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dimanche 2 mars 2014

Le Dernier Samaritain - The Last Boy Scout, Tony Scott (1991)

Détective privé alcoolique et cynique, Joe Hallenbeck fut autrefois un héros des services secrets. Sa carrière a tourné court, tout comme celle du footballeur noir Jimmy Dix, qu'il rencontre dans une boîte de nuit où se produit Cory. L'assassinat de cette dernière va lancer les deux hommes dans une enquête difficile et musclée...

Le Dernier Samaritain constitue une sorte de dream team des personnalités ayant refaçonnés l'esthétique et le ton du cinéma d'action durant les 80's. Le producteur Joel Silver est le point central de cette réunion puisque producteur de Piège de Cristal (1988) et L'Arme Fatale 1 et 2 (1987 et 1989) d'où il ramènera Bruce Willis et le scénariste Shane Black. Quant à Tony Scott, son Top Gun (1986) a imposé les canons visuel clippesques de l'époque. Le Dernier Samaritain apparaît comme un prolongement de toutes ces œuvres, les références étant d'ailleurs nombreuses et plus (la fille de Bruce Willis regardant L'Arme Fatale à la télévision) ou moins (la scène où Willis se moque de la mode et des prix de pantalons en cuir issue en fait d'une scène coupée de L'Arme Fatale à nouveau) visibles. Plutôt que l'urgence des films précédents, Le Dernier Samaritain privilégie le pur polar et par la même occasion un ton plus sombre.

Ainsi Joe Hallenbeck (Bruce Willis) partage la vie personnelle dévastée et le sens du bon mot de John McLane (Piège de Cristal) et les penchants psychotiques de Martin Riggs (Mel Gibson) mais si les archétypes sont bien là, le script de Shane Black et le jeu de Bruce Willis amène le film vers une tonalité plus sombre et désabusée. La construction est ainsi typique de Shane Black (même si cela ne se voit pas dans cette Californie ensoleillée l'intrigue se déroule comme souvent à la période de noël avec lui) mais avec une touche de violence et de sordide plus appuyée, le trauma de l'acolyte et ex footballeur joué par Damon Wayans en faisant un personnage bien plus torturé que le side-kick de Piège de Cristal auquel il fait penser.

Le film est ainsi captivant dans sa première partie plus posée où l'enquête nonchalante parsemée d'éclats de violence et de punchlines ordurières (Shane s'est surpassé) impose une vraie touche de film noir dépressive revisitée à la touche Joel Silver et parfaitement servie par Tony Scott dont le visuel coloré se voile d'un aspect révélant constamment la laideur constituant l'envers de cette Californie. Une laideur où se dissimule le divertissement roi nid de toutes corruptions avec le football américain peuplé de joueurs dopés et dirigeant corrompus. Il est ainsi un peu dommage que dans sa dernière partie le film délaisse cette approche pour céder à l'actioner typique des productions Joel Silver, s'autorisant tous le festival de cascades improbables, bagarres hargneuses et gunfights interminables qu'il avait maintenu dans une sécheresse bienvenue précédemment.

Cela dit, en ces temps de blockbusters propres et aseptisés l'outrance et le côté bad ass assumé des personnages reste sacrément jubilatoire (Willis avertissant un malfrat qui l'a malmené de ne plus recommencer et de lui régler assez radicalement son compte), tout comme la complicité communicative entre Bruce Willis et Damon Wayans. D'ailleurs hormis l'inspiration de ses illustres prédécesseurs, le Die Hard 3 (1995) de John McTiernan doit beaucoup au niveau du ton (le côté épave humaine plus appuyé de McLane, la course poursuite finale dans la ville) à ce Dernier Samaritain toujours aussi divertissant.

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

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