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vendredi 21 février 2014

Australia - Baz Luhrmann (2008)


En 1939, une aristocrate britannique, dont le mari vient de mourir, hérite de son ranch en Australie. Elle demande de l'aide à un drover (« cow-boy » australien) et à ses employés aborigènes pour résister à l'impitoyable concurrence dans le commerce du bétail. Ils devront traverser les contrées inhospitalières de l'outback avec le troupeau et seront témoins du bombardement de Darwin par l'aviation japonaise.

Avec l’apothéose que constituait Moulin Rouge (2001), Baz Luhrmann avait conclu sa trilogie du « Rideau Rouge » où ode au monde du spectacle s’entremêlait et servait la vision d’un romantisme flamboyant. Ce romantisme prenait un tour naïf et fougueux dans Ballroom Dancing (1992) et son monde des concours de danse, une transposition pleine de bruit et de fureur de Romeo et Juliette (1996) et l’aboutissement de Moulin Rouge qui réunissait le meilleur des précédents pour un des plus beaux mélos des années 2000. Il était donc tant de passer à autre chose pour Luhrmann qui après avoir échoué à monter sa fresque sur Alexandre Le Grand (avec Léonardo Di Caprio et Nicole Kidman) car devancé par Oliver Stone sur le sujet, le réalisateur ose donc la grande fresque romanesque où il nous contera un pan de l’histoire de son Australie natale. 

 La plus grande crainte avec ce film était de voir le style de Luhrmann noyé dans un classicisme malvenu  et donner un objet impersonnel. Passé une belle scène d'ouverture des plus poétique, la première demi-heure hyper chargée en lieux, situations, personnages et réalisation virevoltante typique de sa patte (on pense pas mal aux ouvertures hystérique de Moulin Rouge ou Ballroom Dancing) rassure immédiatement, on n'aura pas droit à un objet académique sans saveur, même si la deuxième partie du film moins portée sur l'aventure pure et dure est plus sobre. 

Tous les personnages et enjeux sont ainsi posés en un temps record (avec un point de départ par sans rappeler l’argument d’Il Etait Une Fois Dans L'Ouest) que ce soit Nicole Kidman excellente en aristocrate anglaise coincée dans cette contrée sauvage,  Hugh Jackman en gros rustre finalement tout aussi isolé des locaux du fait de sa proximité les noirs et surtout Brandon Walters épatante révélation en métis attachant et déchiré entre deux monde. 

Offrant un véritable hommage aux aborigènes et à leurs culture, Luhrmann charge son film d'une spiritualité de tous les instants influençant sa réalisation (la traversée elliptique et presque rêvée du grand Nulle Part) ainsi que les péripéties les plus marquantes comme lorsque Nullah stoppe un troupeau fonçant sur lui par une chanson tandis que Roi Georges vieil aborigène au savoir ancestral est véritablement l'âme du film. 

On a une dénonciation forte également des méthodes du gouvernement australien avec cette vision de la « génération volée » qui vit des métis arraché à leurs famille pour être assimilé et rendu plus acceptable par une éducation religieuse. Le spectre omniprésent du Magicien D'Oz plane également sur le film (le ranch de Faraway Downs rappelant évidemment la ferme du film de Fleming), justifiant les moments les plus volontairement factice comme lorsque Nicole Kidman vient consoler Nullah après la mort de sa mère et évoque pour la première fois le conte, ou offrant certaines des plus belles scènes comme les retrouvailles finales sur fond de "All Over the rainbow".

Le souffle de la grande aventure se déploie avec des vues majestueuses de paysages australiens peu vus au cinéma jusque-là, où Luhrmann (malgré quelques fautes de gouts dont des incrustation assez laides) livre des moments très impressionnants lors de la traversée avec le troupeau, alternant brillamment prise réelle et effets numérique, plein air et tournage en studios. La deuxième partie du film (tous les enjeux du début étant parfaitement bouclé à mi-parcours) est plus classique dans sa forme mais approfondi bien les personnages, notamment celui de Jackman dont la distance et le sentiment de liberté se justifie plus précisément. 

Là encore la façon dont l’Australie se trouva brutalement mêlées à la Deuxième Guerre Mondiale offre son lot de séquences spectaculaire notamment un bombardement final apocalyptique. Le final poignant où Nullah assume son destin et héritage offre sans doute la plus belle illustration au cinéma du rituel du walkabout avec le film éponyme et chef d’œuvre de Nicolas Roeg. Une réussite pour Luhrmann donc où l’on déplorera cependant un score assez quelconque alors que la beauté de certaines images et élans mélodramatique auraient mérité une bande-son plus marquante.  

Sorti en dvd zone 2 français chez Fox

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