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jeudi 2 avril 2015

Mon père avait raison - Sacha Guitry (1936)

À 30 ans, Charles Bellanger décide de mettre en pension son jeune fils Maurice. Le même jour, son épouse Germaine lui apprend qu'elle abandonne le domicile conjugal pour vivre avec un autre homme. Charles se ravise et décide de prendre lui-même en charge l'éducation de son fils. Vingt ans après, père et fils sont toujours très unis, mais Charles envisage de donner plus d'indépendance à Maurice en vivant désormais dans des habitations séparées. Il reçoit aussi les conseils et remontrances de Loulou, l'amie de son fils. Il réalise grâce à elle qu'il a induit chez son fils une trop grande méfiance vis-à-vis des femmes. Le même jour, Germaine, qui n'avait pas donné de nouvelles depuis vingt ans, revient le voir et tente de se réconcilier avec lui.

Mon père avait raison s’inscrit dans la série des quatre films à succès réalisés en 1936 et qui après quelques tâtonnements installèrent Sacha Guitry au cinéma : Le Nouveau Testament, Le Roman d’un tricheur, Faisons un rêve et donc Mon père avait raison. Le plus réussi du lot et qui constitue pour beaucoup le chef d’œuvre de Guitry est certainement Le Roman d’un tricheur. Narration audacieuse, mise en scène alerte et inventive et humour mordant, ce film se différenciait des autres car il n’adaptait pas une pièce de Guitry mais un de ses romans. C’est ce qui explique sa liberté de ton et son côté novateur (ce fut notamment un des modèles de Scorsese pour Les Affranchis (1990)) car assujetti du respect du texte alors que les autres films aussi agréables soient-ils souffraient d’un côté théâtre filmé avec le verbe passant avant la mise en scène (décor souvent unique, plan d’ensemble et champ contre champ résumant presque la grammaire filmiques de ses premières œuvres). Mon père avait raison est certainement celui qui a le plus à en souffrir malgré son postulat intéressant.

L’histoire rejoue une comédie de cynisme masculin entre trois générations. Charles Bellanger (Sacha Guitry) est un père de famille qui s’apprête à envoyer son jeune fils Maurice en pension afin de l’endurcir. Ces desseins se voient bouleversés quand le même jour son épouse quitte le domicile conjugal. L’éducation de son fils se fera donc à l’aune de ce drame et Charles sans le savoir fera de lui une sorte de double rajeuni de son propre père (Adolphe Bellanger) séducteur cynique et sans attache jusqu’à un âge avancé. Désormais trentenaire, Maurice vit toujours avec son père et collectionne les conquêtes, fuyant même les vrais sentiments qu’il éprouve pour sa petite amie du moment, Loulou (Jacqueline Delubac). Le retour inopiné de l’épouse/mère (Betty Daussmond)  disparue depuis vingt ans va remettre cette situation en cause.

On savoure le brio des dialogues, notamment les retrouvailles entre Charles et son épouse en quête de rachat et l’échange illustre avec brio le mélange de rancœur, regret et sentiments pas tout à fait éteint du couple. A cela s’oppose la fraîcheur de Jacqueline Delubac, jeune amoureuse prête à tout pour dérider son homme et la scène entre elle et Guitry constitue un pendant plus naïf et positif de l’image du couple. Guitry pose un regard aussi attachant sur l’homme mûr revenu de tout que le jeune homme qui se doit d’avoir ce regard candide, cet amour fougueux. Plaisant donc, mais terriblement statique et un peu longuet du fait de cette réalisation sans idée et se contentant d’illustrer la pièce. Il faudrait attendre les œuvres suivantes pour que le cinéma s’intègre définitivement à l’univers de Guitry.

Sorti en dvd zone 2 français chez Gaumont

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