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jeudi 20 août 2026

Les Associés - Chung hang sei hoi, John Woo (1991)

 Joe, Jim et Cherie, trois as de la cambriole élevés ensemble a Hong Kong par un père adoptif cruel, sont victimes lors d'un séjour en France d'un coup monte ou Joe perit. Inconsolables, Jim et Cherie retournent à Hong-Kong ou ils deviennent amants. Il se heurtent alors une nouvelle fois à leur père adoptif, plus méchant que jamais.

Les Associés est un projet assumé comme ouvertement commercial par John Woo après la débâcle commerciale d’Une Balle dans la tête (1990), une de ses œuvres les plus personnelles. Les Associés est l’occasion pour Woo d’exprimer son penchant pour le cinéma occidental, déjà plus que latent dans ses opus précédents. Le triangle amoureux teinté de drame et de comédie lorgne vers Jules et Jim de François Truffaut (1962), ainsi que Butch Cassidy et le Kid de George Roy Hill (1969) dont on aperçoit l’affiche lors de la scène finale. Woo chercher aussi à renouer avec l’élégance et le charme du caper movie, et plus particulièrement La Main au collet d’Alfred Hitchcock (1955).

L’ambition est assumée et fort réussie durant la première partie qui se déroule en France. L’effet carte postale est garanti avec durant les premières minutes tous les plus fameux monuments parisiens défilant à l’image, et plus tard lorsque l’intrigue se passera en Côte-d’Azur les environnements prestigieux comme la Croisette garantissent le dépaysement pour le public hongkongais avide de glamour français. Le trio formé par Chow Yun-fat, Leslie Cheung et Cherie Cheung est parfaitement caractérisé, tant dans ses compétences illégales que dans leur tempérament dictant la dynamique de leurs rapports. 

Woo alterne morceaux de bravoure et scènes de comédies enlevées où l’on savoure l’élégance amusée de Chow Yun-fat, la vulnérabilité de Cherie Cheung et la fougue de Leslie Cheung. Le plaisir prend le pas sur la vraisemblance d’extravagantes scènes de casse, jusqu’au larcin de trop durant lequel un tableau maudit va sceller le destin des personnages.

Une ellipse de deux nous ramène à Hong Kong et soudain le parfum d’inédit initial paraît nettement moins évident. Les Associés possède en fait une structure narrative strictement identique à Le Syndicat du crime (1986). Nous avons un Chow Yun-fat montré au sommet de son charisme cabot, avant la déchéance d’une seconde partie où il se trouve handicapé en fauteuil roulant. De même il y a un mentor/acolyte traître ayant fait fortune sur la déconvenue des héros eux-mêmes empêtrés dans leurs liens respectifs après les années de séparation. La différence tient au ton constamment léger en opposition du drame cathartique de Le Syndicat du crime. Tout est en mode mineur et, pour le meilleur et pour le pire, effectivement dans cette veine commerciale volontaire.

Sans verser dans la démesure de ses plus grandes réussites, les scènes d’actions sont efficaces et inventives. Les poursuites en voitures de la partie française sont chorégraphiées par Rémy Julienne et ont de fortes réminiscences des succès de Jean-Paul Belmondo des années 70/80, ainsi que des James Bond de Roger Moore. L’affrontement en huis-clos dans une galerie d’art préfigure en mineur et potache le final dantesque de A toute épreuve (1992) par la virtuosité filmique de Woo et la pyrotechnie déployée. 

Si Woo n’a cette fois pas la main trop lourde sur la romance et capture très bien l’amitié masculine, il s’égare grandement sur la fin dans l’humour cantonais bien gras faisant perdre toute sa prestance à un Chow Yun-fat bien trop cabot. On ne boudera pas le divertissement et l’on ne passe pas un moment désagréable, mais Les Associés est clairement l’opus le plus oubliable de la grande période de John Woo – qui recyclera d’ailleurs l’intrigue et les personnages aux Etats-Unis pour le téléfilm et la série Les Repentis en 1996.

Disponible en bluray chez Metropolitan 

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