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mardi 4 mars 2014

La Flèche et le Flambeau - The Flame and The Arrow, Jacques Tourneur (1950)

Lombardie, XIIème siècle. Dardo, un héros à la Robin des Bois, est accompagné de ses loyaux compagnons. Ensemble, ils installent leur quartiers dans les ruines d'une église et préparent une insurrection contre le tyrannique comte Ulrich, qui retient prisonnier le fils de Dardo.

Jacques Tourneur signe un bondissant film d'aventures avec La Flèche et le Flambeau qui démontre s'il était encore besoin l'étendue de son registre tout en mettant définitivement sur orbite la carrière de Burt Lancaster ici bien loin des rôles torturés qui le révélèrent dans Les Tueurs (1946) et Les Démons de la liberté (1947). Ambiance médiévale bariolée à la sauce hollywoodienne, héros sautillant et charmeur, on pense forcément à la vision du film au classique de Michael Curtiz Les Aventures de Robin des Bois (1938). La comparaison est logique vu que le rôle était initialement prévu pour un Errol Flynn ayant pourtant déjà amorcé son déclin et surtout car la Warner a recyclé ici nombre des décors du film de Curtiz.

On est fort heureusement loin du décalque ici à tout point de vue. Si on a la traditionnelle opposition entre dominant/dominé avec l'envahisseur germanique et le peuple de Lombardie, le traitement est assez différent. La révolte reste en sourdine jusqu'au réveil de l'individualiste et insouciant Dardo (Burt Lancaster) uniquement préoccupé du bien-être de son fils et dont l'antagonisme avec l'envahisseur repose avant tout sur l'abandon du foyer de son épouse pour le perfide Comte Ulrich de Hesse (Frank Allenby).

L'union de hors-la-loi en forêt ne se fait alors que lorsque le fils de Dardo est enlevé par Ulrich, l'enjeu reposant autant sur la reconstruction familiale que de la reconquête de la Lombardie. En mère de substitution on aura une magnifique Virginia Mayo en marquise hautaine peu à peu séduite par la rudesse de Lancaster, mais le rythme file tellement vite que l'on prend guère le temps de développer cette idée et si le couple dégage un charme certain la relation est tout de même un poil mécanique par rapport en l'enchantement constant qu'amenait le duo Errol Flynn/Olivia de Havilland par exemple.

Côté spectaculaire on est servi avec un Tourneur inspiré et formidablement aidé par un Burt Lancaster ravi de déployer ses aptitudes physique. La star impose une présence unique avec ses allures de gros ours rigolard et séducteur, aussi à l'aise dans la bagarre chaotique (formidable première bagarre au château où il défait les assaillants avec tous les objets lui passant sous la main) que dans la cascade virtuose où les prouesses de trapézistes issue de son expérience du cirque (son acolyte de l'époque jouant l'acolyte muet Piccolo et l'ayant suivi dans de nombreux films) donne nombre de morceaux de bravoures ahurissant pour l'essentiel exécuté par lui-même.

L'aspect outrancier et cartoonesque des scènes d'actions, aussi impressionnantes qu'outrancières donne d'ailleurs un côté bd des plus ludiques notamment dans le final chaotique agrémenté de la troupe de forain (déguisement d'ours, coup de poings dévastateur, chute en pagaille). Ne manque qu'Idéfix et la potion magique (puisque même le barde insupportable à la Assurancetourix est bien là) pour se croire dans Astérix et l'on peut supposer que le film a pu être une inspiration de Goscinny et Uderzo. Tourneur loin d'être un illustrateur plat des prouesses de sa star confère une formidable énergie et urgence à l'ensemble (84 minutes à peine !) et montrant preuve de son inventivité habituelle avec notamment un fabuleux duel nocturne à l'épée. C'est sur une ultime cabriole de Lancaster qu'on quitte ce divertissement idéal avec un grand sourire.

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

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