Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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mardi 25 mars 2014

Sleeping Car To Trieste - John Paddy Carstairs (1948)


Sleeping Car To Trieste est un excellent thriller d'espionnage sous haute influence Hitchcockienne et dont le cadre ferroviaire évoque d'ailleurs forcément le classique Une femme disparaît (1938) ou son pendant signé Carol Reed Train de nuit pour Munich (1940). Le film est pourtant indirectement précurseur de ces deux œuvres puisque le remake de Rome Express (1932) où jouait notamment Conrad Veidt. On change néanmoins de cadre politique ici pour plonger en pleine Guerre Froide. Les agents soviétiques Zurta (Albert Lieven) et Valya (Jean Kent) dérobent à Paris dans une ambassade un journal contenant des informations confidentielles.

Afin de ne pas être pris avec l'objet du délit durant la soirée mondaine ayant lieu à l'ambassade, ils transmettent le journal à Poole, un acolyte posté à l'extérieur qui doit le leur remettre le lendemain. Seulement là surprise, Poole (Alan Wheatley) les trahit et s'enfuit avec le journal et nos agents remontent sa piste de justesse en montant dans l'Orient-Express où il voyage de Paris à Trieste. Une longue traque riche en rebondissement va alors s'engager tout au long du trajet, engageant dans son sillage d'autres voyageurs. Parmi eux on trouve un couple adultère, un inspecteur de police français, un ornithologue farfelu, un militaire américain en permission ou encore un écrivain au caractère irascible joué par Finlay Currie.

La première partie donne donc dans la longue étude de moeurs scrutant les caractères de chacun avant que la trame d'espionnage et la traque du journal vienne bouleverser les destins des voyageurs. Le cadre de la Guerre Froide est vraiment prétexte tant les ressorts de l'intrigue reposent plus sur les situations que le sous-texte politique et le film est d'ailleurs dénué de tout manichéisme. Tous les personnages se montreront tour à tour sympathiques (le couple d'espion impitoyable nouant une attachante relation laissant deviner les motivations plus intime de Jean Kent qui a perdu son père) ou méprisable, tel le mari adultère si préoccupé de sa réputation qu'il abandonnera sa maîtresse dès qu'il rencontre une vieille connaissance pouvant le démasquer.

De même on tremblera pour le traitre lorsqu'il finit par recroiser la route de Zurta (Albert Lieven ayant vraiment une mine inquiétante d'assassin sous le sourire enjôleur) et l'écrivain prestigieux s'avérera bien peu fréquentable quand il cherchera à s'approprier à son tour le fameux journal. La topographie du train est excellemment utilisée que ce soit les rencontres anodines dans les couloirs qui auront leur conséquences dramatiques plus tard ou les manœuvres classiques qui revêtent soudain une tension extrême (Zurta et Valya guettant à chaque arrêt sur le quai si leur proie cherche à s'échapper). Les quiproquos, revirement et mensonges divers créent une vraie énergie ludique où les faux-semblants règnent et enferment les protagonistes dans des situations inextricables qui relancent constamment le suspense. Le contenu du journal tant désiré a finalement moins d'importance que l'agitation de ceux qui se démènent autour pour mettre la main dessus.

Ce jeu de piste s'interrompt dans la dernière partie où un meurtre fait basculer le ton du côté d'Agatha Christie. Mais là aussi l'identité du meurtrier (pas du tout dissimulée) importe peu, c'est la réaction des personnages leurs semis vérités et dénégations qui guide l'intrigue. Le pur suspenses 'estompe mais la fine psychologie du script et les comédiens inspirés rendent le tout palpitant, John Paddy Carstairs (surtout connu pour ses nombreuses adaptations des aventures du Saint et adoubé par Leslie Charteris) n'est certes pas Hitchcock mais confère toute la tension et la nervosité nécessaire à l'ensemble (une bagarre brutale dans un wagon annonçant celle fameuse de Bon Baiser de Russie (1963) entre James Bond et Red Grant) et le final s'inspirant largement de celui de L'Ombre d'un doute (1943).

Une belle réussite haletante de bout en bout et néanmoins baigné d'humour anglais savoureux avec son lot de seconds rôles farfelus (le pot de colle joué par David Tomlinson, le fils à papa anglais donnant des conseils de cuisine à un chef français exaspéré, les jeunes française jouant de leur charme pour échapper à la taxe douanière) pour un excellent divertissement.

Sorti en dvd zone 2 anglais et dépourvu de sous-titres

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