Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tous mes visionnages de classiques, coups de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram

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vendredi 21 janvier 2011

Le Septième Voile - The Seventh Veil, Compton Bennett (1945)


Une nuit d'été Francesca Cunningham, autrefois pianiste mondialement renommée, s'échappe de sa chambre d'hôpital et tente de se suicider en sautant d'un pont. Elle est sauvée et ramenée à l'hôpital où elle suit une thérapie avec le Dr Larsen. Celui-ci veut absolument connaître les évènements et les personnes qui l'ont conduite à attenter à sa vie.

The Seventh Veil est un des film les plus populaire et célébré du cinéma britannique, son mélange puissant de mélodrame, romance et psychanalyse n'ayant rien perdu de sa force. La séquence d'ouverture happe d'emblée dans ce tourbillon d'émotions exacerbée lorsqu'une jeune patiente s'évade de sa chambre d'hôpital pour se suicider en se jetant d'un pont. Sauvée de justesse, elle est prise en main par le Docteur Larsen (Herbert Lom) qui va chercher à savoir ce qui l'a conduite à ce geste. Ce dernier a une théorie originale pour guérir les âmes tourmentées. A l'image de Salomé lors de sa célèbre danse, l'esprit humain dispose de sept voile dont il se délestera selon l'interlocuteur. A des amis proches trois ou quatre voiles peuvent être écartés, à un être aimé cela peut aller jusqu'au sixième voile mais il restera toujours le jardin secret et intime qu'est le septième voile. C'est pourtant bien ce septième voile que devra lever le Docteur Larsen s'il souhaite connaître la nature du mal de Francesca (Ann Todd).

Le Septième Voile est un des premiers films (avec La Maison du Docteur Edwardes de Hitchcock sorti la même année) à user de la psychanalyse comme l'un des moteur dramatique d'une trame narrative et certains aspects pourront sembler lourds et démonstratifs (toute les longues tirades de Lom entre chaque grands tournant du récits où il explique les réactions de Ann Todd) au spectateur moderne mais le réel brio de Compton Bennett pour traduire cela visuellement et les performances des acteurs rendent le tout finalement très fluide.

La preuve en est de la séquence d'hypnose qui amorce un long flashback jusqu'à l'adolescence de Francesca où un fondu enchaîné progressif (qui annonce les expérimentations de Mankiewicz dans Soudain l'été dernier) incruste le passé dans le présent, les éléments autour d'Ann Todd sur le divan s'estompant par un jeu sur la profondeur de champ séparant les deux mondes pour peu à peu pour donner corps à cette nouvelle réalité. Les nombreuses transitions en fondus enchaînés, les effets de montages s'accrochant à un objet d'une séquence à une autres et les ellipses constamment déroutantes appuie cet effet de rêve et de souvenir dans lequel on s'enfonce plus profondément.

On découvre ainsi la jeune Francesca amenée à séjourner chez un oncle à la parenté vague suite à la mort de son père. Célibataire froid et distant, Nicholas (James Mason) ne prête guère attention à elle jusqu'au jour où il découvre ses exceptionnelles aptitudes au piano. Dès lors s'engage un apprentissage impitoyable destiné à en faire une artiste virtuose.

La nature de leur lien devient trouble dans la manière impitoyable et autoritaire qu'à le tuteur d'écarter le premier prétendant sérieux de Francesca. James Mason tout en ambiguïté s'avère aussi bienveillant qu'inquiétant, délivrant de son timbre suave les saillies les plus cruelles et sa prestance nonchalante pouvant être brisée à tout moment par des élans de brutalité. Mais comme souvent avec lui la subtilité de l'interprétation est telle que le vrai sentiment caché par ses attitudes contradictoires n'est bientôt plus un secret. Ann Todd aussi à l'aise en jeune fille sautillante qu'en jeune femme torturée trouve là le rôle de sa vie.

La nature involontairement autobiographique de son personnage soulève quelques moment d'une fulgurante intensité à son interprétation. Elle même fille d'un pianiste elle fut destinée à une grande carrière de musicienne avant que son incapacité à se produire devant une audience ne stoppe net ce bel avenir. Deux scènes du film font écho à cette expérience personnelle, la première lorsque adolescente elle est punie de coup de bâton sur les mains par un professeur ce qu'il empêche d'être à son niveau lors d'une audition qu'elle va rater. La seconde est lors de son premier concert où terrassée par l'anxiété elle s'évanouit sur scène après sa performance.

Toute les scène musicales sont d'ailleurs brillantes, le premier rapprochement entre Francesca et Nicholas au piano, le fameux premier concert où le lien musique/image se fait virtuose dans le montage porté par une Ann Todd possédée et également le concert au Albert Hall où le cadrage dévoile un Mason fier (et amoureux) en coulisse parallèlement à Francesca au sommet de son art face à son instrument sur du Rachmaninoff. La formation de Ann Todd lui permet d'ailleurs de jouer elle même de nombreux moments (les plan d'inserts trop virtuose étant eux assuré par la pianiste Eileen Joyce) accompagné par l'orchestre du London Philarmony Orchestra pour l'occasion.

Sans trop en dévoiler la nature du trouble de Francesca viendra du doute qu'un terrible évènement lui donnera sur sa capacité à jouer à nouveau. La dernière partie donne donc la part belle à Herbert Lom et à sa thérapie de guérison, où Francesca devra faire face à ses peurs et ses sentiments pour pouvoir pratiquer son art. Malgré le côté surexplicatif de cette touche psychanalytique elle distille l'émotion de manière inédite et forte car on a plus l'habitude de ce type d'artifices dans un thriller que dans un drame. La magnifique scène finale permet donc à une Francesca désormais apaisée et équilibrée d'ouvrir les yeux sur le seul homme où se confond son amour pour la musique et celui de son coeur de femme. Le Septième voile est levé.

Le film est un succès immense l'un des plus grand du cinéma anglais avec 18 millions d'entrée et recevra l'Oscar du scénario pour son originalité tandis que les carrière de Ann Todd et Herbert Lom seront lancées. Quant à James Mason c'est une perfomance mémorable de plus au compteur et parmi ses plus reconnues.

Sorti en dvd zone 2 anglais mais dépourvu du moindre sous titres anglais comme français. Cela reste tout de même très accessible si on a un niveau d'anglais acceptable le film en vaut la peine !

jeudi 20 janvier 2011

Le Bel Antonio - Il Bell'Antonio, Mauro Bolognini (1960)


Toutes les femmes sont amoureuses du bel Antonio. Mais lorsqu'il épouse Barbara, Antonio ne s'avère pas être l'amant espéré...

Marcello Mastroianni, sûrement le plus bel homme ayant traversé le cinéma italien aura pourtant toujours soigneusement évité les rôles de pur séducteur ou de héros romantique. Ses rôles les plus fameux cherchent constamment à déformer d'une manière ou d'une autre par l'artifice vestimentaire,le maquillage ou l'attitude déviante ce physique avantageux que la nature lui a donné. Et quand il décide d'assumer cette prestance séductrice qui est la sienne, c'est la tournure du film elle même qui se charge de la briser que ce soit en en faisant un amant supplanté dans Les Nuits Blanches, l'arroseur arrosé du dernier sketch de Aujourd'hui demain et après demain ou le séducteur impuissant (déjà) de Casanova 70. Il y a une sorte de constante fuite en avant par rapport à son apparence à laquelle n'a jamais voulu être réduit dans ses rôles alors que même un Vittorio Gassman aura donné dans les emplois de bellâtre à ses débuts.

Le film emblématique de cette attitude, c'est très certainement Le Bel Antonio sans la plus connue des collaboration Pasolini/Bolognini. L'histoire nous plonge donc dans le drame d'un homme impuissant qui a le malheur d'exercer une attraction frénétique chez les femmes, le confrontant constamment à son "infirmité". La scène d'ouverture au où il reste de marbre au supplication de désir et d'amour d'une femme donne le ton. La question de l'homosexualité (de toute façon difficilement abordable frontalement à l'époque) est vite évacué quand on constatera que Antonio recherche et apprécie la compagnie des femmes bien qu'il ne puisse leur donner ce qu'elles attendent. La vraie question du film, c'est la confrontation de cette faillite intime avec une société italienne où règne alors l'image d'une virilité masculine toute puissante. Bolognini multiplie égrènent graduellement toutes les facettes de ces tendances machistes prononcées tout d'abord par les échanges d'Antonio avec son père (excellent Pierre Brasseur) tout en sous entendus complices puis lors de la séquences de la fêtes mondaine où nantis et politiciens écoeurant de vulgarité s'échange des jeunes filles peu farouches. L'explication des problèmes d'Antonio montrera d'ailleurs par la suite comme cet étalage de puissance et cette concurrence tacite peux briser les premiers élans des plus fragiles.

Contre toute attente Antonio tombé sous le charme accepte de convoler avec Barbara (Claudia Cardinale) belle jeune femme qui lui était promise. Le malaise demeure pourtant, l'union n'étant qu'une amitié amoureuse dépourvu du lien charnel liant un homme et une femme. Le cadre de la Sicile n'est pas anodin puisqu'il permet d'accepter en plus de la toute puissance masculine ambiante certain archaïsme que n'aurait pas toléré un cadre urbain tel l'ignorance totale de Claudia Cardinale des choses de la vie (au point de croire à l'insulte lorsqu'on les lui explique) donc du fait qu'elle ne constate pas qu'il manque une chose essentielle à son mariage. Claudia Cardinale (aux antipodes de son autre grand rôle de l'année La Fille à la valise) exprime parfaitement cette innocence virginale dans ce rôle effacé. La véracité et la cruauté du script de Pasolini est contrebalancée par l'élégance de la mise en scène de Bolognini magnifiant le bonheur éphémère des jeunes époux en campagne puis promenant sa caméra dans les espaces bourgeois où se décident le sort des faibles, l'argent soumettant l'institution de l'église à une nouvelle réalité à savoir un prétendant plus richement doté pour Barbara.

La conclusion face à la supposée virilité retrouvée d'Antonio est d'une amère cruauté avec cette intimité étalée sur la place publique (qui vaudra d'ailleurs le seul rebondissement grotesque lorsque le père succombe à une ultime étreinte), et la question reste ouverte quand à la réalité de cet état de fait dans le regard résigné et égaré d'Antonio.

Sorti en dvd zone 2 chez Montparnasse

extrait

mercredi 19 janvier 2011

La Vallée Perdue - The Last Valley, James Clavell (1971)


Au XVIIe siècle, l'Europe est ravagée par la guerre de Trente ans. En 1641, tandis qu'il fuit les pillages, les meurtres et la peste, Vogel (Omar Sharif), un homme instruit que l'affrontement entre catholiques et protestants laisse indifférent, découvre une vallée qui semble avoir miraculeusement échappé aux massacres et à la famine. Peu après, un groupe de mercenaires, dirigé par «le Capitaine» (Michael Caine) arrive dans la vallée. Vogel les convainc d'épargner la ville et ses habitants, en retour de quoi ils pourront passer l'hiver dans la région.

La première image du film est un crucifix se divisant en deux pour se transformer en guerriers s’affrontant à l’épée. Cette ouverture donne le ton (en plus de signaler l’influence des films de samouraï sur James Clavell), portée par la musique ténébreuse aux accents médiévaux de John Barry pour bien nous signifier que la religion ne sera ici que source d'affrontements. A l’époque de la sortie du film, les deux principales zones de conflits dans le monde sont l’Irlande du Nord et le Moyen-Orient, où le motif religieux sert de prétexte à d’autres intérêts moins avouables mais c'est de manières symbolique et universelle toute forme de confrontation de cet ordre dont il est question. La Vallée perdue, adapté d’un roman de J.B. Pick, se fait donc l’écho de ce contexte et sous son aspect de film historique et d’aventure, son propos s’avére encore tristement contemporain aujourd’hui.

A la tête de ce projet à haut risque, on trouve James Clavell, une des personnalités les plus singulières du cinéma anglais de cette période. Clavell entre dans la catégorie de ces cinéastes baroudeurs à la John Huston, ces hommes qui ont vécu mille et une vies et bourlingué à travers le monde avant d’intégrer le milieu du cinéma. Jeune officier durant la Seconde Guerre Mondiale, il passe de longs mois dans les camps de prisonniers japonais. Cette expérience éveillera son intérêt pour l’Asie et nourrira toute son œuvre à venir. Tout d’abord écrivain, il sera l’auteur de grands succès tel que King Rat (directement inspiré de son expérience de prisonnier de guerre) et surtout Shogun, récit historique narrant la découverte du Japon par un aventurier européen. La série adaptée de ce dernier (avec Richard Chamberlain) et produite par Clavell au début des années 80 remportera un grand succès. Clavell connaîtra une première consécration en 1963 lorsqu’il cosignera le scénario de La Grande Evasion où une nouvelle fois son parcours apportera force et véracité aux situations. Ce petit aperçu montre le goût du réalisateur pour les entreprises aventureuses et complexes qui trouve son aboutissement dans La Vallée Perdue, sa dernière réalisation (au sein d’une filmographie mince mais précieuse) pour le cinéma, film dans lequel il semble avoir le plus donné de lui-même.

Le film aborde une période historique rarement traitée au cinéma : la Guerre de Trente ans. Une ère sombre et sanglante durant laquelle la zone regroupant l'ancien Empire romain germanique a perdu le tiers de sa population. Dès les cauchemardesques premières minutes suivant l’errance du personnage d'Omar Sharif, c’est l’enfer de ce monde barbare et sans espoir qui s'offre à nos yeux. Famines, villages massacrés, viols, charniers de cadavres victimes de la peste, Clavell multiplie les images apocalyptiques montrant l’horreur dont l’Homme est capable.

Le contraste est d’autant plus saisissant lorsque l'action s'installe dans la vallée, jardin d'Eden abondant et oublié. Ce contexte paradisiaque n’est pourtant qu’illusion, là encore les mêmes problèmes persistent à une échelle plus réduite. La seule force de régulation demeure l’armée de mercenaires commandée par Michael Caine, installée de force dans la vallée pour l’hiver à l’abris des combats. L’histoire dépeint les tensions dues à la difficile cohabitation entre les soldats et une population rurale totalement dominée par un terrifiant prêtre fanatique incarné par Per Oscarsson.

Plusieurs situations révoltantes démontrent la mainmise de celui-ci sur les esprits faibles, l’usage qu’il en fait servant plus à asseoir son emprise mise à mal et assouvir ses penchants sadiques. Ainsi un vieux patriarche définira son rapport avec Omar Sharif tour à tour amical et hostile selon l’humeur du curé. Pire encore, il acceptera d’offrir sa fille en pâture aux soldats concupiscents en échange de l’absolution pour elle. Pourtant, même là, la religion s'avère un instrument de pouvoir et de manipulation, le prêtre étant téléguidé par Gruber, véritable maître de la vallée, conforté dans son statut par la piété et la crainte des paysans.

Clavell offre des questionnements passionnants sur le rapport à la religion à travers ses deux personnages principaux. Michael Caine trouve un de ses plus grands rôles en soldat cynique revenu de tout et ne croyant plus en rien. Capable des pires écarts de violence, c’est un fou de guerre tout à fait à l’aise dans ce cadre où la force prime. Le scénario et la prestation subtile de Caine l’humanisent pourtant peu à peu en dévoilant légèrement ce passé qui l’a rendu si glacial. Il semble également retrouver une forme de sérénité et de paix spirituelle au contact des gens simples de la vallée et grâce à la romance qu’il entretient avec une des femmes.

Partagé entre ses instincts violents et cette quiétude inattendue, le Capitaine (son nom ne sera jamais connu, renforçant le mystère qui l’entoure) s’avère une figure particulièrement fascinante. Omar Sharif quant à lui retrouve avec Vogel un rôle de doux rêveur à la Docteur Jivago, intellectuel au-delà des clivages, perdu dans une époque obscure et dont les certitudes sont ébranlées par la barbarie qui l’entoure.

Dans un récit autant imprégné de l’obscurantisme religieux, le fait d’avoir deux héros similaires et totalement différents à la fois donne une tonalité étonnante. Vogel et le Capitaine sont les deux revers d’une même pièce, des hommes brisés qui ont tout perdu mais trouvant des ressources bien différentes pour répondre à leur tourments. Vogel fonctionne constamment dans la fuite et le doute, tandis que le Capitaine affiche une détermination inébranlable dans ses élans meurtriers. Clavell se garde pourtant bien de privilégier une de ces voies, l’attentisme de Vogel et la brutalité du Capitaine leur étant autant bénéfiques que néfastes selon les circonstances. Les échanges entre les deux personnages, leurs rapport au prêtre fanatique constituent des moments d'une profondeur surprenante dans ce type de grand spectacle.

Le massacre d'ouverture, la défense du village face à Hansen ou encore le siège d'un château lors du final sont des morceaux de bravoures impressionnants, dotés d’un beau souffle épique et parfaitement mis en scène. C’est paradoxalement dans les moments calmes et moins démonstratifs que Clavell brille le plus. L’éphémère harmonie entre les soldats et les villageois offre un bel apaisement à la furie ambiante avec notamment l’amitié entre un enfant soldat et une fillette du village. En retrait de l’action et sans dialogue, cet aparté parvient à émouvoir en quelques courtes scènes, tout en regards et gestes tendres. S’il y a un avenir possible à cet enfer, c’est par ceux-là qu’il doit passer, semble nous dire le réalisateur. Pas de retour possible pour les adultes qui ne dévieront par de leur destin lors d’une conclusion poignante dans une forêt brumeuse au petit matin. Le Capitaine paiera le prix fort pour son goût du combat, Vogel fuira vers de meilleurs auspices tandis que les habitants de la vallée retourneront à leur autarcie désormais précaire.

Grand spectacle puissant et complexe, La Vallée perdue fait partie de ses chefs-d’œuvre tombés dans l’oubli à réhabiliter d’urgence.


Sorti uniquement en dvd zone 1 chez MGM et doté de sous titres français


mardi 18 janvier 2011

Borsalino - Jacques Deray (1970)



Marseille, 1930. Roch Siffredi, un jeune voyou récemment libéré de prison, décide de retrouver sa compagne, Lola. Mais pendant qu'il purgeait sa peine, celle-ci s'est entichée d'un certain François Capella, truand lui aussi. Après une rencontre orageuse, les deux hommes deviennent amis ; étant recrutés pour mener des actions douteuses pour le compte de notables peu scrupuleux, ils se rendent compte qu'ils peuvent en faire plus et décident de conquérir la ville ensemble.

Grand classique du polar français en grande partie à cause de la réunion de ses deux monstres sacrés, Borsalino avait vu son aura mythique grandir du fait de son invisibilité. En effet jusqu’en 2009 un conflit juridique entre le studio Paramount et les ayants droit avait bloqué toute sortie dvd ou vhs du film et fortement limité les diffusions tv (la dernière en 2007 ayant même constitué un mini événement).
Enfin disponible en dvd, la déception pouvait donc être grande à la redécouverte d’un film peut être pas à la hauteur de sa réputation. Finalement si on est loin du chef d’œuvre tant vanté, ce Borsalino demeure tout de même une des meilleures fresques criminelles tentées par le cinéma français. Parmi les principaux défauts, on peut regretter un scénario habile sur les situations prises dans leurs individualités (Claude Sautet et Jean Claude Carrière à l'écriture ce n'est pas rien) mais qui peine à donner un vrai fil narratif et une dimension épique au récit.

L'équité au montage exigée par contrat entre Bébel et Delon se fait pas mal ressentir, déséquilibrant un peu le film. Ainsi une intéressante histoire d'amour s'amorce entre Delon et la femme de l'avocat jouée par Corinne Marchant n’est pas exploitée, alors que celle plus légère (même si amenant un gros rebondissement ) de Belmondo et Nicole Calfan est plus approfondie pour une simple question de temps de présence à l’écran. Ce souci d’ego se prolongera d’ailleurs hors écran lorsque Belmondo portera plainte (et gagnera) contre Delon producteur qui n’avait pas respecté l’agencement prévu pour les crédits.*

Pour le reste la reconstitution de ce Marseille des années 30 est fort classieuse, porté par une mise en scène élégante et inspirée de Jacques Deray. C’est particulièrement parlant lorsqu’il s'agit de mettre en valeur son duo vedette, alors à l'apogée de leur charisme et de leur sex appeal (on imagine aisément les évanouissements dans les salles durant la scène où ils sortent tout deux de l'eau en maillot de bain).Parmi les moments inoubliables la bagarre dantesque qui scelle l'amitié entre les deux est toujours aussi efficace, tout comme la fusillade et la course poursuite durant l'incendie de la boucherie et aussi la superbe vendetta finale dans la maison de jeu de Marello.
Le film perdra grandement en se privant de la dimension biopic du projet, à l’origine adapté d'un livre de Eugène Saccomano sur Carbone et Spiritto deux caïds marseillais des années 30 à cause des menaces du milieu qui aurait rendu le tournage (dont le montage financier fut déjà de longue haleine malgré la présence des deux stars) intenable. On perd donc par mal de thèmes intéressant sur la corruption, les liens trouble entre gangster et politique. Du coup bien que très plaisant et agréable à suivre, le film n’existe surtout aujourd’hui que par le face à face légendaire entre Delon et Belmondo, d’autant plus qu’il ne se reproduisit pas jusqu’au Une Chance sur deux de patrice Leconte en 98, sans commune mesure tant dans la qualité que par l’époque qui rendait cette réunion moins évènementielle. Un superbe divertissement donc et un véhicule à star dans le sens le plus noble du terme.

*Alain Delon devait en tant que producteur être crédité en premier au-dessus des noms des acteurs. Belmondo y concéda en échange de voir son nom apparaître avant celui de Delon en tête d’affiche mais dans un grand élan de mégalomanie ce dernier garda son crédit de producteur et se plaça avant Belmondo peu avant la sortie !

Désormais disponible en dvd zone 2 français dans une belle édition


lundi 17 janvier 2011

Le Songe d'une Nuit d'été - A Midsummer Night's Dream, Max Reinhardt et William Dieterle (1935)


Thésée, duc d'Athènes, va épouser Hippolyta, la reine des Amazones. Des comédiens répètent, sous la direction de Quince, le spectacle qui sera joué le soir des noces. Autour du couple royal, un imbroglio sentimental rapproche ou oppose Lysandre et Démétrius, l'un et l'autre amoureux d'Hermia, qui a élu le premier alors que le second est le favori d'Hélèna. Espérant résoudre leurs querelles, les jeunes gens se réfugient dans une forêt où, la nuit venue, la réalité bascule dans le rêve...

Quelques années après l'accueil en grandes pompe de Murnau pour la réalisation de L'Aurore, Hollywood déroulait le tapis rouge à un autre artiste germanique avec le metteur en scène de théâtre Max Reinhardt accueillit pour réaliser cette fastueuse adaptation de Shakespeare. N'ayant aucune expérience du cinéma on lui adjoint en co réalisation William Dieterle qu'il connaît bien puisqu'il contribua a lui donner ses premiers rôles au théâtre en Allemagne quand celui ci n'était encore qu'acteur. Installé alors depuis quelques années déjà aux Etats-Unis et maîtrisant mieux les mécanisme du système hollywoodien, Dieterle sera chargé de traduire de manière cinématographique les idées de mise en scène de Reinhardt, s'occupant aussi des aspect plus techniques comme la photographie et les effets spéciaux.

Le film est réellement un triomphe de direction artistique à tout les niveaux où on sent le raffinement de Reinhardt qui prolonge ses expérimentations visuelles scéniques sur grand écran, magnifiée par Dieterle. La musique est notamment un réarrangement par Erich Wolfgang Korngold (pour son premier grand ouvrage à Hollywood) de la suite pour violon composée pour la scène par Mendelssohn et inspirée de la pièce de Shakespeare. D'autres pièces musicales de Mendelssohn seront utilisée comme la Symphonie écossaise, la Symphonie 4 dite italienne ou Romance sans paroles. Les chorégraphies sont signée de la maîtresse de ballet russe Bronislava Nijinska tandis que le casting prestigieux se partage entre acteurs "sérieux" comme Ian Hunter,Verree Teasdale et Anita Louise dans les rôles des puissants (Duc D'Athènes, Hippolyte et Reine des Elfes) d'autres qu'on aurait pas attendu dans le registre shakespearien comme James Cagney ou Dick Powell et des débutants appelés à de grandes choses tel Olivia De Havilland (pour son premier rôle à l'écran) ou un tout jeune Mickey Rooney.

Dès les premières images sur l'arrivée d'Hippolyte et Thésée à Athènes, force est de constater que cette somme de talent est réellement payante. Le gigantisme et la recherche extrême des décors (très factice et imposant à la fois), l'originalité des costumes, la musique et la mise en scène ample forme d'emblée un tout cohérent et époustouflant. On est également vite rassuré sur le fait que la tonalité frivole de la pièce ne sera pas sacrifiée au service de la réussite esthétique avec un quatuor qui s'en donne d'emblée à coeur joie dans ses amours contrarié avec notamment une merveilleuse Olivia De Havilland en Hermia, Dick Powell très à l'aise en Lysandre (pourtant sa performance semble décriée) et l'autre couple Helena/Demetrius incarné par Jean Muir et Ross Alexander est tout aussi remarquable dans la comédie enlevée.

L'autre aspect du texte de Shakespeare, la mise en abyme avec une pièce dans la pièce créée par le peuple pour les noces est tout aussi réussie. Les portraits brossés de ces apprentis acteurs sont irrésistibles surtout James Cagney hilarant en Bottom égocentrique et exalté et aussi Joe E. Brown (plus connu pour le fameux "Nobody's Perfect !" de Certains l'aime chaud beaucoup plus tard) absolument génial dans son interprétation placide et ahurie de flûte. Tout ce petit monde est amené à se réfugier en forêt soit pour répéter, soit pour résoudre ses conflits amoureux et la vraie magie peut alors commencer.

La séquence d'éveil du royaume des fées est un extraordinaire moment de cinéma où le grotesque côtoie la magie la plus pure. La nature semble s'animer d'elle même à mesure que le jour s'éteint et alors nymphes drapées en blanc, licornes, diablotins et autres créatures étranges surgissent dans un grand tourbillon de chants et de danse magnifié par des effets visuels d'une inventivité et d'une poésie envoutante.

On pense grandement au futur Bambi de Disney durant ce moment, l'ambiance dionysiaque païenne en plus. On découvre alors le désaccord opposant Titania la Reine des Fées (Anita Louise magnifique de charme et de présence éthérée) et son époux Oberon (ténébreux et hiératique Victor Jory dont Gilliam reprendra le look à l'identique pour le méchant de son Bandits Bandits) quand à la destinée d'un jeune chérubin indien à leur soin.

Leur conflit amènent ainsi à se lancer une suite de sortilèges dont seront victimes nos amoureux et la troupe de théâtre ce qui prolongera dans un cadre surnaturel le marivaudages et la comédie pure déployées au début. Les différents basculement de sentiments au sein des couples et les envolées de surjeu qui s'ensuivent sont constamment drôle et percutante, tandis que la grâce et le ridicule se bouscule durant la drôle d'histoire d'amour entre Cagney transformé en âne (la maquillage est réellement fabuleux) et Titania.

Le lien entre légèreté et féérie se fait par le personnage de Puck extraordinairement joué par le tout jeune Mickey Rooney. Cabot, bondissant et innocent dans le jeu insouciant qu'il se fait des sentiments d'autrui, il est clairement l'âme omnisciente et omniprésente du récit qu'il traverse dans un grand éclat de rire. L'esthétique du film aura une influence considérable par les nombreuses idées qu'il développe et son utilisation des effets spéciaux.

L'usage des fondus enchaînés pour les transformations, la photo qui se voile d'une aura diaphane (avec l'usage de tulle devant la caméra que Dieterle réutilisera dans Le Portrait de Jennie) lors des séquences en forêt (magnifique travail de Hal Mohr), le costume de Oberon se mettant en scintiller, les effets de fumées, les effets de montage toute la poésie du film résiste à l'épreuve du temps. L'apothéose est atteinte lorsque s'effacent les elfes alors que les premières lumières du jours percent dans une grande procession baroque totalement hypnotique. Les humains peuvent alors reprendre leurs destin en main lors de l'épilogue farceur, se moquant de leur aventures qu'ils ont pris pour le songe d'une nuit d'été. Ironiquement malgré l'impact du film Reinhardt sera contraint de retourner au théâtre faute de nouveau projet alors que son meilleur disciple Dieterle fera la carrière que l'on sait.


Sorti en dvd zone 1 chez Warner (disque multizone compatible sur tout les lecteurs) et doté de sous titres français. Ai je besoin de dire que l'image du dvd est splendide ? J'en remet une petite couche parce que les images sont fabuleuses



dimanche 16 janvier 2011

Loin de la foule déchaînée - Far from the Madding Crowd, John Schlesinger (1967)


Angleterre, 1870. Bathsheba Everdene, femme de caractère, hérite d'une terre qu'elle doit exploiter seule. Trois hommes vont marquer son existence: le fringant caporal Troy, le riche propriétaire Boldwood et le berger Gabriel Oak.

Avec ses trois premiers films Un amour pas comme les autres, Billy le Menteur et Darling décrivant respectivement le milieu ouvrier, la vie dans le nord de l'Angleterre et le Swinging London John Schlesinger était un cinéaste plutôt associé à des univers contemporain. La surprise est donc grande de le voir s'attaquer au film d'époque avec cette adaptation du roman de Thomas Hardy Loin de la foule déchaînée.

Il retrouve pour l'occasion son actrice fétiche Julie Christie déjà de l'aventure dans Billy le Menteur et Darling. Celle ci incarne Bethsabé Everdene jeune femme héritant brusquement d'un vaste domaine fermier. Parallèlement à son l'apprentissage de la gestion de sa propriété et des difficultés pour s'imposer se dessine une sorte de parcours initiatique pour elle à travers son rapport au trois hommes se disputant ses faveurs. Il y a tout d'abord le plus fiable Gabriel Oak (Alan Bates) rugueux et solide campagnard qui réclamera sa main avant que la fortune lui sourit. On trouve ensuite le plus passionné avec le propriétaire terrien Boldwood (Peter Finch) dont la nature austère et froide se voit troublée par sa passion soudaine pour Bethsabé. Hautaine et moqueuse avec eux, Bethsabé va pourtant céder corps et âme au peu recommandable Sergent Francis Troy (Terence Stamp), homme à femme également porté sur le jeu et la boisson.

L'intérêt du film gagne grandement quand on est lecteur de Thomas Hardy. Une première vision sans connaître l'auteur m'avait laissé une impression très mitigée pour ne pas dire négative et là c'est exactement l'inverse tant Schlesinger à bien su capter l'esprit de Hardy (en ce qui concerne ces ouvrages que je connais puisque Far From the madding crowd n'est toujours pas traduit en français). L'aspect très documenté et détaillé du mode de vie rural dans ces différents travaux est ainsi fort réussi et immersif. Schlesinger instaure ainsi une douce torpeur dans sa description du quotidien de la ferme qui peut à tout moment être brisée par les éléments (un brutal orage qui va ruiner une récolte), la maladie (séquence très réussie où les moutons sont victime d'un mal étrange) ou la malchance pur et simple comme cette scène incroyable où un troupeau entier de mouton se jette du haut d'une falaise.

Le quatuor d'acteurs est assez exceptionnel. Julie Christie passe avec aisance de la jeune fille arrogante à l'amoureuse transie et malgré les multiples erreurs et faux pas de son personnage parvient à susciter l'empathie. Terence Stamp rend magnifiquement humain ce Francis Troy qui aurait pu être facilement détestable dans ses excès, notamment dans son rapport avec Fanny la seule femme qu'il ait réellement aimé. Moins nuancé, Peter Finch confère une intensité maladive à Boldwood et Alan Bates (amené à reformer un couple avec Julie Christie dans Le Messager de Joseph Losey dont on parlé ici en juillet) transpire l'authenticité dans son incarnation de Oak en communion avec la nature.

Le cadre n'incite pas Schlesinger à céder à une mise en scène académique, bien au contraire. Plusieurs moments détonent par leur modernité tel le montage saccadé lors de la démonstration d'escrime de Troy qui adopte ainsi le regard étourdi et l'image magnifiée qu'a Bethsabé de lui à ce moment là. De même la scène où elle se rend en ville pour rompre avec lui, la bande son couvre leur dialogue par le bruit des vagues et c'est seulement l'expression peu à peu adoucie et amoureuse de Julie Christie qui laissera deviner de l'issue de l'échange. On peut aussi évoquer un montage percutant dans son art de l'ellipse comme le dialogue à distance entre Oak et Bethsabé lorsqu'elle lui demande de venir sauver son troupeau, on saute une partie de la réponse de l'un qu'on devine par la réaction de l'autre dans le moment suivant ce qui confère un sacré dynamisme à une scène potentiellement lourde. Le film est une grande réussite plastique avec de long moments contemplatif où la photo stylisée et naturaliste à la fois de Nicholas Roeg magnifie les paysages ruraux du Dorset et du Wiltshire où fut tourné le film.

On retrouve l'extrême noirceur et le poids de la fatalité typique des écrits de Hardy lors de saisissants moments de cruautés. Ils peuvent être psychologiques tel cette scène où Troy affligés par la mort de son amante affiche un mépris absolu pour Julie Christie ou plus pathétique notamment ce montage alterné entre la beuverie des hommes et l'orage qui attaque la récolte à leur insu à l'extérieur. En dépit de son ampleur (comme pas mal de grosses productions historiques de l'époque le film est doté d'une ouverture et d'un entracte musical) on assiste donc plutôt à un récit intimiste avec l'évolution ou le surplace de ces personnages dans un cadre restreint sur plusieurs années. Schlesinger trouve l'équilibre idéal entre sa mise en scène ample et cette tonalité plus feutrée qui donne tout son charme au film, avec une narration lente comme le temps qui passe parvenant à nous happer dans son rythme languissant.

Une belle réussite qui pour du Thomas Hardy a le mérite de se conclure sur une note plutôt positive avec un Bethsabé levant enfin les yeux sur celui qui a toujours été là pour elle. Une sorte de petite parenthèse également dans la filmographie de Schlesinger qui allait retrouver les trépidations urbaines avec son film suivant, le célèbre Macadam Cowboy.

Sorti en dvd zone 1 chez Warner (mais comme souvent chez eux le disque est multizone et compatible sur tous les lecteurs) et doté de sous titres français.


vendredi 14 janvier 2011

La Grande Horloge - The Big Clock, John Farrow (1948)


Le rédacteur en chef tyrannique d'un magazine a sensation commet un meurtre. Son reporter vedette essaie de résoudre l'énigme.

Un remarquable film noir qui est un vrai modèle de savoir faire narratif tout en usant des figures classiques du genre. L'ouverture est donc typique du film noir nous montrant d'emblée notre héros en difficulté et aux aguets tandis qu'un monologue annonce la narration en flashback qui va nous expliquer la cause de ses tourments. C'est la mise en scène de Farrow qui fait toute la différence puisqu'un plan séquence virtuose (à la Hitchcok façon ouverture de Psychose dans l'idée ça annonce aussi De Palma) nous fait passer en un panoramique d'une cité urbaine crépusculaire à l'intérieur de la façade d'une bâtisse où se dissimule Ray Milland. La tension monte ainsi progressivement au fil de la découverte, laisse apparaître un élément clé de l'intrigue avec l'horloge (le changement de date sur celle ci amorçant le flashback) et permet d'explorer une première fois les lieux qui seront exploré de fond en comble durant le récit.

La mise en place est remarquable dans sa description des personnages et de leurs états d'âmes respectif, avec un troublant Charles Laughton en patron de presse tyrannique et un Ray Milland en journaliste vedette qui a décidé de ne plus se faire exploiter. Lorsque Laughton tue dans un accès de folie sa maîtresse et que toutes les preuve semblent accuser Milland s'engage alors un excellent double suspense où ce dernier doit confondre son patron tout en évitant d'être démasqué par toute les preuves s'accumulant contre lui.

Le plan séquence du début avait donné le ton et Farrow en étroite collaboration avec son chef opérateur John Seitz relance constamment le dynamisme de sa narration par ce procédé que ce soit au début où Milland arpente la bâtisse (avec implicitement la mégalomanie de Laughton se devinant durant la séquence de l'ascenseur où chaque niveau traversé affiche son en motif gigantesque), la caméra toujours en mouvement laissant découvrir certains éléments de décor progressivement (Milland qui retourne à l'appartement et découvre le cadavre de la blonde) où en fait surgir d'autres par surprises comme les témoins reconnaissant brusquement le héros coupable. Cela semble aussi particulièrement convenir à Charles Laughton qui de part sa formation théâtrale dispose d'un large espace pour s'exprimer puisqu'il est comme souvent incroyable. Un jeu tout en suavité torve qui le rend malsain et pitoyable à la fois et finalement bien plus inquiétant que s'il avait opté pour un jeu plus agressif.

Le film piétine légèrement à mi parcours lorsque s'instaure le huis clos dans l'immeuble avec quelques incursions d'humour malvenues (malgré une amusante Elsa Lanchester en peintre excentrique) mais la conclusion tendue et pleine de rebondissement rattrape cet écueil. Georges Mcready en âme damné de Laughton est excellent aussi (dommage que l'inquiétant homme de main n'ai pas plus d'importance au final) et le face à face final entre ces deux là et Milland est très réussi. Le sort final de Laughton est d'ailleurs l'occasion d'une conclusion mémorable exploitée jusque sur l'affiche d'époque. Le film connaîtra un remake beaucoup plus tard dans les 80's avec le Sens Unique de Roger Donaldson avec Gene Hackman et Kevin Costner dont je garde un bon souvenir. A revoir en ayant en tête l'orinal sans doute...


Sorti en dvd zone 2 français chez Carlotta