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jeudi 30 juillet 2026

Her vengeance - Huet mui gwai, Lam Nai-choi (1988)

 Hôtesse dans une boîte de nuit, Ying est agressée un soir par des ivrognes qui la battent et la violent sauvagement. Cherchant à se venger, elle fait appel à un ancien membre de la triade désormais confiné dans un fauteuil roulant. Bien que réticent à l'aider dans sa quête de vengeance, il lui offre un emploi dans son bar. Mais, peu après, Ying rencontre l'un de ses agresseurs et le tue. Elle s'engage alors sur une voie de violence, entraînant dans son sillage les personnes qui l'entourent.

Lam Nai Choi est principalement passé à la postérité pour ses incursions dans le fantastique avec des œuvres comme The Ghost Snatcher, La Septième malédiction ou The Cat, ainsi que l’ovni bis The Story of Ricky (1991). Il a pourtant fait ses débuts dans une veine plus âpre et réaliste dans le registre du polar Brothers from the Walled City (1982) et Men from the Gutter (1983) et sa bascule réussie dans le fantastique venait initialement d’un changement de studio lorsqu’il passa de la Shaw Brothers à la Golden Harvest. Her Vengeance semble entrecroiser l’extravagance de sa veine fantastique et la relative noirceur réaliste de ses débuts dans ce qui est un pur film d’exploitation.

Her vengeance s’inscrit en effet dans le sous-genre controversé du « rape and revenge » et oscille constamment entre excès bis et une authentique sensibilité de mélodrame. L’approche émotionnelle tient dans l’évocation du traumatisme de l’héroïne Ying (Pauline Wong), tandis que sa brutale vengeance et la caractérisation de ses agresseurs verse dans l’outrance manifeste. Cette schizophrénie se ressent notamment dans l’éprouvante scène de viol, dans la retenue pour saisir la détresse de Ying et la manière dont elle s’extériorise mentalement de ce moment d’horreur, et grossière dans le filmage de la vulgarité libidineuse des agresseurs. Le scénario se sent obligé d’ajouter une terrible mst aux conséquences du drame, ainsi que quelques liens tragiques (mais jamais vraiment expliqués) passés entre la famille de Ying et les méchants appartenants aux triades.

C’est vraiment la descente aux enfers vengeresse de Ying qui porte l’intensité du récit. La violence est aussi frontale que cathartique dans l’exécution de cette vengeance à travers des idées fulgurantes (le jet d’acide au visage), mais avec toujours ce revers remettant tout en question à travers les conséquences mortelles sur l’entourage de l’héroïne. Le passif stylisé du réalisateur se ressent dans les élans baroques usant de l’environnement urbain, telle la photo de Kwan Chi-kan rendant gothique la traque de Ying en début de film, ou exacerbant sa rage lorsqu’elle assassine un agresseur sur fond d’éclairage rouge saturé. L’ajout de l’élément martial est assez sobre et tient au personnage de Lam Ching-ying redoutable bien que coincé dans un fauteuil roulant. Sobre et tourmenté, l’acteur est ici loin de ses rôles de facétieux moine taoïste des Mr Vampire, et impose une vraie gravité faisant oublier l’extravagance de ses prouesses malgré son handicap. 


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