Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tous mes visionnages de classiques, coups de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram

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mardi 14 mai 2019

Ivanhoé - Richard Thorpe (1952)


Le chevalier saxon Ivanhoé, fidèle compagnon de Richard Cœur de Lion, a découvert que son roi est prisonnier en Autriche et qu'une forte rançon est exigée pour sa libération. Pour monter sur le trône, Jean sans Terre, le frère de Richard, a fait courir le bruit de sa mort.

Ivanhoé est une œuvre qui initie toute une série de grands films d’aventures signés Richard Thorpe et interprétés par Robert Taylor pour la MGM durant les années 50. Honnête faiseur touche à tout (des Tarzan parmi les plus réussis de Johnny Weissmuller aux rares incursions satisfaisante d’Elvis dans le cinéma comme Le Rock du bagne (1957)) pour certains cinéphiles et vrai maître pour d’autres (comme Patrick Brion qui lui a consacré plus d’un Cinéma de Minuit), Richard Thorpe signe en tout cas à cette période son lot de classiques à grand spectacle comme Le Prisonnier de Zenda (1952), Les Chevaliers de la Table ronde (1953), Les Aventures de Quentin Durward (1955).

Si la barbarie et la crasse associée au Moyen Age est passée à la moulinette proprette hollywoodienne, le contexte historique est présenté avec concision et soin. L'antagonisme entre normands et saxons, le fanatisme religieux, la chasse aux sorcières et leurs procès arbitraire sont abordés de front ainsi que, plus surprenant, le sort peu enviable réservé aux juifs à l'époque. 

Le film offre alors un beau message de tolérance et de coexistence entre les peuples même si il n'ose pas aller au bout de son propos, n'importe quel spectateur normalement constitué préférant voir le héros repartir avec le personnage (juif) incarné par Elizabeth Taylor bien plus touchant que le love interest conventionnel que représente la très effacée Joan Fontaine. Seule limite à la rigueur de Thorpe par rapport aux plus grands noms du genre, pas de double lecture possible, de sous-entendus sexuels à la revoyure, c'est du terre à terre au service de l'histoire sans fioritures, carré mais sans génie... – là où un Henry King à la Fox savait se démarquer par des détours inattendus.

Doté d'une équipe technique de cadors, Freddie Young à la photo, Alfred Junge aux décors, Miklos Rozsa à la musique (sacré score épique tonitruant d'ailleurs) entre autres, Thorpe nous livre un spectacle fastueux et grandiose à la mise en image alerte et efficace. Les morceaux de bravoures sont fabuleux dans l'ensemble avec un beau crescendo niveau spectaculaire et intensité dramatique : Ivanhoé qui défie cinq chevaliers normands lors d'un tournoi tout de noir vêtu, une attaque de château fort dantesque et un ultime mano à mano avec le méchant tragique incarné par Georges Sanders. 

Robert Taylor est un peu lisse dans le rôle mais suffisamment imposant et charismatique pour susciter l'adhésion. La grosse révélation c'est donc la toute jeune Elizabeth Taylor parfaite dans son premier film à grand spectacle hollywoodien, tandis que Georges Sanders impose sa finesse de jeu à ce méchant basique sur le papier. Petit détail amusant le personnage de Robin des Bois fait partie de l'aventure mais n'est jamais nommé comme tel au profit de son vrai nom Locksley, problème de droit avec la Warner ? 

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner 

1 commentaire:

  1. Hell no Justin,

    Tu aurais aurais dit ( ... il y a des témoins ): " une attaque de château fort dantesque et un ultime mano à mano avec le méchant tragique incarné par Georges Sanders. " et "tandis que Georges Sanders basique impose sa finesse de jeu à ce méchant basique sur le papier."

    Oui, je suis d'accord avec ces définitions, parce que le personnage incarné (avec un grand talent of course par Sanders ) est dans le camp des normands MAIS il est aussi sincèrement épris du personnage joué par E.Taylor, et Sanders l'interprète d'une façon sensible et touchante, qualités qu'il a peu exposées dans ses rôles, ou parce qu'il avait besoin de sous et qu'on ne lui proposait que des rôles de méchants conventionnels , alors que dans "Yvanohé" il y est plus subtil et joue très bien l'amoureux transi...
    J'ai remarqué ça parce que j'aime beaucoup cet acteur (très vraiment méchant classique dans le superbe "Man hunt"/"Chasse à l'homme" de F.Lang), et que c'est rare de le voir ainsi. Et il est aussi un personnage très touchant (et amoureux encore) dans le très noir et génial (même si la fin a été remplacée) "The strange affair of Uncle Harry" de R.Siodmak.
    DVD zone 1 que je ne peux plus lire car le lecteur dézoné est mort, ouiiiin.

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