Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tous mes visionnages de classiques, coups de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram

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vendredi 14 août 2026

Troubles - Shattered, Wolfgang Petersen (1991)

 À la suite d'un grave accident de voiture, Dan Merrick se réveille amnésique. Malgré le soutien de sa femme Judith, il fait face à de grandes difficultés pour recoller sa mémoire fragmentée. Quand petit à petit des flashbacks énigmatiques l'assaillent, Dan semble décontenancé par ces souvenirs troubles. Entre doutes et intuition, il comprend que certaines vérités cachées recèlent de sombres secrets et il va mener l'enquête sur une personnalité de plus en plus mystérieuse. La sienne...

Troubles est une ouvre se situant au carrefour des mutations du polar et du thriller au moment de sa sortie. La dimension psychanalytique et onirique tente de remettre au goût du jour dans le fond et la forme certains éléments du film noir des années 40, autant porté sur l’expressionisme que les visions façon La Maison du Docteur Edwardes d’Alfred Hitchcock (1945). Son érotisme larvé est dans la continuité des évolutions amenées par des œuvres comme La Fièvre au corps de Lawrence Kasdan (1981), mais n’ose pas encore la provocation explicite du Basic Instinct de Paul Verhoeven (1992) qui fera la bascule vers le sous-genre du thriller érotique.

Toutes ces tendances se bousculent dans un suspense plutôt bien mené où Wolgang Petersen semble clairement se faire plaisir. Tout est prétexte au traitement le plus extravagant et baroque possible, notamment toutes les réminiscences des souvenirs fragmentés et de l’accident terrible vécu par le héros Dan Merrick (Tom Berenger). D’ailleurs ce n’est pas tant dans cette outrance plaisante que le film pèche, mais dans la récurrence de certains éléments (les miroirs et reflets, quelques dialogues trop surlignés) qui peuvent faire deviner le twist plutôt habile aux plus attentifs. 

Petersen revisite sans tomber dans le rétro l’esthétique du film noir tortueux avec l’usage superbe du fondu enchaîné, nous plonge dans la psyché déphasée de son héros en rendant totalement irréel son environnement. Les décors sont si stylisés qu’ils en deviennent volontairement factices, tant dans le faste (ce bureau en baie vitrée à la vue incroyable) que dans le glauque (l’épave de bateau cauchemardesque) et cela participe à l’empathie pour Dan qui ne se sent pas à sa place, et qui ressent l’artificialité de toutes ses interactions hormis avec le truculent détective incarné par Bob Hoskins.

Troubles brille dont pour créer et installer le mystère, mais patine un peu quand vient l’heure des résolutions. Si l’on apprécie la durée resserrée de 93 minutes (surtout au vu des standards actuels qui étirent souvent pour pas grand-chose), la dernière partie précipite vraiment trop les rebondissements et révélations. La poursuite en voiture semble vraiment là pour amener artificiellement une accélération à l’intrigue, et les péripéties sont trop nombreuses et rapprochées au point de faire perdre la relative finesse de certains protagonistes comme l’épouse incarnée par Greta Scacchi. Malgré ces scories, un thriller plutôt efficace et prenant dans la lignée d’un Dead Again de Kenneth Branagh sorti la même année.

Sorti en blueray français chez l'Atelier d'images 

mardi 5 mars 2024

Présumé Innocent - Presumed Innocent, Alan J. Pakula (1990)


 Rusty Sabich, procureur quadragénaire, doit s’occuper d’une bien étrange affaire. Une ravissante jeune femme vient d’être assassinée. Elle était sa collègue, mais aussi sa maîtresse, et venait de le quitter. Il est donc à la fois témoin, enquêteur et suspect.

Présumé innocent est un solide thriller judiciaire, adapté d’un roman du roman éponyme de Scott Turow dont les droits furent âprement disputés par les studios et ce dès le stade des épreuves. La Warner emporte le morceau pour proposer cette production prestigieuse porté par un Harrison Ford dans une de ses meilleures prestations. Il incarne ici un procureur menant l’enquête sur le meurtre d’une collègue (Greta Scacchi) dont les indices convergent vers lui alors qu’ils ont précédemment entretenu une liaison. L’atout et le défaut du film provient de son homogénéité globale, l’ensemble se tenant bien sans qu’un élément thématique, formel ou narratif ne se dégage vraiment.

La droiture de Ford s’effrite non pas par la suspicion pesant peu à peu sur lui, mais par l’obsession amoureuse qu’il entretient pour la disparue, au grand dam de sa femme (Bonnie Bedellia). Cela est introduit habilement, la personnalité trouble de la victime se dessinant dans l’image renvoyé par les autres durant l’enquête (une séductrice ambitieuse) avant qu’un flashback ne la mette en valeur. Harrison Ford est vraiment excellent en amoureux vacillant, notamment la scène introduisant le premier flashback où il fond en larmes au souvenir de son amante. L’intrigue ne cherche en aucun cas à entretenir l’ambiguïté autour de son héros (tout en semant subtilement les indices quant à sa conclusion) et révèle en creux la corruption de tout un système politico-judiciaire à travers l’affaire. C’est paradoxalement la corruption larvée de ce système qui donne une possible issue de secours au héros quant sa droiture initiale en faisait le coupable idéal.

C’est donc une intéressante étude de caractères, un drame bien conçu et des scènes de procès à l’efficacité indéniable maintenant l’attention dans l’ensemble. Mais il manque un soupçon de trouble, de viscéralité et de mystère dans cette trame illustrée sagement par un Alan J. Pakula qu’on a connu plus inspiré dans ce registre (Klute (1971) en tête dans ce mélange de thriller et drame psychologique, A cause d'un assassinat (1974) pour la machination). Même le twist final ne parvient pas à sortir de ce sentiment d’encéphalogramme plat, et sans passer un mauvais moment pour autant le film tient vraiment à l’implication d’un Harrison Ford très habité. 


 Sorti en bluray français chez Warner

 

mardi 28 janvier 2020

Cotton Mary - Ismail Merchant (1999)


Infirmière dans une bourgade de la côte de Malabar en 1954, Cotton Mary est écartelée entre ses origines indiennes et sa culture anglaise. D'extraction modeste, elle s'invente un passé aristocratique et enjolive sa vie en singeant les manières distinguées des anciens colons. Lorsque l'Anglaise Lily MacIntosh accouche prématurément, Mary sauve la situation en amenant secrètement le bébé à une nourrice des bas quartiers. Ignorant la réalité, Lily prend Mary à son service.

Si les rôles semblent bien définis dans la fructueuse association Merchant Ivory Productions (Ismail Merchant à la production, James Ivory à la réalisation et très souvent Ruth Prawer Jhabvala au scénario), certaines œuvre font exceptions comme ce Cotton Mary mis en scène par Ismail Merchant. Nous ne sommes cependant pas dépaysés avec ce cadre Indien postcolonial vu dans nombre de leurs films dont le célèbre Chaleur et poussière (1983). L’autre lien fondamental concerne la réflexion sur les clivages sociaux, la quête d’identité au cœur de Maurice (1987) ou encore Les Vestiges du jour (1993))

La critique de la société anglaise s’articule ainsi sur deux points de vue ici. Ce sera tout d’abord celui de Lily MacIntosh (Greta Scacchi), une mère de famille installée en Inde et livrée à elle-même à cause d’un époux (James Wilby) peu concerné par la vie domestique. Son mal être latent son concrétisera par l’accouchement prématuré de son deuxième enfant qu’elle n’arrive pas à allaiter pour des motifs plus psychologiques que physiques. L’aide précieuse de l’infirmière Mary (Madhur Jaffrey) sera donc précieuse, le bébé étant nourri grâce à une nourrice indienne des  bas quartiers. 

Mary s’auréole ainsi d’une image de quasi sainte dévouée, car en dissimulant la manière dont est alimenté le bébé ses actions relève presque du miracle. Ce n’est pourtant qu’une manière dans ce cercle anglais aristocrate qu’elle envie tant. C’est par elle que s’illustre l’autre dimension néfaste de la société anglaise. Cette présence étrangère en Inde suscite soit le rejet des locaux souhaitant voler de leurs propres ailes (la séquence des travailleurs de champs de thé), soit une fascination morbide héritée du passé colonialiste encore récent. C’est cette dernière névrose qui ronge Mary, métisse anglo-indienne cherchant constamment à appuyer dans le phrasé et les attitudes son côté anglais (possiblement fantasmé).

Le personnage sympathique au départ gagne ainsi progressivement en ambiguïté, la relation avec Lily oscillant entre le chantage et l’aliénation. La rivalité et le mépris de Mary envers Abraham, domestique attitré et de confiance de la famille, rejoue d’ailleurs les rapports tumultueux des majordomes de Les Vestiges du jour où la dévotion aveugle tutoie la folie. La tension s’installe subtilement dans le quotidien, tout en montrant à travers d’autres strates de la société les causes de ces dérèglements. Rosie (Sakina Jaffrey) sans avoir la soumission maladive de sa tante Mary, voit également chez les anglais une manière de s’élever en devenant la maîtresse de John MacIntosh. A l’inverse la condescendance t le racisme ordinaire de la haute société britannique transparait plus d’une fois, expliquant sans les justifier les névroses et la schizophrénie des locaux. 

C’est d’ailleurs une des grandes forces du film, la folie de Mary n’existe que dans l’apparat, à travers les vêtements occidentaux qu’elle vole à sa patronne et qu’elle exhibe fière à ses congénères, aux récits vantards qu’elle fait sur sa place dans la maison. Le personnage apparait plus pathétique que réellement cruel et l’on peut supposer que l’acuité du regard d’Ismail Merchant lui vient de son enfance indienne où il observa voire vécu les mêmes déchirements (pas en tant que métisse mais en tant qu'issu d'un classe sociale indienne plus élevée) que Mary. Visuellement le film poursuit cette dichotomie, entre la sophistication coutumière des productions Merchant Ivory pour la reconstitution et quelque chose de plus authentique, sauvage et indien dans la capture de certaines atmosphères. Très intéressant donc sans forcément s’élever aux hauteurs des meilleurs James Ivory. 

Sorti en dvd zone 2 anglais et doté de sous-titres anglais. Visisble aussi actuellement à La Cinémathèque française dans le cadre de la rétro Merchant-Ivory 



 Une interview d'époque d'Ismail Merchant à propos du film

lundi 1 octobre 2012

Chaleur et Poussière - Heat and Dust, James Ivory (1983)


Les destins croisés d'Olivia Rivers et d'Anne, sa petite-nièce : la première, épouse d'un fonctionnaire en poste à Satipur, aux Indes britanniques, dans les années 1920, deviendra la maîtresse du Nawar local ; la seconde, après une désillusion amoureuse, quitte son emploi à Londres en 1982 et part en Inde, à Satipur, sur les traces de sa grand-tante, après avoir rencontré un survivant de cette première époque, Harry Hamilton-Paul...

Heat and Dust entame un formidable cycle créatif pour l'association liant le réalisateur James Ivory, son producteur Ismael Marchant et la scénariste Ruth Prawer Jhabvala réunis sous la bannière Merchant Ivory Production, leur maison de production. Le trio réunis depuis 1963 et le premier script de Ruth Prawer Jhabvala pour Merchant Ivory Production où elle adaptait son roman The Householder allait atteindre durant dix ans une reconnaissance publique et critique massive jusqu'aux Vestiges du jour (1993). Ruth Prawer Jhabvala adapte d'ailleurs à nouveau ici un de ses plus fameux romans avec ce Chaleur et Poussière paru en 1975 et pour lequel elle reçut le prestigieux Prix Booker.

Le ton du film se partage constamment entre un idéal de romanesque et un rêve, un fantasme de romanesque. Cette différence se fait à travers la double narration du film, contemporaine et d'époque, la première poursuivant sans cesse la seconde. Anne (Julie Christie), à travers les documents, témoignage et pèlerinage entamé sur place marche donc sur les traces de son arrière tante Olivia (Greta Scacchi) épouse d'un fonctionnaire en poste en Indes dans les années 20 et qui abandonna tout pour l'amour d'un prince indien. La narration offre un joli jeu de miroir entre les époques où si le mimétisme se fait par des même lieux traversés à 60 ans d'écarts, le ton diffère grandement. En 1920 l'héroïne est en opposition constante à son environnement. 

Quand l'aristocratie anglaise toise les indiens et leur culture du haut de leur condescendance coloniale, Olivia s'y sent comme un poisson dans l'eau et s'ennuie dans les dîners mondain auquel elle doit se soumette. Pétillante, fougueuse et débordant d'énergie ce pays est fait pour elle et c'est par elle qu'on le découvre vraiment à travers son regard émerveillé le temps de beaux moments comme la longue séquence de pique-nique. Cette séduction du pays se concrétisera progressivement à travers celle exercée par le Nawab (Shashi Kapoor) dont le charme, le bagout et le charisme la fera succomber.

La partie contemporaine ne manque pas d'attrait non plus grâce à la prestation pleine d'allant de Julie Christie. On y retrouve la vision bariolée de l'Inde mais sous un jour plus intimiste. Comme son ancêtre, Ann se sent en communion avec cette contrée mais elle n'a pas l'entrave raciale et de classe de son ainée et peut s'y épanouir pleinement. Pourtant ce qui peut être vu comme une avancée est en fait un obstacle.

La force de l'histoire d'amour d'Olivia venait de sa rébellion progressive envers son milieu et ses semblables, l'accomplissement de l'interdit magnifiant cette romance par le danger encouru. Ann court après ce genre de sensation suivant la route de sa grande tante mais son environnement est plus paisible, la proximité et les relations mixtes sont acceptées (à l'image du boudhiste occidental farfelu incarné par Charles McCaughan, le dialogue moquant ceux venant en Indes pour suivre un gourou) et lorsqu'elle s'abandonnera à une histoire avec son hôte Inder Lal (Zakir Hussain) leur jolie histoire n'atteindra jamais le souffle de celle du passé.

Le présent trop sage semble avoir perdu cette flamme qui animait une Inde pourtant montrée comme une poudrière dangereuse (le pays n'obtenant son indépendance que plus de 20 ans après les évènements du film) mais où la menace agit comme un stimulant au contraire d'un monde moderne endormi. D'ailleurs si l'Inde contemporaine et ses habitants paraissent idylliques, la vision du passée s'avère moins manichéenne avec notamment un Nawab soupçonné de complicité avec des voleurs pillant le village.

Ivory capture ces moments avec une grande élégance et sobriété, loin de la flamboyance affichée par un David Lean sur La Route des Indes au sujet proche. La narration prend son temps, explique calmement les tenants et aboutissants géopolitiques, la psychologie des personnages de manière à la fois très littéraire et poétique mais sans lourdeur grâce au brio et à l'inventivité du montage. On vogue ainsi d'une temporalité à une autre, le glissement se faisant par la réutilisation d'un décor, par l'incursion d'une voix-off dans le passé ou le présent (les entrevues entre Julie Christie et Harry Hamilton-Paul), la répétitivité de certains moments.

 La conclusion obéit aux deux tonalités exprimées tout au long de l'intrigue. Le passé fut douloureux mais vibrant et passionné, le présent est lui serein mais incertain avec cette ultime vision solitaire de Julie Christie. L'actrice y est formidable de douceur et de charme, pendant parfait d'une Greta Scacchi quasi débutante et au tempérament espiègle et séducteur inoubliable.

Sorti en dvd zone 2 français chez MK2

jeudi 20 octobre 2011

Emma, l'entremetteuse - Emma, Douglas McGrath (1996)

Une jeune et jolie fille qui s'ennuie dans une petite ville d'Angleterre au début du XIXe siècle se met dans la tête de chercher un mari pour sa nouvelle amie. Mais chaque jeune homme trouvé tombe amoureux d'Emma. En s'occupant de la vie des autres, Emma ne voit pas le cœur qui bat pour elle.

Après avoir passé l’été à dévorer l’intégrale de Jane Austen (bon reste encore Northanger Abbey) le moment est donc venu d’attaquer les nombreuses adaptations. Produit sans doute pour surfer sur le succès du Raisons et Sentiments d’Ang Lee sorti l’année précédente, cet Emma l’Entremetteuse peine cependant à en atteindre la qualité. La difficulté vient sans doute du roman en lui-même, sommet stylistique de Jane Austen mais à la construction pas évidente. Les trois premier romans de Jane Austen se dotaient d’héroïne espiègles mais fragile à la fois ce qui provoquait l’attachement du lecteur lorsqu’il les voyait subir ou se jouer des lois du paraître de cette haute société anglaise provinciale. Les dialogues piquants et caustiques laissaient pointer ironie, moquerie mais aussi profond désarroi à la fois dans un nœud d’intrigues sentimentales contrariées. Emma s’avérait quelque peu différent en semblant donner le premier rôle à une héroïne semblable aux personnages superficiels aperçu dans les ouvrages précédent.

Emma jeune fille hautaine mais néanmoins attachante et maladroite chercher donc à jouer tout au long du livre un rôle de marieuse pour laquelle sa jeunesse et son manque de jugement n’est pas approprié. Le roman adoptait donc constamment son regard biaisé et trop assuré, constamment dans l’erreur sur les évènements et le cœur des personnages qu’elle cherche à lier tandis que la notion de classe n’a jamais été plus prononcée dans un roman d’Austen. L’intrigue joue ainsi sur cette nonchalance de la vie bourgeoise provinciale, paraissant presque froid et lent puisque Emma ne regarde jamais où il faut et la touche sentimentale n’arrive finalement que sur la toute fin même si on la devinait.

Pour exprimer toute cette subtilité il aurait fallu un cinéaste aguerri ou alors une transposition qui prenne le temps de développer ces aspects, comme les feuilletons de la BBC par exemple. Pour son premier film, Douglas McGrath fait preuve d’une fidélité exemplaire mais manque le coche. Le sens de la narration et les dialogues de Jane Austen rendait passionnante une histoire qui se résume finalement à une série de dîner mondain, de bal et de pique-nique.

Ici c’est le regard du réalisateur qui aurait dû jouer ce rôle mais la mise en scène transparente de McGrath se contente d’aligner platement les passages obligés mais reste en surface. Il y a bien quelques idées comme la touche quelque peu colorée apportée aux décors pour appuyer la superficialité d’Emma ou les sauts narratifs dynamisant les conversations comme l’échange entre Emma et Miss Bates sur Jane Fairfax qui par la grâce du montage devient un dialogue entre Emma et Jane Fairfax.

Malheureusement cela se suit avec un intérêt poli pour le lecteur et un vrai ennui pour le non connaisseur tant l’ensemble demeure dans un académisme figé. L’interprétation va dans ce sens un peu creux notamment Gwyneth Paltrow qui passe le film à faire la moue, cligner des yeux et froncer les sourcils, adoucissant un peu trop Emma.

Jeremy Northam n’a guère la prestance et le charisme requis en Mr Knightley, Toni Collette joue trop de la simplicité d’esprit de Harriet Smith et pas de sa fragilité (et c’est le problème de l’ensemble du film qui est plus une farce décalée en costume qu'un récit romantique feutré). Bonne surprise par contre avec Alan Cumming excellent en sournois et intéressé Mr Elton et également Ewan Mcgregor très bon Frank Churchill. Assez oubliable donc et un peu longuet mieux vaut sans doute tenter la version récente avec Romola Garai pour la BBC…

Sorti en dvd zone 2 français chez Studio Canal, attention bizarrement l'édition a juste vo et vf mais uniquement des sous-titres anglais.