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mercredi 16 juin 2021

Memories of Whale Island - kujira no shima no wasuremono, Makino Yuji (2018)


 Memories of Whale Island est le premier film de Yuji Makino, jeune réalisateur natif d’Okinawa. Le film accompagne ainsi dans la démarche à la fois culturelle et économique consistant à révéler des talents locaux à travers des productions se déroulant à Okinawa tout en mettant en valeur son environnement. Le film s’inscrit dans le cadre de la célébration des 45 ans des relations diplomatiques entre le Japon et le Vietnam. Ces éléments sont des atouts qui ont permis au film de se faire mais constituent également un cahier des charges où le résultat final manquerait de consistance. Heureusement, il n’en sera rien avec une sobre et délicate romance scrutant les liens et différences possibles entre le Japon et le Vietnam.

Le rapport aux deux pays se traduit tout d’abord par des souvenirs douloureux et un reniement pour les deux héros, la Japonaise Aimi (Ito Ohno) et le stagiaire vietnamien Kohai (Win Morisaki). Aimi est de retour à Okinawa, après y avoir passé un séjour dans son enfance avec sa mère, pour travailler dans une agence de tourisme. Complexée et timide, on devine qu’un drame d’enfance liée à l’île est la cause de son attitude. A l’inverse, l’attitude plus joviale et rêveuse de Kohai prend également source dans une enfance pauvre le faisant s’émerveiller de la vie japonaise et du cadre d’Okinawa. Ces éléments se dévoilent progressivement au fil d’une séduction empruntée où ce poids du passé s’inscrit dans un contexte intime mais également lié à l’histoire du Japon – Aimi ayant perdu sa famille dans le tremblement de terre de Kobé en 1995. 

Les deux acteurs dégagent une belle vulnérabilité et l’alchimie dans leur jeu contribue à l’atmosphère feutrée du film. Yuji Makino contrebalance cette tonalité intimiste par un cinémascope ample qui magnifie les paysages d’Okinawa lors d’une splendide séquence d’excursion. Au vu du « contraintes » évoquées en début de texte, on pourrait y déceler les facilités d’une imagerie touristique – auquel le film cède tout de même un peu lors d’une trop brève séquence au Vietnam – mais le réalisateur lie constamment l’espace aux sentiments profonds des personnages. Ce sont justement les grands espaces qui permettent les confidences et les retrouvailles finales avec une photo se faisant crépusculaire et lumineuse à la fois pour traduire les sentiments contrastés. De plus, la symbolique de la baleine dont les personnages guettent les spectaculaires reprises d’air est fondamentale puisqu’ils n’y assistent que lorsqu’ils auront à leur tour repris goût à la vie. 

Une œuvre sensible et attachante donc, qui ne décevra que par la pudibonderie (même après la déclaration d’amour attendue, le lien des deux reste toujours aussi chaste) et la mièvrerie de ses dernières minutes. 

Sorti en dvd japonais

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