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dimanche 20 mars 2011

Théodora Impératrice de Byzance - Teodora imperatrice di Bisanzio, Riccardo Freda (1954)


Au VIe siècle, l’ancienne danseuse Théodora a épousé l’empereur de Byzance Justinien et est devenue impératrice. Elle s’oppose à l’aristocratie et aux généraux, hostiles aux réformes qu’elle inspire à Justinien.En dépit d'élément fantaisiste destiné à donner du piquant au récit, une évocation dans l'ensemble assez fidèle de la vie de l'impératrice Théodora. La première partie du film, pleine de panache est celle qui se permet le plus de liberté et avec une pluie de rebondissement très serial. On assiste à l'ascension irrésistible de Théodora, fille du peuple né d'un dresseur d'ours qui se joue de tout les obstacles pour accéder au trône. Gianna Maria Canale, superstar du péplum italien dans ces années là (elle a déjà collaboré avec Freda dans un sympathique Spartacus) trouve de très loin son meilleur rôle. Arrogante, hautaine, séductrice et d'une intelligence supérieure c'est une vraie transposition de la femme fatale dans l'univers du péplum où personne ne résiste à son charme : un geôlier qui la libère après qu'elle lui ait lancé un regard de braise, des cages remplies de lions qui reste de marbre sans la dévorer (scène assez incroyable les acteurs côtoyant vraiment les fauves sans trucages ni doublure) ou l'empereur Justinien lui même tour à tour perturbé, agacé puis sous le charme (ce qui est vrai l'Histoire disant qu'il était sous le joug de son épouse, vraie dirigeante de l'Empire).

Le personnage acquiert aussi une dimension d'emblème du peuple au sein de la cour, ce qui se manifeste dans un premier temps par une jubilatoire course de char opposant annuellement les nobles au peuple, le vainqueur du peuple étant roi pour un jour en cas de succès. La scène est palpitante à souhait et remarquablement filmée par Freda avec un grand moment lorsque Théodora surgit au milieu de la course et révélant son identité féminine à la stupeur de tous pour gagner triomphalement.

La deuxième partie est plus classique même si revenant à la réalité historique. On assiste aux intrigues de palais des nobles contre Théodora qui poussait son mari à des mesure plus clémente envers le peuple. La religion chrétienne toute puissante en prend pour son grade également avec des dirigeants prétorien corrompus et inquisiteurs. La galerie de méchant est d'ailleurs assez mémorable avec en tête Henri Guisole excellent et fourbe en Jean de Cappadoce. En dépit d'un soucis gros narratif à la fin (L'empereur Justinien joué par George Marchal est une vrai girouette qui reprend et répudie sa femme 5 fois en 20 minutes !) le final est bien spectaculaire avec une grande bataille finale souterraine superbement filmées.

Visuellement c'est un des plus beaux films de Freda qui approche le faste hollywoodien avec un technicolor flamboyant, des décor luxueux et imposants, les quelques moments plus fauchés contournés par le savoir faire du réalisateur comme le lâcher de fauve final où on distingue à peine la différence entre les vraies bêtes et les fausses. Une belle réussite du péplum italien qui devait cependant réellement exploser quelques années plus tard avec le premier Hercule de Pietro Francisi dont on reparle bientôt en ces pages...

Film encore inédit en dvd semble t il (ou alors chercher du côté des dvd italiens) mais assez souvent diffusé sur TCM à guetter donc. Les plus chanceux l'auront vu en salle lors de la rétrospective Freda l'été dernier à la Cinémathèque française !

extrait

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