Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

lundi 6 novembre 2017

Le monde est merveilleux - It's a Wonderful World, W. S. Van Dyke (1939)

Kidnappée par un homme accusé de meurtre, une jeune femme l'aide à retrouver le véritable assassin.

Le Monde est merveilleux est une screwball comedy décalquant le modèle initié par le film fondateur du genre, le fameux New York-Miami (1934) de Frank Capra. On y retrouve donc cette association improbable entre un homme et une femme que tout oppose sur fond de road movie haut en couleur. Sans égaler le classique de Capra (dont il récupère Claudette Colbert pour son premier film au sein de la MGM), le film est des plus agréables à suivre et offre d'ailleurs un galop d'essai dans le genre au scénariste Ben Hecht qui allait ensuite contribuer au mémorable La Dame du vendredi de Howard Hawks (1940).

Le mélange des genres est un des premiers attraits avec ce postulat à la Hitchcock où le détective Guy Johnson (James Stewart) se trouve entraîné dans la chute de son patron piégé et accusé de meurtre. Un indice lui laisse à penser que l'épouse de ce dernier est la coupable vénale et après une évasion, une course-poursuite à travers le pays va l'amener à la démasquer. Tout comme chez Hitchcock (le modèle des 39 Marches bien sûr) une bienfaitrice encombrante et amoureuse va l'aider dans sa quête. La comparaison s'arrête là puisque Johnson loin du vertueux sans peur et sans reproche est un mufle cynique dont la motivation à résoudre l'affaire est uniquement pécuniaire avec 100 000 dollars de récompense à la clé.

D'abord prise en otage, la poétesse Edwina (Claudette Colbert) se prend de passion pour les mésaventures de Johnson et décide de l'aider bien malgré lui. James Stewart même s'il vient de gagner en notoriété chez Frank Capra (Vous ne l'emporterez pas avec vous (1938)) n'est pas encore complètement identifié à son emploi de jeune homme naïf et bienveillant et du coup étonne en macho désabusé rudoyant plus d'une fois la malheureuse Claudette Colbert. Pourtant celle-ci en grande rêveuse ne voit que l'aura romanesque de Johnson et ses aventures et s'accroche à lui coûte que coûte. Plus l'intrigue avance plus le rustre Johnson s'avère empoté et incapable de se sortir seul d'affaire tandis qu'Edwina tout en perspicacité et fantaisie s'avère d'une aide précieuse.

La mise en scène de Van Dyke reste dans l'ensemble assez conventionnelle mais les situations font souvent mouche entre l'abattage de Claudette Colbert et les airs ahuris de Stewart (totalement ridicule en uniforme de scout et lunettes à verre épais) et les seconds rôles sont truculents notamment un duo de policier des plus incompétents. Sans forcément rire aux éclats, on s'amuse donc bien (notamment la scène où Claudette Colbert dupe les policiers en faisant passer Stewart pour son fiancé) d'autant que le script n'adoucit pas Stewart, hésitant jusqu'au bout entre individualisme lâche et héroïsme. On regrettera peut-être jusque que le final plutôt bien amené (réunissant tous les tenants et aboutissants dans un théâtre) soit un peu poussif alors que tous les éléments étaient là pour une apothéose de suspense à la Hitchcock mais Van Dyke privilégie la légèreté au mélange des genres initial plus prononcé. Sympathique néanmoins.

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire