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vendredi 3 juillet 2026

La Maison près du cimetière - Quella villa accanto al cimitero, Lucio Fulci (1981)

 Après le suicide de son mentor, le Dr Norman Boyle emménage dans la maison de ce dernier avec sa femme et son fils. Sombrant dans la folie et l'horreur, la famille découvre rapidement que quelque chose se terre dans le sous-sol de la maison.

Après Frayeurs (1980) et L’Au-delà (1981), deux poèmes macabres trônant parmi ses œuvres les plus personnelles et marquantes, Lucio Fulci semble davantage surfer sur l’air du temps avec La Maison près du cimetière. Avec son thème de la maison hantée, le film suit en effet une mode relancée par les succès de Amityville : La Maison du diable (1979) ou Shining (1980) et on retrouve justement plusieurs éléments de ce dernier dans le Fulci. Les perceptions extrasensorielles du petit garçon (qui a d’ailleurs la même coiffure que celui de Shining), la fragilité psychologique de la mère (Catriona MacColl), une séquence où le père (Paolo Malco) s’acharne à la hache contre une porte, les réminiscences du classique de Stanley Kubrick sont nombreuses. Mais alors que ce dernier oscillait pour sa demeure hantée entre espace mental et pure manifestation fantastique, Fulci baigne dans un récit gothique plus classique sur le fond.

La forme en revanche n’appartient qu’à lui, la veine onirique magnifiée durant la sidérante conclusion de L’Au-delà parcourant ici l’ensemble du récit. La porosité entre les niveaux de réalité est floue, tant dans le versant bienveillant (les avertissements de la fillette Mae) que menaçant. Un lieu tel que le cimetière offre certes un pont attendu entre les mondes, mais cela fonctionne à travers une simple photo, la mort s’invitant au quotidien par la découverte d’une pierre tombale dans la maison, ou tout simplement la bande-son menaçant la santé mentale des protagonistes lorsqu’elle est envahie de de cris d’enfants.

Les dérapages gore sont également là mais ne constituent pas le même pivot que sur les œuvres précédentes, l’atmosphère flottante liée à l’incertitude de la menace prend le pas sur les excès graphiques sanglants. Une angoisse sourde traverse le récit, portée par la bande-son synthétique de Walter Rizzati et Alexander Blonksteiner et la photo inquiétante de Sergio Salvati, collaborateur crucial aux visions de Fulci. 

Le rebondissement final révèle un danger à la fois concret et innommable privilégiant les excès graphiques chers au réalisateur, mais la conclusion stupéfiante nous entraîne vers les dédales les plus fascinants, psychanalytiques et mystiques du récit gothique. L’inventivité de Fulci s’y montre à son meilleur, nous entraînant dans un lieu entre prison mentale et dimension parallèle faussement apaisante – dont l’ambiguïté repose sur une citation d’Henry James tiré de Le Tour d’écrou. Ces trouvailles fascinantes font aisément oublier les habituels défauts de Fulci tels que le rythme inégal, narration incertaine.

Sorti en bluray français chez ESC 

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