Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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vendredi 25 mars 2011

Smile - Michael Ritchie (1975)


C'est à nouveau l'élection de Miss Amérique, l'évènement le plus important de l'année pour ses deux organisateurs, Big Bob Freelander et Brenda DiCarlo. Mais cette année, Brenda a des problèmes conjugaux et le fils de Bob s'apprête à faire des bêtises.

Smile constitue en quelque sorte pour le réalisateur Michael Ritchie (qui avant se commettre en atrocités durant les 80's comme Golden Child fut un des auteurs les plus prometteurs du Nouvel Hollywood) la conclusion d'une trilogie entamée avec ses deux premier films, Downhill Racer (1969) et Votez McKay (1971). Dans ces deux films, Ritchie développait une thématique passionnantes sur l'ambition galopante au sein de l'Amérique et qui entraînait un conformisme dangereux sur ses figures les plus en vues. Dans Downhill Racer (La Descente Infernale en vf) Robert Redford incarnait un champion de ski ambitieux et individualiste, avant que ces vertus ne révèlent un être profondément creux ne vivant que pour sa discipline. Dans Votez McKay (traité en début de mois sur le blog) Robert Redford à nouveau était un jeune politicien rebelle qui peu à peu gagné par l'ambition finissait par adopter le discours hypocrite des vieux briscards de la politique qu'il dénonçait afin d'obtenir un siège de député aux élections.

Smile va encore plus loin dans ce discours en s'attaquant à un milieu moins noble que le sport ou la politique et encore plus soumis au conformiste, celui des concours de beauté. C'est plus précisément celui des Miss America Junior dont il est question, avec une horde de lycéennes aux dents longues et au discours formaté. Ritchie offre un montage cruel lors des séquences d'entrevue entre les candidates et le jury, toutes souhaitant bien évidemment plus tard avoir une profession où elles peuvent aider leur semblable, nonnes, vétérinaire, missionnaire et on en passe. L'ironie est encore plus grande quand interviennent les différents numéros individuels de chacune. En voulant dénoncer justement le pouvoir du paraître et des artifices pour célébrer la beauté intérieure, une candidate propose (volontairement) l'effet totalement inverse en s'effeuillant de ses fanfreluches sous l'oeil des males concupiscent.

Plus tard c'est une concurrentes mexicaine qui après avoir amené une certaine fraîcheur parmi la population très WASP s'avère avoir une attitude tout aussi calculée en jouant outrageusement sur l'exotisme de ses origines et offrant du guacamole préparé par ses soin au moindre jury qui passe près d'elle. Les quelques personnages sortant du lot finissent noyés par leurs soif de victoire les incitant à adopter la même attitude que les autres. Un discussions entre deux filles enfonce le clou lorsqu'elles se conseillent mutuellement sur les astuces pour gagner : exagérer tout ses sentiments, fondre en larmes à la moindre occasion et surtout, sourire jusqu'à s'en décrocher la mâchoire. La bande son avec le morceau Smile de Nat King Cole en boucle est là pour nous le rappeler.

Cette transparence des enfants est directement issue de celle du monde des adultes, tous parfaitement odieux. Geoffrey Lewis est un président de concours odieux se préoccupant plus des coûts et de la réputation son évènement que du bien être de ses candidates. Bruce Dern est lui un jury terriblement creux dont les slogans positivistes idiots des concours sont devenus le leitmotiv quotidien et Barbara Feldon préfère voir son mariage s'écrouler plutôt que troubler le concours durant la semaine d'épreuve. Heureusement sous ce constat amer le film est aussi très drôle. Le ridicule et le kitsch de ce genre de concours est poussé dans ses derniers retranchements (le présentateur ringard, les entrainements loufoque) et quelques situations annexe sont hilarantes comme ses adolescents en rut tentant d'obtenir une photo dénudé des belles de passages.

Un poil moins brillant que Downhill Racer et Votez McKay (il est absolument impossible de s'attacher à qui que ce soit ici tant règne le cynisme) mais une grande réussite tout de même, peut être une des dernières de Ritchie dont la carrière allait bientôt sombrer. A noter une toute jeune Mélanie Griffiths parmi les concurrentes !

Disponible en dvd zone 1 chez MGM et doté de sous-titres français

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