Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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mardi 11 mars 2014

If You Could Only Cook - William A. Seiter (1935)

James Buchanan est un magnat de l'automobile, propriétaire de Buchanan Motors, et concepteur en chef. Il est riche et prospère et il est sur le point de se marier. Son conseil d'administration a refusé ses idées concernant une nouvelle gamme révolutionnaire de voitures. Et puis il a cette histoire de mariage. il a de l'argent, elle a des biens familiaux. Mais il n'y a pas de piquant. Pas de romance. James Buchanan n'avait pas réalisé qu'il était une sorte de romantique ...

Une petit bijou de screwball comedy au pitch inventif et dont on savourera le mélange de romantisme et de joyeux délire typique de l'âge d'or du genre en ce milieu des années 30. James Buchanan (Herbert Marshal) est un magnat de l'automobile las de son existence sans folie où tout semble programmé. Son futur mariage tout d'abord où l'union semble plus motivé par une une association rentable (la famille prestigieuse de son épouse snob contre sa fortune) que l'amour et son affaire où toutes ses idées novatrice sont bloquées par ses associés pour une prudence qui le frustre également. Buchanan est en manque de folie et de surprise dans cet environnement opulent mais le danger et l'imprévu vont enfin surgir dans son existence avec la rencontre de Joan (Jean Arthur).

S'affalant déprimé sur un banc public, il est pris pour un compagnon de mauvaise fortune par Joan cherchant un job dans les petites annonces. Tombant sur une offre d'emploi réclamant un couple d'employé de maison, elle va proposer à James de se faire passer pour un couple marié afin d'obtenir le job. Content de ce piment inattendu dans sa vie, James accepte et tout deux vont bientôt être engagé chez le farfelu Rossini (Leo Carillo), ex bootleggers au fréquentations douteuses.

Le pitch improbable prend tous son sens dans ce contexte de Grande Dépression où l'on est près à toutes les folies pour s'assurer un toit au dessus de la tête. Jean Arthur incarne à merveille cette fille du peuple simple et toujours vaillante dans l'adversité dont l'énergie va peu à peu déteindre sur Buchanan. On s'amuse de la découverte maladroite du difficile métier de majordome par notre héros (amusante scène où il apprend les figures et attitudes à adopter de la part de son propre majordome en apprenant de belles sur ce qu'il pense de lui) qui rayonne enfin ainsi bousculé dans ses habitudes. La complicité entre Herbert Marshall et Jean Arthur est parfaite, lui dont les émotions ranimées percent constamment sous le flegme apparent et elle toujours aussi attachante dans ce croisement de détermination et vulnérabilité.

A cette dimension sentimentale magnifique s'ajoute des touches plus azimutées avec le patron mafieux joué par Leo Carillo et surtout son homme de main incarné par Lionel Stander dont la gouaille si caractéristique fait des étincelles. C'est par eux qu'arrive le grain de folie qui va dynamiter la réalité et différence sociale amenée à séparer inéluctablement nos héros. Après une série de quiproquos et rebondissement en pagaille, un final totalement fou vient ainsi résoudre le dilemme dans un grand éclat de rire qui désamorce les attentes jusqu'au bout. On attends une classique grande déclaration d'amour d'Herbert Marshall et là toute la malice de l'acteur transparaît pour réveiller les sentiments de Jean Arthur (définitivement à croquer) d'une manière bien plus roublarde. Une petite merveille menée tambour battant par un William A. Seiter très inspiré, annonçant sans l'égaler Mon Homme Godfrey à venir l'année suivante.

Sorti en dvd zone 1 chez Sony et doté de sous-titres anglais

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