Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tous mes visionnages de classiques, coups de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram

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jeudi 28 avril 2016

Ice Storm - Ang Lee (1997)


En 1973, à New Canaan, Connecticut, les habitants se préparent à fêter Thanksgiving, mais l'enthousiasme est noyé par les déchirements familiaux : adultère, dépressions, absences, enfants déboussolés… La nuit venue, une tempête souffle, qui recouvre de glace et cristallise toute la ville.

Après sa belle adaptation de Jane Austen Raison et Sentiments (1995), Ang Lee prouvait une nouvelle fois avec Ice Storm sa capacité à explorer des univers forts éloignés de sa Taiwan natale. Le film adapte le roman éponyme de Rick Moody paru en 1994. La veine psychologique et les cadres typiques de l’auteur avec ces banlieues du Connecticut semblent plutôt respecter par Ang Lee dans ce récit choral. On suit au début des 70’s deux familles déboussolées durant une veille de Thanksgiving. La première partie explore les fêlures des protagonistes dans leur quotidien avant que dans la seconde l’isolement provoqué par une tempête fasse exploser un équilibre fragile.

Tout le film interroge une Amérique traditionnelle représentée par ce cadre provincial face aux bouleversements sociaux et politique d’alors – le scandale du Watergate évoqué à la télévision est un fil rouge narratif. Les 70’s ébranlent les modèles du couple et de la famille pour lesquels l’innocence des 50’s semblent bien loin. Les adultes ont du vague à l’âme, ne trouvant satisfaction ni dans le travail ni côté intime, le mal-être des couples Hood (Kevin Kline et Joan Allen) et Carver (Sigourney Weaver et Jamey Sheridan) les poussant vers le non-dit, l’indifférence et l’adultère. Les rapports avec les enfants s’en ressentent, notamment avec le personnage de Kevin Kline. 

Il tente maladroitement d’expliquer les « choses de la vie » à son fils (Tobey Maguire) déjà adolescent et au fait, ne choisit jamais entre fermeté et laxisme dans sa relation avec sa fille (Christina Ricci) et fait preuve d’une réaction exagérément vieux jeu lorsqu’il la surprendra à flirter.  L’atmosphère hivernale cotonneuse semble comme figer et écraser les personnages dans des environnements proprets, le blanc de la neige comme celui des demeures et du mobilier ayant aspiré les couleurs et les émotions. Même la sexualité de cette ère si libertaire donne des séquences sinistres, que ce soit les coucheries entre voisins (perdant leur insouciance pour reprendre une facette domestique montrant des modèles difficiles à bousculer), les rapprochements maladroits des adolescents où une grande soirée échangiste où le partenaire est choisi au hasard de sa paire de clés. 

Le mal-être des adultes se prolonge aux enfants par un saisissant effet de mimétisme (la kleptomanie et Joan Allen et Christina Ricci) dans la même famille ou se reflétant de l’une à l’autre tel Christina Ricci et Sigourney Weaver s’offrant par provocation plus que par désir pour tromper l’ennui. L'inconstance des adultes se conjugue à la maturité précoce des enfants déjà trop lucides et désenchanté. La première partie offre un remarquable portrait de mœurs, froid, impitoyable et étrange – le jeu très perché d’Elijah Wood. Cela se gâte un dans la deuxième, trop empesée dans sa noirceur hormis l’amusante scène où Tobey Maguire voit ses projets de perte de virginité mis à mal. 

Tout le reste force le trait dans l’interprétation, les situations et les rebondissements notamment un terrible drame final. Inscrire la grande tragédie dans un cadre ordinaire n’était pas une mauvaise idée mais jure un peu avec la touche de chronique dépressive dans laquelle baigne le reste du film. Pas inintéressant néanmoins et porté par une interprétation d’ensemble excellente. C’est d’ailleurs un des films les plus célébrés d’Ang Lee puisqu’il remportera le Prix du scénario au Festival de Cannes 1997.

Sorti en dvd zone   français chez Studiocanal

mardi 19 novembre 2013

Les Copains d'abord - The Big Chill, Lawrence Kasdan (1983)

Huit amis d'université que la vie avait éloignés sont réunis, le temps d'un week-end, par le suicide de l'un d'entre eux, Alex.

Deuxième et meilleur film de Lawrence Kasdan, The Big Chill est un des fleurons du film "de potes" et probablement et un modèle pour les œuvres qui emprunteront cette voie par la suite pour le meilleur (Peter's Friends (1992) de Kenneth Branagh) et pour le pire (le plagiat éhonté du pénible Les Petits Mouchoirs (2010) de Guillaume Canet). On a donc ici la réunion d'amis d'université perdus de vue de longue date à l'occasion d'un drame, le suicide de l'un d'entre eux, Alex. Se revoyant à l'occasion de l'enterrement, les amis vont se retrouver le temps d'un weekend où entre souvenirs du défunt, rancœurs passées et anciens amour ravivés ils vont apprendre à se redécouvrir.

Le film est vraiment emblématique des talent de narrateur de Kasdan qui évite la facilité du récit en flashback (au grand dam d'un Kevin Costner qui jouait Alex et dont toute les scènes seront coupées au montage) pour faire découvrir les liens et passif de chacun progressivement et en situation. L'arrivée brinquebalante de Nick (William Hurt) à l'église nous fait ainsi comprendre sa nature autodestructrice, la crise de larmes sous la douche de Sarah (Glenn Close) un lien sans doute un peu plus intime avec le défunt et les regards appuyés sous le détachement d'une romance inachevée entre Sam (Tom Berenger) et Karen (JoBeth Williams).

C'est le sens du détail et du dialogue qui nous fera autant comprendre la complicité qui unit le groupe, le drame surgissant sans prévenir quand sous la décontraction ambiante la culpabilité et le regret vis à vis de l'ami disparu amène des tensions. On est donc ainsi devant une sorte de feel good movie aux scènes légères (la partie de foot, la grande scène d'amour finale) mais où plane un parfum de spleen nostalgique.

 Kasdan sans rien surligner se fait le portraitiste d'une génération libertaire désormais rangées de tout excès, ayant renoncés à ses ambitions artistiques (Karen ayant renoncée à une carrière littéraire pour une vie de femme au foyer) ou encore marqués par les traumas politiques de leur temps (Nick jamais remis de son expérience du Vietnam et également sous-entendu pour Alex).

Tout cela se traduit par une mise en scène sobre et mettant en valeur le formidable casting où il difficile d'en distinguer tant tous sont brillants et pour beaucoup vraiment lancés par Kasdan comme Glenn Close dont c'est seulement le second film. Ce sentiment s'exprime aussi par une magnifique bande son gorgée de classiques (Creedence, Carole King, The Temptations...) évoquant avec énergie le passé commun des personnages. Guillaume Canet s'égarera en en reprenant une grand part dans Les Petits Mouchoirs alors que ces titres n'ont aucun sens dans les expériences de ses héros. Un vrai petit classique des 80's.

Sorti en dvd zone 2 français chez Sony

jeudi 19 juillet 2012

Le Choix de Sophie - Sophie's Choice, Alan J. Pakula (1982)


L'action se déroule peu de temps après la Seconde Guerre mondiale. Stingo, un jeune écrivain du Sud des États-Unis, arrive à Brooklyn et sympathise avec un couple : Sophie (Meryl Streep), une jolie immigrante polonaise (ayant beaucoup souffert pendant la guerre) et Nathan, un juif au comportement imprévisible et violent laissant deviner une personne souffrant d'un trouble mental. Une relation complexe se développe entre les trois personnages.

Alan J. Pakula réalise avec Sophie's Choice ce qui est sans doute un des plus beaux et intense des mélodrames modernes. Au départ on trouve le roman éponyme de William Styron paru en 1979. Dans cet ouvrage complexe et éprouvant Styron mêlait une réflexion passionnante sur l'Holocauste, le poids du passé et de la culpabilité au romanesque avec ce portrait de femme au destin tragique. Alan J. Pakula lui rend magistralement justice avec cette adaptation ayant atteint à son tour le statut de classique et qui vaudra à Meryl Streep son second Oscar après Kramer contre Kramer.

L'intrigue croise trois destins à New York au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Stingo (Peter McNicol) jeune aspirant écrivain venu du Sud va donc se lier d'amitié avec le volcanique couple formé par Sophie (Meryl Streep) et Nathan (Kevin Kline dans son premier rôle au cinéma) tous installés dans la même résidence. Ils se lient bientôt d'amitié et deviennent inséparables, Pakula capturant avec élégance leur fougue juvénile et leur pérégrinations dans ce New York rétro idéalisé. Pourtant la première rencontre où Stingo assiste à une terrible dispute entre Sophie et Nathan préfigure un tableau moins idyllique qui va rapidement se craqueler.

L'union mais aussi les motifs du conflit permanent de Sophie et Nathan est issu de leur passé. Sophie, émigrante polonaise est une survivante des camps de concentration où bien que non juive elle fut prisonnière à cause de l'engagement de son père contre l'envahisseur nazi. Fraîchement débarqué aux Etats-Unis et souffreteuse elle fut remise sur pied par Nathan tombé sous le charme. Ce dernier entretient une empathie et un rejet au passé douloureux au passé de Sophie en tant que juif, plaignant et reprochant cette souffrance qu'elle a connu sans la "mériter". Cette obsession se nourrit par la documentation qu'il tient sur l'holocauste et la terrible violence verbale qu'il aura parfois pour Sophie. Stingo joue lui le rôle d'observateur des déchirements du couple, secrètement amoureux de Sophie et révolté par l'attitude de Nathan.

Pakula adopte une construction narrative complexe dont l'intelligence ne se révèlera qu'en fin de film. Tandis que le présent se disloque peu à peu, les fêlures du passé resurgissent progressivement. Les flashbacks s'entrecroisent donc avec le présent et par un jeu de miroir chaque retour au passé évoqué visuellement aura été raconté précédemment via le dialogue tel les premiers pas de Sophie aux USA et la jolie rencontre avec Nathan que le couple évoque à Nathan en début de film.

A l'inverse, tout le passé qui n'aura été abordé que par la parole dissimulera un secret qui remettra en cause la vision des personnages : le métier de biologiste de Nathan, l'existence de Sophie en Pologne et surtout son terrible séjour en camp de concentration. Si on devine une vérité différente derrière le comportement instable de Nathan (Kevin Kline fabuleux d'intensité), Meryl Streep est magnifique de fragilité et d'ambiguïté.

L'actrice a adopté l'accent et le phrasé incertain de cette émigrante polonaise à la perfection et arbore des airs effrayés et soumis permanent dans sa gestuelle gauche et son regard où se lisent les secrets pénibles enfouis. Peter McNicol innocent et pur (avec l'analogie marquée qui le laisse vierge jusqu'à l'étreinte finale) servira de révélateur de plus en plus impliqués aux horribles souvenirs de Sophie avec nombres de moments bouleversant tel cette scène où elle explique sa déportation pour avoir acheté du jambon en contrebande pour sa mère malade. Meryl Streep est absolument renversante dans ce long moment dialogué où elle rapporte les faits sans pathos et une sobriété désarmante.

Pakula recentre d'ailleurs judicieusement tous les thèmes complexes du livre à son héroïne et donc à la performance de son actrice. William Styron faisait ainsi une analogie entre l'holocauste et le passé esclavagiste de la famille de Stingo (l'entourant comme les autres personnages d'une double facette qui disparait dans le film) dont le livre était consacré à Nat Turner, esclave rebelle du XIXe. Dans le film son livre est désormais consacré au deuil de sa mère et toute les allusions au Sud se fond sous forme de blagues douteuses de Nathan (la première scène où Kline raille l'accent sudiste de Stingo est d'ailleurs très drôle).

Cette construction amène un crescendo dramatique intense où les dernières couches du secret de Sophie sont soulevées. Les temporalités s'entremêlent dans les visions glauques des camps de concentrations, du visage figé par la douleur du souvenir de Sophie dans le présent et de la signification de son "choix". Tout devient limpide et notamment son attitude sacrificielle à rester auprès d'un homme aimant mais qui la malmène au détriment du doux Stingo.

Elle a connu des monstres bien pire et qui l'ont contraint à l'impensable. Dès lors la conclusion n'en est que plus logique, l'existence est devenue impossible pour ceux rongé par leur démons et leur culpabilité. Ne restera que le souvenir et la nostalgie pour Stingo à travers cette voix-off finale qui ne veut garder que le meilleur, l'amitié sincère de ces temps agités.

Sortie en dvd zone 2 français chez Universal


mardi 1 mars 2011

Joueuse - Caroline Bottaro (2009)


Une île. Une femme sur son vélo. Hélène s'éclipse de chez elle afin de commencer sa journée de femme de ménage dans un hôtel. En entrant dans une chambre, elle surprend un couple en train de jouer aux échecs. Fascinée par la tension et l'intimité qui se dégagent de cette scène, elle va se passionner pour ce jeu jusqu'à l'obsession, mettant en péril tout ce qui faisait sa vie.

Une belle surprise que ce premier film au pitch étonnant qui montre Sandrine Bonnaire, femme de ménage au quotidien terne voir sa vie transformée lorsqu'elle se découvre une passion pour les échecs. Cette trame sert de déclencheur à plusieurs thèmes passionnants, tout en provoquant une ferveur surprenante tenant plus du film sportif (on s’étonne de ressentir des émotions à la Rocky lors de la dernière partie du film en tournoi) lors de la progression et de la confiance acquise par l’héroïne.

Le film questionne sur le décalage que peut provoquer l’éveil intellectuel, la naissance d’une passion avec un entourage plus terre à terre. Ainsi Sandrine Bonnaire réellement emportée par quelque chose pour la première fois de sa vie a bien du mal à conjuguer cette lubie avec sa vie de famille et son job plus ordinaire. Les autres personnages, très bien écrits (notamment un excellent Francis Renaud dans le rôle du mari) expriment d’ailleurs leurs incompréhensions à son égard, et cette opposition confère au film une dimension sociale très réussie. Sans le savoir, en se découvrant une passion où elle possède un vrai talent, Hélène s’élève au-dessus de la mêlée bien à ses dépends et se trouve finalement "différente" et "décalée" face à ses fréquentations de tous les jours. Ainsi la dimension stratégique et militaire des échecs (la plus utilisée lorsqu'on aborde ce jeu au cinéma) est totalement effacée au profit de cet aspect plus social et féministe, notamment par l’accentuation sur la figure de la Reine (pion le plus puissant du jeu).

Sandrine Bonnaire livre une prestation époustouflante, son visage si détaché au départ s'illumine au fur et à mesure que le film avance et qu'elle s’affirme dans son art. Elle qu'on a plus l'habitude de voir dans des rôles très dramatique (même s'il y a bien sûr des exceptions comme le beau Mademoiselle de Philippe Lioret qui en faisait une héroïne romantique) est radieuse dans ce registre plus positif. Caroline Bottaro enfonce le clou en multipliant les astuces visuelles ludiques pour montrer l'invasion des échecs dans son esprit. Parmi les meilleures idées, notre héroïne lancée dans des parties imaginaires avec des miettes sur une nappe à carreau pendant un dîner au restaurant, ou encore sur un carrelage à damier pendant un ménage ce même carrelage prenant une couleur uniforme lorsqu'elle se met à douter.

Comme dans tout film "sportif", un mentor est nécessaire, ici génialement campé par Kevin Kline en docteur bourru et solitaire. Une nouvelle fois, Caroline Bottaro traite de leur relation avec justesse, évitant l’histoire d'amour attendue (sans négliger l’attirance mutuelle ressentie en filigrane) ainsi que le pathos facile via la maladie de Kline. La mise en scène des parties d’échecs est fort réussie. Elles suscitent l’intérêt des initiés et des autres (qui auront bien envie de s’y mettre après le film) en alternant les manœuvres sur les plateaux avec les réactions des joueurs, tendues ou amusées. On est ainsi pris par la partie autant par la teneur du jeu en lui même que par la teneur dramatique et du suspense de la situation (va t elle gagner ?).


La partie qui conclut le film enfonce le parallèle avec le schéma de film sportif en usant de tous les artifices narratifs possible pour renforcer la tension. L'accomplissement d'Hélène se fait ainsi par un dialogue intérieur en voix off, l'usage de flash-back et une belle idée de télépathie entre Kevin Kline et Sandrine Bonnaire. Une étonnante surprise apparaît au casting avec la présence discrète de Jennifer Beals en élément déclencheur et il est difficile de ne pas établir de parallèle avec son rôle culte Flashdance où elle se sortait également de sa condition par son don pour la danse. Peut être que c'est un hasard totalement involontaire mais il offre une profondeur supplémentaire à la touche féministe du film. Une des belle réussites française récentes auquel Caroline Bottaro n'a toujours pas donné suite. On l'espère pour bientôt !

Sorti en dvd chez Studio Canal

mercredi 6 octobre 2010

As You Like It - Kenneth Branagh (2006)


Avec cette production tv HBO, Kenneth Branagh signait là sa dernière adaptation filmée de Shakespeare à ce jour avec Comme il vous plaira. Le film est malheureusement le symbole de son déclin des années 2000 tant ce qui faisait la réussite de ses précédentes tentatives s'avère poussif ici. Le film ne manque pourtant pas d'idée. Alors qu'on pensait qu'il ne pouvait pas aller plus loin que la transposition en comédie musicale de Peines d'amours perdues, Branagh ose carrément ici remplacer le cadre de la pièce par le Japon XIXe où un casting occidental grimé va se démener dans un cadre et en costume nippon. Fausse bonne idée malheureusement car utilisée de manière très superficielle.

Alors que dans Peines d'amours perdues il prenait à bras le corps son choix de faire une comédie musicale et l'assumait de bout en bout, ici ça n'a que des vertus esthétiques qui surprennent au début mais qui n'ont aucune incidence sur la tonalité ou la narration, le tout aurait pu être raconté dans un cadre anglais sans que ça change grand chose (c'est particulièrement vrai pour toute la partie en forêt). L'esthétique parlons en d'ailleurs, dans Hamlet ou Beaucoup de bruit pour rien on devinait un certain goût de Branagh pour le rococo qu'il parvenait heureusement à doser et là avec un cadre japonais ça ne fait ni authentique, ni gentiment décalé mais juste très kitsch malgré une recherche manifeste dans la photo (criarde) et les décors. Le style grandiloquent et excessif si identifiable du réalisateur est aux abonnés absent et la mise en scène s''avère assez plate et télévisuelle.

L'intrigue est une nouvelle fois très fidèle à la pièce avec un début jouant sur les antagonismes fraternels passés et présent avant de partir dans un joyeux jeu de marivaudage pour ce qui est une des pièces les plus légères de Shakespeare. Là aussi le rythme poussif, les personnages secondaires mal intégré (l'histoire avec Afred Molina agace plus qu'autre chose) et l'intrigue principal entre Rosalind et Orlando déséquilibré peinent à susciter l'intérêt. Le début du film assez sombre avait pourtant bien posé les enjeux mais le tout s'englue assez vite.

On sent une réelle volonté de retrouver la légereté de Beaucoup de bruit pour rien mais la ça ne prend pas. Pourtant contrairement à Peine d'amour perdues l'interprétation est de premier ordre. Bryce Dallas Howard en Rosalind est tout en candeur et espièglerie idéalement secondé par l'excellente Romolai Garai (découverte dans le joli Angel de François Ozon) et les seconds rôle prestigieux s'en sortent bien comme Kevin Kline (récompensé du Screen actors award) en Jacques ou Alfred Molina en fou. Branagh semble vraiment avoir perdu sa formule magique (on ne va pas rappeler son désastreux remake du Limier de Mankiewicz) espérons que la futur adaptation de Thor à venir le relance.


Inédit en France où il n'a pas bénéficié d'une sortie salle. Disponible en dvd zone 1 doté de sous titres français.