Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tous mes visionnages de classiques, coups de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram

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mercredi 1 août 2012

Eternal Sunshine of the Spotless Mind - Michel Gondry (2004)


Joel (Jim Carrey) tombe de haut quand il découvre que sa compagne, Clémentine (Kate Winslet), a effacé de sa mémoire leur relation tumultueuse. Désespéré, il prend contact avec l'inventeur du procédé, le Dr Howard Mierzwiak (Tom Wilkinson), pour subir le même traitement. Mais tandis que ses souvenirs s'évanouissent, Joel se rend soudain compte qu'il aime toujours Clémentine.

Quand l’esprit azimuté du scénariste Charlie Kaufman (Dans la peau de John Malkovich, Adaptation…) décide d’accoucher d’une comédie romantique, on peut être sûr que cela ne ressemblera à rien de connu. Eternal Sunshine of Spotless Mind offre ainsi le film le plus abouti issu des folles idées du scénariste et concrétise la collaboration avec Michel Gondry entamée sur un inégal Human Nature où les concepts de Kaufman avaient du mal à se marier au génie visuel du réalisateur.

Le film débute pourtant de la plus paisible et tendre des façons lorsque le timide et emprunté Joel (Jim Carrey) croise par hasard la route de la bouillonnante Clementine (Kate Winslet) sur la plage où il fuyait la déprime d’une énième journée de boulot similaire aux autres. Regards en coin, phrasé incertain et maladresse attachante, cette scène est une petite merveille de romantisme balayé d’une froide ironie quelques instants plus tard. Notre couple se connaît déjà et a été séparé par une froide technologie.

Clementine suivant sa nature impulsive a décidé après une énième dispute manière radicale d’effacer Joel de ses souvenirs en ayant recours au procédé révolutionnaire de la société Lacuna. Décidé à recoller le morceau Joel va effectivement constater qu’elle ne le reconnaît plus et qu’elle lui a même déjà trouvé un remplaçant. Ayant découvert le pot aux roses, Joel décide de faire de même et d’effacer Clementine de son esprit, mais si ce dernier s’y refusait ?

Kaufman et Gondry soulèvent de fascinantes questions sous leur intrigue alambiquée. Qu’est ce qui attire deux êtres l’uns vers l’autre ? Ici on peut y voir une certaine métaphore de la réincarnation et de l’éternel recommencement, une concrétisation du concept de l’âme sœur où même en ne sachant plus rien l’un de l’autre nos tourtereau sont irrésistiblement attirés car ils sont fait pour être ensemble tout simplement. Kaufman y voit un concept d’alchimie pure et immuable confirmé par l’échec du personnage d’Elijah Wood qui tentera de séduire Clementine en volant les souvenir de Joel. Le revers de la médaille viendra avec Kirsten Dunst (dont le personnage insouciant atteint une étonnante dimension tragique) où cet éternel recommencement peut également conduire à reproduire les même erreurs, à être séduite par la personne qu’il ne faut pas. C’est un penchant, un élan naturel qu’aucune technologie ne peut réellement remplacer voilà le message du film.

Michel Gondry déploie toute son inventivité et ses idées ludiques pour ce voyage intime dans le souvenir d’une relation amoureuse. Tous les artifices les plus fous y passent avec poésie, tendresse et douce folie lorsque Joel change d’avis et décide de conserver Clementine dans un coin de son esprit à l’abri de la machine. Obscurcissement ou dilatation du décor, situations surréalistes, déformations des visages et silhouettes de plus en plus incertaines au fil de leur aspiration dans le néant du subconscient et ensuite quelques délirants apartés où Joel reviendra dans ses souvenirs les plus honteux pour dissimuler Clementine à ses poursuivants. Sous le fatras visuel (Gondry caresse depuis longtemps le projet d’adapter Ubik de Philip K. Dick et il montre là toute les aptitudes pour le faire brillamment) on a finalement un homme qui porte un regard lucide sur une relation passée, s’attendri sur les plus doux souvenirs et prend conscience de ses erreurs.

Les échanges avec Clementine et les constats qui en sont tirés sont finalement des dialogues intérieurs avec lui-même où il comprendra l’importance de cette femme dans sa vie, malgré tous ses défauts. C’est d’ailleurs là toute l’importance de l’épilogue qui pourrait sembler de trop où nos héros sont avertis de leur relation passée, plutôt que l’éternel recommencement diablement romantique attendu (mais peut-être éternel échec aussi) Kaufman y mêle la notion d’amélioration et de reconstruction d’autant plus touchante.

Jim Carrey a rangé la boite à grimaces (à quelques hilarantes exceptions près comme ce retour en enfance) pour composer un très attachant amoureux à fleur de peau contrebalancé par une toute aussi exceptionnelle Kate Winslet en peroxydée au caractère volcanique et craquant. Ce moment où Joel altère son premier et dernier souvenir de Clementine pour lui offrir un dernier adieu est sans doute le plus émouvant jamais écrit par Charlie Kaufman. Une des plus belles, si ce n’est la plus belle comédie romantique des années 2000 qui recevra un Oscar mérité du meilleur scénario original (qui emprunte en partie certains éléments aux deux romans de Boris Vian L’herbe rouge et L’arrache-cœur).

How happy is the blameless Vestal's lot!
The world forgetting, by the world forgot;
Eternal sunshine of the spotless mind!
Each pray'r accepted, and each wish resign'd.
Sorti en dvd zone 2 français chez Universal

jeudi 14 juillet 2011

Raison et Sentiments - Sense and Sensibility, Ang Lee (1995)


Au siècle dernier en Angleterre, à la suite du décès de leur père, les sœurs Dashwood et leur mère sont contraintes de réduire drastiquement leur train de vie et de quitter leur propriété pour s'exiler à la campagne. L'aînée, Elinor, renonce à un amour qui semble pourtant partagé, tandis que sa cadette, Marianne, s'amourache du séduisant Willoughby. Si la première cache ses peines de cœur, la seconde vit bruyamment son bonheur. Jusqu'au jour où Willoughby disparaît.

Atteint de fièvre Austenienne aiguë ces dernières semaines (troisième livre entamé d’affilé c’est parti pour une intégrale pour l’été) il était donc temps de se pencher sur les adaptations. Le film d’Ang Lee est assurément une des plus réussies et fut largement saluée par la critique en son temps. Raison et Sentiments est le premier roman tardif de Jane Austen paru en 1811 dont le succès d’estime ouvrira la voie à d’autres bien plus important, en faisant un des auteurs les plus populaire de l’époque même si la vraie grande reconnaissance et analyse littéraire se fera après sa mort. Le livre est en quelque sorte une révision d’un texte de jeunesse intitulé Elinor and Marianne qu’après un long silence créatif Jane Austen se décide à reprendre pour entamer la carrière que l’on sait.

L’histoire dépeint les amours contrariées de deux sœurs, Elinor et Marianne dont les caractères diamétralement opposés (fougueux et passionné pour l’une, calme et mesuré pour l’autre) vont amener à réagir bien différemment face à cette haute société anglaise cruelle et frivole où tout rapport repose sur la notion de classe. Les deux héroïnes étant sans fortune, elles vont aller au-devant de bien des déconvenues. Romantisme, mélange de retenue et d’emphase et féroce satire bourrée d’humour, Raisons et Sentiments constituait de brillant début pour l’auteur. Néanmoins on est en droit d’y trouver quelque légers défauts totalement corrigés dès le merveilleux Orgueil et Préjugés à suivre. Austen reste ainsi trop évasive dans certains lien primordiaux entre personnage (on reste très distant des relations entre Marianne et le Colonel Brandon et le mariage entre eux en conclusion n’est guère touchant) et à l’inverse surligne parfois trop par le dialogue le caractère pourtant bien établi des deux sœurs (on ne compte plus les crises de Marianne et une Elinor mesurée jusqu’à l’excès parfois.

L’excellent scénario d’Emma Thomson atténue largement ces petits soucis. Tout ce qui n’était que de l’ordre descriptif dans le livre se voit ici approfondi sous la caméra d’Ang Lee. Le lien affectif se tissant entre Edward Ferrars (Hugh Grant) et Elinor (Emma Thomson) est ainsi longuement développé en début de film, le cadre rural apaisant où évoluent les deux personnages accompagnant bien la nature douce de leurs caractères. Emma Thomson tout en élégance et sensibilité retenue est parfaite et Hugh Grant gauche et effacé rend plus attachant encore Ferrars que dans le livre. Il en va de même pour Marianne dont l’emphase a été un peu atténuée et Kate Winslet (qui y gagnera le surnom de « Corset Kate » tant elle collectionnait les films en costumes à l’époque) lui prête la fièvre amoureuse attendue sans pour autant la rendre égoïste.

La romance exaltée (magnifique séquence de sauvetage sous la pluie) et tragique avec le fourbe Willoughby est ainsi idéalement menée dans son charme trop appuyé en laissant deviner l’issue comme dans le cruel cynisme intéressé qui l’achèvera. Le script ajoute foultitude de petite scénettes pour montrer l’interaction entre Marianne et son prétendant malheureux le Colonel Brandon qui rend ainsi leur rapprochement plus touchant, notamment grâce un Alan Rickman résigné qui bouleverse souvent lors des divers camouflets qu’il subit.

A quelques broutilles près (les personnages les moins actifs disparaissent comme la deuxième sœur Steel ou la fade Mrs Jennings) et coupes nécessaires le film est donc très fidèle. Ang Lee adopte une esthétique feutrée et ne tombe pas dans une flamboyance inappropriée même si de jolis moment se dégagent comme cette très belle scène de bal ou la première rencontre entre Marianne et Willoughby.

La mise en scène du réalisateur est réellement au service des personnages et tente souvent de cerner l’émotion dissimulée au détour d’un regard à la dérobée, d’un geste inapproprié, données enssentielles dans cette société où le paraître et la dissimulation sont si importants. C’est particulièrement vrai pour Elinor, forcée de donner bonne mesure face aux tourments qu’elle subit et Emma Thomson est aussi brillante dans la contenance (la scène où apprend que Ferrars est fiancé et cette détresse fugitive dans le regard) que quand l’émotion la déborde enfin lors de l’ultime entrevue heureuse avec Ferrars.

L’alchimie fraternelle est réellement palpable avec Kate Winslet et on saluera à nouveau les légers ajouts qui rendent le drame plus fort tel Marianne brisée observant sous la pluie la demeure de Willoughby mais aussi le dernier regard de ce dernier à la fin qui exprime ce qu’un très long dialogue nécessitait dans le livre, son regret. La très belle musique de Patrick Doyle joue également un grand rôle dans sa manière de guider subtilement les émotions tout au long du film.
Il n’y a bien que l’aspect caustique qu’Ang Lee ne parvient pas à rendre aussi fort malgré quelques moments amusant (la révélation de Miss Steel à la sœur de Ferrars quant à leur lien est un grand moment). Le goujat vaniteux Robert Ferrars est assez raté notamment et il manque réellement quelques joutes verbales et phrases assassines qui aurait ajouté du piquant. Une très belle transposition donc et un des meilleurs films de Ang Lee, qui ravira les amateurs de Jane Austen et qui à coup sûr donnera envie aux autres de s’attaquer à ses ouvrages.


Sorti en dvd zone 2 français chez Columbia

lundi 6 septembre 2010

Hamlet - Kenneth Branagh (1996)


Avec cette monumentale version de Hamlet, Kenneth Branagh concrétisait le rêve de toute une vie en transposant le classique de Shakespeare sur grand écran. Malgré un modeste budget de 18 millions de dollars, tout tend ici vers le grandiose à travers le casting prestigieux pour le moindre second rôle, la durée de 4h où le texte est respecté dans son intégralité et aussi le choix du 70 mm, format insensé utilisé pour les fresques hollywoodiennes monumentales à grand spectacle dans les années 50/60. Hamlet fut d'ailleurs un des derniers films (avec le Horizons Lointains de Ron Howard) filmés (et projeté) intégralement dans ce format.

Totalement investi (producteur, scénariste, réalisateur, acteur principal...) Branagh déplace de 600 ans le cadre de l'intrigue pour passer du Moyen Age au milieu du 19e siècle. Cinéaste de l'excès, de l'exubérance et de l'outrance, c'est dans cette veine que se situe sa version voulue comme épique. Il n'atténue en rien la théâtralité du texte à travers un jeu d'acteurs hyper expressif (ainsi que leur manière de se mouvoir les décors gigantesque n'étant que des extension d'une scène de théâtre) et des monologues conservés dans leur intégralité qu'il marie à une mise en scène et une imagerie tout aussi grandiloquente.

Pour l'aspect plus "grand spectacle", l'ouverture sur le mariage entre Claudius et Gertrude est un véritablement enchantement avec l'arrivée triomphale du couple illégitime, la ferveur de la cour, le décor extravagant... La conclusion tendant sur le film aventure de l'âge d'or avec le duel à l'épée spectaculaire en montage alterné avec l'arrivée de l'armée d'envahisseur donne aussi dans cette veine. C'est pourtant quand il apporte sa touche de manière plus directe que Branagh passionne. Les apparitions du spectre du père puis sa révélation à Hamlet donne dans le plus pur style expressionniste à la Orson Welles, la silhouette du souverain déchu figurant une ombre imposante et fantomatique et lorsque son visage se dévoile révèle une figure spectrale d'ogre.

La façon dont certains moment son agencés sont forts réussis tant Branagh parvient à les rendre cinématographique, le fameux To be or not to be et l'entrevue houleuse avec Ophélie qui suit joue à merveille du choix du miroir utilisé par Claudius pour les espionner. L'aspect charnel plus ouvertement prononcé fonctionne bien également tel ces inserts de la nuit d'amour passé ensemble lorsque Ophélie est interrogé par son père sur ses rapports avec Hamlet, exprimant juste l'inverse de ce qu'elle affirme et s'ajoutant au jeu troublé de Kate Winslet.

Aux antipodes du Hamlet intériorisé et torturé d'un Laurence Olivier, Branagh donne une nature bouillonnante au personnage très corporelle et vociférante quand il simule la folie et plus ténébreuse (mais tout aussi expressive) lorsqu'il se trouve seul en proie à ses démons intérieurs. Cette facette un peu crispante parfois tend à se calmer avec la quiétude et la résignation acquise par le héros quand approche le final. Presque tout les grands seconds rôle ont droit à leur grand moments dont on retiendra surtout Charlton Heston habité lorsqu'il fait l'épitaphe du Roi Priam (Sir John Gielgud dans une apparition éclair mais marquante), Billy Cristal en fossoyeur pragmatique et un hilarant Robin Williams, génialement ridicule en flatteur de cour.

Les 4h sont tout de même dures à digérer et pas dénuées de lourdeur et on est en droit de préférer la légereté romanesque galvanisante de Beaucoup de bruit pour rien sa meilleure adaptation de Shakespeare (d'ailleurs dans cette veine légère je suis très curieux de voir son Peine d'amour perdues inspiré des grandes comédies musicales de l'Age d'or). Il semble néanmoins qu'il y ait tout donné tant rien de ce qu'il a pu faire depuis n'a été aussi convaincant ...


Sorti en dvd zone 2 dans une belle édition chez warner, et pour les possesseurs de blue ray une édition est parue en aout, certaines captures proviennes des test de sites spécialisés d'ailleurs.

mardi 24 août 2010

Jude - Michael Winterbottom (1996)


A la fin du 19e siècle, Jude, un jeune paysan auquel son maître d'école, Phillotson, a fait prendre conscience que l'élévation sociale passe par le savoir, rêve de s'inscrire à l'université voisine de Christminster. Après l'échec de son union avec Arabella, il part pour Christminster où il veut poursuivre ses études tout en gagnant sa vie comme tailleur de pierres. Il fait la connaissance de Sue, sa belle cousine à l'esprit indépendant...Ayant terminé récemment le roman de Thomas Hardy Jude l'Obscur j'étais assez curieux de découvrir cette adaptation très réputée de Winterbottom. Grosse déception puisque paradoxalement tout en respectant très fidèlement la trame du roman, Winterbottom passe complètement à côté de l'essentiel. Le roman narrait comment la société anglaise fermée et opressante de l'époque entravait dans un premier temps les aspirations intellectuelle et d'élévation sociale de son héros Jude aux origines rurales modeste, puis comment son union libre avec sa cousine en faisait les proies de la vindicte morale.

L'aspect concernant le savoir est sans doute le plus raté. Passé une belle scène d'ouverture, l'attrait quasi mystique exercé par Christminster la cité universitaire sur Jude est totalement absent et son goût et plaisir d'acquérir de la connaissance ne se ressent absolument pas (ce n'est pas quelque vagues scènes ou on le voit lire du latin et du grecs qui suffisent). Du coup lorsque ses ambitions échouent à cause de sa provenance modeste on ne ressent absolument pas la même détresse, puisque le film n'a pas insisté là dessus pour embrayer dès le début sur le mariage raté avec Arabella assez expédiée et où la prestation de Rachel Griffiths n'est guère convaincante.

La relation avec la cousine Sue ensuite prouve le total manque de vision de Winterbottom, qui respecte vraiment le roman mais illustre ses thèmes et idées de manières brouillonnes. Sue est dans le livre un personnage très moderne, mais à la fois très ambivalent dans son amour pour Jude et décrite comme frigide et dépourvue de sensualité charnelle. Elle se donne à son mari par obligation et ne cèdera à Jude que quand elle se sentira menacée par une autre femme. Cette idée qui s'exprime en filigrane de manière subtile, Winterbottom la résume en une scène où Sue s'offre enfin à Jude (et un passage un peu gratuit de Kate Winslet nue) son aversion du sexe passant presque pour de la simple timidité. C'est cette propension à aller au dénominateur le plus simple et basique systématiquement qui est le plus agaçant à la longue.

Le poids moral de la société sur le couple illégitime (encore plus dans le film où ils ne divorcent pas) entre Jude et Sue était une vraie toile de fond du livre pesant comme une chape de plomb sur les héros. Là encore jamais on ne ressent cela, Winterbottom fait ce qu'il faut et case fidèlement les passages exprimant cette idée mais de manière tellement terne et mécanique que ça ne fonctionne presque jamais sauf vers les derniers instants du film. Le sort dramatique des enfants du couple est repris également mais perd tout sa puissance tant la culpabilité qui suit est loin de la conclusion terrible du livre, le retour de Sue à la piété après ses élans modernes est moins sacrificielle et pitoyable (et le personnage de Philoston est vraiment sacrifié).

Autre point noir Winterbottom a semble t il choisi la voie de l'adaptation austère donc on ne ressent aucun souffle, les scènettes s'enchaînent (très fidèlement reprenant même le chapitrage par lieu du livre) machinalement, sans saveur ni passion et faisant plus office de transposition scolaire que d'une adaptation pensée.

Les acteurs sauvent tout de même pas mal la chose. Kate Winslet compose une Sue magnifique, sa prestation exprime tout ce que Winterbottom peine à transcrire : la séduction, la modernité mais aussi le côté torturé et indécis. Christopher Eccleston même si jouant trop sur la retenue est néanmoins convaincant en Jude et le couple avec Winslet est vraiment puissant et touchant, le seul vrai atout du film par ailleurs réalisés de façon assez transparente, aucun moment fort ne ressortant vraiment. Comme quoi si on pas saisi l'essence d'une oeuvre, même une adaptation quasi littérale peut être complètement ratée...

Sorti récemment en dvd zone 2 français mais l'édition est à fuir car ne comportant que vf et vo sans sous titres ! Se reporter plutôt vers le zone 2 anglais qui a lui au moins des sous titres anglais.