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mardi 29 mai 2018

When a Wolf Falls in Love with a Sheep - Nán Fāng Xiǎo Yáng Mù Chǎng, Hou Chi-jan (2012)


Tung est un jeune homme anéanti par le départ de sa copine. Il part s'installer près de Nanyang Street, quartier de Taipei reconnu pour ses écoles préparatoires. Il commence à travailler dans le magasin de photocopies en bas de chez lui et va rencontrer une jeune enseignante lunatique et effacée, Yang. Elle a pour habitude de dessiner des moutons dans les feuilles d'examens distribués à ses élèves. Tung est intrigué par ces griffonnages et, sur un coup de tête, dessine un loup sur la copie originale de l'un d'eux. Yang et Tung vont alors dériver lentement l'un vers l'autre...

When A Wolf Falls in Love with a Sheep est le second film du réalisateur taïwanais Hou Chi-jan qui nous offre ici une sorte de croisement réactualisé des fameux Chungking Express de Wong Kar Wai (1994) et Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet. Il sera donc à nouveau question de jeunes gens soignant leurs maux intimes en enchantant leur environnement. Tung (Ko Kai) brisé par le départ de sa petite amie. Il s’installe ainsi dans un quartier réputé pour ses écoles préparatoires où il espère secrètement la recroiser. La rencontre avec Yang (Chien Manchu) jeune enseignante rêveuse et mélancolique à ses heures sera la possibilité d’une guérison et possible belle romance.

La réussite de Chungking Express et Amélie Poulain reposait sur l’habile dosage entre spleen flottant et réalisme urbain progressivement transcendé par la candeur et fantaisie de ses protagonistes. Pour ce qui est de la fantaisie, Hou Chi-jan déploie tout un arsenal d’atouts formels modernes et percutants allant de la stop-motion à l’animation classique. Malheureusement la transition nécessaire entre la réalité du cadre et son émerveillement progressif par le tempérament des héros ne fonctionne pas tant les effets tape à l’œil semblent omniprésent sans progression ni équilibre dans la fantaisie. Les idées narratives ludiques ne manquent pas à commencer par la complicité dessinée entre Tung et Yang avec ce loup et ce mouton, mais l’ensemble manque trop d’aspérités. Le réalisateur parvient à faire exister ce quartier de Nanyang à Tapei dans ces spécificités (la starifications des professeurs, la multiplicité des cours, l’activité des magasins de photocopie) et ces légendes cachées (la charmante histoire du vendeur de riz masqué et péroxydé) mais ne dépasse pas l’esthétique un peu superficielle et aseptisée pour l’illustrer. 

Cette mièvrerie contamine aussi l’interprétation guère convaincante, là aussi la photogénie et la candeur ne suffisant pas à l’empathie. Dans l’ensemble tout est là pour susciter charme et émotion (les seconds rôles décalés, la jolie dernière scène) mais ce côté lisse en fait un bien tiède avatar des modèles évoqués, dommage. 

Sorti en dvd et bluray chez Spectrum 

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