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mercredi 9 mars 2011

Trois Samouraïs hors-la-loi - Sanbiki No Samurai, Hideo Gosha (1964)


Des paysans décident de se révolter contre le seigneur local en kidnappant sa fille, ils souhaitent que leur ras-le-bol se fasse enfin entendre aux yeux de cet homme qui se complait dans sa riche situation sans se poser des questions. La famine n'est pas son problème. Mais un rônin de passage fait irruption chez les révoltés, Sakon Shiba est simplement porté par sa curiosité. Il ne peut que se joindre à ces hommes méprisés mais faibles face à la force d'un Seigneur. Le rônin parvient vite à ramener un autre rônin, d'une condition pauvre au point qu'il préfère coucher en prison. Le trio se complète par le garde du corps du Seigneur, qui comprend que son statut d'homme de sabre l'empêche de se prélasser dans une vie stable et calme.

Futur réalisateur majeur du cinéma japonais, Hideo Gosha signait avec ce premier film une grande réussite, sous influence certes mais portant déjà tout les germes de ces chefs d'oeuvres à venir. L'histoire lorgne ainsi fortement en direction des Sept Samouraï de Akira Kurosawa avec cette histoire de ronîn se rangeant du côté de paysans opprés par un administrateur trop tyrannique et sourd à leur revendications. Ces derniers n'ont donc trouvés comme moyens extrême de se faire entendre l'enlèvement de la fille du fonctionnaire. C'est la que leur route croise celle d'un de leur sauveur Sakon Shiba (Tetsuro Tamba) qui va rééquilibrer les forces en prenant leur partie.

On retrouve encore la touche Kurosawa dans la caractérisation des truculente des héros qui rappelle là Yojimbo que ce soit l'aspect ahuri de Sakura lancé dans l'aventure par hasard alors qu'il croupissait e prison ou l'attitude ambigüe de Kikyo homme de main de l'administrateur shogunal hésite entre penser à ses intérêt et suivre son maître ou écouter son coeur et protéger les paysan. Dans ce trio de héros il n'y a qu'un pas évoquer l'influence d'un autre maître, Sergio Leone (plus qu'influencé lui même par le cinéma japonais) qui a poussé au génie cette manière de rassembler des personnalités hétéroclite dans une cause commune.

Mais contrairement au très conceptuel Yojimbo ou au personnages de Leone figés dans leur nature nature icôniques (et ce n'est pas évoqué comme un défaut) Gosha imprègne ses héros d'une profonde humanité sous le masque. Tetsuro Tamba est la droiture incarnée mais laisse suffisamment de failles (après une attitude très rigolarde dans les premières scènes) à son héros pour émouvoir que ce soit son sacrifice de subir cent coup de fouets pour sauver les paysans, sa colère face à la lâcheté finale des survivants et surtout sa volte face finale à tuer son ennemi qui l'a pourtant plus que mériter. Il en va de même Isamu nagato qui en fils de paysan se sent solidaire de leur cause mais qui surtout a une terrible faute à racheter, occasion une très pudique et belle romance. Le plus mystérieux reste le cynique Mikijiro Hira dont on devine les bons penchant mais qui n'ose les manifester jusqu'au flamboyant final.

On devine sous le film d'aventure enlevé la noirceur et l'ambiguïté à venir des grandes réussites de Gosha comme Goyokin à travers ce portrait contrasté des héros, même si d'autres ronins du film s'avère avoir bien moins de scupule qu'eux à se donner au plus offrant et à massacrer femme et enfant. Gosha propose d'ailleurs un festival de morceaux de bravoure brillants, le plus impressionnant restant la conclusion à trois contre une petite armée avec un duel final à la Sanjuro d'une brièveté et d'une brutalité sanglante. Le film est également un modèle d'efficacité narrative avec des enjeux et personnages amorcés en 10 minutes à peine et les interactions entre eux et la foule de péripéties s'enchaînent dans une belle harmonie pour un film étonnamment court, 1h30 à peine. Superbe réussite annonciatrice d'une grande carrière.

Sorti en dvd zone 2 français chez HK Video

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