrundi se retrouve invité à la fête annuelle du studio, à Hollywood. Pendant la fête, le comédien accumule les gaffes mais n'est pas le seul...

Blake Edwards et Peter Sellers faisaient une entorse à leurs saga de La Panthère Rose avec ce chef d'œuvre comique et sommet de leur collaboration. The Party est un film sous influence assumée tout en étant une comédie au traitement radical et quasi expérimental. On se souvient de quelle manière Peter Sellers au départ second rôle (la vraie star étant David Niven) avait littéralement vampirisé le premier volet de La Panthère Rose (1963) et faisant sienne la saga dès l'épisode suivant avec le génial Quand l'inspecteur s'emmêle (1964). Cette fois Blake Edwards façonne un écrin à la (dé)mesure de sa star avec un scénario minimaliste (faisant à peine 63 pages le réalisateur se vantant que c'est le plus court sur lequel il ait jamais travaillé) et prétexte à laisser s'exprimer le génie de Sellers.

Ce dernier compose ici un personnage bien différent de son mythique Inspecteur Clouseau. Celui-ci était un monument de bêtise égocentrique que la conscience de son génie tout relatif amenait à commettre les pires bévues en toute assurance. Cette fois il sera le bien plus innocent Hrundi V. Bakshi, acteur indien dont la maladresse fonctionne plus sur le motif du poisson hors de l'eau et constamment inadapté à son environnement. On en a un exemple dès l'extraordinaire scène d'ouverture où son excès de zèle enlise littéralement le tournage en cours alors qu'il se refuse à arrêter de jouer du clairon. C'est avec la même candeur qu'il exaspère définitivement le réalisateur dont il vient de détruire accidentellement le décor et qui lui promet de le rayer du métier en demandant innocemment : "Même à la télévision ?"

L'idée est donc de plonger ce gaffeur insouciant dans le cadre le plus superficiel et hypocrite qui soit, une soirée mondaine hollywoodienne que sa sincérité et maladresse va dynamiter. Après avoir montré dans l'ouverture de façon spectaculaire les dégâts que peut causer malgré lui Bakshi, Edwards joue avec brio sur la retenue et l'attente une fois la "party" entamée. La demeure futuriste typiquement 60's à l'architecture improbable et aux gadgets en pagailles offrira un terrain de jeu idéal où Edwards exploite toutes les ressources comiques possibles.

Cela va de la simple maladresse de Bakshi (la perte de chaussure d'entrée), sa fantaisie enfantine (le fameux "birdie num num" ou l'épisode ou il manipule le tableau de contrôle de la maison) et les éléments physique qui semblent diaboliquement ligués contre lui, occasionnant certains gags aussi extraordinaire qu'inattendus (le rouleau de papier toilette se déroulant indéfiniment).

Peter Sellers (qui avait déjà incarné un indien dans le très moyen Millionnaire de Anthony Asquith) peinturluré et accent prononcé est absolument génial de timing comique et compose un personnage très attachant dont Edwards se plait à souligner la dimension enfantine par de multiples idées qui le place constamment à la marge : l'arrivée dans sa minuscule voiture à trois roue (hommage à la voiture de Monsieur Hulot dans Les Vacances de Monsieur Hulot), le coucou lancé loin des lieux de la catastrophe qu'il vient de provoquer, cette table de dîner où il se retrouve à hauteur limitée ou encore sa manière décomplexée de s'incruster dans les conversations guindées comme un gamin cherchant à se faire des copains, sans parler d'un hilarante et incontrôlable envie d'uriner.

Blake Edwards bien que n'ayant pas encore connu ses fameux déboires à Hollywood annonce déjà le ton corrosif de sa satire S.O.B. (1981) avec le portrait peu reluisant fait de cette communauté ici. Courbettes, hypocrisie ou encore producteur trop entreprenant souhaitant emmener les starlettes jusqu'à leur lit, l'atmosphère pourrait être bien plus sordide sans l'humour. La présence de Bakshi sert donc de dynamiteur, contaminant progressivement l'ensemble, du serveur profitant de la moindre occasion pour s'en jeter un à la maîtresse de maison frisant la syncope à la moindre contrariété pour nous mener au final anarchique entre mousse éléphant et hippie dans une joyeuse hystérie.

Bakshi va pourtant trouver une âme aussi pure que la sienne dans ce cadre avec la douce Michelle Monet (Claudine Longet), apprentie chanteuse pas loin d'être brisée par ces codes du paraître mais qui trouvera un soutien idéal avec notre héros. Là encore la maladresse, l'emprunt et la fantaisie de leurs échanges contribue à en faire des enfants déplacés dans un cruel monde d'adulte que leur alliance défiera, chassant la solitude pour Bakshi et le sentiment d'exploitation pour Michelle. Le film contribuera d'ailleurs grandement à la notoriété de la française Claudine Longet qui entamera une jolie carrière musicale par la suite et nous envoute ici le temps d'un divin Nothing to lose. C'est elle qui donne de la consistance à Bakshi qui nous apparaît naïf mais certainement pas simplet (et finalement très respectueux pour les indiens*) comme le montre la défense qui prendra de Michelle face à l'odieux réalisateur ou sa réaction outrée face à l'éléphant maquillé.

Bien que sous influence (Tati essentiellement) The Party ne ressemble à rien de connu. Edwards ose un rythme languissant bien loin de la comédie survoltée attendue (sans musique extra-diégétique si ce n'est celle des musiciens à l'écran), use d'un découpage sobre exploitant plus la largeur et la profondeur de son décor (ou comme chez Tati encore l'attention est de mise tant on découvre de nouveaux gags et péripéties dissimulés dans un recoin de l'image à chaque vision) et laisse graduellement s'insinuer la folie.

L'interprétation de Sellers est si grandiose qu'il n'y a même pas besoin de lâcher les chevaux trop vite, le spectateur est souvent plié de rire AVANT le gag en lui-même simplement par les mines ahuries de Bakshi et l'attente de sa prochaine bêtise, les préliminaires avant la catastrophe. La prouesse est telle que le final apocalyptique est presque moins drôle que la première partie sobre où on guette chaque dérèglement. Le résultat, un des chefs d'œuvres d'Edwards et un des films les plus drôles jamais réalisés.

  
*La première ministre indienne Indira Gandhi reprenant à son compte une des maximes de Bakshi In India we don't think who we are, we know who we are! lorsque le méchant réalisateur lui lancera un Who do you think you are quand il défendra Claudine Longet de ses assauts.

Sorti en dvd zone 2 français chez MGM

lundi 19 septembre 2011

Allo...Brigade Spéciale - Experiment in Terror, Blake Edwards (1962)


Un psychopathe harcèle une employée de banque. Il ne lui laissera la vie sauve qu'à la condition qu'elle détourne une forte somme d'argent à son profit. La victime fait appel à l'inspecteur John Ripley.

On associe volontiers toujours Blake Edwards à son genre fétiche de la comédie qu'il aura su aborder sous toutes les facettes : burlesque avec The Party et les Panthère Rose, romantique avec Diamants sur canapé, douce-amère dans Elle ou encore franchement grinçant dans SOB. Edwards a pourtant un registre bien plus varié et hormis le fantastique on trouve finalement tous les genres dans sa filmographie du western Deux hommes dans l'Ouest au film d'espionnage Top Secret ou du film de guerre (même pour rire) Qu'as tu fais à la guerre papa?. Experiment in terror (sorti à l'époque sous le titre Grip of Fear) est une de ses premières tentatives d'élargir sa palette avec ce thriller oppressant même si la vraie mue se fera avec le drame sur l'alcoolisme Le Jour du Vin et des Roses, un de ses chefs d'œuvre.

Loin d'être parfait Allo, Brigade Spéciale souffre de quelques défauts majeurs, essentiellement dû à un script à la construction souvent laborieuse et pas dénué de facilité. Il suffit donc de passer un coup de fil nocturne apeuré pour tomber sur un ponte du FBI qui vous déroulera les grands moyens, sans parler de la motivation pécuniaire du psychopathe qu'on a bien du mal à lier à sa perversion bien réelle ainsi que de nombreuses longueurs pour cette trame plutôt limitée qui s'étale sur plus de deux heures. La réussite du film tient donc essentiellement par l'atmosphère trouble et menaçante qu'il dégage, mettant le spectateur mal à l'aise plus d'une fois. Le générique nous montrant un San Francisco sur la basse pesante du score de Henry Mancini instaure d'emblée inquiétude qui va se manifester concrètement lors de la terrifiante séquence où Lee Remick est agressée par un psychopathe tapi dans les ténèbres de son garage.

Le souffle court et asthmatique, la voix à l'intonation perverses et les mains se promenant on ne sait où sur le frêle corps d'une Lee Remick incapable de bouger, Edwards donne là une introduction terrifiante de malaise.

Le film a du mal à maintenir cette tension par la suite mais est parsemé de moments de suspense redoutables. On pense à ce meurtre étrange dans une maison truffée de mannequin, ce moment où le tueur oblige Stéphanie Powers (dont le personnage alourdissait le récit jusque-là) à se déshabiller devant lui ou le final palpitant en plein match de base-ball. Edwards peine à maintenir l'intérêt (malgré une menace urbaine puissante lors de toutes les scènes nocturnes) entre ses morceaux de bravoures mais ces derniers sont si brillamment exécutés qu'il relance constamment l'ensemble.

L'impassibilité de Glenn Ford en agent du FBI s'oppose à l'anxiété d'une formidable Lee Remick (qui retrouvera Edwards dans la foulée pour Le Jour du Vin et des Roses) mais c'est véritablement Ross Martin en tueur qui les éclipse tous avec une présence plus limitée à l'écran. Le futur Artemus Gordon de la série Les Mystères de L'Ouest fait déjà montre d'un gout certain pour le travestissement et ici son regard torve, ses rictus pervers et son phrasé vicieux en font un méchant très impressionnant. Plutôt inégal donc mais audacieux et rondement mené.

Trouvable en dvd zone 2 anglais doté de sous-titres anglais et disponible aussi en zone 1 avec sous-titres français mais l'édition est un peu hors de prix désormais ca r épuisée. Sinon pour les parisiens, visible en ce moment à la Cinémathèque dans le cadre de la rétrospective Blake Edwards.


lundi 15 août 2011

Darling Lili - Blake Edwards (1970)

Pendant la Première guerre Mondiale, la chanteuse anglaise Lili Smith est invitée à se produire en France pour supporter l'effort de guerre. Mais cette activité n'est qu'une habile couverture. Lili Schmidt est en fait une espionne allemande dont la mission consiste à jouer de ses charmes pour voler des secrets militaires. Avec professionnalisme, elle aborde sa nouvelle cible le Major Bill Larrabee, un as de l'aviation. Jusqu'à ce que l'amour... et la jalousie s'en mêlent.

Darling Lili est le film maudit de Blake Edwards, celui dont le bide massif lui vaudra quelques années de purgatoire hollywoodien. Le film s'inscrit dans une période particulière du cinéma américain, qui voit la fin du système studio tel qu'on l'a connu jusque là. Concurrencés par la télévision, les studios rivalisent d'inventivité à coup de nouveaux outils (Cinemascope, 3D déjà) et de superproductions aux budgets pharaoniques (utilisé comme argument de vente) destinés à rendre l'expérience cinéma unique et évènementielle par rapport à la petite lucarne. Les genres les plus spectaculaires comme l'aventure, le péplum ou le film de guerre se prêtent particulièrement bien à ce contexte mais c'est réellement la comédie musicale où toutes les folies et audaces visuelles sont permises qui va vraiment exploser alors avec des films comme My Fair Lady ou Docteur Doolitle.

Deux des plus gros succès du genre à l'époque sont Mary Poppins et La Mélodie du Bonheur qui remportent un véritable triomphe au box-office. Le point commun de ces deux comédies musicales ? La présence magique de Julie Andrews qui prolonge enfin sur grand écran ses succès à Broadway. Les studios s'engouffrent donc dans la brèche en tentant de reproduire la formule à succès production prestigieuse+ chansons+ Julie Andrews puisque suivront le Star! de Robert Wise en 1968 et donc ce Darling Lili.

Spectacle total, Darling Lili en plus de la comédie musicale mêle le film de guerre, d'espionnage et romantique. L'histoire dépeint les aventures de Lilian Smith (Julie Andrews) chanteuse à succès anglaise qui dissimule en fait une espionne allemande chargée de soutirer par la séduction des renseignements aux gradés ennemis. Sa prochaine cible est le Général Larrabee (Rock Hudson) mais elle va se trouver prise à son propre jeu. Julie Andrews est parfaite en simili Mata Hari et on a aucun mal à croire à sa duplicité. L'actrice se joue d'ailleurs fort bien de l'image lisse qu'on lui prête depuis Mary Poppins puisque c'est précisément celle qu'elle affiche à ceux qu'elle manipule et Edwards joue largement dessus comme cette séquence où elle apparaît quasi angélique lorsqu'elle vient chanter dans un hôpital pour réconforter les blessés de guerre.

L'ensemble du film fonctionne d'ailleurs sur cette tonalité flamboyante et mettant de côté les aspects les plus difficiles du cadre historique. Le récit se déroule ans un Paris féérique et idéalisé où tout n'est que fêtes, seule la présence massive de soldat nous indiquant que le tout se déroule bien durant la Première Guerre Mondiale. Point de tranchées boueuses ici pour illustrer la Grande Guerre d'ailleurs mais de spectaculaires et virtuoses combats aériens mettant en valeur l'héroïsme de Rock Hudson. Ces passages sont tournés avec les pilotes et les équipements du Crépuscule des Aigles de John Guillermin et le résultat à couper le souffle sera la cause de nombreux dépassement de budget.

Blake Edwards se repose essentiellement sur l'image pour illustrer son histoire d'amour et l'ampleur des scènes romantiques (magnifique passage en campagne où le couple suit un groupe d'écolières chantant) va croissante à mesure que les sentiments de Julie Andrews se révèlent authentiques. L'alchimie ne fonctionne pas totalement avec Rock Hudson mais c'est finalement loin d'être un défaut puisque le jeu monolithique de dernier évoque autant une forme de retenue que de duplicité et introduit finalement la question de qui trompe qui ici lorsque Julie Andrews est plongée dans les affres de la jalousie.

L'utilisation des passages musicaux est ici brillante puisque suivant toujours les états d'âmes de son héroïnes : cette fameuse image mièvres en début de film pour affirmer son double jeu (brillante ouverture où elle rassure son public sous les bombardements), son show se faisant plus provoquant et rageur lorsqu'elle se découvre une rivale stripteaseuse et le final en écho au début où les même plans illustrent un sentiment totalement différent, mélancolique et apaisé.

On sait qu'à l'issu du tournage Blake Edwards épousa sa star et cela se ressent puisque de la photo splendide de Russel Harlan aux costumes fabuleux et des numéros musicaux et des angles avantageux de ces derniers, tout est fait pour mettre amoureusement en valeur la beauté de Julie Andrews. Edwards ne se départit pas pour autant de sa loufoquerie avec son goût pour les gags en arrière plan ou encore des personnages délirant comme le duo d'agents français cousins incompétents de l'Inspecteur Clouseau et de Dupond et Dupont ou encore Lance Percival en pilote ne pouvant prendre les commandes que fin saoul.

Le film offre finalement un étonnant pendant inversé du futur Top Secret où Edwards mêlera à nouveau romance et espionnage (les films sont très proches notamment tout les passages romantiques où les personnages déambulent filmés de manière identiques). Dans ce dernier la confiance absolue du couple Julie Andrews/Omar Shariff triomphe de tout les faux-semblants qui les entourent alors que dans Darling Lili on ne cesse de douter de la sincérité de l'autre.

Cela sied bien au différentes directions que prend le film avec de la screwball comedy de haute volée lors des échanges orageux entre Hudson et Andrews (dont une séquence amoureuse en chambre qui annonce 10 dans son côté décalé) et qui déborde sur l'intrigue d'espionnage où l'enjeu devient réellement la réunion du couple plutôt que la mission en cours. La dernière demi heure traduit bien cela avec coups de théâtres, trahison et course poursuites qui s'enchaînent sans temps mort. Ce n'est qu'à l'issue d'un ultime affrontement aérien que nos héros peuvent enfin s'aimer en sans avoir de secrets mais c'est aussi ce qui va les séparer.

Le bide de Star! alors que le tournage de Darling Lili est déjà lancé annonce le désastre commercial à venir tandis que d'autres productions musicales prestigieuses sombrent au même moment comme le Camelot de Joshua Logan. L'heure du Nouvel Hollywood a sonné et le public en a assez de ses meringues boursouflées.

Le film est vilipendé par la critique (David Lean au même moment subit le même retour glacial avec La Fille de Ryan) et sombre au box office (5 millions de $ recette pour un budget de 25) malgré trois nominations à l'Oscar pour Julie Andrews, le beau score de Henry Mancini et la chanson Whistling Away the Dark. Darling Lili reste cependant un des plus accomplis et ambitieux film deBlake Edwards qui après un un passage difficile se vengera férocement de ses détracteurs dans SOB et aura même l'occasion de proposer son vrai montage du film présenté à Cannes en 1993.

Une affaire compliquée en dvd. Le dvd zone 2 français comporte le montage cinéma de l'époque (et c'est celui dont je parle dans la chronique) tandis que le zone 1 présente le nouveau montage tardif de Blake Edwards qui raccourci le film d'une vingtaine de minutes et sous-titré anglais, ainsi que des bonus intéressant comme une demi heure de scène coupées. Le zone 1 est un peu cher tandis que le dvd français est plus accessible, l'idéal étant d'avoir les deux pour comparer les différences. A vous de voir, peut-être que la rétrospective à venir à la Cinémathèque proposera les deux montages...



Et extrait d'un des plus beaux passages musicaux, "Whistling away in the dark"...