Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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dimanche 19 juillet 2015

Ant-Man - Peyton Reed (2015)

Scott Lang, cambrioleur de haut vol, va devoir apprendre à se comporter en héros et aider son mentor, le Dr Hank Pym, à protéger le secret de son spectaculaire costume d’Ant-Man, afin d’affronter une effroyable menace…

 Après un décevant Avengers : L’Ere d’Ultron (2015), Ant-Man constitue la deuxième salve Marvel de l’année et entame la troisième phase du projet global du studio en introduisant un nouveau super-héros. Le film avait fait parler bien avant la sortie du fait de sa production mouvementée. Le réalisateur anglais Edgar Wright, sur le projet depuis 2006 (soit avant que Marvel crée son studio et entame son projet d’univers unifié) avait ainsi claqué la porte de la production car ne reconnaissant plus son film à travers les nombreuses modifications infligées à son script initial – et sans doute ayant trait à des références à ce fameux univers partagé. La communauté geek aura tôt fait de conspuer Marvel et d’enterrer le film avant d’en avoir vu la moindre image, outrée par l’éviction d’une de ses figures de proues. Si l’on peut aisément deviner quelques idées de Wright conservées dans cet Ant-Man, le film en aurait-il été meilleur pour autant ? Rien n’est moins sûr. Depuis l’arrivée des super-héros dans des productions d’envergure et à de rares exception près (Sam Raimi et ses Spider-Man, Zack Snyder à des degrés divers pour 300 (2007), Watchmen (2009) et Man of Steel (2013) ou Guillermo Del Toro avec Blade 2 (2002)) les meilleurs films de super-héros ont été signés par des réalisateurs étrangers à cette culture.

Richard Donner et son Superman (1978), Tim Burton et ses deux Batman, Bryan Singer avec la saga X-Men : tous ont su s’imprégner, se familiariser et mettre en image ces héros en collant de la manière la plus cinématographique possible tout en y associant des thèmes plus personnels. Edgar Wright fait partie avec Guillermo Del Toro de ces réalisateurs « geek » qui n’ont jamais réellement franchi un palier et dont les films s’adressent finalement plus à une communauté et ne touchent jamais à l’universel – ce qu’un Sam Raimi ou un Peter Jackson sont parvenus un temps à faire. Pour un brillant Shaun of the dead (2004), mélange détonant de comédie romantique et film de zombie, le reste de la filmographie si elle n’a rien de déshonorant parait quelque peu autocentrée sur cet esprit fanboy et rien ne disait qu'il allait le surmonter cette fois.

 Marvel aura même prouvé par l’extrême la logique précitée, les films les moins convaincants étant dûs aux "auteurs" (Thor de Kenneth Branagh ou encore Iron Man 3 de Shane Black) quand les faiseurs les plus doués parvenaient à offrir des spectacles humbles et efficaces avec les deux Captain America ou le premier Iron Man. Tout cela pour dire qu’en oubliant sa production agitée, il est tout à fait possible d’apprécier Ant-Man d’autant que Peyton Reed, s’il a commis l’impersonnel véhicule pour Jim Carrey Yes Man (2009) avait su donner une étonnante consistance au monde futile des cheerladers dans American Girls (2000), le revival de screwball comedy Bye Bye Love (2003) et une comédie intéressante avec La Rupture (2006).

Hormis la continuité se prêtant bien à la mode actuelle pour les séries télé, les films Marvel doivent en partie leur succès à leur modestie. La légèreté de ton, les univers bariolés et héros décontractés lancés dans des aventures trépidantes offrit une certaine alternative au sérieux plombant mal singé du Dark Knight (2008) de Christopher Nolan par la plupart des blockbusters qui suivirent. Point d’ambition de révolutionner l’histoire du cinéma avec Marvel mais plutôt l’impression d’acheter son comic hebdomadaire sur du mauvais papier, s’y détendre le temps de l’aventure et passer à autre chose en attendant la suite ce qui est finalement dans l’esprit serial que le studio ressuscite à sa manière. En y incluant une noirceur malvenue et artificielle comme dans Avengers : Ere d’Ultron la mayonnaise ne prend pas alors qu’elle triomphe dans l’excellent et insouciant Les Gardiens de la galaxie (2014). 

Ant-Man revient à ses fondamentaux et à l’image des pouvoirs de de son héros miniaturisé. Les enjeux modestes mais attachés à la proximité du Marvel papier sont au cœur du récit avec sous les combats costumés un maintien ou un renouement du lien père-fille. Paul Ruud en héros maladroit et rigolard est parfait, idéalement secondé par un Michael Douglas incarnant un mentor malicieux et tout aussi attachant. L’historique du personnage d’Ant-Man est astucieusement modernisé pour le cinéma, intégrant une facette plus torturée qui se fond bien dans l’ensemble plus léger. Un peu à la manière de la prise de conscience de son héros, les effets spéciaux prennent un tour ludique puis de plus en plus impressionnant pour dépeindre l’apprivoisement du pouvoir de miniaturisation.

Les gags initiaux laissent place à des effets de perspectives de plus en plus virtuoses, jouant constamment sur le chaos de l’infiniment petit qui s’avère insignifiant à échelle réelle dans un montage alterné habile. Le final amènera d’ailleurs une confusion prétexte à des scènes plus folles lorsque des objets du quotidien grossiront à leur tour, tout en introduisant une étonnante dimension métaphysique sur une des possibilités à risque du costume d’Ant-Man. Peyton Reed, peu familier de ce genre de production, s’en sort très bien avec un spectacle efficace et inventif intégrant même la continuité Marvel sans trop de dommage sur son propre film. En jugeant sur pièce et en ne se focalisant pas sur ce qui aurait pu être, une production Marvel inventive, drôle et plaisante - ce qui est l’essentiel.

En salle


mercredi 8 juillet 2015

American Girls - Bring It On, Peyton Reed (2000)

L'équipe de cheerleaders de Rancho Carno High School, les Toros, est la meilleure et compte bien gagner les championnats nationaux pour la sixième fois consécutive. Mais lorsque Torrance, nouvellement élue capitaine, découvre avec l'aide de Missy, une nouvelle recrue, que leurs enchaînements et leurs chorégraphies appartiennent en fait aux East Compton Clovers, une équipe de cheerleaders des bas-quartiers que l'ex-capitaine « Big Red » filmait afin de reproduire leurs pas, les Toros invaincus depuis 6 ans au titre de champions nationaux ont alors un sérieux problème. Ils doivent rapidement créer une nouvelle chorégraphie pour participer et remporter les championnats. Et ainsi prouver qu'ils sont réellement les meilleurs.

D'ordinaire dans les teens movies, le personnage de la cheerleaders se résumait à une ravissante idiote tout juste bonne à pavoiser et servir de repos du guerrier aux sportifs benêts et arrogant du lycée. Bring it on vient leur rendre justice en dévoilant les arcanes de ce qui constitue une véritable institution méconnue ne se résumant pas aux danses de soutien aux sportifs. L'heure de gloire de la belle Torrance (Kirsten Dunst) est arrivée lorsqu'elle devient en début d'année capitaine des cheerleaders du lycée.

Malheureusement les déconvenues vont se succéder avec d'abord la blessure d'une membre de l'équipe et surtout la découverte d'une terrible supercherie : les chorégraphies qui leur ont valu tant de tant de victoires en compétition ont en fait été volée à une équipe de cheerleaders des bas-quartier de la ville. Kirsten Dunst compose un personnage naïf mais habité par cette passion qui va ainsi découvrir pour la première fois le doute. Le film fonctionne grâce à sa prestation insouciante et impliquée à la fois, reflet de l'approche totalement premier degré de Peyton Reed qui en dépit de la légèreté assumée de l'ensemble ne prend jamais de haut la discipline qu'il dépeint.

On est finalement plus dans le vrai film sportif que le teen movie (le lycée se résume au gymnase pour les entraînements et les parents restent en retrait), le récit montrant le cheminement de Torrance devant prendre confiance en elle. Notre héroïne se perd ainsi et son équipe avec en choisissant la facilité, d'abord avec le plagiat initial qu'elle ignorait puis une humiliation en faisant appel à un chorégraphe (grandiose apparition de l'ancien rugbyman australien Ian Roberts) dont les figures ne seront pas plus originales. Le scénario de Jessica Bendinger célèbre ainsi l'initiative et l'esprit sportif, toutes les figures négative du film étant préoccupées par la seule victoire plutôt que le plaisir de la compétition.

Celui-ci appelle la création d'une chorégraphie propre afin de réellement mériter la victoire. Kirsten Dunst souriante et pleine d'allant fait parfaitement passer toute cette gamme d'émotion sans jamais tomber dans la niaiserie, bien secondé par une Eliza Dushku toujours aussi charismatique (on imaginait carrière plus intéressante entre ce rôle et celui de Faith dans la série Buffy contre les vampires). La romance avec Cliff (Jesse Bradford) est plaisante mais assez interchangeable du fait de ce personnage de punk rocker assez cliché (un t-shirt des Clash c'est un peu court pour caractériser).

C'est donc dans les scènes de danses que le film déploie tout son brio. La première en plein match de football illustre autant la notion physique que morale de la discipline, alternant figures acrobatiques mais aussi joutes verbales avec les cheerleaders adverse. Le découpage dynamique, les champs contre champs entre les cheerleaders et le public qu'elles haranguent (là aussi Kirsten Dunst bondissante, tout sourire et à bloc fait passer toute idée de second degré) véhiculent une sacrée énergie. Les redoutables adversaires des East Compton Clovers imposent elles une gestuelle plus guerrière et urbaine tout en étant aussi sacrément virtuose lors des scènes de tournoi. Peyton Reed lâche définitivement les chevaux dans le grand affrontement final.

On oscille entre le vrai suspense sportif à la Rocky, la comédie musicale (un peu plus de folie et on avait presque du Busby Berkeley sauce cheerleader) avec les travellings balayant l'espace et capturant les pas dans toutes leur ampleur sur la vaste scène. Un astucieux jeu sur la profondeur semble même faire littéralement bondir de nul part les danseuses en arrière-plan, le réalisateur arrivant autant à mettre en valeur la tonicité des cheerleaders que la virtuosité de la chorégraphie (dommage que la bande-son soit si quelconque d'ailleurs cela aura pu être plus efficace encore). Le fameux esprit sportif est respecté dans un joli final où les compétitrices ont enfin méritées le respect mutuel. Très efficace et plaisant donc pour un succès inattendu qui participera à l'ascension de Kirsten Dunst (qui sort de Virgin Suicides (1999) et va enchaîner avec le premier Spider-Man) et sera décliné dans pas moins de quatre suites...

Sorti en dvd zone 2 français chez Metropolitan