Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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dimanche 27 juillet 2014

Blow Out - Brian De Palma (1981)

Alors qu'il enregistre les bruits nocturnes de la nature dans une campagne isolée, un ingénieur du son est témoin d'un accident d'automobile. Mais il va peu à peu s'apercevoir que cet évènement cache en fait une autre réalité...

Blow Out est sans aucun doute l’une des œuvres les plus brillantes et personnelles de Brian De Palma. Le film allie dans un tout cohérent la facette référentielle et cinéphile typique du réalisateur, son art du suspense et ses thématiques récurrentes. Comme nombre d’américains de sa génération, De Palma est absolument obsédé par l’assassinat de Kennedy, ses implications nébuleuses, sa nature irrésolue et les images fascinantes qui en existent notamment le film Zapruder. Le film arrive à une période où il souhaite se détacher de l’image de réalisateur de thriller roublard pour mieux se fondre dans un moule hollywoodien classique et des productions plus prestigieuses. 

Il sera donc impliqué dans la production du Prince de New York qui n’aboutira pas (finalement réalisé plus tard de façon magistrale par Sidney Lumet) mais ce sera l’occasion de recroiser la route de John Travolta  qu’il envisageait en héros et contribua à lancer dans Carrie (1976). Ce projet avorté inclurait aussi un des motifs majeur de Blow Out, le suspense potentiel d’un personnage en filature équipé d’un micro (une scène de flashback sur le passé policier de Travolta faisant directement référence à des situations qu’on verra dans Le Prince de New York).

De Palma s’attèle ainsi au scénario de Blow Out ou il mêle les influences du Blow Up (1967) d’Antonioni et de Conversation Secrète (1974) de Francis Ford Coppola. De Blow Up il tire l’idée d’un crime dissimulé dans un document à décrypter (une photo) et de Conversation Secrète l’énigme d’une source sonore ne pouvant être résolue que par l’image. Le thriller paranoïaque des 70’s et la tension et virtuosité du réalisateur complète parfaitement le cocktail. Jack Terry (John Travolta), ingénieur du son de cinéma  va se trouver le témoin d’un accident de voiture où va périr le gouverneur favori aux prochaines élections présidentielle. Il parviendra néanmoins à sauver Sally (Nancy Allen) passagère du prestigieux défunt. « L’accident » dissimule en fait une autre vérité plus trouble dont la signification est contenue dans les bandes sonores qu’enregistrait John ce soir-là. La facette paranoïaque reste finalement sous-jacente et la menace représentée par le tueur aussi grotesque qu’inquiétant incarné par John Lithgow. 

Ce qui intéresse De Palma, c’est son héros obsessionnel, son analyse méticuleuse des détails et la façon dont il parviendra à déceler la vérité au-delà de la surface des choses. Jack Terry représente ainsi un double de De Palma de par sa formation scientifique, sa maîtrise et sa maniaquerie qui le poussera à ressasser, encore et encore la bande-son de l’accident. Ce trait de caractère est saisi avec brio dans les différentes visualisations de l’évènement. 

La première voit Terry totalement fondu dans l’environnement sonore qu’il cherche à capturer, De Palma traduisant ce sentiment par l’image avec cette bifocale et ce jeu sur la profondeur de champs où le détail écouté par Terry apparaît au premier plan tandis que lui est en parallèle concentré et attentif. Cette quête entraîne un isolement du monde où Terry se fond dans sa salle des machines, décortique le moment clé jusqu’à reconstituer mentalement le moment par sa seule ouïe (dans un montage alterné brillant) et comprendre qu’un élément perturbateur vient contredire la thèse de l’accident, un bruit de coup de feu.

L’ultime signe de ce détachement maladif de Terry sera lorsqu’il liera image et son à travers les photos de l’incident, De Palma rendant crédible par le brio de sa mise en scène reconstitution techniquement impossible. Dès lors en dépit de l’affection et de la complicité devinée entre les personnages de Travolta et Nancy Allen, il n’est pas anodin que le scénario se refuse à réellement céder à l’histoire d’amour. Terry sans s’en rendre compte fait le même usage de Sally que ses gadgets sonores qu’il peut manipuler jusqu’à la corde pour en tirer la tonalité voulue. 

Sauf que Sally n’est qu’une frêle créature un peu naïve (Nancy Allen en femme-enfant aux antipodes de la séductrice autoritaire de Pulsions (1980) tourné juste avant) qui va se trouver confrontée au mal absolu par l’obsession d’un seul homme. Tout à son enquête, notre héros ne comprend pas cela si ce n’est dans l’extraordinaire dernière partie où il paie les conséquences de ses actes. De Palma conduit un suspense fabuleux où il joue justement de la perte de contrôle de Terry. 

La bande tourne, le danger se fait imminent et plus de possibilité d’isoler un son ou de revenir en arrière, le personnage se confronte pour la première fois à une réalité sur laquelle il n’a pas prise dans sa course éperdue pour sauver Sally dont l’existence ténue ne lui parvient plus que par son oreillette. Accélération désespérée (la voiture de Travolta traversant dans le chaos les festivités nationales), ralentissement résigné et dramatique (Travolta traversant la foule fêtarde à bout de souffle sur le score fabuleux de Pino Donaggio), l’impuissance humaine reprend ses droits de la plus cruelle des façons dans le haletant suspense final. 

Terry ne comprendra ce qu’il a risqué et perdu que dans une grande explosion finale, la caméra tournant autour de son visage dépité sur fond de feu d’artifices pétaradants comme pour célébrer ironiquement son malheur. Le perfectionnisme du personnage et celui du réalisateur se confondent, et si celui de Terry l'égare De Palma lui signe un de ses films les plus poignant avec sa virtuosité servant l'émotion comme rarement. L’homme brisé et le professionnel ne peuvent donc plus cohabiter que dans un son, ce cri de terreur qu’il aura cherché tout au long du récit et qui sera immortalisé dans une production au rabais, comme un symbole de sa culpabilité. Une des œuvres majeures de De Palma.

Sorti en bluray chez Carlotta

lundi 24 décembre 2012

Robocop - Paul Verhoeven (1987)

Les services de police inventent une nouvelle arme infaillible, Robocop, mi-homme, mi- robot, policier électronique de chair et d'acier qui a pour mission de sauvegarder la tranquillité de la ville. Mais ce cyborg a aussi une âme...

Premier film américain de Paul Verhoeven, Robocop est un classique instantané qui  offrira une nouvelle voie au « Hollandais violent ». Persona non grata aux Pays-Bas suite aux multiples provocations de ces œuvres (dont un ultime pied de nez magistral avant son départ avec Le Quatrième Homme), Verhoeven  rencontra l’échec également avec le tout aussi peu consensuel La Chair et le Sang, fascinante fresque historique montrant un Moyen Age comme on l’a rarement vu au cinéma, barbare, paillard et où règne l’obscurantisme religieux.

Désormais exilé aux Etats-Unis, Verhoeven végète faute d’un projet intéressant  et s’apprête à balayer d’un revers de la main le script de Robocop qu’on lui a adressé mais sa propre épouse l’incitera à revoir sa décision. En effet, sous le pitch de série B poussif (un policier transformé en robot traque les truands dans la ville) le script de  Michael Miner et Edward Neumeier s’avère bien plus corrosif qu’il n’y paraît. Verhoeven y trouve la voie qui fera le sel de toute sa période américaine : offrir un spectacle divertissant et attrayant sous lequel se dissimule un sous-texte virulent. On aura ainsi parmi les grandes réussites à venir le All About Eve de Mankiewicz revisité à l’aune de la vulgarité du monde des strip-teaseuses de Las Vegas (Show Girls), une quasi  parodie de polar Hitchcockien transcendée par sa virtuosité et ses écarts sexuels et surtout le visionnaire et incompris Starship Troopers, critique d’une société totalitaire, manipulé par les médias et fascinée par l’uniforme anticipant l’Amérique de George W.Bush.

Ici la cible de Verhoeven et de ses scénaristes sera la société américaine des 80’s, règne du cynisme, du paraître et de de la consommation où les nouveaux dieux sont les yuppies aux dents longues. La caricature est poussée à gros trait avec les faux spots de pub outranciers traversant tout le film, les réunions d’exécutives obséquieux et le cynisme glacial des nantis (ce n’est qu’un détail lancé par Ronny Cox alors que l’ED209 vient de massacrer un innocent).  L’humanité va surgir de la plus étonnante des façons dans toute cette ironie sous la cuirasse (conçue par Rob Bottin) de l’imposant Robocop.

Verhoeven use de manière surprenante de la parabole christique où en reconquérant son humanité, tel un Jésus d’acier Robocop va racheter les péchés de ce monde corrompu. Les angles de caméra et les postures de martyrs d’Alex Murphy (Peter Weller) ne trompent pas lors de l’insoutenable séquence où il se fait massacrer par une horde de malfrats. De même plus lorsque devenu le cyborg policier Robocop ses collègues se retourneront contre lui Verhoeven adoptera à nouveau cette imagerie d’iconographie religieuse pour signifier la dimension sacrificielle du personnage.

Qu’est ce qui définit un être humain ? La chair constituant son corps ou son âme ? Voilà la question que nous pose Verhoeven et à travers ce Robocop tout d’abord présenté dans toute sa froide technologie. L’imposante allure du héros (cet aspect lourd et intimidant étant parfaitement raccord avec le cadre de l’action la cité industrielle de Detroit) est donc magnifiée lors de sa première sortie sur le tonitruant thème martial de Basil Poledouris où il décime impitoyablement les truands et obéissant aux desseins de la tentaculaire multinationale OCP. 

Pourtant sous les directives et les programmes, les souvenirs du passé affluent sous ce casque sans expression à travers les anciens collègues (excellente Nancy Allen) et des geste et habitudes oubliées. C’est donc en traquant ses anciens meurtriers que Robocop va se construire une identité et redevenir Alex Murphy, et découvrir que sa mission de justice est viciée dès l’origine puisque la violence d’en bas trouve sa source dans les profits d’en haut avec un duo de méchant d’anthologie avec le feu Clarence Boddicker (Kurtwood Smith terrifiant) et la glace Dick Jones (Ronny Cox carnassier).

Dans cette progression dramatique, Verhoeven ne daigne faire retirer son casque et laisser voir l’homme sous la machine que dans les derniers instants du film. C’est à visage découvert, en homme prêt à se défendre que la machine s'estompe pour laisser place à Murphy faisant face à ses ennemis. Toutes ses thématiques sont insérées avec une limpidité et efficacité rare dans ce qui n’oublie jamais d’être un grand spectacle d’action rondement mené. Verhoeven y déploie sa fascination pour une violence outrancière qui choque encore aujourd’hui dans ses excès (encore plus gratiné dans le director’s cut du dvd) et l’on n’est pas près d’oublier le terrible assassinant de Murphy donc, le test de l’ED209 ou ce moment peu ragoutant ou un méchant se liquéfie après avoir été plongé dans un bain d’acide.

Cet usage est tout à la fois complaisant pour signifier le détachement des personnages les plus cyniques face à ces écarts et on contraire créer une empathie douloureuse et extatique vers les plus proche de nous puisque l’on souffre enfin avec Robocop/Murphy dans les derniers instants et craignons pour sa vie. Verhoeven a réussi son pari en dévoilant le plus fragile des hommes sous une carcasse de métal et d’acier (Peter Weller vécu d’ailleurs un enfer sur le tournage) avec en point d’orgue cette magistrale et parfaite réplique finale.

-          Nice shooting, son. What's your name?
-          Murphy.

Grand film qui porte toute les qualités de l’autre chef d’œuvre SF à venir de Verhoeven, Starship Troopers. La seule différence étant que l’ironie a triomphé dans ce dernier pour un Verhoeven désabusé alors que Robocop malgré ses dérapages porte encore une vraie foi en l’Homme.

Sorti en dvd chez MGM

jeudi 16 juin 2011

Pulsions - Dressed to Kill, Brian De Palma (1980)


Kate Miller, la cinquantaine et frustrée sexuellement, suit une psychothérapie. Sentant la jeunesse lui échapper, elle va succomber à un inconnu rencontré au musée.
Cette rencontre lui sera fatale : en revenant chercher la bague qu'elle avait oubliée chez son amant, elle rencontrera la mort dans l'ascenseur. Liz Blake, prostituée, a vu la scène dans le miroir de la cabine : une blonde a lacéré Kate Miller avec un rasoir.

Dressed to kill s’inscrit dans cette période passionnante de l’œuvre de Brian De Palma où celui-ci s’appliquait à réinterpréter les plus fameuses figures d’Hitchcock. Si Hitchcock est une influence qui plane tout au long de la filmographie de De Palma, durant une série de films cette thématique fut fondamentale à travers plusieurs relectures où le réalisateur refaçonnait autant les intrigue que les séquences les plus marquantes du Maître du Suspense. Obsession (1976) offrait ainsi une magnifique variation de Vertigo, plus tard Blow Out (1981) transposait l’argument voyeuriste par le regard de Fenêtre sur Cour à l’espace sonore avec son héros ingénieur du son témoin d'un meurtre. Quant à Body Double (1983), il concluait ce cycle de De Palma dans l’excès, la folie et la dépravation de manière virtuose et jubilatoire.

Pulsions sera donc une relecture de Psychose à la De Palma. L’intrigue (et l’argument de faire mourir son héroïne star dès les premières minutes aussi) est sensiblement la même : Une femme poursuivie par un sentiment de culpabilité réveille involontairement la schizophrénie de celui qui va l’assassiner sauvagement. A la suite d’une enquête à suspense, une longue explication psychanalytique nous sera également assénée pour comprendre le fonctionnement du tueur.

De Palma transcende pourtant ces similitudes volontaires par sa virtuosité et la dimension sulfureuse de stupre qui lui est propre. Dans Psychose Marion Craine (Janet Leigh) était doublement rongée par la culpabilité d’une relation hors mariage et plus concrètement du vol qu’elle avait commis. Dans Pulsions cela prend une tournure plus moderne et provocante, De Palma se plaisant à faire imploser les entraves que la censure imposait à Hitchcock.

Kate Miller (Angie Dickinson) est donc ici une cinquantenaire sexuellement frustrée dont le désir refoulé s’affiche lors d’une mémorable ouverture fantasmée où elle se caresse sous la douche avant que le rêve s’interrompe brutalement par l’intrusion d’un agresseur. Le cri de terreur qui conclut cet instant se confond d’ailleurs avec le râle de plaisir qu’elle aura plus tard lorsqu’elle subira les assauts d’un inconnu dans un taxi, comme pour appuyer une certaine fatalité et une punition pour avoir assouvi ses fantasmes.

Si dans Obsession (hormis la révélation amenant une dimension sulfureuse) De Palma conservait une certaine déférence à l’élégance du modèle Vertigo, Pulsions s’orne lui d’un fascinant mélange de grâce et de vulgarité. La séquence de séduction muette dans le musée est assez extraordinaire à ce titre, la musique de Pino Donaggio (digne disciple de Bernard Herrmann), la mise en scène adoptant le point du vue d’une Angie Dickinson (par une steadycam virevoltante proche de la dimension rêvée de Vertigo) au jeu expressif dévoile ainsi un mystère et une gamme de sentiments (désir, séduction…) fabuleuse sans qu’un mot ne soit prononcé.

Et pourtant suite à ce moment envoutant De Palma annihile ce romantisme par un torride et sulfureux coït à l’arrière d’un taxi. Cet excès et l’orgasme brûlant ressenti par Angie Dickinson est là comme pour mieux amener la brutalité de son châtiment dans l’ascenseur où le réalisateur croise la séquence de la douche de Psychose (le montage au cordeau) avec les débordements sanglant d’un Dario Argento, le jeu sur le point de vue (le reflet de la « femme blonde » vu dans le reflet du miroir par Nancy Allen) évoquant Les Frissons de l’Angoisse de ce même Argento.

On aurait tort de ne voir (comme le firent les détracteurs de De Palma) dans ces prouesses qu’un vil travail de copieur, le film étant plus personnel qu’il n’y paraît. Le jeune ado menant l’enquête joué par Keith Gordon est ainsi le double filmé de Brian de Palma qui reconstitue sa chambre et ses inventions dans la chambre de son héros surdoué. Plus insidieusement, le sort de la mère de famille jouée par Angie Dickinson ne doit rien au hasard. On connaît la relation conflictuelle que connu De Palma avec sa mère qui lui préférait son frère surdoué.

Du coup les figures maternelles sont constamment néfastes chez lui, la plus fameuse demeurant la Piper Laurie bigote de Carrie. La prestation touchante d’Angie Dickinson qui sous l’aspect provocateur suscite l’empathie atténue cet aspect mais n’empêche pas sa mort brutale. A l’inverse c’est la prostituée jouée par Nancy Allen qui va finalement incarner la dimension de mère, sœur et amante pour Keith Gordon et qui parviendra finalement à survivre.

Malgré plusieurs séquences mémorables (la course poursuite dans le métro, l’érotisme et la tension du climax final, l’épilogue glaçant à la Carrie) le film n’atteint jamais les hauteurs vertigineuses de cette première partie (un peu comme Psychose aussi finalement) durant son enquête policière mais trouve sa voie par sa résolution détonante.

Norman Bates voyait ses actes criminels provoqués par un complexe d’Œdipe n’ayant pu se résoudre même d’outre-tombe et De Palma ramène lui les crimes de son meurtrier une nouvelle fois à la question sexuelle, d’identité sexuelle pour être plus précis. Le tueur ne se manifeste donc plus lorsqu’est juger un lien familial trouble, mais quand la future victime éveille chez lui la part de masculinité qu’il souhaite refréner. Du coup la conclusion se fend d’une longue et informative explication sur les transsexuels qui dû étonner les spectateurs de l’époque encore peu familier de cette communauté.

Un exercice brillant pour un De Palma qui allait pousser la provocation encore plus loin avec Body Double, son film le plus fou qui concluait sa période Hitchcockienne.

Sorti en dvd zone 2 français mais l'édition est à fuir car comportant le montage anglais censuré (alors que le film est sorti en salle chez nous en version intégrale) donc pour le montage intégral se tourner vers le zone 1 (le montage est même plus corsé niveau violence et érotisme que celui découvert en salle) doté de sous-titres français et qui comporte des bonus passionnants.

vendredi 16 avril 2010

I wanna hold your hand - Robert Zemeckis (1978)

1964, la Beatlesmania bat son plein au USA et à l'occasion de la participation des Fab Four au Ed Sullivan Show, un groupe d'adolescent va passer une journée de folie où tout les moyens seront bon pour approcher et assister au concert de leur idoles. Tout premier film de Robert Zemeckis, écrit en collaboration avec son partenaire de toujours Bob Gale et produit par Steven Spielberg himself bien avant Les Retour vers le futur donc. Un petite merveille de teen movie où, à travers la traque au Beatles se révèlent des tourments adolescent ordinaires dans ce groupe de personnages très attachant pour qui l'aventure servira de révélateur. La toute jeune Nancy Allen, future mariée va ainsi découvrir un monde bien différent de celui de femme rangée qui l'attend. Assez drôle de la voir dans un rôle de sainte nitouche quand on pense aux futurs rôles torrides qui l'attendent chez De Palma, elle est ici merveilleusement touchante et innocente. Et on ne se refait pas, elle rafle les scènes les plus hot du film lorsqu'elle parvient à s'introduire dans la suite vide des Beatles et frise l'orgasme en s'agrippant à la basse de Paul McCartney.


C'est clairement son personnage le mieux écrit et auquel on s'attache le plus à suivre le destin mais les autres ne sont pas en reste. Zemeckis glisse de savoureuse allusion aux tollé que sucite les beatles chez les plus conservateurs, notamment son jeune garçon obligé de négocier avec son père une place de concert contre l'acte de se couper les cheveux. Avec en prime un suspense épique lorsque la tondeuse approche de son crane, le tout devenant un enjeu majeur au proportion énorme.

Zemeckis se lâche complètement (la nostalgie doit joué né en 1952 il a vécu en partie ces moments là) lors des scène d'hystérie des fans des Beatles (quand on se souvient des images d'archives on se demande s'il exagère tant que ça) en multipliant les scènes d'émeutes dantesque de jeunes filles affollées, de course poursuite et de chute en pagaille. Le pur slapstick n'est pas loin dans les instants les plus démesurés et on rit bien. Enorme apothéose lors du final et le She loves you des Beatles en direct, le montage alternant entre les images du film, celle du vrai concert les plans sur les fans en furie offre un montage galvanisant et dynamique où on ressent toute la ferveur que l'évènement a pu constituer à l'époque. Indispensable pour le fan des Beatles, surtout que la bande son est gorgée de chansons de la première époque pop carillonnante. Aujourd'hui film culte, le film se plantera un peu au box office, tout comme le Zemeckis suivant La Grosse Magouille avant que l'enchainement de carton se fasse à partir de A la poursuite du diamant vert.

Trouvable uniquement en dvd zone 1 chez Sony et doté de sous titres français


extrait