Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tous mes visionnages de classiques, coups de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram

Pages

Affichage des articles dont le libellé est Robert Mulligan. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Robert Mulligan. Afficher tous les articles

vendredi 19 février 2021

L'Homme de Bornéo - The Spiral Road, Robert Mulligan (1962)

En 1936, le jeune docteur Anton Drager arrive aux Indes néerlandaises. C'est à Batavia qu'il s'installe et devient l'assistant du docteur Brits Jansen, le spécialiste mondial de la lèpre. Els, la ravissante fiancée d'Anton, décide de rejoindre l'élu de son cœur et tous deux décident d'unir leurs destins. N'acceptant pas de voir son assistant s'intéresser à autre chose qu'à son travail, le docteur Jansen renvoie Anton. Scandalisée, Els intervient et obtient que Jansen garde Anton comme collaborateur.

L’Homme de Bornéo est la première superproduction de studio de Robert Mulligan où il retrouve Rock Hudson qu’il avait déjà dirigé dans la comédie Les Rendez-vous de Septembre (1961). Il s’agit vraiment d’un véhicule pour la star où l’on ne retrouve que très sporadiquement les thématiques du réalisateur mais le film n’en reste pas moins plutôt intéressant. C’est plutôt dans la filmographie même de Rock Hudson que l’on peut trouver une continuité avec le sujet du film. Fort de son allure élancée et imposante de mâle alpha américain, et de son charme de gendre idéal, Rock Hudson a souvent joué des personnages dont le charisme fut mis à mal par un passé/expérience traumatique et passant le film à le surmonter à travers une quête initiatique et/ou spirituelle. C’est typiquement l’approche de Le Secret Magnifique de Douglas Sirk (1954), Les Ailes de l’espérance du même Douglas Sirk (1957) et sur un registre plus léger c’est également le cas entre autre de Le Sport favori de l’homme (1964) ou Les Rendez-vous de septembre

Il incarne ici Anton Drager, un arrogant médecin venu exercer dans les Indes néerlandaises. Nul sacerdoce mais plutôt une ambition démesurée guide Drager qui souhaite apprendre auprès de Brits Jansen (Burl Ives), médecin de brousse spécialiste de la lèpre dont il veut soutirer les secrets et en faire sa fortune lors de son retour à la vie civile. Robert Mulligan offre ce qu’il faut de dépaysement, d’exotisme et de pittoresque dans les environnements traversés et les personnalités croisées dont l’exubérant mais attachant Jansen. Seulement la photo de Russell Harlan et son colorimétrie frappante, le score dissonant de Jerry Goldsmith (qui annonce celui de La Planète des Singes (1968) et le jeu tourmenté de Rock Hudson confèrent un ton assez différent du film d’aventure attendu. L’égoïsme de Drager ne relève pas du seul arrivisme froid mais semble venir d’un mal plus profond. 

 Les rencontres avec des protagonistes ayant perdus pied dans ses contrées sauvages semblent laisser entendre que l’indifférence aux autres et à des forces supérieures, possible dans un milieu urbain ne s’applique pas si l’on veut survivre en harmonie avec la jungle. Drager cynique et calculateur rejette toutes ces valeurs et en particulier la religion, ses objectifs individualistes n’autorisant aucune dépendance terrestre ou spirituelle. Un sujet passionnant qui fonctionne particulièrement bien dans la longue première partie où Drager fait son apprentissage auprès de Jansen. Hudson est excellent en laisse entrevoir un facette quasi maladive dans son égoïsme, rejetant tous les discours bienveillant ou les tableaux poignants (la femme du missionnaire malade et atteinte de la lèpre) qui se présente à lui. L’explication tardive de cette personnalité clivante viendra d’un traumatisme d’enfance (et rejoint l pour le coup les thèmes de Mulligan) où il s’est confronté à l’hypocrisie de ces discours.

Il va donc devoir vivre une expérience qui mettra à l’épreuve son équilibre mental et sa santé pour s’ouvrir au monde. C’est toute la force d’une dernière demi-heure intense mais dont la tonalité hallucinée semble un peu détaché du reste d’un film bien trop long. On convoque une sorte de mystique vaudou et un antagoniste jamais évoqué précédemment comme pour amener de manière artificielle et forcée l’épiphanie de Drager. Il n’en reste pas moins que cet épilogue poisseux et cauchemardesque est d’une force rare avec un Hudson hirsute basculant dans la folie et la dégradation physique. L’ombre de Joseph Conrad plane sur le film qui anticipe Apocalypse Now (1979) et sa relecture de Au cœur des ténèbres où le plus contemporain Lord Jim de Richard Brooks (1964) mais sans aller totalement au bout de sa noirceur. Un film pas sans défauts donc mais réellement digne d’intérêt et qui offre une des prestations les plus impressionnantes de Rock Hudson. 

Sorti en bluray et dvd zone 2 français chez Elephant Films

 

mercredi 17 février 2021

L’Homme sauvage - The Stalking Moon, Robert Mulligan (1969)

Un éclaireur de l'armée, rétiré dans une ferme du Nouveau Mexique, aide et héberge une femme blanche et son enfant qui avaient été kidnappé par des Indiens. Mais, un guerrier apache, marié à la jeune femme, est à leur recherche.

L’Homme sauvage marque les retrouvailles entre Robert Mulligan et Gregory Peck après l’inoubliable Du silence et des ombres (1962). C’est un western à la croisée des chemins, marquée par la sécheresse et la violence du genre à l’orée des 70’s, tout en exploitant des situations et des thèmes plus inscrits dans le western classique. Robert Mulligan amorce tous ses éléments tout en livrant un film doté de son identité propre. Le début avec Gregory Peck éclaireur brillant de l’armée américaine face aux indiens semble anticiper le Burt Lancaster du Fureur Apache de Robert Aldrich (1972) mais on s’écarte assez vite du ton nihiliste de ce dernier. Le personnage d’Eva Marie Saint semble quant à elle un prolongement de La Prisonnière du désert (1956) dont on découvrirait l’après recherche, mais évoque aussi la Candice Bergen du Soldat bleu de Ralph Nelson (1970) sans la malice de cette dernière et sans plonger dans son pacifisme artificiel de western pro indien. 

Du coup les relations entre les personnages relèvent de questionnements plus inattendus. Mulligan s’attarde ainsi longuement sur la relation entre Warner (Gregory Peck) et Nick (Robert Forster) l’éclaireur métis indien qu’il a formé. Ce dernier vit mal le départ de son mentor pour une vie plus paisible et lorsque Warner se trouve en partie en charge de l’enfant indien, on ressent de manière sous-jacente comme une volonté de transmission autre que guerrière à ce dernier – et par extension une forme de jalousie de Nick. Toutes les scènes où se construit un semblant de nouvelle cellule familiale sont très touchantes, notamment par la prestation d’Eva Marie Saint dont on sent l’appréhension et l’émotion de goûter à la liberté après sa captivité chez les indiens. On pourra regretter le peu d’interactions entre Warner et l’enfant, le jeune acteur gardant la même présence silencieuse et taciturne sans le moindre sursaut d’émotion. Mulligan développe un pur écrin intimiste entrecoupé de piqûres de rappel sur la menace qui plane avec le chef indien Salvaje (Nathaniel Narcisco) qui sèment la mort dans sa volonté de reprendre son fils.

Il est auréolé d’une dimension funèbre quasi surnaturelle, que ce soit par les attitudes effrayées des soldats rapportant les méfaits sanglants de Salvaje ou justement par les carnages que commis dont on ne fait que découvrir le terrible résultat. La dernière partie en forme de siège minimaliste est une pure merveille de tension. Mulligan fait de Salvaje un pur spectre dans sa présence furtive à l’écran, et Mulligan joue de l’aptitude d’éclaireur de Warner pour faire de la topographie des lieux un élément essentiel qu’il rend parfaitement compréhensible au spectateur. 

Cela reprend évoque les approches brillantes qu’on trouvait par exemple dans Quand les tambours s’arrêteront de Hugo Fregonese ou du final de Fort Bravo de John Sturges (1954) dans la même idée de huis-clos à ciel ouvert. La tension se maintient jusqu’au bout d’une conclusion hargneuse à souhait. Très prenant donc mais on a tout de même le sentiment de coupes, comme s’il manquait 15/20 minutes qui aurait renforcé les relations entre les personnages alors que là la conclusion abrupte est un peu frustrante. 

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

dimanche 14 février 2021

Le Roi des imposteurs - The Great Impostor, Robert Mulligan (1961)

Ferdinand Waldo Demara est un escroc depuis l'enfance. Tromper son monde est un sport pour lui : il n'hésite pas à truquer ses papiers, s'inventer des connaissances et des diplômes. Il deviendra tour à tour moine, gardien de prison, chirurgien de la marine, trappiste. Tout cela, avant que la loi ne le rattrape...

Quatrième film de Robert Mulligan, Le Roi des imposteurs est en premier lieu un véhicule pour Tony Curtis à l’initiative du projet. Il voit un grand potentiel d’interprétation dans la véritable et incroyable histoire de Ferdinand Waldo Demara, virtuose de l’usurpation d’identité. Ferdinand Demara avait gagné en notoriété (et de fait perdu l’anonymat nécessaire à ses agissements) lorsque deux ans auparavant ses plus fameux stratagèmes avaient fait l’objet d’un article dans Life et du livre The Great Impostor de Robert Crichton qui donne son titre au film. Pour Robert Mulligan, le film est l’occasion de s’amuser en jonglant entre plusieurs tonalités qui reflètent d’ailleurs la suite de sa carrière versatile où il naviguera également entre les genres.

On a souvent comparé à postériori Le Roi des imposteurs au Attrape-moi si tu peux de Steven Spielberg (2002) lui aussi basé sur une histoire vraie, celle de Frank Abagnale. Il y a pourtant une différence fondamentale, le héros de Spielberg pratique l’arnaque afin (selon l’interprétation de d’un Spielberg y voyant des échos à sa propre histoire) d’échapper au contexte de la séparation de ses parents. Ces actions sont spécifiquement criminelles, frauduleuses et ne visent qu’à surmonter un maux intime. Ferdinand Waldo Demara est lui adepte de l’usurpation d’identité, les rôles qu’il endosse étant plus reluisant qu’un lui-même qu’il n’aime pas. Cependant ces mues ne visent pas le seul narcissisme de la prestigieuse identité volée, mais un vecteur, un costume de héros lui permettant d’affirmer sa bienveillance pour son prochain. Le premier mensonge de Demara est déjà au service des autres quand il achète (à crédit) des bonbons qui récompenseront ses camarades de classe craintifs lors d’une journée de vaccin scolaire.  Presqu’aussitôt la réalité le rattrape avec la découverte du déclassement social de son père et surtout la résignation au fait que cette situation ne changera pas. Toute son existence sera donc vouée à défier cette réalité, et à se prouver à lui-même et aux autres que rien n’est arrêté et défini. 

Aussi invraisemblables et surréalistes soient-elles, toutes les actions et métamorphoses du film relèvent de vrais exploits de Demara. Robert Mulligan y travaille cette notion de réel et d’imaginaire, d’aspirations et de réel qui se confondent pour le meilleur ou pour le pire chez ses personnages dans des films aussi différents que Les Pièges de Broadway (1960 et première collaboration avec Tony Curtis), Le Sillage de la violence (1963), Daisy Clover (1965) ou L’Autre (1972). Demara demeure un éternel enfant en se maintenant dans l’imaginaire par ses jeux de rôles, mais paradoxalement ses terrains de « jeu » sont ancrés dans un réel où il souhaite ouvrir l’horizon de ses interlocuteurs. L’intrigue dénonce les normes de cette réalité qui ont entravé le potentiel du vrai surdoué qu’était Demara, entravé par son absence de diplôme lors d’un examen d’officier qu’il a brillamment réussi et qui lance alors son destin de caméléon – pour l’anecdote la série télévisée du même nom est réellement inspirée de Fernando Waldo Demara et amplifie sa vraie verve de redresseur de tort. Le jeu de Tony Curtis donne ainsi dans le pur burlesque pour tirer ses mensonges dans un comique décalé où il n’est que l’image de ce qu’il emprunte, mais aussi un sérieux impliquant où il doit devenir une variation unique de ces identités/professions.

C’est là la grande originalité du film qui multiplie les situations et environnements, mais pas pour collectionner les duperies malveillantes et se moquer de la bêtise des victimes.  Le transformisme de Demara fait office de quête intime, spirituelle et humaniste au service des autres dans chaque fonction qu’il endosse. Cela peut être un épisode bref comme celui où il intégrera un monastère trappiste, mais aussi plus long et captivant lorsqu’il devient adjoint d’une prison cherchant à réinsérer les pensionnaires d’un quartier de haute sécurité. La défiance, l’incompatibilité à un monde où l’on ne se sent pas à sa place, tous ces sentiments que Demara ne connaît que trop bien, il saura les comprendre et les surmonter chez les détenus. Le film se déleste soudain de sa tonalité enlevée et la mise en scène de Mulligan plante la silhouette de Demara dans cet environnement normé et castrateur qu’il va s’appliquer à ouvrir. L’un des éléments les plus surprenants de la vraie histoire fut qu’une fois démasqué, quasiment aucune des victimes de Demara ne souhaita porter plainte contre lui. La raison est que ce dernier dans toutes ses mues ne chercha jamais à prendre une place qui n’était pas la sienne, mais à s’en créer une propre où il apporterai sa contribution à la communauté puisque chaque alias est une fonction nécessitant empathie et bienveillance : psychologue, médecin, professeur… 

Cette dévotion transcende les aptitudes de Demara et saluera du coup son plus grand fait d’armes qui est aussi celui qui causera sa perte. Engagé comme médecin sur un navire de guerre comédien, Demara va devoir opérer 19 soldats coréens recueillis à bord. Robert Mulligan souligne la prouesse à travers le génie de Demara dont la mémoire photographique lui permet de retenir la manière d’opérer dans un livre de médecine feuilleté quelques minutes auparavant. Mais ce qui intéresse le réalisateur c’est ce qui stimule cette action, à savoir cette fameuse empathie pour les autres avec une longue scène où il va découvrir les blessés, allant de l’un à l’autre et constatant la gravité de leur état. Tony Curtis est assez extraordinaire pour faire passer toute une gamme d’émotion où se devine moins la peur d’être démasqué que celle de ne pas être à la hauteur de ces gens qui ont besoin de lui. On se rend finalement compte que le comique constitue avant tout un aparté, une respiration dans le récit pour au contraire traiter avec le plus grand sérieux chaque nouvel espace investi par Demara. Il ne veut pas être lui-même, mais malgré cela le devient toujours par la visée de ses usurpation d’identité. Le Roi des imposteurs est une œuvre captivante et bien plus profonde que ce que son postulat ludique laisse supposer, tout en offrant une de ses plus belles prestations à Tony Curtis - qui donne en fait là une variation plus profonde de son personnage sympathique mais assez égoïste de Certains l'aiment chaud (1959). 

Sorti en bluray et dvd zone 2 français chez Elephant Films 

 

vendredi 5 février 2021

Le Sillage de la violence - Baby the Rain Must Fall, Robert Mulligan (1965)

Un long voyage en car conduit Georgette Thomas et sa fille à Columbus, petite ville du Texas. Elle vient y retrouver son mari Henry, libéré sur parole, après avoir purgé une peine de prison. Henry partage sa vie entre un travail d'homme à tout faire le jour et des concerts dans des cabarets la nuit. Souvent, alcool et violence sont au rendez-vous.

En ce milieu des années 60, Steve McQueen s’est définitivement imposé comme le nouveau « american hero ». Il a réussi à faire fructifier la notoriété de son rôle télévisé de la série Au nom de la loi dans les deux immenses succès de John Sturges que sont Les Sept mercenaires (1960) et La Grande évasion (1962). Entre ces grands rôles virils, McQueen n’aura cependant cessé d’explorer une certaine forme de vulnérabilité avec le soldat à fleur de peau de L'enfer est pour les héros (1962) ou l’amoureux de Une certaine rencontre de Robert Mulligan (1963). McQueen retrouve ce dernier dans Le Sillage de la violence, adapté de la pièce de Horton Foote jouée en (1954). C’est l’auteur lui-même qui en signe le scénario pour en faire un vrai véhicule pour Steve McQueen. En effet la pièce dont le titre original est The Traveling Lady était centrée autour du personnage féminin incarné dans le film par Lee Remick. 

Ce remodelage rend soudainement le récit beaucoup plus personnel pour McQueen avec ce personnage de Henry à l’enfance meurtrie, à la violence contenue et rebelle à son environnement – soit beaucoup de lien avec le passé de l’acteur sauvé de la marginalité par la vocation d’acteur. Nombre de films de Robert Mulligan sont une confrontation de figure (concrète ou symbolique) d’enfants face à la réalité d’un monde adulte où ils vont apprendre et grandir (Du silence et des ombres (1962), Un été 42 (1971), Un été en Louisiane (1991)) ou alors perdre pied (Daisy Clover (1965), L’Autre (1972)). Ce monde adulte s’incarne à travers une ruralité américaine lumineuse mais qui révèlera ses pans torturés et Le Sillage de la violence ne déroge pas à la règle. Henry est un jeune homme torturé, marqué par une enfance faite d’abandon et de maltraitance qui l’a fait passer par la prison. 

Amené à retrouver femme (Lee Remick) et enfant qu’il connaît à peine. Il est justement resté un homme-enfant sollicitant ou subissant l’autorité de son ancienne tortionnaire et tutrice Mademoiselle Kate. Mulligan réduit au maximum les apparitions de celle-ci, faisant d’elle une barrière avant tout psychologique pour Henry dont le traumatisme s’illustre par cette demeure où il souffrit tant enfant. Mulligan filme ce lieu comme une bâtisse gothique hantée par le souvenir, dont la photographie d’Ernest Laszlo souligne les jeux d’ombres et où les cadrages ramènent l’adulte Henry à sa condition d’enfant apeuré.

Les scènes de construction de cette cellule familial sont superbement touchant, Mulligan excellant à saisir les moments de creux, de complicité simple à travers un regard et souligne avec une sensualité sobre l’attrait intact entre McQueen et Remick. Mais ces instants ne tiennent qu’à un fil, et cette instabilité est représentée par les séquences musicales où Henry laisse exploser sa passion et ses démons. McQueen (doublé au chant) est impressionnant d’intensité, le regard fou, la gestuelle fiévreuse où il enthousiasme autant qu’il effraie emporté par la musique. Cette soupape lui est pourtant refusé post-mortem par son ancienne tourmenteuse et l’emmener vers le point de non-retour. Sans être un des sommets de Mulligan, Le Sillage de la violence (titre français assez hors-sujet) est donc un solide et poignant drame rural porté par une des plus belles interprétations de Steve McQueen. 


 Sorti en bluray et dvd zone  français chez Rimini