Gabrielle se consacre corps et âme à son métier. Chirurgienne et cheffe de service dans un hôpital public, elle court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Il lui reste peu de temps pour sa vie privée — un mari qui l’aime et une mère dont elle doit s’occuper. Lorsqu'une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre vacille. Dans le quotidien que Gabrielle s’est construit, y a-t-il de la place pour l’inattendu ?
La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet est au premier abord le portrait d’une « workaholic » dans l’urgence constante, à travers son métier de chef de service chirurgienne, et propageant dans sa vie personnelle cette nécessité de contrôle absolu. Le début du film est à ce titre assez lassant par sa narration chapitrée trop saccadée, où le professionnel (le quotidien médical et son exigence envers ses collaborateurs) fonctionne sur le même rythme que l’intime, notamment une mère déclinante souffrant de la maladie d’Alzheimer.
On comprend bientôt que cette entame agaçante est voulue, pour mieux nous happer quand le rythme daigne se ralentir. La romance lesbienne entamée avec Mélanie Thierry suspend le temps durant une scène de séduction en plein spectacle de danse, le fige lors d’une scène de sexe où l’érotisme importe moins que le lâcher prise de la control freak magnifiquement incarnée par Léa Drucker. Il y a là un beau questionnement sur la solitude, la manière dont un mode de vie se retourne contre nous alors que l’on se sent prêt à changer. Loin de la déprime, La Vie d’une femme nous dépeint une héroïne égale à elle-même, pour le meilleur et à ses dépens.En salle


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