Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tous mes visionnages de classiques, coups de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram
Quatre garçons passent leurs vacances d'été
ensemble dans un pensionnat. Yu, un des garçons, décide de mettre fin à
ses jours en sautant d'une falaise suite à l'amour à sens unique qu'il
porte pour Kazuhiko, un autre garçon. Un jour, un nouveau, nommé Kaoru
arrive au pensionnat. Il ressemble fortement à Yu mais prétend être
quelqu'un d'autre. Kazuhiko commence par être fasciné par Kaoru...
Summer Vacation 1999 est une superbe adaptation libre d'un des chefs d'œuvres du manga shojo, Le Cœur de Thomas de Moto Hagio publié en 1975. Le Cœur de Thomas appartient au shōnen'ai,
un des sous-genres du shojo qui se caractérise par sa description des
relations intimes entre jeunes garçons. Par son côté chaste et sa
prédilection pour les atmosphères romantiques, il anticipe mais se
différencie également du boy's love qui
sera bien plus explicite dans sa description de l'homosexualité
masculine. On peut considérer que Moto Hagio, avec d'autres de ses
collègues féminines ayant émergé du mouvement du Groupe de l'An 24, est
une des fondatrices de ce courant qu'elle alimentera aussi avec un autre
de ses titres phares, le récit vampirique Le Clan des Poe
publié à la même période.
Esthétiquement et thématiquement, ces titres
se caractérisent par la profonde androgynie de ses personnages
masculins, la délicatesse et l'onirisme de ses atmosphères trouvant leur
inspiration dans la culture européenne, et notamment cinématographique
puisqu'une des influences de Moto Hagio sur Le Cœur de Thomas sera le film Les Amitiés particulières de Jean Delannoy - on peut soupçonner aussi qu'un film comme Marianne de ma jeunesse de Julien Duvivier a très certainement eut un impact important sur ce courant.
Le film de Shusuke Kaneko s'avère une adaptation assez fidèle, suivant
en grande partie la trame du manga hormis sa conclusion très
différente. Summer Vacation 1999 possède
cependant sa propre identité, ses singularités que l'on peut en partie
attribuer à Rio Kishida, collaboratrice phare du cinéaste d'avant-garde
Shūji Terayama pour lequel elle signa les scripts de Les Fruits de la passion (1981) et Adieu l'Arche (1984). Summer Vacation 1999
se caractérise ainsi par un côté hanté et une dimension fantastique
bien plus prononcée. Le film s'ouvre sur le suicide de Yu (Eri
Miyajima), désespéré après avoir été éconduit par son camarade de
pensionnat Kazuhiko (Tomoko Ōtakara), et qui va se jeter d'une falaise
non sans avoir adressé une ultime lettre d'adieu à son aimé. Cette
entrée en matière mystérieuse et dramatique envoute d'emblée, par son
côté flottant et gothique jouant du contraste entre l'incroyable décor
isolé du pensionnat à la pure architecture occidentale et le fait
d'avoir des adolescents japonais.
Shusuke Kaneko assume les spécificités
et influences du manga, et en use pour installer un climat d'inquiétante
étrangeté, entre psychanalyse et expression du surnaturel. C'est
notamment le cas en choisissant de rejouer l'androgynie des héros de
papier en les faisant jouer par des actrices, les traits, la silhouette
et démarche de ces dernières ne laissant jamais planer le doute quant à
leur genre (laissant planer l'influence du théâtre Takarazuka, forme sous laquelle fut d'ailleurs aussi adapté Le Coeur de Thomas) mais provoquant un trouble croissant chez le spectateur - on
peut soupçonner un Bertrand Mandico d'avoir probablement vu ce film
avant de s'attaquer à Les Garçons sauvages
(2017). Autres partis-pris audacieux, celui de s'appuyer justement sur
la photogénie de ses actrices uniquement, tout en les faisant doubler
par d'autres interprètes ce qui ajoute une touche de bizarrerie mais
contribue aussi à la dissonance de leurs émotions.
Cette tonalité hantée s'illustre par le choix de vider le pensionnat de
ses élèves en faisant se dérouler l'intrigue durant les vacances d'été.
Cependant, le dernier jour de classe et le tumulte des départs n'existe
que par le son tandis que les espaces sont vides, hormis les trois
élèves contraints de rester, et qui avaient tous un lien affectif avec
le disparu Yu. Un quatrième et nouvel élève va s'ajouter à eux, Kaoru
(Eri Miyajima) qui s'avère le sosie parfait de Yu. Coïncidence étrange,
fantôme venu les hanter, doppelgänger cherchant à les tourmenter, les
questions abondent quant à cette ressemblance improbable. Cependant, le
caractère bien trempé de Kaoru s'avère aux antipodes de la timidité de
Yu même si chacune de ses actions constitue une réminiscence
déstabilisante pour ses compagnons.
Sa présence sert de révélateur aux
autres quant à leur sentiments non résolus par rapport à Yu. Pour l'aîné
Naoto (Miyuki Nakano) c'est le "retour" d'un rival alors qu'il est
amoureux de Kazuhiko. Ce dernier est rongé par la culpabilité de sa
responsabilité dans le suicide de Yu, sentiment ravivé par la présence
de Kaoru. C'est aussi l'occasion pour lui de s'interroger sur les
raisons l'ayant amenée à rejeter Kaoru dont on comprend qu'il partageait
sans doute l'attirance. Enfin le cadet Norio (Eri Fukatsu, seule
actrice non doublée et qui fera une grande carrière par la suite, vue
dansHarude Yoshimitsu Morita (1996) ou encore Vers l'autre rivede Kiyoshi Kurosawa (2015)) voyait en Yu son seul ami et camarade de jeu alors qu'il était rejeté par les autres.
Shusuke Kaneko installe un décorum rétrofuturiste, où la modernité
incongrue (les adolescents travaillant sur des écrans d'ordinateur qui
ajoutent involontairement à la touche vintage) s'invite dans un cadre
convoquant justement un certain romantisme occidental et nostalgique. On
se demande parfois si tous les protagonistes ne sont pas justement des
fantômes rejouant la comédie d'émotions et culpabilités passées, par
exemple par le fait qu'ils soient livrés à eux-mêmes sans la moindre
présence d'un adulte, et l'aspect isolé du pensionnat. L'ambiance est en
tout cas envoutante, les futilités et rires adolescents se disputant à
des questionnements plus profonds sur l'amour, le deuil et le temps qui
passe.
Shūsuke Kaneko capture les extérieurs dans une magnificence
pastorale baignée dans la photo diaphane de Kenji Takama, tandis que les
intérieurs constituent un écrin sensuel où se libèrent les pulsions
intimes, mais aussi se manifestent les possibles fantômes à travers les
jeux d'ombres inquiétants et la colorimétrie bleutée. On est vraiment
happé par cette touche étrange et introspective, appuyée par le score
délicat de Yuriko Nakamura au piano, l'émotion fonctionne vraiment et
l'ambiguïté sur les identités et intentions de chacun plane jusqu'au
bout. Le film assume en effet une résolution fonctionnant davantage de
façon sensitive et psychanalytique que logique, le côté hanté et
répétitif existant jusqu'au bout, mais pour des protagonistes désormais
apaisés et assumant leurs natures. Beau film s'emparant avec grâce et
originalité des émois adolescents.
Un homme avec le pseudo "Haru" chats en ligne
avec un autre homme "Hoshi" avec l'idée que "Hoshi" est un homme. Ils
discutent de la relation de "Haru" avec sa petite-amie entre autres.
Mais en réalité, "Hoshi" est une jeune femme utilisant un pseudo
masculin pour éviter les avances d'autres hommes...
L'émergence et la démocratisation progressive d'internet dans les foyers
amènent des bouleversements sociaux dont le cinéma allait très vite
s'emparer. Le cinéma américain dans ses tentatives initiales se contente
de prolonger des formules et genres bien installés en y ajoutant
l'élément internet, mais sans intégrer les spécificités de ce nouveau
média au récit comme dans le thriller Traque sur internet (1995) ou la comédie romantique Vous avez un message
(1998) qui vieillissent assez mal. Le Japon a au contraire très vite su
saisir le nouvel espace social et intime que constitue internet, mais
surtout dans des œuvres sombres comme la chronique adolescente All About Lily Chou-Chou de Shunji Iwai (2001) ou l'épouvante de Kaïro de Kiyoshi Kurosawa (2001). Haru
les précède tous et s'avère un petit bijou toujours pertinent malgré
les évolutions technologiques et la place encore plus grande d'internet
dans notre quotidien aujourd'hui.
Le postulat est très simple et consiste à suivre le dialogue et la
relation par mail d'un homme, Haru (Seiyô Uchino), et d'une femme, Hoshi
(Eri Fukatsu), qui correspondent par mail tout au long du récit après
avoir sympathisé sur un forum de discussion. Le dispositif est également
assez simple, le montage alternant écran noir où l'on lit les mails
échangés avec le quotidien réel des personnages. Cependant Yoshimitsu
Morita dans ce va et vient nous fait dès la scène d'ouverture ressentir
qu'il ira du magma du collectif vers l'intime sur ces deux espaces
narratifs. Le début du film noue noie sous les messages en ligne sans
que l'on puisse identifier un interlocuteur, envahissant un paysage
urbain où les protagonistes sont tout aussi anonymes et étrangers les
uns des autres. Progressivement Haru et Hoshi sympathisent, les
intervenants se réduisent, les messages s'estompent pour ne plus
concerner que nos deux personnages. Les messages sur fond noir ou
carrément plaqués sur l'image réelle indiquent la plupart du temps qui
parle, mais Morita par sa caractérisation subtile rend peu à peu ce
renseignement inutile. Plus les personnages échangent sur leur vie et
révèlent un pan de leur personnalité, plus la connaissance et
l'attachement du spectateur pour eux se développe et laisse comprendre
qui est qui.
La linéarité de ce dispositif correspond aussi à la place d'internet
dans nos vies à cette période des années 90 où le schisme entre le
quotidien (la journée, le travail, les sorties) et les activités en
ligne (seul le soir chez soit devant le PC) existe, c'est une
photographie des usages à cette période. Ce qui empêche le film de
vieillir, c'est dans le fait de s'attacher aux comportements humains que
cela génère et qui persistent encore aujourd'hui même si la technologie
a évolué. Les échanges badins initiaux voient ainsi Haru et Hoshi
exposer une image déformée d'eux même. C'est notamment vrai de la part
d'Hoshi qui ne révèle pas immédiatement être une femme, et surtout
recherche l'attention des autres en exprimant sa passion pour le cinéma.
Haru la démasque accidentellement (sa description des snacks d'une
salle de cinéma de Tokyo dont ils avaient parlé étant erronée), ce qui
amène un échange plus sincère où Haru avoue être une femme, et ne pas
voir beaucoup de films puisqu'elle vit en province. Chaque petit aveu
mutuel de ce type amène à en voir plus de leurs vies respectives, Hoshi
végétant dans un poste de cadre commercial, Haru enchaînant les jobs
divers et variés. Hoshi s'englue dans le marasme urbain après la rupture
avec sa fiancée, Haru en deuil de son compagnon tragiquement disparu
multiplie les expériences professionnelles pour ne pas sombrer dans ses
pensées.
Les aveux intimes entraînent paradoxalement les mensonges quand la vie
de l'un prend un tour plus palpitant par une rencontre amoureuse et
force l'autre à affabuler pour cacher son désarroi. C'est l'occasion
d'explorer d'autres personnalités online et excentriques que notre
"couple", notamment lorsque Hoshi rencontre une dénommée Rose aussi
entreprenante dans le virtuel que chaste dans la réalité où elle
recherche avant tout une amitié. Internet est un lieu de tous les
possibles où le peut se façonner une personnalité plus grande que soit,
mais la réalité nous expose dans nos petits travers. Yoshimitsu Morita
se montre d'une limpidité exemplaire et ne lasse jamais dans son
procédé, trouvant nombres d'idées pour dynamiser dramatiquement ces
écrans où s'enchaînent les messages virtuels, et faisant montre du brio
de ses précédents films (The Family Game (1983) pour saisir en contrepoint des paysages
reflétant l'état d'esprit des personnages - porté par le spleen de la bande originale de Souichi Noriki et Toshihiko Sahashi.
Le fourmillement de
l'urbanité Tokyoïte, la froideur et la métronomie des transports en
commun traduisent l'étouffement et le spleen de Hoshi. A l'inverse, les
espaces provinciaux et ruraux vides, ainsi que la multitude des
environnements de travail de Haru expriment sa solitude et son absence
de perspectives - idée qui fonctionne aussi avec leur intérieur, encombré
et qui noie Haru, espacé et qui isole Hoshi. Parfois les échanges
virtuels font figure d'espace de confidence et reflète la réalité que
l'on voit d'eux, ou alors ils affabulent le 2.0 prolongent le quotidien
solitaire où il ne fait pas bon exposer sa détresse. Plus les
personnages deviennent proches, plus il leur est difficile d'assumer la
médiocrité de leur existence aux yeux de l'autre. D'ailleurs lorsqu'un
rebondissement fait se rejoindre leur deux "réalités" Morita use d'une
sorte d'effet de glitch, de bug dans ce réel comme si l'harmonie était
rompue.
On est ainsi happé par cette narration singulière, cet espace-temps
suranné et sans réseaux sociaux qui auraient accélérés en quelques clics
la révélation/demande du physique de chacun. Là on garde encore une
forme de mystère épistolaire et la vraie/fausse première rencontre donne
une scène d'un romantisme et d'une poésie magnifique, lorsque Haru et
Hoshi se donne "rendez-vous". Il est dans un train qui traverse sa
région, elle le film depuis l'extérieur dans son wagon où lui la prend
en photo. C'est une idée un pied dans le rétro par les technologies
utilisées (caméscope, appareil photo instantané) et l'autre dans la
modernité vue comme l'immortalisation filmée et photographiée se fera
plus envahissante, moins particulière, avec l'irruption des smartphones
15 ans plus tard. En définitive on observe grâce à cette relation
virtuelle chacun des personnages se reconstruire dans sa vie personnelle
et être ainsi apte à affronter une vraie rencontre qui donnera une
dernière scène poignante et inventive. Alors que le couple se voit enfin
en chair et en os, Morita coupe l'image et le son lors des premiers
mots échangés qu'il fait apparaître sous forme de conversation
virtuelle. Pas besoin d'en voir plus, la boucle est bouclée. Un petit
bijou de romance, porté par une interprétation touchante, en particulier
Eri Fukatsu en Hoshi.
Au cœur du Japon,
Yusuke convie sa compagne Mizuki à un périple à travers les villages et les
rizières. A la rencontre de ceux qu'il a croisés sur sa route depuis ces trois
dernières années, depuis ce moment où il s'est noyé en mer, depuis ce jour où
il est mort. Pourquoi être revenu ?
Vers l’autre rive
s’inscrit dans la passionnante évolution récente de la filmographie de Kiyoshi
Kurosawa. Sans se délester de son attrait pour le thriller, l’étrange et le
surnaturel qui ont fait sa notoriété dans ses plus grands succès (Cure (1997), Charisma (1999), Kaïro
(2001)), Kurosawa les fond dans un penchant nouveau pour le grand mélodrame. Le
retour vers le passé en forme de jeu de piste du magnifique Shokuzai (2012) capturait un douloureux
drame personnel, Real (2014) usait d’un
argument SF pour un envoutant voyage dans le subconscient et une belle romance.
Vers l’autre rive semble être l’aboutissement
idéal de cette démarche où passé le postulat surnaturel le réalisateur se met
entièrement au service du cheminement spirituel et sentimental de ses
personnages, sans le filtre du cinéma de genre.
Kiyoshi Kurosawa adapte ici le roman Kishibe no Tabi de Kazumi Yumoto dont l’approche singulière l’aura
particulièrement séduit. On découvre ainsi le lien que dépeint l’auteur entre
le monde des morts et des vivant à travers Mizuki (Eri Fukatsu) une jeune veuve
se morfondant depuis trois ans et la mort de son époux Yusuke (Tadanobu Asano) dont
le fantôme ressurgit un soir. Cette coexistence entre fantômes et vivants se
découvrira dans un voyage à travers un Japon rural (pouvant les ramener à une proximité que la froideur urbaine ne leur a pas permis) où Yusuke veut faire découvrir à
Mizuki les rencontres faites avant de revenir jusqu’à elle. Chaque étape
décrira une situation et un protagoniste irrésolu dans son rapport à la mort.
Kurosawa inscrit ces traumatismes autant chez les fantômes inconscients de leur
statut ou le refusant que les vivants ligotés aux disparus qui les hantent, parfois
par un objet rattaché au passé.
Ni spectre vaporeux et inquiétants, ni êtres
vivants totalement à leur place, les fantômes revêtent une présence inédite et
originale dans le film en constituant des figures en attente d’apaisement pour
définitivement s’évaporer « vers l’autre rive ». L’imagerie de
Kiyoshi Kurosawa donne donc un entre-deux troublant semblant constamment
révéler l’envers et l’endroit des différents environnements parcourus. L’éclairage
et la texture de la photo d’Akiko Ashizawa s’assombrissent ainsi nettement lors
des séquences de catharsis ou alors baignent le récit dans une atmosphère
vaporeuse ou la réalité se dispute au rêve éveillé.
Toutes ces péripéties se font en écho des retrouvailles du
couple. Il est sous-entendu que Yusuke s’est sans doute suicidé et les
incompréhensions, tromperies et rancœur ayant agités leur union se révèleront
peu à peu. Cette harmonie qu’il n’auront su trouver dans la vie, ils la
résoudront dans cette odyssée entre le réel et l’au-delà. Kurosawa capture la
complicité et l’intimité retrouvée naissante, chacun découvrant des facettes de
l’autre qu’il n’avait su apercevoir, laisser s’exprimer. Pourtant ces
retrouvailles doivent aussi constituer un adieu, la proximité irrésolue entre
les mondes pouvant confiner à la folie (voir le couple destructeur constituant
un miroir inversé des héros) empêchant d’avancer. Tous ce que Mizuki aura
traversé en tant qu’observatrice constituait ainsi son propre cheminement dans
l’acceptation du deuil.
Yusuke lui est revenu pour se présenter sous un
meilleur jour que lors de leur vie conjugale et ainsi se libérer de ses
sentiments contradictoires qui l’empêchaient d’avancer (avec une belle
métaphore dès l’ouverture sur la leçon de piano où elle ne peut qu’enseigner un
tempo boiteux à sa jeune élève). Les âmes se seront rapprochées et Kurosawa ose
même l’union charnelle tant attendue avant une poignante et poétique
séparation. Le réalisateur trouve le ton parfait entre un fantastique sobre au service
du grand mélodrame, où les images d’une beauté indélébiles se conjuguent à une
interprétation habitée et un score magnifique de Naoko Eto et Yoshihide Otomo.