Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tous mes visionnages de classiques, coups de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram

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mercredi 15 janvier 2014

The Pleasure girls - Gerry O'Hara (1965)

The Pleasure girls est un film qui s'inscrit dans la veine critique et alarmiste d'oeuvre comme Darling (1965) de John Schlesinger ou The Party's over (1965) de Guy Hamilton qui montrait un envers peu reluisant du fantasmatique Swinging London. Dénué de l'ironie de Darling ou de la tonalité pesante de The Party's over, The Pleasure girls (tous sorti la même année, le thème étant dans l'ère du temps) trouve sa propre voie en donnant une imagerie contrastée mais pas moralisatrice des moeurs de ce Swinging London. On y suivra le parcours de Sally (Francesca Annis), jeune fille ayant quittant sa campagne pour intégrer une école de mannequin à Londres. Elle doit y retrouver ses anciennes camarades Marion (Rosemary Nicols), Dee (Suzanna Leigh) et Angela (Anneke Wills) avec lesquelles elle va cohabiter dans un immeuble du quartier de Chelsea.

Le scénario de Gerry O'Hara condense le temps d'un weekend la découverte progressive de ce nouvel environnement par Sally et en montrer aussi l'envers par les destinées peu enviables de ses amies. Gerry O'Hara par ce mélange e comédie et de drame croise également l'esthétique austère du kitchen sink drama avec un style plus percutant et moderne qui illustre ainsi les deux tonalités du film. On est d'abord enivré par cet univers de festif et hédoniste avec notamment une première scène de soirée où les filles sont séduisantes, les jupes courtes et où l'on se trémousse sur de la northern soul des plus entraînantes. C'est un tableau collectif charmant magnifiant le fantasme que l'on se fait du Swinging London mais cet attrait va s'estomper une que l'on s'intéressera aux destins individuels.

La ville semble avoir pervertit ces jeunes filles, créant un contraste avec l'encore innocente Sally. Dee uniquement intéressée par l'argent sort ainsi avec le très douteux Nikko (Klaus Kinski), propriétaire de l'immeuble aux activités louche mais qui lui fait mener la grande vie avec cadeau et autres salles de jeux. La face sombre de la ville est d'ailleurs représenté par la figure masculine à laquelle on ne peut faire confiance et forcément synonyme de perdition. Marion va également en faire les frais en s'attachant à un rustre égoïste et joueur compulsif. Sally elle-même subit la cour assidue du photographe Keith (Ian McShane) coureur de jupon bien décidé à lui faire perdre sa virginité.

Dans cette idée, le film verse dans des ambiances très différentes et ose des écarts surprenant pour l'époque. Passée le début enjoué et oisif alterne ainsi le romantisme paisible (Sally et Keith rentrant dans les rues désertes de Londres au petit matin), le film noir stylisé sur la bande-son jazzy de Malcolm Lockyer (un empoignade dans une ruelle sombre et un règlement de compte dans un parking très inquiétant) et un érotisme des plus prononcé dénudant largement nos héroïnes poussant loin les situations charnelles. Les jeunes femmes seront tour à tour confrontées à leur contradictions face aux différentes épreuves mais même en poussant le drame Gerry O'Hara évite de donner une vision totalement sombre et se montre plus fin.

En s'abandonnant aux plaisirs de ce que la ville offre de plus facile les filles se perdront mais ce Londres peu également source de libération, notamment avec le personnage de Paddy pouvant vivre son homosexualité. Une question abordée frontalement, tout comme celle de l'avortement ou encore l'adultère. La conclusion montre d'ailleurs un futur possible (tout en maintenant habilement une certaine morale) pour Sally qui contrairement à ses amies en ne cédant pas à la tentation donne finalement un visage plus lumineux à la ville avec un Ian McShane qu'on aura pris pour un prédateur mais qui s'avère un amoureux patient et compréhensif. Une oeuvre sensible et originale malgré son thème semblant rebattu dans le cinéma anglais des 60's.

Sorti en dvd zone 2 anglais et blu ray chez BFI et doté de sous-titres anglais

samedi 21 décembre 2013

Tam Lin - The Ballad Of Tam Lin, Roddy McDowall (1970)

L'inspiration de la ballade écossaise de Tam Lin, un guerrier des Borlands qui, tombé amoureux de la fille d'un pasteur, défie le Diable et rompt son serment.

Son exil en Europe puis la rupture de son contrat avec la MGM aura donné un tour différent à la carrière d'Ava Gardner durant les 60's. Courant les cachets avantageux qui lui étaient refusé lors de sa période MGM, la star s'illustre dans des productions luxueuses comme Les 55 Jours de Pékin (1963) de Nicolas Ray ou Mayerling de Terence Young (1968) qui exploite finalement plus son statut d'icône que ses talents dramatiques. Seul son ami John Huston saura encore lui proposer de grands rôles notamment dans La Nuit de l'Iguane (1964), le segment de La Bible (1966) où elle joue une magnifique Sara et Juge et Hors-la-loi (1972) qui donne un tour bien plus touchant à cette facette d'icône. Alors que des Bette Davis, Olivia de Havilland ou Joan Crawford se refont une santé chez Robert Aldrich (Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? (1962), Chut... chut, chère Charlotte (1964)) ou qu'une Audrey Hepburn saura magnifiquement vieillir à l'écran (Voyage à deux (1967) de Stanley Donen, La Rose et la Flèche (1976) de Richard Lester), Ava Gardner passe un peu à côté des cinéastes de la nouvelle génération, excepté Sept jours en mai (1964) de John Frankenheimer où elle tient un petit rôle. Installée à Londres depuis 1968, l'actrice voit l'occasion de se reconnecter à une certaine modernité avec cet étrange film qu'est Tam Lin tout en donnant un tour plus torturé à son image de beauté surnaturelle inaccessible.

Le film est une transposition moderne d'une légende du folklore écossais, La Ballade de Tam Lin. Celle-ci voit Tam Lin, guerrier écossais, tomber sous le charme de la Reine des Fée qui le retient en captivité durant de longues années. Seule une femme l'aimant d'un amour véritable saura le faire échapper à sa prison. La légende se voit ici revue et corrigée à la sauce Swinging London et psyché par un Roddy McDowall dont ce sera la seule réalisation. Micki Cazaret (Ava Gardner) est une femme richissime qui malgré son âge mûr vit entouré d'une cour de jeune hippie qui l'idolâtre et la suit partout. Parmi eux, elle a jeté son dévolu sur Tom Lynn (Ian McShane) son amant soumis et aimant depuis de longues années.

Le film s'ouvre sur une eux enlacé au lit et malgré le contexte tendre, le poids et l'étreinte de l'amour que voue Micki à Tom se ressent déjà même si celui-ci passif n'a pas l'ai de s'en plaindre. Cela va changer lorsque Micki va emmener sa troupe dans son château écossais, le contexte laissant ainsi progressivement s'installer l'intrigue de la ballade de Tam Lin. Roddy McDowall laisse largement la modernité envahir ce cadre solennel, que ce soit les tenues criardes et multicolores de tout le monde, le parfum d'hédonisme ambiant de cette communauté et l'érotisme prononcé de certaine séquence.

Déesse pour lesquels quiconque se damnerait dans des films comme Pandora, Ava Gardner prolonge cette image ici (somptueuse scène où elle déambule dans la nature en robe longue multicolore) mais McDowall la déforme progressivement, l'allégeance et soumission des prétendants subjugués étant remplacé par la crainte de son courroux d'une cour profitant de ses largesses.

Ava Gardner pour rester dans l'analogie de conte passe ainsi de la princesse capricieuse à la sorcière vieillissante avec une grande lucidité et l'intrigue va accentuer cette direction. Tom tombe en effet sous le charme de Janet (Stephanie Beacham) fille du pasteur local. Là aussi, McDowall tisse un parfum de légende, de destinée et d'inéluctable à leur passion par les effets appuyés accompagnant chacune de leur rencontre.

Le temps semble comme se figer lors de l'arrivée de Janet au château dès le moment où elle pose les yeux sur Tom à coup de ralentis avantageux et de gros plans sur le regard subjugué de la jeune femme, plus tard la rencontre en pleine lande écossaise s'affranchit de tout dialogues pour orchestrer leur rapprochement à coup d'image fixe, comme un roman photo filmé.

En opposition au stupre et à l'hypocrisie guidant la vie de la communauté au château, les mots et attitudes forcés sont inutiles pour exprimer la pureté de cette passion. Ian McShane adoptant jusque-là les attitudes de viveur antipathique parait enfin habité et voit ses traits juvéniles enfin mis en valeur quand Stéphanie Beacham allie magnifiquement sensualité et douceur immaculée. Le fait quelle soit fille de pasteur (joué par Cyril Cusack) offre d'ailleurs un envers symbolique entre religion et païen représenté par Ava Gardner.

En opposition, son pouvoir mis à mal va révéler toute la noirceur d'âme de Micki et l'envers du décor. On découvrira le sort peu enviable des précédents compagnons de Micki, congédiés quand elle s'en lasse où tués dans d'affreuses circonstances s'ils daignent la délaisser. Promis à son tour à ce funeste destin Tom va devoir subir le courroux de son ancienne amante. La dernière partie du film bascule quasiment dans le fantastique et prend un tour bien plus sombre. Ava Gardner devient véritablement une sorcière de conte, autant par son jeu outré que ses tenues extravagantes mais aussi les postures et cadrages menaçant où l'expose Roddy McDowall.

La photo de Billy Williams donne une allure baroque et cauchemardesque aux décors naturels et du château si bienveillant et bucolique en début de film et révélant leur vraies natures tandis que l'âme damnée de leur propriétaire s'affirme. La course poursuite finale est assez stupéfiante visuellement, les idées les plus folles s'entrechoquant pour un résultat flamboyant et ridicule, fascinant de too much.

Tom perdu et submergé par les "sortilèges" de Micki va se reposer sur le l'amour d'une Janet repoussant tous les démons nocturnes pour lui pour accomplir la légende. Une conclusion bluffante qui achève de faire Tam Lin une fascinante curiosité. A noter score envoutant de Stan Myers accompagné des chansons du groupe Pentangles dont la ballade de Tam Lin revisitée et croisant élans celtiques et influences indiennes psyché typique de l'époque.

  
Sorti en dvd zone  chez Olive et sans sous-titres

Extrait
 

samedi 5 octobre 2013

La Course à la mort - Death Race, Paul W.S. Anderson (2008)

Dans une Amérique futuriste, les prisonniers sont contraints de participer à de très violentes courses automobiles dans des arènes fermées. C'est dans ce contexte qu'un homme qui doit être libéré dans quelques semaines se voit assigné à participer à l'une de ces courses. Celle-ci est une course à la mort ! Il devient alors l'un des favoris du public qui le connaît sous le nom de Frankenstein...

Parmi les plus fameuses productions seventies de Roger Corman, La Course à la Mort de l’an 2000 de Paul Bartel était un savant mélange de série B outrancière typique de l’époque et de farce politique subversive avec son message virulent sur le spectacle comme opium du peuple. Voir le très mauvais Paul Anderson s’atteler au remake n’avait donc rien de rassurant, malgré les notes d’intention de ce dernier, désirant replacer la charge du film dans le contexte des médias actuels avec la télé réalité.

Le film est plutôt raté à ce niveau, hormis les manigances du personnage de directrice sadique, incarnée par Joan Allen, en quête d’audimat et de sensationnel, le thème est finalement à peine effleuré. Jamais le regard du spectateur (pourtant présent dans le film original) n’est interrogé, ni l’impact médiatique des courses, leur déroulement en vase clos au sein de la prison n’étant pas la meilleure des idées.

Pourtant, un peu à la manière du remake de Assaut de Carpenter par Jean François Richet, l’évacuation du message politique au profit du pur film de genre sans prétention s’avère assez convaincante. Les changements du scénario par rapport au film original vont dans ce sens (notamment l’histoire et l’identité de Frankenstein connue d’entrée), avec une ambiance de film de prison plus prononcée, le début du film enchaînant les clichés les plus éculés du genre avec ses gangs raciaux, la provocation et le bizutage des nouveaux venus.

L’amateur d’action virile (avec ses moments bien putassiers, dont ces bimbos venues d’autres pénitenciers dont on cherche encore l’utilité autres qu’esthétique), devrait donc y trouver son compte, Anderson se montrant plutôt efficace (à défaut d’être aussi tourbillonnant et inventif qu'un Speed Racer) lors des scènes de courses, en multipliant les cascades spectaculaires et les morts bien graphiques dont une décapitation au rétroviseur des plus brutales.

Jason Statham est une nouvelle fois parfaitement à l’aise et charismatique (il mériterait vraiment de se faire offrir des rôle plus consistants montrant de vraie disposition dramatique dans Braquage à l’Anglaise notamment), bien entouré par une galerie de personnages dégénérés à la caractérisation très bd dans l’esprit, même si Tyrese Gibson déçoit en Machine Gun Joe, bien loin de la prestation survoltée de Stallone dans le film original. Plutôt plaisant au final, et relevant un peu la filmographie généralement médiocre de Paul Anderson.

Sorti en dvd zone 2 français chez Universal

vendredi 4 janvier 2013

Salaud - Villain, Michael Tuchner (1971)

Vic Dakin, un truand londonien extrêmement violent, met sur pied un hold-up avec d'anciens compagnons. Le tempérament agité, frisant la psychopathie, de Vic, qui ne parvient à s'entendre qu'avec sa mère et son jeune amant, l'oppose aux autres malfrats et risque de menacer le succès de l'entreprise.

Au début des années 70, un grand désir de polar se fait jour dans une production anglaise un peu à la traîne sur les évolutions récente du genre (Inspecteur Harry, French Connection...). Trois films majeurs sont donc produits coup sur coup en deux ans avec les mémorables La Loi du milieu de Michael Hodges (1971), Villain de Michael Tuchner et The Offence de Sidney Lumet (1972).

Cette nouvelle vague est pourtant tuée dans l'œuf par l'échec commercial de ces films (qui deviendront pourtant culte avec le temps surtout le Hodges) et il faudrait quasiment attendre 10 ans et le succès de The Long Good Friday (1980) pour relancer le genre même s'il ne disparaît pas complètement des écrans anglais. Les raisons de ces échecs sont l'extrême noirceur et la violence prononcée de ces trois films à laquelle le public anglais n'était pas prêt et bien qu'inférieur aux films précités, Villain s'avère particulièrement gratiné dans la déviance.

Villain adapte le roman The Burden of Proof de James Barlow et est surtout inspiré de la vie du vrai gangster Ronnie Kray qui avec son frère jumeau Regie domina la pègre londonienne durant les années 50 et 60 (et source d'inspiration également de The Long Good Friday). On retrouve donc de ces caractéristiques dans le truand Vic Dakin incarné par Richard Burton, à savoir un psychopathe en puissance, homosexuel et maladivement attaché à sa mère. L'intrigue est assez conventionnelle avec le gang de Dakin réalisant un violent hold-up mais oppressé par la police et peut-être infiltré par une taupe ne parvenant pas à récupérer son butin. Ce postulat efficace mais assez mince offre donc un écrin idéal à Richard Burton pour une prestation mémorable en gangster hargneux et imprévisible. C'est dans son royaume, les ténèbres d'une chambre qu'on le découvre alors qu'il tend une embuscade chez un croupier trop bavard qu'il va atrocement mutiler et tuer sous nos yeux.

Burton mêle froideur et rage extrême à une sensibilité et fragilité surprenante, la tendresse de sa mère (qui semble tout ignorer de ses activités) semblant tout juste apaiser la bête qui sommeille en lui. L'autre point d'ancrage est son amant Wolfe (Ian McShane) mais aucune douceur à attendre de ce côté-là avec une relation dominant/dominé quasi SM où le malheureux Wolfe est soumis au bon vouloir, la violence et jalousie de Dakin à tout moment. Burton prenait un énorme risque avec cette facette du personnage, écornant son image de macho coureur de jupon (les scènes trop explicites finissant par être coupées au montage comme un baiser avec Ian McShane) et ce sera une des raisons de l'insuccès du film.

L'originalité du film tient donc surtout à ce héros haut en couleur et la mine menaçante, le regard fou de Burton hante longtemps après le visionnage. Sans être captivante l'intrigue est plutôt bien menée et comporte son lot de morceau de bravoure dont un braquage routiers des plus brutal et à l'ancienne (pas d'armes à feu mais des gourdins et batte de base-ball au fracas douloureux), des moments de cruauté mémorable (cette scène d'ouverture qui pose l'ambiance) et un casting de trognes intimidantes faisant son petit effet. Le tout jeune Ian McShane tire bien son épingle du jeu face à Burton, minet plus frêle que les brutes épaisses qui l'entoure mais tout aussi peu recommandable avec un penchant pour le chantage et le proxénétisme. Il reste néanmoins plus humain et engageant que les autres, tout comme l'inspecteur déterminé joué par Nigel Davenport.

C'est donc surtout par son ton et son ambiance que le film innove (avec ses décors fait d'usines désaffectées et de docks inquiétant) grâce notamment à son écriture inhabituelle où le duo d'auteurs comique de télévision Dick Clement et Ian La Frenais (notamment célèbre en Angleterre pour leur série culte The Likely Lads) collabora avec l'acteur américain Al Lettieri connu pour ses rôles de malfrats (Le Parrain, Guet-apens, Mr Majestyk) et aussi ses vrais liens avec le Milieu.

La mise en scène nerveuse de Michael Tuchner et la splendide photo de Christopher Challis apporte également une solide assise visuelle à l'ensemble. Tous ces éléments contribue au ton réaliste et à la fois décalé du film trop novateur à sa sortie mais qui pose les bases de The Long Good Friday qui hissera ces qualités vers un excès et une folie plus grands encore.

Sorti en dvd zone 2 anglais sans sous-titres

lundi 29 novembre 2010

Sky West and Crooked - John Mills (1966)


Un vraie affaire de famille que ce Sky West and Crooked (connu aussi sous le titre Gypsy Girl), unique réalisation du grand John Mills (habitué de David Lean notamment De Grandes Espérances et La Fille de Ryan qui lui valut l'Oscar) pour lequel il s'entoure de sa femme Mary Hayley Bell au scénario et surtout de sa fille Hayley Mills à qui il offre son premier grand rôle hors des production Disney.

Hayley Mills est donc Brydie White, jeune adolescente vivant dans un petit village anglais. Suite à un malheureux accident elle a causé enfant la mort d'un de ses petits camarade, évènement dont elle ne garde aucun souvenir si ce n'est une cicatrice au front. Ce drame a pourtant eu des répercussions sur son rapport au reste du village, souvent hostile à son égard et lui interdisant l'accès au cimetière lorsqu'elle souhaite se recueillir sur la tombe de l'ami disparu. Si on y ajoute un quotidien difficile avec sa mère alcoolique, on comprend mieux la nature sauvage et sans attache de la jeune fille, qui lui attire bientôt les faveurs d'un gitan tombé amoureux d'elle et incarné par un Ian McShane (aujourd'hui surtout connu pour son rôle dans la série Deadwood) à la ténébreuse beauté juvénile.

L'histoire dépeint donc la manière dont le drame originel va progressivement rattraper l'héroïne. La plus étonnante étant toute une sous intrigue montrant l'obsession de Brydie pour les animaux morts et sa volonté de leur offrir une sépulture décente au cimetière du village (comme pour inconsciemment expier sa faute d'enfance), action dans laquelle elle entraîne tout les enfants du village. L'énorme scandale local réveille alors des haines anciennes par l'intermédiaire du père de l'enfant décédé (Laurence Naismith le juge Fulton de Amicalement Votre), le camp de gitan offrant le seul refuge pour une Brydie traquée.

La trame singulière est menée avec brio par John Mills, dont la réalisation simple se met entièrement au service des acteurs. En premier lieu Hayley Mills qui offre là une performance fascinante (qu'on peu rapprocher de celle de Jennifer Jones dans La Renarde les personnage sont assez proche) en adolescente mûre et innocente à la fois dont l'évolution à été stoppée par ce traumatisme enfantin. John Mills dépeint les grands espaces campagnard naturels comme source d'épanouissement intime, amoureux alors qu'au contraire les vieilles haines et rancoeurs se manifeste toute en intérieur sorte d'envers à la majesté des extérieurs. Une seule exception, la séquence nocturne où Hayley Mills se fait brutalement rappeler les évènements passés, moment à la violence psychologique inouïe où l'actrice est à nouveau formidable.

C'est donc chez d'autres exclus plus affiché que Brydie va trouver refuge avec les gitans. Une nouvelle fois quelques moments de racisme et de haines ordinaire se succèdent de manière éparses, préparant le rapprochement et la belle histoire d'amour entre Hayley Mills et Ian McShane. Le mélange entre pure innocence et noirceur fonctionne magnifiquement, lié par le personnage bienveillant du révérend et seul soutient de l'héroïne. Après cette alternance de ton clair/obscur la surprenante conclusion très positive est une vraie respiration et c'est avec oie et tristesse qu'on quitte les personnages enfin apaisés après tant de drames.

Comme la plupart de la filmographie post Disney de Hayley Mills, c'est uniquement disponible en zone 2 anglais et sans sous titres anglais ni français.

Extrait