Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

lundi 3 mars 2014

Red-Headed Woman - Jack Conway (1932)

Lilian « Lil » Andrews (Jean Harlow) est une jeune femme ambitieuse et prête à tout pour gravir l’échelle sociale. Elle séduit son riche patron William « Bill » Legendre Jr. (Chester Morris) et le pousse à mettre un terme à son mariage avec Irene (Leila Hyams). Lil espère ainsi intégrer la haute société mais aura beaucoup de difficultés à y être acceptée.

Un Pré-Code sulfureux qui contribue après le succès l'année précédente de La Blonde Platine à l'aura de star scandaleuse de Jean Harlow. Au scénario on trouvait déjà Anita Loos qui entamait alors une association à succès avec Harlow et contribuant à son mythe avec des œuvres comme Hold Your Man (1933), La Loi du plus fort (1936) ou encore Saratoga (1936), ultime rôle d'Harlow. Anita Loos est également l'auteur en 1925 du roman Les hommes préfèrent les blondes popularisé plus tard par la célèbre adaptation d'Howard Hawks et par la même occasion contribue au mythe de la "gold digger" , la séductrice de basse extraction en quête d'un mari richissime apte à lui faire mener la grande vie. Ce mythe est associé à la blonde évidemment et comme le montrera l'interprétation de Marylin Monroe prend un tour candide mais encore assez naïf et tendre, ce que vient complètement contredire ce Red-Headed Woman avec son héroïne à l'érotisme incendiaire.

Dès l'ouverture le ton est donné avec une Jean Harlowe lascive lançant un "Qui a dit que les hommes préféraient les blondes". Ce changement capillaire pour la star tend à renforcer la dimension amorale et la sexualité agressive de Lil, jeune femme bien décidé à gravir l'échelle sociale. Conway en fait un prédateur dont les griffes sont ses jambes longuement exposées, les crocs ce regard mutin brûlant de désir et en vrai chasseur de sa catégorie sa proie est accrochée à son porte- jarretelle avec la photo de son patron et fils de bonne famille Bill Legendre (Chester Morris) sur lequel elle a jeté son dévolu. Conway ne donne à aucun moment un semblant d'illusion de vrais sentiments, le sexe est une arme que maîtrise parfaitement Lil et pour ses victimes sa sensualité provocante est comme une maladie incurable dont ils ne pourront plus se défaire après y avoir gouté.

Du plus vertueux et aimant des époux au vieux puritain le plus austère, pas un ne résistera et Conway se fait un malin plaisir à tirer en longueur des séquences à la tension érotique intenable où la libido masculine est un jouet dont notre héroïne s'amuse. La scène où Lil s'enferme avec Bill et cache la clé dans son corsage est aussi torride que tordante face au désarroi du malheureux homme pris au piège dans tous les sens du terme et qu'un fondu au noir parfait de sous-entendus vient conclure. Le film ne se montre d'ailleurs pas forcément toujours aussi subtil, osant par instants un érotisme bien plus direct comme ce moment où Jean Harlow échange son pyjama avec son amie et que l'on peut clairement voir ses seins. Le dialogue est aussi un moyen efficace de souligner l'amoralité de Lil, celle-ci lançant un Cette robe est transparente ? Je la prends ! durant un achat en début de film.

Et pourtant, miracle Jean Harlow n'est jamais méprisée ni détestée malgré cette attitude tout au long du film. L'actrice dégage un tel capital sympathie que l'on est plus amusé que choqué de ses exploits, notamment grâce à la dimension sociale du récit. Son physique semble être son seul atout pour réussir, sa gouaille et ses attitudes désinvoltes signifiant bien sans appuyer qu'elle n'a pu recevoir une meilleure éducation. Elle n'en fait pas un complexe et quand les membres de la haute société la mépriseront, loin de désespérer elle ira tout simplement pêcher un plus gros poisson. Ce personnage plein de ressources fascine donc, sans complexe moraux que ce soit dans son ambition ou ses désirs (l'aventure avec le chauffeur français joué par Charles Boyer). Une liberté de ton confirmée par un final délicieusement amoral.

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner dans la collection "Trésors Warner" consacrée au Pré-Code

Extrait

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire