Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

lundi 13 avril 2015

20 000 ans sous les verrous - 20,000 Years in Sing Sing, Michael Curtiz (1932)

Appréhendé pour de nombreux méfaits, le gangster Tom Connors est incarcéré à Sing Sing et condamné à y purger une peine de détention à vie. Il est persuadé cependant qu'il en sortira très vite, grâce aux relations politiques qu'entretient Finn, son associé. Celui-ci échoue toutefois dans sa tentative de soudoyer le directeur de la prison, M. Long, homme intègre et réfléchi. Décidé à jouer les "fortes têtes", Tom refuse de porter l'uniforme et ne veut à aucun prix accomplir les besognes réservées aux prisonniers. M. Long accepte ses exigences mais lui fait subir, en contrepartie, les conséquences de son attitude.

20,000 Years in Sing Sing perpétue le sous-genre du film carcéral initié cette même année avec le succès de Je suis un évadé de Mervyn Leroy. La Warner exploite donc ce nouveau filon qui s'inscrit néanmoins dans la veine sociale qui caractérise le studio. Le film adapte le roman éponyme de Lewis E. Lawes, ancien directeur du pénitencier de Sing Sing. Ancien gardien ayant gravit les échelons jusqu'aux plus hautes fonctions, Lawes eut ainsi le loisir d'étudier au plus près la psychologie du prisonnier et les méthodes pour qu'il ressorte meilleur de sa détention. Véritable "star" de son corps, il publia ainsi de nombreux ouvrage et s'exprima souvent dans la presse sur la nécessité de réelles méthodes de réinsertions pour les criminels. Il y aurait sûrement eu un film captivant à produire consacrée à sa seule personne mais le film choisit un autre angle, croisant le film de gangster à la James Cagney (initialement envisagé pour tenir la vedette mais alors en pleine renégociation salariale avec le studio) et le mélodrame plutôt que la vraie étude de mœurs en prison.

Tom Connors (Spencer Tracy) un gangster incarcéré à Sing Sing pour une longue peine. Un sort qu'il pense provisoire grâces à ses relations haut placées, la scène d'ouverture montrant Connors tout en fanfaronnades sous le feu des projecteurs soulignant bien cela. C'est par ce même bagout qu'il compte se mettre Paul Long (Arthur Byron), le directeur de la prison, dans la poche. Ce dernier incorruptible et fin psychologue va pourtant peu à peu canaliser le chien fou qu'est Connors. Le film à cause de sa narration trop rapide mais aussi de la bonhomie de Spencer Tracy (convaincant mais jamais complètement intimidant comme pourrait l'être un Cagney au grain de folie omniprésent même dans la légèreté) échoue cependant à traduire la pédagogie que préconise Lawes.

 Ce dernier eu un droit de regard sur le scénario et le montage final (en échange d'un tournage dans la vraie prison de Sing Sing) ce qui peut sans doute expliquer le côté un peu simpliste de certaines situations, notamment Connors devenant docile après quelques semaines d'isolement. Même si à l'inverse nous verrons quelques irrécupérables (la scène d'évasion) tout cela s'enchaîne bien trop vite et sur ces thèmes Le Prisonnier d'Alcatraz (1962) voire plus proche Le Bataillon des sans-amours (1933 traitant lui des maisons de corrections) seront beaucoup plus juste et approfondi. Le polar et le mélo amènent ainsi deux gros rebondissements mettant à l'épreuve les méthodes du directeur et prouvant que Connors a changé, mais tout cela est trop précipitamment amené l'efficacité ayant été préférée à l'immersion.

La mise en scène de Michael Curtiz rattrape cependant grandement ces défauts narratifs. Sa manière de filmer la prison de Sing Sing est ainsi un surprenant mélange de réalisme et stylisation. Le film s'ouvre sur une merveilleuse idée visuelle avec ce plan d'ensemble des détenus, foule anonyme simplement résumés par la durée de leur peine qui s'affiche au-dessus d'eux. L'imagerie se fera oppressante et expressionniste par les jeux d'ombres écrasants qui prolongent les barreaux et l'architecture carcérale dans l'espace, noyant un Spencer Tracy isolé dans les ténèbres de sa cellule. Curtiz lâche aussi une fulgurante scène d'action dont il a le secret avec la séquence d'évasion, brutale et inventive. Pas tout à fait abouti mais intéressant donc.

 Sorti en dvd zone 2 français chez Warner

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire