Jamais là où on l’attend, après le polar Diamant Noir et la fresque Onoda, Arthur Harari s’essaie désormais au drame fantastique avec L’Inconnue. Il adapte ici la bande-dessinée Le cas David Zimmerman qu’il a coécrit avec son frère Lucas Harari. Le postulat est aussi simple que fascinant : David Zimmerman (Niels Schneider) photographe dépressif, recroise en soirée une femme (Léa Seydoux) qui l’avait intrigué quelques jours plus tôt.
Après avoir couché avec elle, il se réveille dans le corps de cette dernière. A la recherche de son vrai corps, il va croiser d’autres « victimes » dépossédées de leur être. Ce point de départ pourrait aller vers un haletant thriller fantastique, mais ce n’est pas la direction prise par Harari. Il y a bien sûr la question de l’identité de genre, abordée avec finesse en posant toutes les situations tant sociales que réellement physique, qu’entraînent ce changement de corps. Mais c’est avant tout le pas de côté vers un entourage désormais inaccessible qui emmènent le récit sur des rives existentielles et introspectives poignantes. Autocentré et taiseux, David devenu Eva comprend ce que son attitude a imposé à sa famille sans espoir de le réparer, tandis qu’une adolescente quant à elle piégée dans l’ancien corps de David récupère la solitude de ce dernier comme une malédiction. Léa Seydoux comme souvent est fabuleuse, exprimant tour à tour la froideur de l’identité masculine initiale avant de laisser émerger une émotivité croissante quand tout retour en arrière semble perdu, quand on n'observe plus les siens qu’à distance. Niels Schneider fonctionne quant à lui sur une interprétation plus physique, le langage affecté et la gestuelle maniérée déteignant sur l’allure d’un adulte que l’on a vu si peu expressif au départ. Harari évite les effets dramatiques pour privilégier l’errance, l’attente et le doute jusqu’à une conclusion ouverte et autorisant une condition inédite pour son héros/héroïne.En salle le 26 août




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