Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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mercredi 25 février 2015

Empire Records - Allan Moyle (1995)

Joe Reaves tient une boutique de disques que le propriétaire veut revendre à une multinationale. Tous ses employés se mettent de la partie pour éviter de se retrouver au chômage...

Un film culte des 90's qui en ces temps de piratage et mp3 nous renvoie presque à une époque révolue avec cet évocation du quotidien d'un magasin de disque. Ces lieux incarne un espace de liberté et d'amusement pour ses jeunes employés y travaillant de longue date pour leur attachant et soupe au lait manager Joe (Anthony LaPaglia). Pourtant la menace de rachat d'une grande chaîne de magasin plane, avec une uniformisation qui provoquerait le renvoi assuré des personnalités loufoques qui s'y trouvent. Le début du film est particulièrement délirant avec Lucas (Rory Cochrane) le plus déjanté de tous les vendeurs allant parier la recette du jour à Atlantic City pour racheter la boutique. Il échoue bien sûr lamentablement et accélère le sursis du magasin dans une intrigue se déroulant dans une unité de temps et de lieux.

La boutique constituera un lieu de joyeuse anarchie où l'on découvrira les personnalités d'une attachante bande de personnages. L'excellente bande-son marquée rock indé 90's (The Cranberries, Evan Dando, Edwyn Collins...) est prétexte aux happenings les plus fous et inattendus auxquels participent gaiement les clients où l'on trouvera également quelques allumés comme le jeune voleur paumé Warren (Brendan Sexton). Pourtant la menace de fermeture et la disparition de ce refuge va amener les héros à s'interroger sur leur existence, à la morne vie et aux opportunités qu'ils fuient dans l'enceinte du magasin.

Un sentiment d'urgence plus intime se fait jour alors pour Cora (Liv Tyler) qui s'apprête à partir pour Harvard. Les attentes en apparence futiles des héros révèleront ainsi leur mal-être latent comme AJ (Johnny Whitworth) dessinateur en herbe qui a décidé sa flamme à Cora avant 13h37, alors que cette dernière a décidé de perdre sa virginité avec le rockeur bellâtre Rex Manning (Maxwell Caulfield en sorte de simili Michael Bolton en pire, clip affreux à l'appui).

Gina (Renée Zellweger) est une fille, facile, Debra (Robin Tunney méconnaissable en look façon Sinead O' Connor) a des penchants suicidaires et Joe rêve d'avoir son propre magasin. Le début du film en fait des pantins sauteurs et rigolard mais ils se doteront tous d'une profondeur plus intéressante au fil du récit qui délaisse son hystérie pour des moments plus intimistes. On reste cependant dans un registre léger et positif, les quelques éléments pouvant donner une tournure plus dramatique (Cora accro au speed) était évacué et les circonstances bienveillantes amenant une issue attendue.

Une œuvre attachante cependant, surtout devenue culte (après le génial Pump up the volume (1990) Allan Moyle est décidément un spécialiste) avec le temps en dépit de son échec initial et dont la plupart du casting sera promis à de belles choses par la suite. Avec High Fidelity, un des films qui donne le plus envie de travailler dans un magasin de disque, enfin quand il en existait encore.

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

mercredi 24 novembre 2010

Père et Fille - Jersey Girl, Kevin Smith (2004)


À Manhattan, Ollie Trinke était un communicant branché qui avait tout pour être heureux jusqu'à la mort soudaine de sa femme. Seul avec un bébé sur les bras, Ollie craque. Congédié sans cérémonie, le voilà obligé de s'éloigner de New York et d'aller loger chez son père, dans la banlieue du New Jersey où il avait passé toute sa jeunesse.Désormais, il se contente d'assurer le quotidien, sacrifiant son temps et son énergie à un boulot ingrat et sans avenir. Seule consolation : sa petite fille, Gertie, qu'il adore et qui croit avoir déniché le paradis dans le New Jersey.

Avec le sulfureux Dogma en 99, Kevin Smith avait sans doute réalisé son film le plus abouti (pour le plus attachant on penchera sur l'inoxydable Clerks, le plus drôle Mallrats et le mieux écrit le génial Méprise Multiples) dans ce croisement de réflexion sur la foi et d'humour potache. Cet essai original et réussi semblait lui ouvrir de nouvelles voies mais il préféra botter en touche en revenant au View Askewniverse (univers fictif où se déroule la plupart des oeuvres de Kevin Smith films comme comics) dans son film suivant Jay et Bob contre attaquent où le duo loufoque ayant traversé toutes ses oeuvres avait enfin droit aux premier rôles. Jersey Girl au sujet plus sérieux et intimiste constituait donc la première tentative du réalisateur de sortir de son pré carré, et il s'en sort avec brio.

La plupart des films de Kevin Smith (en particulier du View Askewniverse) traitent de la problématique de jeunes adultes immature dans une situation qui ne les satisfait pas, qu'elle soit amoureuse (Mallrats), sociale (Clerks I et II) et où ils vont être amené à évoluer et grandir pour changer les choses. Jersey Girl ne déroge pas à la règle mais se pare d'éléments plus réaliste et met la pédale douce sur le gros humour gras et potache très sobre ici. On découvre donc ici la vie idéale d'un jeune publiciste incarné par Ben Affleck qui vole soudain en éclat lorsque sa femme (Jennifer Lopez) meurt en couche, qu'il se retrouve seul avec son nourrisson et perd son emploi. Ce qui pourrait sembler un sujet de téléfilm est transcendé par l'écriture de Kevin Smith grâce à un script parfait de justesse.

L'ouverture en flashback sur l'amour parfait entre Affleck et Lopez est très réussi (d'autant que les deux étaient en couple à l'époque) et rend palpable la douleur de la perte et du manque ressenti par la suite. Acteur sous estimé (surtout à cette époque où il enchaînait les navets) Affleck peut être très bon quand il s'en donne la peine (et c'est souvent le cas dans les films de Kevin Smith) et il est ici très touchant en veuf inconsolable et égoïste, puis en père attentionné. L'alchimie et la complicité est idéale avec la petite Raquel Castro qui joue sa fille, un joli petit minois et un vrai talent dans l'émotion et la comédie pure.

L'enjeu (inspiré de la vie personnelle de Smith) est donc le renoncement au passé pour Ben Affleck autant dans sa glorieuse carrière que dans son amour perdu pour apprécier le moment présent et l'amour de sa fille. Idée simple certes mais Kevin Smith entre personnages truculents et attachants (George Carlin en grand père est excellent) et situations juste (la douleur de Affleck à l'annonce de la mort de sa femme) rend le tout passionnant à suivre. La construction prend des atours classiques (le final avec le spectacle est attendu mais fonctionne) mais la chaleur et l'amour que le réalisateur amène dans ce cadre du New jersey qu'il connait si bien en font un de ses films les plus sincères, notamment l'histoire d'amour entre Affleck et Liv Tyler amené tout en finesse. Belle réussite où on signalera un caméo très réussi de Will Smith toujours aussi décontracté.

Sorti en dvd zone 2 français