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jeudi 15 novembre 2012

Le Cri de la victoire - Battle Cry, Raoul Walsh (1955)


San Diego, 1942. Le commandant Sam Huxley, que ses hommes nomment affectueusement "La Grande Perche", commande une section de futurs "Marines" appelés à participer aux durs combats du Pacifique. Les recrues viennent des quatre coins des États-Unis. Il y a là Andy, d’origine suédoise, grand amateur de jolies filles, que sa fiancée, Pat, attend au pays ; "Sky" Wronski, un garçon pauvre, qui économise pour amener après la guerre sa promise, Susan, en Californie ; Danny, un jeune Texan qui a lui aussi sa petite amie, Kathy ; un intellectuel solitaire, Marion ; Jones, le boute-en-train de la bande ; Gomez, dit "l’Espagnol", à l’humeur querelleuse, adepte des coups tordus ; et jusqu’à deux Indiens Navajos, Lighttower et "Crazy Horse". Mac, le sergent, un vieux briscard des fusiliers marins, va mener à ces gosses la vie dure, pour en faire de vrais "Marines".


Battle Cry est sans doute le plus faible des films de guerre réalisé par Raoul Walsh qui adapte un roman à succès de Leon Uris à qui on doit le célèbre (le livre comme l'adaptation épique de Preminger) Exodus. On y suit le parcours de jeunes marines de leurs formations initiales à l'épreuve du champ de bataille, cette dernière n'intervenant qu'à la toute fin. Le reste du film s'attarde sur le quotidien des soldats dans les différents lieux de séjours (Nouvelle Zélande entre autres). Le ton donne dans la veine patriotique de propagande, cette exaltation de la jeunesse guerrière bien que ce déroulant  durant les campagnes du Pacifique lors de la Deuxième Guerre Mondiale éveille plus les fantômes de la Guerre de Corée pas encore  terminée quand est lancée la production du film (mais terminée au moment de sa sortie). 

La voix off bienveillante et enflammée accompagnant le destin de ces jeunes recrues est dans l’esprit mais n'est pas particulièrement gênante, Walsh s'en étant déjà bien sorti sur ce terrain avec Aventure en Birmanie, ou en rattrapant cette contrainte par une escalade dans le spectaculaire pour Sabotage à Berlin. Le gros problème ici est l'intrigue se focalisant sur les démêlées amoureuses des soldats, et très ponctuellement de leurs peurs et doute pour le futur expérience du champ de bataille. Les jeunes acteurs sont pour la plupart assez lisses, pas aidés par le scénario qui en fait de gros archétypes sans reliefs et les quelques-uns potentiellement intéressants sont un peu sacrifiés au montage (la femme adultère joué par Dorothy Malone qui disparaît vite pour cause de morale, l'intellectuel Marion qui meurt sans que l'on ne ressente rien) où on sent les coupes franches. 

Du coup avant la brève bataille finale on assistera à quasiment 2h de soap roman photo gentillet, pas désagréable mais assez anecdotique. On s'accrochera à ce que l’on peut notamment un Walsh qui se permet pas mal de situations érotique assez osées bousculant comme Dorothy Malone entièrement nue mais dissimulée par une chaise, le couple non mariés (ça sera vite réparé) attendant un enfant. 

L'émotion fonctionne néanmoins par intermittence comme l'histoire d'amour entre le bucheron américain rustre et une néozélandaise, notamment toute la partie où il refuse de retourner au combat pour rester avec elle. Il n'y a bien que l'interprétation de Van Heflin, totalement habité en commandant humain et charismatique qui retient vraiment l'attention. Peu palpitant donc, dans cette veine croisant intimisme et combat mieux vaut revoir l’éternel Tant qu'il y aura des hommes de Zinnemann.



Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

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