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mardi 13 novembre 2012

36 heures avant le débarquement - 36 Hours, George Seaton (1965)


Quelques jours avant D-Day, le Major Pike (James Garner) est envoyé en mission de routine au Portugal, mais il est vite suivi par des espions allemands qui réussissent à la droguer et l'emmener en Allemagne. A son réveil, Pike, se retrouve en 1950, dans un hôpital militaire US dans une Allemagne d'après-guerre occupée par les Allies... C'est en fait une mise en scène monumentale des Nazis pour lui soutirer les détails du Débarquement...

36 Hours est un film d’espionnage des plus original avec une intrigue maligne annonçant autant les épisodes les plus tarabiscotés de la série Mission : Impossible que le cinéma paranoïaque  des années 70. Tout ce qui tiens de la manipulation de James Garner est remarquablement amené et crédible, avec un plan d'une envergure impressionnante autant dans les moyens (l'hôpital reconstitué, les faux journaux, les rides artificielles, fausse biographie et rapport médicaux) que dans les méthodes avec un Rod Taylor fin psychologue qui a étudié sa proie dans les moindres détails et lui a préparé une illusion parfaite.

 Ce dernier interprète le personnage le plus intéressant et complexe du film, contraint de dédier une méthode aux objectifs nobles (soigner le traumatisme du soldat revenu du Front Russe par un retour en douceur à la réalité) à l’autorité militaire qui en fait une redoutable arme de manipulation.

L'interprétation est remarquable notamment une émouvante Eva Marie Saint en rescapée des camps obligée de jouer le jeu des nazis, Rod Taylor tout en subtilité donc (pas sa qualité première d’ordinaire) et Werner Peters détestable à souhait en officier SS. On peut regretter que le film abandonne un peu trop vite son génial postulat de départ en faisant découvrir le pot au rose à Garner cela est bien amené. Le tout aurait pu rester captivant en instaurant un certain jeu de faux semblant et de mensonge entre lui et les nazis où il simulerait d'être encore dupe l’intrigue et les enjeux complexes dérivent finalement vers un déroulement plus classique.

L’imposant mais peu subtil James Garner s’avère héros très conventionnel, le côté stratégique et manipulateur venant finalement plus de l'Etat-major anglais que ses actions. La tension potentielle qu'aurait pu provoquer le final tombe un peu à plat, notamment la mort de l'infâme officier SS pas aussi cathartique qu’elle aurait dû.

 Si on peut regretter un certain potentiel inexploité (pour le coup un remake ne serait pas superflu, à la même période sur un thème voisin et dans un contexte contemporain Un crime dans la tête de Frankenheimer est bien plus réussi) 36 Hours est néanmoins un efficace et plutôt prenant spectacle se concluant sur une belle émotion avec les adieux poignant entre Garner et Eva Marie Saint. Petite curiosité amusante on trouve au casting l’acteur John Banner dans un rôle très proche de celui qui fera sa gloire dans la série Papa Schultz en soldat ahuri.
  
Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

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