Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

vendredi 4 mars 2011

Une incroyable histoire - The Window, Ted Tetzlaff (1949)


À New-York, dans un immense immeuble. Ce soir d'été, il fait très chaud dans l'appartement des Woodry. Le fils de la maison, Tommy, ne pouvant pas dormir dans sa chambre, s'installe pour la nuit sur le balcon. À travers son sommeil, il aperçoit, dans l'escalier qui donne en vis-à-vis, un meurtre... Lorsqu'il raconte son histoire, ses parents ne le croient pas . Mais le voisin d'en face sait que l'enfant a vu son geste...

Un petit bijou méconnu que cette modeste production RKO qui trouve son originalité par la transposition du conte L'enfant qui criait au loup (dont un passage est cité en ouverture) dans l'univers du film noir. On découvre ainsi les mésaventures du jeune Tommy (Bobby Driscoll) dont la tendance à inventer des histoires va jouer bien des tours lorsqu'il va se retrouver témoin d'un vrai meurtre perpétré par ses voisins et que personne ne voudra le croire. La première partie développe le quotidien du jeune héros à travers les difficultés que posent à ses parents son imagination débordantes et en profite pour illustrer sous un axe ordinaire l'univers du garçonnet avec cet hall d'immeuble et ses escaliers fort commun des bâtisses new yorkaise.

Bobby Driscoll bouille attachante et débit verbal mitraillette déploie une belle énergie en gamin affabulateur et sa détresse lorsqu'il n'est pas cru pour le crime réel qu'il a vu provoque pas mal d'empathie face à l'incompréhension du monde des adultes. Le scénario accumule malicieusement tout les éléments contre Tommy afin que son entourage mette constamment en doute ses accusations, tandis que le meurtre en lui même annonce la seconde partie avec un terrifiant éclat de violence adoptant le point de vue de l'enfant.

Le film suit ainsi dans son esthétique et sa narration cette dimension de conte originelle. Toute la seconde partie du film développe ainsi les éléments du début (contre plongée selon le point de vue de l'enfant, exploration de fond en comble de la bâtisse) dans un versant ténébreux et terrifiant formant l'exact envers cauchemardesque de l'imagerie proprette aperçue précédemment.

Le film adopte une imagerie classique de film noir avec ses ruelles sombres et menaçante, ses bâtisses imposantes mais vus dans les yeux de Tommy il inspirent une atmosphère pesante qui nous plonge au coeur des terreurs enfantine. La menace s'incarne d'ailleurs en un machiavélique Paul Stewart (habitué des rôle de méchant dans le film noir comme le fameux En quatrième vitesse de Aldrich) qui compose un méchant mémorable. On est constamment surpris par les écarts de violences et de cruauté que se permet le film envers l'enfant, anticipant 5 ans avant certains moment de La Nuit du Chasseur (voire une version enfantine de Fenêtre sur cour).

Ted Tetzlaff ancien directeur photo passé à la réalisation s'y entend d'ailleurs pour faire grimper la tension avec ses cadrages déroutants, ses compositions de plans ténébreuse où chaque recoin sombre constitue un danger dissimulé pour Tommy. La tension monte irrémédiablement jusqu'à une poursuite finale mémorable où le garçon plein de ressources fait face seul et sans défense à ses poursuivants. Même si comme dans tout conte, tout est bien qui finit bien, le film nous aura emmené dans des zones sacrément dérangeante grâce à ses différents écarts. Original et magistralement exécuté, une belle réussite du genre.

Sorti en dvd zone 2 français aux éditions Montparnasse dans la collection RKO

Extrait

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire