Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!
Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi
Matt est un ancien
boxeur reconverti dans le business du strip-tease. Il est associé avec son ami
Nick dans une société qui alimente les clubs en effeuilleuses dont son ex-amie,
la superbe Loretta. Un homme se met à agresser de manière particulièrement
sadique les jeunes femmes lorsqu'elles sortent des clubs.
New York, deux heures
du matin est le premier film de studio pour Abel Ferrara qui y propose une
sorte de synthèse plus conventionnelle de ses premières œuvres. Le récit se
déroule notamment dans les milieux urbains sordides et underground que Ferrara
autant fréquenté à titre personnel que pour ses films. New York, deux heures du matin a ainsi en toile de fond le monde
des clubs de strip-tease de Times Square et notamment celui d’une agence les
alimentant, tout comme dans Nine Lives of
a Wet Pussy (1976), film érotique et première réalisation sous pseudonyme
de Ferrara. On y retrouve également un serial killer particulièrement brutal
qui vient noyer sa haine d’un monde dépravé et sa frustration comme Driller Killer (1979) et surtout L’Ange dans la vengeance (1981).
Ces motifs se fondent dans un polar urbain plus classique
mais où se retrouvent les thèmes de Ferrara. La narration dans les œuvres les
plus fortes du réalisateur s’accrochent souvent au point de vue d’un héros
déséquilibré, Driller Killer et L’Ange de la vengeance dans ce qui
précède et évidemment Bad Lieutenant
(1992) dans ce qui suivra. Cet aspect est en partie dilué ici puisque la trame
(lorgnant sur M le maudit de Fritz
Lang) constitue un récit plus choral dont Matt (Tom Berenger) demeure tout de
même le héros. Dilué car le serial killer incarne une simple menace latente ou
frontale dont on ne distingue que grossièrement les troubles psychiques – et pas
dénué de ridicule dans l’illustration de ses aptitudes martiales. Par contre
symboliquement le tueur représente le pendant monstrueux et explicite de la violence
que Matt cherche lui à désormais contenir, lui qui ne s’est jamais remis d’avoir
tué un adversaire durant sa carrière de boxeur. Ferrara construit ce parallèle
de façon de plus en plus appuyée jusqu’à la féroce confrontation.
Le message
est cependant étrange puisque, sans trop en dire, notre héros reproduira ce schéma
violent et expiatoire auxquelles les figures criminelles (la mafia) l’ont
encouragé quand celles de la loi (le flic très badass incarné par Billy Dee Williams) auront tenté de l’en
prémunir. Et cette issue est vue comme positive.Tant que cela reste latent, le film nous immerge cependant
avec brio dans son atmosphère poisseuse. L’excès des scènes de strip-tease (où
Melanie Griffiths annonce toute la présence provocatrice et sensuelle qu’elle
affichera dans Body Double de Brian
De Palma (1984)) tout comme celles très graphiques des meurtres vaudra au film
quelques problèmes avec la Fox qui exigera des coupes et se désengagera de la
distribution.
Ferrara capture toute l’ambiance tapageuse et pittoresque de ces
clubs, tant dans le filmage des numéros que dans la caractérisation avec
notamment un truculent Michael V. Gazzo en patron d’établissement gouailleur. L’emphase
est la même dans l’expression de la culpabilité de Matt, dont l’imagerie
religieuse annonce les écarts de Bad
Lieutenant où le scénariste Nicolas
St. John (fervent croyant) ne retiendra plus les élans blasphématoires de
Ferrara. Une œuvre plus convenue donc pour Abel Ferrara (même si pas dénuée d’audaces
plus discrètes comme ce couple lesbien traité en toute normalité sans forcer le
trait) mais pas inintéressante du tout.
À travers l'histoire
de deux personnages, la célébrité est abordée sous toutes ses formes, depuis la
renommée nationale jusqu'à l'admiration locale d'un cercle restreint. Cette
comédie est un regard amusé sur ce que les gens sont prêts à faire pour devenir
célèbres ou le rester.
L’âge avançant, Woody Allen délègue son personnage dépressif
et facétieux à d’autres acteurs. John Cusack ouvre le bal avec Coups de feu sur Broadway (1994) tandis
que Kenneth Branagh lui emboîte le pas avec ce Celebrity (Jason Biggs suivra dans Anything else (2003)). Kenneth Branagh est notre guide dans cet
Allen atypique en incarnant Lee Simon, journaliste mondain aux amours et ambitions
artistiques contrariées. Woody Allen tisse une fable où se dessine en parallèle
le destin de Lee et de son ex épouse Robin (Judy Davis). Le premier a préféré
quitter leur vie de couple terne pour courir les célébrités tandis que la
seconde se remet difficilement de cette rupture.
Leur évolution sert de fil rouge à une suite de portraits
mordants où Allen se moque des affres de la renommée, du narcissisme qu’elle
suscite pour ceux qui en vivent et d’autres qui en rêve. La photo noir et blanc
de Sven Nykvist donne à l’ensemble un contour glamour qui jure avec les
comportements pathétiques et détestables observés. La persona publique des
stars vole en éclat à l’abri des regards (magnifique séquence où le discours
chaste et humble de Melanie Griffith s’oppose à la séduction agressive de Lee),
la promiscuité qu’elles nous laissent entrevoir s’estompe dès que cette fameuse
image est menacée (le mannequin joué par Charlize Theron laissant Lee en plan
suite à un accident de voiture synonyme de mauvaise publicité).
Les identités
se noient dans la course à la notoriété telle ce moment tordant où les
participants hétéroclites (membres du Ku Klux Klan, néo-nazi, rabbin, évangéliste
noir) d’un talk-show racoleur partagent
une surprenante camaraderie, habitués qu’ils sont à se retrouver sur les
plateaux tv. Le vide de la pensée est un prérequis nécessaire où ne demeure que
l’attitude destructrice (savoureux Leonardo Di Caprio en caricature du minet qu’il
était aux yeux du grand public à l’époque) chez les nantis, et une absence d’attache
impitoyable avec le personnage de Wynona Ryder.
Les aspirations de Lee ne s’inscrivent que dans cet égo plutôt
qu’une vraie volonté artistique, et ses discours creux ainsi que ses nombreuses
mésaventures en sont le reflet. A l’inverse ce monde vient à Robin plutôt que l’inverse
et ses hésitations constantes face à cette lumière rendent le personnage bien
plus touchant - et le propos du film moins binaire avec cette intellectuelle désintéressée s'épanouissant dans ce clinquant, où elle peut enfin lâcher prise. Son nouveau compagnon Tony (Joe Mantegna) en mettant sa notoriété
plus racoleuse au service du bien-être de sa nombreuse famille donne ainsi un
pendant plus altruiste et moins égocentrique de la réussite. Le film amuse et
séduit par ce mélange de satire et de vraie mélancolie, notamment la belle
conclusion sur un Kenneth Branagh (excellent bien que singeant un peu trop le
phrasé de Woody Allen) plus perdu que jamais. Sans en égaler la profondeur,
Allen creuse avec brio le sillon de son Stardust Memories (1980).
Quatre amis d'enfance se trouvent pour préparer la naissance du bébé
de l'une d'entre elles. Lorsqu'elles se retrouvent toutes ensemble,
elles se remémorent leurs souvenirs d'enfance, pendant les années 70.
Now and Then est un beau teen movie en forme de pendant féminin du classique Stand by me
(1986) de Rob Reiner avec lequel il partage plusieurs points :
transition de l'enfance à l'adolescence pour les personnages, cadre
provincial et atmosphère rétro teintée de nostalgie. Le point négatif
qui l'empêche d'égaler son modèle concerne la présence de séquences
contemporaines qui même si elles ne concernent que de courts moments en
début et fin de film ratent le coche au niveau du ton, de l'implication
(on sent les stars venues cachetonner pour trois jours de tournage) et
même du casting (quand on voit une Christina Ricci resplendissante vingt
ans après le film c'est d'autant plus difficile de croire en Rosie
O'Donnell bougonne l'incarnant adulte, idem pour la jeune Thora Birch et
Melanie Griffith). Par contre dès qu'il se concentre sur les émois de
ces adolescentes, c'est une petite merveille d'émotion.
Respectant
le pacte de leur douze ans, Roberta (Christina Ricci/Rosie O'Donnell),
Teeny (Thora Birch/Melanie Griffith), Samantha (Gaby Hoffmann/Demi
Moore) sont de retour sur les lieux de leur enfance pour accompagner
leur amie Chrissy sur le point d'accoucher. C'est l'occasion de se
remémorer cet de 1970 où tout a changée pour elles. Le fil rouge du
récit sera la résolution de la mort d'un adolescent en 1945, son esprit
semblant se manifester aux quatre amies alors qu'elles expérimentent une
séance de spiritisme dans un cimetière. "L'enquête" mettra donc en
avant leurs traits de personnalité et chacune des problématiques intimes
qu'elles rencontrent. Il y a bien sûr les premiers émois amoureux,
terrain curieux et inconnu qui sera l'occasion de moments comique avec
Chrissy guère informée sur les choses du sexe. Les autres un peu plus au
fait voient néanmoins les garçons comme des enquiquineurs turbulents
même si les choses vont progressivement changer.
Le scénario aborde des
sujets difficiles comme le deuil avec Roberta marquée par la mort de sa
mère. Lesli Linka Glatter amène subtilement le sujet, s'inscrivant dans
des aspects en apparence anodins puis plus dramatique : la nature de
garçon manqué de Roberta se construisant faute d'un modèle féminin (une
féminité naissante reniée qu'elle cache en se bandant la poitrine), et
un tempérament casse-cou trahissant une fascination morbide pour la
mort. Christina Ricci en dure à cuire masquant sa vulnérabilité est
épatante, le charisme entrevu dans la géniale Mercredi de La Famille Addams
se retrouve ici plus fragile et sans artifice. Les particularités
inhérente à l'époque se retrouvent également avec Samantha affrontant le
divorce de ses parents, situation encore rare qi la distinge de ses camarades. Les jeunes
filles découvrent ainsi les failles du monde des adultes, prolongée en
arrière-plan par la brève rencontre d'un vétéran du Vietnam (Brenda
Fraser dans un rôle bref).
La réalisatrice cerne bien l'aspect
crucial de chaque moment vécu, de chaque nouvelle expérience pour le
quatuor. Les moments attendus (une scène de premier baiser adorable de
Christina Ricci) sont réussis mais c'est réellement quand il scrute
l'amitié fusionnelle dans les instants intimistes et les confessions de
chacune que le film est le plus touchant. Un moment gênés entre Roberta
et Chrissy lui reprochant ses pulsions morbides, l'aveu de sa situation
familiale difficile par Samantha (et Teeny la réconfortant avec la liste
de leurs sitcom favorites aux familles recomposées) où le soutien
silencieux des amies quand Roberta connaîtra les circonstances de la
mort de sa mère, tout cela est merveilleusement observé et interprété.
On sent le changement intime et celui du regard des jeunes filles sur le
monde pour le pire et le meilleur lorsque le mystère sera résolu.
Visuellement les scènes contemporaines sont d'une rare platitude,
trahissant le passif plutôt télévisuel de Lesli Linka Glatter. Elle se
montre bien plus inspirée dans la narration en flashback avec une photo
diaphane baignée de couleurs pastel capturant l'innocence de l'atmosphère pavillonnaire
rétro 70's - belle direction artistique de Gershon Ginsburg. L'insouciance (les baignades, les balades à vélo) est aussi
communicative que la mélancolie suspendue (Teeny regardant Love Story
depuis le toit de sa maison d'où dépasse l'écran du drive-in) et la
complicité des jeunes actrices (toutes nominées aux Young Artist Awards
en 1996). Pour ne rien gâcher, la bande-son rétro est fabuleuse (les
Supremes, Jackson Five, Allman Brothers, les Monkees, Badfinger...) et
fait décoller régulièrement le récit. Un petit bijou méconnu qui a gagné son aura culte avec le temps - après un accueil mitigé dû à la familiarité avec Stand by me - au point de susciter récemment des rumeurs de remake pour une série.
Sorti en dvd zone 1 chez New Line et doté de sous-titres anglais
Alors qu'il interprète
un vampire sanglant, Jake Scully ne parvient pas à sortir de son cercueil. Cet
acteur de « séries Z » est claustrophobe. Son réalisateur le somme de rentrer
se reposer. Il rentre chez lui et trouve sa femme au lit avec un autre. Obligé
de quitter son domicile, il accepte l'offre de Sam, un acteur avec qui il a lié
connaissance lors d'une audition : garder sa belle maison sur les hauteurs de
Los Angeles. Sam lui dévoile son activité favorite : observer sa voisine avec une
longue-vue, qui chaque soir se met en scène dans son appartement. Jake épie la
jeune femme et découvre qu'il n'est pas le seul à regarder le spectacle…
En réalisant Scarface
(1983), Brian De Palma amorce une volonté de s’éloigner des variations hitchcockiennes
qui l’ont rendu célèbre et de devenir un metteur en scène de studio plus
versatile dans le choix de ces sujets. La fresque policière des Incorruptibles (1987), film de guerre Outrages (1989), la satire du Bûcher des vanités (1990) ou encore l’espionnage
de Mission Impossible (1996)
témoigneront de cette volonté sans pour autant se départir des motifs si
particuliers de son cinéma. Avant d’entamer cette mue plus « grand public »,
De Palma offre un adieu en apothéose de son cycle hitchcockien avec Body Double. L’apport de De Palma dans ses
relectures reposait notamment sur une virtuosité de la mise en scène très
consciente et parfois à la limite du meta,
mais aussi par le tour tordu et/ou vulgaire qu’il parvenait à conférer à ses
réinterprétations des motifs du Maître du suspense. La quête obsessionnelle et
fétichiste de l’aimée disparue de Vertigo
(1959) se teinte d’une déroutante chute incestueuse dans Obsession (1976). Le complexe d’œdipe criminel de Psychose (1960) devient un trouble de l’identité
sexuelle aux conséquences tout aussi meurtrière dans Pulsions (1980). Il en va de même avec Body Double où les « reprises » se démultiplient pour
aller dans une direction plus outrancière.
L’obsession amoureuse de Vertigo
se mêle ainsi au voyeurisme de Fenêtre
sur cour (1954), et l’on retrouve la rencontre amicale dissimulant un
mauvais génie issue de L’Inconnu du Nord-Express (1951). On pourrait même y ajouter une facette méta involontaire avec la présence de Melanie
Griffiths, fille d’une Tippi Hedren si malmenée par Hitchcock sur Les Oiseaux (1963) et Pas de printemps pour Marnie (1964).
Comme souvent chez De Palma, l’environnement va grandement jouer dans la nature
de cette réinvention. La verticalité du San Francisco de Vertigo participait au trouble du vertige de James Stewart, tout
comme elle définissait la trajectoire de son voyeurisme dans le New York de Fenêtre sur cour. De Palma situe son
intrigue dans la ville horizontale de Los Angeles, les grands espaces
ensoleillés californiens étant le contrepoint des espaces confinés qui
déclenchent la claustrophobie du héros Jake Scully (Craig Wasson). Les choix d’Hitchcock
expriment un malaise latent et plus subtil soumis aux contraintes morales de
son époque, ceux de De Palma un étalage plus manifeste et vulgaire jouant des
libertés de la sienne. La déchéance de Jake amorce ces contours grossiers avant
que le récit ne s’amorce, que ce soit la série Z grotesque dans laquelle il
joue ou la posture de porn star qu'arbore sa petite amie qu’il surprend au lit
avec un autre. Ce côté tape à l’œil joue aussi dans l’architecture inouïe de
demeure qu’on lui prête (vraie maison de Los Angeles conçue par un élève de
Frank Lloyd Wright).
Dans cet environnement too
much où règnent l’opulence et le mauvais gout (qui constitue déjà un des
arguments de Scarface), la « tranche
de vie » espionnée par Jake du haut de sa soucoupe ne pourra être anodine.
Chaque soir à la même heure, la maison en vis-à-vis voit sa propriétaire s’adonner
à une danse lascive et érotique dont Jake ne perd pas une miette avec son
télescope. C’est par l’espace horizontal de LA que naît également le danger, un
panoramique révélant un autre observateur aux intentions plus inquiétantes que
le simple voyeurisme de Jake. Le mystère et un romantisme teinté d’onirisme
baignait les scènes de filature entre James Stewart et Kim Novak dans Vertigo. Pour une séquence voisine (et
déjà revisitée dans Pulsion quand
Angie Dickinson suit un homme dans le musée) dans Body Double, les sentiments oscillent entre le danger – l’étrange
indien rôde également – et la pure perversion avec un Jake accroché à aux pas
de Gloria (Deborah Shelton), la voisine exhibitionniste. La silhouette élégante
de Kim Novak et la beauté des espaces traversés (musé, cimetière, baie de San
Francisco…) prennent chez De Palma les formes charnues de Deborah Shelton vue de
dos (le réalisateur l’ayant clairement choisie pour l’excitation provoquée par
sa démarche et ce fessier en mouvement) et le cadre grossier d’un centre
commercial.
Là encore opposé du regard fasciné et énamouré d’un James Stewart
De Palma oppose la libido en ébullition de Jake, drôle de héros espionnant les
femmes dans les cabines d’essayages et ramassant les culottes dans les
poubelles. Le clou de cette déconstruction intervient avec la reprise du baiser
en 360 de Vertigo que De Palma
transforme en pelotage effréné et de mauvais gout où le héros est
définitivement ridiculisé dans cette expression de sa frustration sexuelle. Ce
n’est d’ailleurs pas sa phobie claustrophobe mais le temps qu’il aura perdu à
trop reluquer Gloria qui l’empêchera de la sauver d’un crime atroce. L’ensemble
forme des instants témoignant du génie d’alors du réalisateur, constamment sur
la corde raide du ridicule (le masque de l’indien, l’excès sanglant du crime à
la perceuse qui marquera Bret Easton Ellis pour son American Psycho paru peu après).
La résolution passera par le hasard et la fange lorsque le
mystère se révèlera au détour d’un film porno, industrie alors florissante du
LA 80’s. Melanie Griffiths, à la fois fantasme lointain puis incarnation plus
triviale est absolument parfaite. De Palma au vu des scènes dénudées qu’exigeait
le rôle pensa d’abord engager la vraie actrice porno Annette Haven avant de
déchanter tant son « métier » avait dénuée sa gestuelle de tout
sensualité. Melanie Griffiths à l’inverse interprète avec un égal brio un
érotisme explicite mais à la distance rêvée et cette proximité plus vulgaire de
la star X Holly Body. Le score de Pino Donaggio entre envolées Hermaniennes et
nappes de synthé glaciale joue avec la mise en scène de De Palma dont l’élégance
est déséquilibrée par les fautes de goûts (le 360 qui tourne court bien
évidemment).
Cette harmonie entre la grâce et le caniveau s’estompe
complètement dans la dernière partie avec comme point d’orgue ce clip de Relax
de Frankie Goes To Hollywood (le groupe dû en tourner un autre tant la version
De Palma était inexploitable sur MTV) façon orgie SM. Sûr de ses effets, le
réalisateur en joue de manière complice avec le spectateur et d’autant plus introduire
la facette méta du récit. Ce n’est
donc qu’en se mettant en scène, en prenant de la distance et en rejouant sa
partition que Jake surmonte sa phobie et survit. De Palma ne procède pas
autrement en revisitant ce qui a été déjà fait et en s’émancipant de l’ombre d’Hitchcock.
Il s’agit sans nul doute de son film le plus fou, porté par une maîtrise qu’il
ne retrouvera plus complètement quand il cherchera à revenir à cette veine de
thriller décomplexé avec L’Esprit de Caïn
(1992) ou encore Femme Fatale (2002).
Sorti en dvd zone 2 français et bluray chez Carlotta