Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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lundi 7 septembre 2015

The Night Has Eyes - Leslie Arliss (1942)

Deux enseignantes, Doris et Marian, visitent les landes du Yorkshire, un an après que leur amie Evelyn y a disparu. Une nuit prises par l'orage, elles se réfugient dans la maison isolée de Stephen Deremid, un temps pianiste pendant la Guerre civile espagnole. Doris quitte la maison dès la fin de l'orage mais Marian reste. En fait, elle soupçonne Stephen d'être responsable de la disparition de son amie.


Avant de faire des étincelles dans les extravagantes productions romanesque du studio Gainsborough (The Man in grey (1943) et The Wicked Lady (1945)) le réalisateur Leslie Arliss et l'acteur James Mason collaborèrent sur ce The Night has eyes. On retrouve certains éléments qui feront le sel des classiques Gainsborough à venir (le romantisme torturé, l'atmosphère gothique) et James Mason s'y exerce déjà à cet emploi de châtelain austère et inquiétant mais le film (adapté d'un roman de Alan Kennington ) verse plutôt dans le thriller gothique.

Le postulat est des plus intrigants : deux enseignantes explorent les landes du Yorkshire en forme de pèlerinage à leur amie disparue sur ses lieux un an plus tôt. Prise dans un orage, elles sont recueillies par un pianiste (James Mason) vivant en solitaire et à l'inspiration tarie depuis son retour de la Guerre d'Espagne. La douce Marian (Joyce Howard) est bientôt sous le charme de son hôte ténébreux, mais de nombreux indices indiquent que son amie Evelyn est passée par là, jetant un voile de soupçon sur la romance naissante.

 Leslie Arliss montrera plus tard un certain génie pour alterner les tons et les atmosphères dans ses films Gainsborough et l'exprime déjà bien dans ce qui est seulement sa deuxième réalisation après The Farmer's Wife (1941). Il excelle ici amorcer une direction attendue au récit, tout en la maintenant dans une retenue qui rend jusqu'au bout le film inclassable et imprévisible. Le somptueux décor studio de cette lande brumeuse du Yorkshire évoque le meilleur des productions Universal (la photo de Günther Krampf fait merveille), l'ombre de la disparue planant sur les lieux lorgne autant sur Rebecca que Jane Eyre et l'humeur changeante de James Mason évoquera Barbe Bleue (il suggère lui-même à ses invitées de s'enfermer à clé dans leurs chambres) qu'une histoire de loup-garou puisque les basculements interviennent les soirs de pleine lune.

 Tout cela ne reste pourtant qu'esquissé, Arliss ne rentrant jamais de plain-pied dans la promesse de ses amorces d'intrigue. Au contraire l'ambiance ténébreuse s'estompe parfois complètement dans de superbes scènes romantiques (Marian subjuguée par Stephen au piano, leur complicité dans les tâches quotidiennes) ou comiques (les truculents domestiques), le trouble se renforçant parfois par la temporalité floue qu'éveillent certaines séquences oniriques comme quand Marian troque ses vêtement trempés contre une robe d'époque. Même la glaçante découverte d'une pièce macabre du domaine signifiera exactement l'inverse de la terreur initiale.

La révélation progressive du mystère, les ruptures de ton et la mise en scène immersive de Leslie Arliss aura ainsi suffit à nous tenir en haleine le temps d'une narration alerte (le tout dure à peine plus d'une heure) qui fait oublier l'absence de vrai rebondissement et laisse tout espérer. Le twist final n'en est que plus réussi et évident, faisant soudain glisser la vraie folie dans une œuvre jusque-là si incertaine. Une belle démonstration renforcée par un final à la morale impitoyable. Sans totalement égaler le brio des futurs classiques Gainsborough, un thriller rural très réussi et imprévisible.


Sorti en dvd zone 2 anglais chez Network sans sous-titres

jeudi 18 octobre 2012

The Man in Grey - Leslie Arliss (1943)


En 1943, une jeune femme faisant partie de la marine britannique et un pilote de la R.A.F. font connaissance lors de la vente des biens de la famille Rohan, dont le dernier membre mâle vient de trouver la mort à Dunkerque. Après que le pilote a tenu des propos calomnieux sur ladite famille, la jeune femme lui révèle que le dernier des Rohan était en fait son frère…

Retour dans l'Angleterre de 1830 : la riche et fragile Clarissa Richmond et son amie d'enfance, Esther Shaw, issue d'un milieu pauvre, se séparent lorsque cette dernière décide de suivre un jeune officier. Clarisse, pour sa part, épouse un dandy libertin, le marquis de Rohan. Quelques années s'écoulent. Clarisse retrouve son amie, devenue actrice, et s'éprend discrètement de son partenaire, Peter Rokeby...


The Man in Grey est une œuvre importante pour le cinéma anglais des années 40. Le film lance la vague des grands mélodrames Gainsborough qui rencontreront un succès considérable durant ces années-là avec leur cocktail de raffinement, romanesque et provocations. De plus le film réuni un casting emblématique où on trouve ici toute les futures stars du genre et pour certaines du cinéma anglais des années à venir.

Margaret Lockwood était déjà une vedette établie grâce aux succès de sa doublette à suspense Une femme disparaît/Train de nuit pour Munich signé Hitchcock et Carol Reed mais c'est réellement avec ce Man in Grey qu'elle se forge une identité auprès des spectateurs anglais avec ce rôle de garce séductrice qu'elle amplifiera encore avec le plus audacieux encore The Wicked Lady. James Mason est un peu dans la même situation, acteur déjà installé c'est avec ses rôles de méchants ténébreux à la Gainsborough qu'il deviendra la star la plus populaire d'Angleterre même si lassé de ces emplois limités il ira poursuivre sa carrière aux Etats-Unis à la fin de la décennie.

De même Stewart Granger trouve là son premier grand rôle en jeune premier romantique fougueux et aussi Phyllis Calvert en femme victime fragile. Ces quatre-là se croiseront plus d'une fois dans les succès à venir du studio : Phyllis Calvert à nouveau tourmentée par James Mason dans Fanny by Gaslight, Margaret Lockwood et Mason couple vénéneux dans The Wicked Lady, Phyllis Calvert séduite par un Stewart Granger retors dans Madonna of the Seven Moons, Granger et Lockwood en couple poignant dans Love Story.

The Man in Grey n'est pas le meilleur mélo produit par la Gainsborough mais il en pose toute les bases, autant par les archétypes des rôles composés par ses acteurs donc, mais aussi par son intrigue (notamment la source littéraire commune que sont les romans de Eleanor Smith adaptée ici ou plus tard pour Caravan) calquée en partie plus tard pour The Wicked Lady ou la réminiscence de certaines scène avec là un Leslie Arliss qui filme presque à l'identique la première apparition nocturne de Stewart Granger et celle de James Mason dans The Wicked Lady.

 L'histoire narre les destins liés de deux amies, Esther (Margaret Lockwood) et Clarissa (Phyllis Calvert). Depuis l'enfance leur nature profonde et leur différence sociale les différencie. Issue d'un milieu pauvre, Esther pour combler ce complexe face à ses camarades adopte une attitude distante et renfermée tandis que l'aisée Clarissa est ouverte et avenante envers tous. Ambitieuse et égoïste, Esther voit ses mauvais penchants atténués par la bonté de Clarissa mais une diseuse de bonne aventure leur prédit une opposition fatale dans le futur si elles poursuivent cette amitié.

On les retrouve quelques années plus tard, Clarissa mal mariée au ténébreux Rohan (James Mason) qui ne l'aime pas et souhait juste qu'elle lui donne un héritier et Esther végétant comme actrice dans un théâtre miteux. Clarissa prend une nouvelle fois son amie sous son aile sans se douter du drame à venir. Rohan perce Esther à jour et ayant reconnu une volonté et une âme noire semblable à la sienne en fait sa maîtresse tandis que Clarissa va tomber sous le charme d'un saltimbanque partenaire d'Esther, Rokeby (Stewart Granger).

 Leslie Arliss développe déjà ici son brio narratif avec cette capacité à rendre limpide une intrigue très dense, en enchaîner les rebondissements rocambolesque sans perdre le spectateur et à alterner les ambiances avec une aisance parfaite. Après une première partie d'enfance posant idéalement le caractère de chacune des héroïnes on bascule donc dans un enchevêtrement romanesque des plus prenants avec ses enjeux impossible à résoudre. Les scènes romantiques chatoyantes entre Phyllis Calvert et Stewart Granger alternent donc avec les étreintes plus torrides de Margaret Lockwood et James Mason mais les codes de ce monde aristocratique empêchent les couples de s'intervertir officiellement sous peine de scandale. Dès lors des solutions plus radicales s'imposent, surtout pour le personnage de Margaret Lockwood prête à toute les bassesses pour prendre sa revanche sur ses origines.

L'interprétation est pour beaucoup dans l'attrait du film. Margaret Lockwood campe un personnage à la dualité plus prononcée que dans The Wicked Lady (où elle était totalement malfaisante), constamment partagée entre sa réelle amitié pour Clarissa et ses rêves de grandeur, avec en point d'orgue une fabuleuse scène où elle a l'occasion de tuer pour de bon sa rivale mais semble prise de remords au dernier moment. James Mason captive par son seul talent ce qui aurait pu être un grotesque rôle de châtelain sadique et est ici extraordinaire par ses moues dédaigneuses (la première rencontre avec Clarissa sommet de mépris) et la perversité constante qui se dégage de ses regards.

Stewart Granger fait preuve d'un beau panache en amoureux fougueux (la bagarre avec Mason excellente) mais son personnage disparait un poil trop tôt. Phyllis Calvert peut parfois être agaçante quand elle se laisse trop aller dans ses élans pleurnichards (ce qui gâchait grandement Fanny by Gaslight) mais trouve ici le ton juste avec cette héroïne passionnée et fragile.

Le film traîne parfois en longueur mais la beauté plastique de l'ensemble happe de bout en bout avec ses intérieurs somptueux, la splendide photo de Arthur Crabtree (futur réalisateur de la firme) et les costumes recherché où pointent les écarts sexy à venir avec les décolletés vertigineux de l'oie blanche Clarissa, les chemises de nuits semi transparentes de la provocante Esther et un James "Man in Grey" Mason qui a fière allure dans ses redingotes collées au corps. Les élans de cruauté et de sadisme sont inédits pour l'époque, on retiendra particulièrement la terrible trahison de Margaret Lockwood et surtout le sévère châtiment que lui réservera un James Mason au regard fou.

Les flashbacks au présent tentent d'amener un peu de candeur à l'ensemble en réunissant à l'ère moderne le coule brisé dans le passé mais c'est surtout cette profonde noirceur et cette provocation qui marqueront les spectateurs anglais qui feront un triomphe au film, incitant Gainsborough à poursuivre dans cette veine. Ce sera fait avec The Wicked Lady, bien plus outrancier et réunissant quasiment la même équipe gagnante. The Man in Grey constitue cependant une belle entrée en matière pour s'initier à l'art encore imparfait de Gainsborough.

Sorti en dvd zone 2 anglais chez Carlton et sans sous-titres. En bonus un documentaire d'époque très intéressant sur la carrière de James Mason commentée par l'intéressé. Sinon le film traîne au complet sur youtube également.

mercredi 25 janvier 2012

Romance d'amour - Love Story, Leslie Arliss (1944)


Un magnifique mélo Gainsborough qui transcende totalement un pitch à faire peur tant il semble chargé dans le larmoyant outrancier. Lissa Campbell (Margaret Lockwood), pianiste à succès décide de mettre sa carrière entre parenthèse pour participer à l'effort de guerre. Catastrophe le jour de la visite médicale où les médecins lui annoncent qu'il ne lui reste plus que quelques mois à vivre ! Partie se ressourcer dans la campagne de Cornouailles, elle tombe amoureuse de Kit Firth (Stewart Granger) jeune ingénieur qui lui aussi dissimile un terrible secret, il devient aveugle...

Leslie Arliss le prouvera encore de magistrale façon avec son mémorable film suivant The Wicked Lady, il est passé maître dans l'art d'enchaîner les rebondissements les plus rocambolesque sans sombrer dans le ridicule. C'est encore le cas ici où les évènements évoqués s'enchaînent dans la première demi-heure avant que le récit (adapté d'un roman de Drawbell) prenne un tour intimiste étonnant. Arliss fait passer toutes les énormités par la caractérisation de son couple qui rend le tout crédible et touchant. Lissa et Kit ont ainsi deux attitudes totalement différentes face au funeste destin qui les attends et qu'ils se dissimulent encore(ce double secret rappelle un peu à Hollywood le I'll be seing you de Dieterle).

Pour les derniers mois qui lui reste à vivre, Lissa embrasse la vie plain-pied, bien décider à ressentir les émotions dont son existence reclus de musicienne professionnelle l'ont privées. Elle rayonne littéralement (cette magnifique scène où elle surplombe une falaise cheveux au vent) et semble plus vivante que dans les premiers instants du film où elle ne savait rien de son mal. A l'inverse, Kit se réfugie dans une vie de coureur de jupons sans attache ni responsabilité mais la rencontre de Lissa viendra bouleverser ses velléités de détachement.

Le script exploite d'ailleurs bien l'arrière-plan de la guerre pour accentuer le drame. Ainsi Margaret Lockwood se demande longuement pourquoi Granger, jeune homme fort et vigoureux n'est pas mobilisé. Honteux de lui avouer ses raisons, il feint l'égoïsme et finit par la faire douter de son courage et fait vaciller leur relation. Stewart Granger d'habitude si viril et imposant exprime ici une subtile vulnérabilité alors qu'à l'inverse la frêle Margaret Lockwood est d'une constante vigueur et saura remotiver son compagnon. A cela s'ajoute un triangle amoureux avec l'amie d'enfance de Granger jouée par Patricia Roc.

Sa performance est encore meilleure que celle plus connue de The Wicked Lady où elle étoffe déjà considérablement un rôle potentiellement ingrat. Moins affectée par les malheurs que ces partenaires, elle compose peut être le personnage le plus tragique du film par ses tourments bien plus ordinaires. Confrontée à de terribles dilemmes (laisser Kit devenir aveugle pour l'avoir rien qu'à elle), elle voit impuissante (beau moment symbolique lors des adieux à la gare où elle est en retrait du couple qui ne se quitte pas des yeux) l'homme qu'elle depuis toujours s'attacher à une autre.

Leslie Arliss impose un rythme lent où chaque moment partagé par le couple se doit d'être vécus comme s'il était le dernier à travers de belles séquences romantiques rurales où les paysages de Cornouailles sont magnifiés (la balade en barque dans la crique, le théâtre en plein air face à la mer) par le lyrisme de la mise en scène.

L'alchimie entre Stewart Granger et Margaret Lockwood fait merveille et la nature hors-normes de leurs personnages (on peut faire un rapprochement avec Le Secret Magnifique de Sirk et ses héros plus grands que nature également) se voit équilibrée par une tout aussi touchante Patricia Roc et aussi Tom Walls en mentor bienveillant. Très beau film auquel on peut juste reprocher un épilogue à rallonge qui n'ose pas la grande tragédie finale attendue. Jusqu'au bout, le film esquive les clichés qui le guettent pour un étonnant happy-end en pointillé...

Sortie en dvd zone 2 anglais dans au choix le coffret consacré Stewart Granger ou celui de Margaret Lockwood tout deux édités par ITV et doté de sous-titres anglais. Vivement recommandé c'est gorgé de pépite dont plusieurs ont déjà été chroniquées sur le blog.

Film en entier sur youtube semble- il pas pour longtemps certainement...

lundi 31 octobre 2011

The Wicked Lady - Leslie Arliss (1945)


Barbara Worth, beauté du XVIIe siècle, entame sa carrière criminelle en volant le mari de sa meilleure amie, laquelle vient juste de convoler…

The Wicked Lady est une des plus fameuses productions du studio Gainsborough et un des grands succès du cinéma anglais des années 40. Cette popularité s’avère tout à fait fascinante à la vision d’un spectacle délicieusement amoral. Le film s’ouvre sur les amours courtois entre les fiancés Caroline (Patricia Roc) et Sir Ralph Skelton (Griffith Johns) effectuant une balade à cheval en campagne tout en échangeant des mots doux. Cette tonalité douce et timorée se voit en un instant balayé avec l’entrée en scène de Barbara (Margaret Lockwood) meilleure amie de la future mariée et ambitieuse sans scrupule rêvant de la grande vie. Le film adapte le roman The Life and Death of the Wicked Lady Skelton de Magdalen King-Hall qui s'inspirait elle-même des moeurs dissolues de Lady Katherine Ferrers qui fit scandale dans l'Angleterre du XVIIe siècle. Sur ces bases réalistes le film ne se refusera aucune surenchère.

Ainsi vingt minutes ne se sont pas écoulées que la belle a déjà séduit et épousée le fiancé de son amie (qui humiliation suprême est réduite à demoiselle d’honneur de son mariage annoncé) et trouvé le moyen de tomber follement amoureuse d’un autre durant les festivités des noces ! Seulement la vie rurale morne au côté d’un homme qu’elle méprise ne lui sied guère et en tentant de récupérer un diamant perdu au jeu elle embrasse la carrière criminelle où elle va croiser la route du bandit de grand chemin Jerry Jackson.

Il y a déjà matière à trois films avec cet aperçu qui occupe à peine un tiers de l’histoire. Le récit enchaîne sans discontinuer les rebondissements rocambolesques jusqu’à l’excès. Cette frénésie est dictée par la vénéneuse héroïne incarnée par une Margaret Lockwood étincelante de perversion. Guidée par ses seuls désirs, elle éliminera tous les obstacles à son plaisir et ses ambitions sans le moindre remords et par les moyens les plus vils : vol, duperie, assassinat…

Le script noie toute tentative de l’humaniser quelque peu tel ce moment où elle commet son premier meurtre par maladresse lors d’un vol et que dès la séquence suivante elle se réjouit de découvrir que sa prime de capture est plus élevé que celle de James Mason. Ce dernier s’en donne à cœur joie également en voleur à la gouaille irrésistible et porté sur les jolies femmes et les échanges avec Margaret Lockwood sont un festival de sous-entendus sexuels, sans parler des nombreuses situations équivoques. De plus Les décolletés vertigineux des deux personnages féminins vaudront (en plus du reste) les coups de ciseaux de la censure américaine lors la sortie du film outre atlantique.

On comprend totalement le succès du film, divertissant et jubilatoire de bout en bout par son sens de l’excès. Cette Barbara si peu fréquentable (à faire passer l’Ambre de Kathleen Windsor pour un parangon de vertu) s’avère finalement aussi attachante que fascinante dans sa manière de suivre ses envies sans se soucier des conséquences et la délectation de Margaret Lockwood à interpréter un tel personnage est contagieuse.

Tout aussi avenante, Patricia Roc évite de tomber dans la niaiserie pour contrebalancer l’âme noire de sa rivale et maintient également l'intérêt pour la douce Caroline, ce que ne parviennent pas à faire les autres figures masculines (à se demander comment Barbara peut préférer le fade Michael Rennie à Mason) écrasées par le charisme de James Mason. Leslie Arliss mène là un récit alerte et trépidant orné par le luxe et le soin habituel des productions Gainsborough. Un vrai plaisir coupable, scandaleux et charmant. Apparemment, il existerait un remake réputé assez piteux avec Faye Dunaway réalisé par Michael Winner en 1983...

Sorti en dvd zone 2 anglais et doté de sous-titres anglais