Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tous mes visionnages de classiques, coups de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram

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mardi 19 mars 2024

Summer Vacation 1999 - 1999-nen no natsu yasumi, Shūsuke Kaneko (1988)

Quatre garçons passent leurs vacances d'été ensemble dans un pensionnat. Yu, un des garçons, décide de mettre fin à ses jours en sautant d'une falaise suite à l'amour à sens unique qu'il porte pour Kazuhiko, un autre garçon. Un jour, un nouveau, nommé Kaoru arrive au pensionnat. Il ressemble fortement à Yu mais prétend être quelqu'un d'autre. Kazuhiko commence par être fasciné par Kaoru...


Summer Vacation 1999 est une superbe adaptation libre d'un des chefs d'œuvres du manga shojo, Le Cœur de Thomas de Moto Hagio publié en 1975. Le Cœur de Thomas appartient au shōnen'ai, un des sous-genres du shojo qui se caractérise par sa description des relations intimes entre jeunes garçons. Par son côté chaste et sa prédilection pour les atmosphères romantiques, il anticipe mais se différencie également du boy's love qui sera bien plus explicite dans sa description de l'homosexualité masculine. On peut considérer que Moto Hagio, avec d'autres de ses collègues féminines ayant émergé du mouvement du Groupe de l'An 24, est une des fondatrices de ce courant qu'elle alimentera aussi avec un autre de ses titres phares, le récit vampirique Le Clan des Poe publié à la même période. 

Esthétiquement et thématiquement, ces titres se caractérisent par la profonde androgynie de ses personnages masculins, la délicatesse et l'onirisme de ses atmosphères trouvant leur inspiration dans la culture européenne, et notamment cinématographique puisqu'une des influences de Moto Hagio sur Le Cœur de Thomas sera le film Les Amitiés particulières de Jean Delannoy - on peut soupçonner aussi qu'un film comme Marianne de ma jeunesse de Julien Duvivier a très certainement eut un impact important sur ce courant.

Le film de Shusuke Kaneko s'avère une adaptation assez fidèle, suivant en grande partie la trame du manga hormis sa conclusion très différente. Summer Vacation 1999 possède cependant sa propre identité, ses singularités que l'on peut en partie attribuer à Rio Kishida, collaboratrice phare du cinéaste d'avant-garde Shūji Terayama pour lequel elle signa les scripts de Les Fruits de la passion (1981) et Adieu l'Arche (1984). Summer Vacation 1999 se caractérise ainsi par un côté hanté et une dimension fantastique bien plus prononcée. Le film s'ouvre sur le suicide de Yu (Eri Miyajima), désespéré après avoir été éconduit par son camarade de pensionnat Kazuhiko (Tomoko Ōtakara), et qui va se jeter d'une falaise non sans avoir adressé une ultime lettre d'adieu à son aimé. Cette entrée en matière mystérieuse et dramatique envoute d'emblée, par son côté flottant et gothique jouant du contraste entre l'incroyable décor isolé du pensionnat à la pure architecture occidentale et le fait d'avoir des adolescents japonais. 

Shusuke Kaneko assume les spécificités et influences du manga, et en use pour installer un climat d'inquiétante étrangeté, entre psychanalyse et expression du surnaturel. C'est notamment le cas en choisissant de rejouer l'androgynie des héros de papier en les faisant jouer par des actrices, les traits, la silhouette et démarche de ces dernières ne laissant jamais planer le doute quant à leur genre (laissant planer l'influence du théâtre Takarazuka, forme sous laquelle fut d'ailleurs aussi adapté Le Coeur de Thomas) mais provoquant un trouble croissant chez le spectateur - on peut soupçonner un Bertrand Mandico d'avoir probablement vu ce film avant de s'attaquer à Les Garçons sauvages (2017). Autres partis-pris audacieux, celui de s'appuyer justement sur la photogénie de ses actrices uniquement, tout en les faisant doubler par d'autres interprètes ce qui ajoute une touche de bizarrerie mais contribue aussi à la dissonance de leurs émotions. 

Cette tonalité hantée s'illustre par le choix de vider le pensionnat de ses élèves en faisant se dérouler l'intrigue durant les vacances d'été. Cependant, le dernier jour de classe et le tumulte des départs n'existe que par le son tandis que les espaces sont vides, hormis les trois élèves contraints de rester, et qui avaient tous un lien affectif avec le disparu Yu. Un quatrième et nouvel élève va s'ajouter à eux, Kaoru (Eri Miyajima) qui s'avère le sosie parfait de Yu. Coïncidence étrange, fantôme venu les hanter, doppelgänger cherchant à les tourmenter, les questions abondent quant à cette ressemblance improbable. Cependant, le caractère bien trempé de Kaoru s'avère aux antipodes de la timidité de Yu même si chacune de ses actions constitue une réminiscence déstabilisante pour ses compagnons. 

Sa présence sert de révélateur aux autres quant à leur sentiments non résolus par rapport à Yu. Pour l'aîné Naoto (Miyuki Nakano) c'est le "retour" d'un rival alors qu'il est amoureux de Kazuhiko. Ce dernier est rongé par la culpabilité de sa responsabilité dans le suicide de Yu, sentiment ravivé par la présence de Kaoru. C'est aussi l'occasion pour lui de s'interroger sur les raisons l'ayant amenée à rejeter Kaoru dont on comprend qu'il partageait sans doute l'attirance. Enfin le cadet Norio (Eri Fukatsu, seule actrice non doublée et qui fera une grande carrière par la suite, vue dans Haru de Yoshimitsu Morita (1996) ou encore Vers l'autre rive de Kiyoshi Kurosawa (2015)) voyait en Yu son seul ami et camarade de jeu alors qu'il était rejeté par les autres.

Shusuke Kaneko installe un décorum rétrofuturiste, où la modernité incongrue (les adolescents travaillant sur des écrans d'ordinateur qui ajoutent involontairement à la touche vintage) s'invite dans un cadre convoquant justement un certain romantisme occidental et nostalgique. On se demande parfois si tous les protagonistes ne sont pas justement des fantômes rejouant la comédie d'émotions et culpabilités passées, par exemple par le fait qu'ils soient livrés à eux-mêmes sans la moindre présence d'un adulte, et l'aspect isolé du pensionnat. L'ambiance est en tout cas envoutante, les futilités et rires adolescents se disputant à des questionnements plus profonds sur l'amour, le deuil et le temps qui passe. 

Shūsuke Kaneko capture les extérieurs dans une magnificence pastorale baignée dans la photo diaphane de Kenji Takama, tandis que les intérieurs constituent un écrin sensuel où se libèrent les pulsions intimes, mais aussi se manifestent les possibles fantômes à travers les jeux d'ombres inquiétants et la colorimétrie bleutée. On est vraiment happé par cette touche étrange et introspective, appuyée par le score délicat de Yuriko Nakamura au piano, l'émotion fonctionne vraiment et l'ambiguïté sur les identités et intentions de chacun plane jusqu'au bout. Le film assume en effet une résolution fonctionnant davantage de façon sensitive et psychanalytique que logique, le côté hanté et répétitif existant jusqu'au bout, mais pour des protagonistes désormais apaisés et assumant leurs natures. Beau film s'emparant avec grâce et originalité des émois adolescents.

Sorti en dvd japonais

mardi 10 janvier 2023

Haru - Yoshimitsu Morita (1996)

Un homme avec le pseudo "Haru" chats en ligne avec un autre homme "Hoshi" avec l'idée que "Hoshi" est un homme. Ils discutent de la relation de "Haru" avec sa petite-amie entre autres. Mais en réalité, "Hoshi" est une jeune femme utilisant un pseudo masculin pour éviter les avances d'autres hommes...

L'émergence et la démocratisation progressive d'internet dans les foyers amènent des bouleversements sociaux dont le cinéma allait très vite s'emparer. Le cinéma américain dans ses tentatives initiales se contente de prolonger des formules et genres bien installés en y ajoutant l'élément internet, mais sans intégrer les spécificités de ce nouveau média au récit comme dans le thriller Traque sur internet (1995) ou la comédie romantique Vous avez un message (1998) qui vieillissent assez mal. Le Japon a au contraire très vite su saisir le nouvel espace social et intime que constitue internet, mais surtout dans des œuvres sombres comme la chronique adolescente All About Lily Chou-Chou de Shunji Iwai (2001) ou l'épouvante de Kaïro de Kiyoshi Kurosawa (2001). Haru les précède tous et s'avère un petit bijou toujours pertinent malgré les évolutions technologiques et la place encore plus grande d'internet dans notre quotidien aujourd'hui.

Le postulat est très simple et consiste à suivre le dialogue et la relation par mail d'un homme, Haru (Seiyô Uchino), et d'une femme, Hoshi (Eri Fukatsu), qui correspondent par mail tout au long du récit après avoir sympathisé sur un forum de discussion. Le dispositif est également assez simple, le montage alternant écran noir où l'on lit les mails échangés avec le quotidien réel des personnages. Cependant Yoshimitsu Morita dans ce va et vient nous fait dès la scène d'ouverture ressentir qu'il ira du magma du collectif vers l'intime sur ces deux espaces narratifs. Le début du film noue noie sous les messages en ligne sans que l'on puisse identifier un interlocuteur, envahissant un paysage urbain où les protagonistes sont tout aussi anonymes et étrangers les uns des autres. Progressivement Haru et Hoshi sympathisent, les intervenants se réduisent, les messages s'estompent pour ne plus concerner que nos deux personnages. Les messages sur fond noir ou carrément plaqués sur l'image réelle indiquent la plupart du temps qui parle, mais Morita par sa caractérisation subtile rend peu à peu ce renseignement inutile. Plus les personnages échangent sur leur vie et révèlent un pan de leur personnalité, plus la connaissance et l'attachement du spectateur pour eux se développe et laisse comprendre qui est qui.

La linéarité de ce dispositif correspond aussi à la place d'internet dans nos vies à cette période des années 90 où le schisme entre le quotidien (la journée, le travail, les sorties) et les activités en ligne (seul le soir chez soit devant le PC) existe, c'est une photographie des usages à cette période. Ce qui empêche le film de vieillir, c'est dans le fait de s'attacher aux comportements humains que cela génère et qui persistent encore aujourd'hui même si la technologie a évolué. Les échanges badins initiaux voient ainsi Haru et Hoshi exposer une image déformée d'eux même. C'est notamment vrai de la part d'Hoshi qui ne révèle pas immédiatement être une femme, et surtout recherche l'attention des autres en exprimant sa passion pour le cinéma. Haru la démasque accidentellement (sa description des snacks d'une salle de cinéma de Tokyo dont ils avaient parlé étant erronée), ce qui amène un échange plus sincère où Haru avoue être une femme, et ne pas voir beaucoup de films puisqu'elle vit en province. Chaque petit aveu mutuel de ce type amène à en voir plus de leurs vies respectives, Hoshi végétant dans un poste de cadre commercial, Haru enchaînant les jobs divers et variés. Hoshi s'englue dans le marasme urbain après la rupture avec sa fiancée, Haru en deuil de son compagnon tragiquement disparu multiplie les expériences professionnelles pour ne pas sombrer dans ses pensées.

Les aveux intimes entraînent paradoxalement les mensonges quand la vie de l'un prend un tour plus palpitant par une rencontre amoureuse et force l'autre à affabuler pour cacher son désarroi. C'est l'occasion d'explorer d'autres personnalités online et excentriques que notre "couple", notamment lorsque Hoshi rencontre une dénommée Rose aussi entreprenante dans le virtuel que chaste dans la réalité où elle recherche avant tout une amitié. Internet est un lieu de tous les possibles où le peut se façonner une personnalité plus grande que soit, mais la réalité nous expose dans nos petits travers. Yoshimitsu Morita se montre d'une limpidité exemplaire et ne lasse jamais dans son procédé, trouvant nombres d'idées pour dynamiser dramatiquement ces écrans où s'enchaînent les messages virtuels, et faisant montre du brio de ses précédents films (The Family Game (1983) pour saisir en contrepoint des paysages reflétant l'état d'esprit des personnages - porté par le spleen de la bande originale de Souichi Noriki et Toshihiko Sahashi.

Le fourmillement de l'urbanité Tokyoïte, la froideur et la métronomie des transports en commun traduisent l'étouffement et le spleen de Hoshi. A l'inverse, les espaces provinciaux et ruraux vides, ainsi que la multitude des environnements de travail de Haru expriment sa solitude et son absence de perspectives - idée qui fonctionne aussi avec leur intérieur, encombré et qui noie Haru, espacé et qui isole Hoshi. Parfois les échanges virtuels font figure d'espace de confidence et reflète la réalité que l'on voit d'eux, ou alors ils affabulent le 2.0 prolongent le quotidien solitaire où il ne fait pas bon exposer sa détresse. Plus les personnages deviennent proches, plus il leur est difficile d'assumer la médiocrité de leur existence aux yeux de l'autre. D'ailleurs lorsqu'un rebondissement fait se rejoindre leur deux "réalités" Morita use d'une sorte d'effet de glitch, de bug dans ce réel comme si l'harmonie était rompue.

On est ainsi happé par cette narration singulière, cet espace-temps suranné et sans réseaux sociaux qui auraient accélérés en quelques clics la révélation/demande du physique de chacun. Là on garde encore une forme de mystère épistolaire et la vraie/fausse première rencontre donne une scène d'un romantisme et d'une poésie magnifique, lorsque Haru et Hoshi se donne "rendez-vous". Il est dans un train qui traverse sa région, elle le film depuis l'extérieur dans son wagon où lui la prend en photo. C'est une idée un pied dans le rétro par les technologies utilisées (caméscope, appareil photo instantané) et l'autre dans la modernité vue comme l'immortalisation filmée et photographiée se fera plus envahissante, moins particulière, avec l'irruption des smartphones 15 ans plus tard. En définitive on observe grâce à cette relation virtuelle chacun des personnages se reconstruire dans sa vie personnelle et être ainsi apte à affronter une vraie rencontre qui donnera une dernière scène poignante et inventive. Alors que le couple se voit enfin en chair et en os, Morita coupe l'image et le son lors des premiers mots échangés qu'il fait apparaître sous forme de conversation virtuelle. Pas besoin d'en voir plus, la boucle est bouclée. Un petit bijou de romance, porté par une interprétation touchante, en particulier Eri Fukatsu en Hoshi.

Sorti en bluray et dvd japonais

mardi 1 mars 2016

Vers l'autre rive - Kishibe no tabi, Kiyoshi Kurosawa (2015)

Au cœur du Japon, Yusuke convie sa compagne Mizuki à un périple à travers les villages et les rizières. A la rencontre de ceux qu'il a croisés sur sa route depuis ces trois dernières années, depuis ce moment où il s'est noyé en mer, depuis ce jour où il est mort. Pourquoi être revenu ?

Vers l’autre rive s’inscrit dans la passionnante évolution récente de la filmographie de Kiyoshi Kurosawa. Sans se délester de son attrait pour le thriller, l’étrange et le surnaturel qui ont fait sa notoriété dans ses plus grands succès (Cure (1997), Charisma (1999), Kaïro (2001)), Kurosawa les fond dans un penchant nouveau pour le grand mélodrame. Le retour vers le passé en forme de jeu de piste du magnifique Shokuzai (2012) capturait un douloureux drame personnel, Real (2014) usait d’un argument SF pour un envoutant voyage dans le subconscient et une belle romance. Vers l’autre rive semble être l’aboutissement idéal de cette démarche où passé le postulat surnaturel le réalisateur se met entièrement au service du cheminement spirituel et sentimental de ses personnages, sans le filtre du cinéma de genre.

Kiyoshi Kurosawa adapte ici le roman Kishibe no Tabi de Kazumi Yumoto dont l’approche singulière l’aura particulièrement séduit. On découvre ainsi le lien que dépeint l’auteur entre le monde des morts et des vivant à travers Mizuki (Eri Fukatsu) une jeune veuve se morfondant depuis trois ans et la mort de son époux Yusuke (Tadanobu Asano) dont le fantôme ressurgit un soir. Cette coexistence entre fantômes et vivants se découvrira dans un voyage à travers un Japon rural (pouvant les ramener à une proximité que la froideur urbaine ne leur a pas permis) où Yusuke veut faire découvrir à Mizuki les rencontres faites avant de revenir jusqu’à elle. Chaque étape décrira une situation et un protagoniste irrésolu dans son rapport à la mort. Kurosawa inscrit ces traumatismes autant chez les fantômes inconscients de leur statut ou le refusant que les vivants ligotés aux disparus qui les hantent, parfois par un objet rattaché au passé. 

Ni spectre vaporeux et inquiétants, ni êtres vivants totalement à leur place, les fantômes revêtent une présence inédite et originale dans le film en constituant des figures en attente d’apaisement pour définitivement s’évaporer « vers l’autre rive ». L’imagerie de Kiyoshi Kurosawa donne donc un entre-deux troublant semblant constamment révéler l’envers et l’endroit des différents environnements parcourus. L’éclairage et la texture de la photo d’Akiko Ashizawa s’assombrissent ainsi nettement lors des séquences de catharsis ou alors baignent le récit dans une atmosphère vaporeuse ou la réalité se dispute au rêve éveillé.

Toutes ces péripéties se font en écho des retrouvailles du couple. Il est sous-entendu que Yusuke s’est sans doute suicidé et les incompréhensions, tromperies et rancœur ayant agités leur union se révèleront peu à peu. Cette harmonie qu’il n’auront su trouver dans la vie, ils la résoudront dans cette odyssée entre le réel et l’au-delà. Kurosawa capture la complicité et l’intimité retrouvée naissante, chacun découvrant des facettes de l’autre qu’il n’avait su apercevoir, laisser s’exprimer. Pourtant ces retrouvailles doivent aussi constituer un adieu, la proximité irrésolue entre les mondes pouvant confiner à la folie (voir le couple destructeur constituant un miroir inversé des héros) empêchant d’avancer. Tous ce que Mizuki aura traversé en tant qu’observatrice constituait ainsi son propre cheminement dans l’acceptation du deuil. 

Yusuke lui est revenu pour se présenter sous un meilleur jour que lors de leur vie conjugale et ainsi se libérer de ses sentiments contradictoires qui l’empêchaient d’avancer (avec une belle métaphore dès l’ouverture sur la leçon de piano où elle ne peut qu’enseigner un tempo boiteux à sa jeune élève). Les âmes se seront rapprochées et Kurosawa ose même l’union charnelle tant attendue avant une poignante et poétique séparation. Le réalisateur trouve le ton parfait entre un fantastique sobre au service du grand mélodrame, où les images d’une beauté indélébiles se conjuguent à une interprétation habitée et un score magnifique de Naoko Eto et Yoshihide Otomo.

Sorti en dvd zone 2 chez Condor