Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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lundi 20 novembre 2017

A Day in the Death of Joe Egg - Peter Medak (1972)

A Day in the Death of Joe Egg est l'adaptation de la pièce éponyme à succès de Peter Nichols, immense succès dès sa prière sur les planches anglaises en 1967, puis international à Broadway et qui perdure aujourd'hui. L'histoire s'inspire du vrai drame vécu par Peter Nichols et son épouse ayant dû élever leur fille réduite à l'état de légume par un manque d'oxygénation du cerveau. La pièce exploite ainsi toute la confusion de sentiments de ces parents après des années de soins et d'amour sans amélioration, tant au niveau personnel que celui du couple mais aussi par rapport à la fillette.

Le film prend le parti totalement inverse de celui du futur Lorenzo de George Miller (1992) où une forme de mysticisme transcendera les doutes. Cela se ressent d'ailleurs dans la construction où l'on passe d'emblée de la désolation présente du foyer avant que des flashbacks heureux nous guident vers ce quotidien sinistre. Toute l'attention et l'affection de Sheila (Janet Suzman) se dirigent désormais uniquement vers sa fille inerte, cet espoir ayant depuis longtemps quitté Bri (Alan Bates) prenant désormais tout avec cynisme. Peter Medak parvient à surmonter la source théâtrale avec des apartés tragique et ironique où Alan Bates endosse joyeusement tous les visages des interlocuteurs ayant cherché à expliquer ou accepter le malheur à travers la médecine ou la religion. Cette distance disparait même cruellement quand cette détresse s'exprime dans un extérieur que la famille cherche à affronter malgré tout comme dans une attraction de noël face aux regards curieux des autres.

Le film ose exprimer les désirs les plus sombres qui peuvent même par intermittence traverser l'esprit de ses parents las comme celui de voir leur fille mourir, si ce n'est d'abréger eux-mêmes ses souffrances. Cela sera malheureusement un peu trop surligné quand cela passe par des protagonistes extérieur à la famille comme Pam (Sheila Gish) mais elle exprime néanmoins bien ce dégoût neutre et extérieur face à la laideur et l'apathie de la maladie- tandis que Freddie (Peter Bowles) évoque lui une compassion excessive et coupable. Le film constitue aussi l'anti Mandy d'Alexander Mackendrick (1952) avec un mal insurmontable qui sépare irrémédiablement le couple, chaque signe positif (le frémissement étant autant un signe de vie qu'une convulsion) ne pouvant qu'être déçu. Le final implacable ne laisse pas une once d'espoir et marque durablement.

Sorti en Bluray et dvd zone 2 anglais chez Indicator et doté de sous-titres anglais

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