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mardi 7 mars 2023

The Shinjuku Love Story - Shinjuku Jun'ai Monogatari, Hiroyuki Nasu (1987)

 Ichijoji Fumimaro est un punk des rues qui tombe accidentellement sur Mari et son chat. Les deux tombent immédiatement amoureux mais sont poursuivis à la fois par la mafia et par des flics corrompus. 

Dans les années 80/90 le cinéma d'action vit son âge d'or à coup d'icônes musculeuse aux Etats-Unis tandis que la folie, la démesure et le bouillonnement créatif se situe à Hong Kong. Shinjuku Love Story vient démontrer que le Japon a encore son mot à dire avec cette merveille d'efficacité. Le film (adapté d'un roman de Jôtarô Kuwahara) semble être un prétexte à battre le fer tant qu'il est chaud pour son réalisateur Hiroyuki Nasu et sa star masculine Tôru Nakamura. En effet depuis 1985 Hiroyuki Nasu est le principal réalisateur de la franchise Be-Bop High School, manga furyo (portant sur la délinquance japonaise, sous-genre très populaire dans les années 80) de Kazuhiro Kiuchi qui remporte alors un grand succès au Japon.

La première adaptation en prise de vues réelles sort en 1985 et remporte un immense succès, faisant de Tôru Nakamura une vedette. Dès lors la machine commerciale s'enclenche et la saga engendrera pas moins de sept films, dont six entre 1985 et 1988 tous réalisé par Hiroyuki Nasu. L'année 1987 voit même deux opus sortir, Be-Bop High School: Kōkō Yotarō Kōshinkyoku en mars et Be-Bop High School: Kōkō Yotarō Kyōsō-kyoku pour la fin d'année en décembre. Pour surfer sur cette popularité et proposer un spectacle dans la continuité tout en étant différent, Hiroyuki Nasu et Tôru Nakamura se retrouvent donc pour Shinjuku Love Story qui sortant en juillet, permet aux fans de patienter entre deux opus de la franchise phare.

L'argument est vraiment un prétexte au déferlement d'action. Fumimaro (Tôru Nakamura) est un jeune marginal qui suite à une collision avec son chat va rencontrer la lycéenne Mari (Mina Ichijôji). L'attirance est immédiate mais plusieurs concours de circonstances (manque d'argent pour régler une note de restaurant) et surtout la manière toujours trop musclée de les résoudre de Fumimaro va entraîner le couple dans des problèmes qui vont leur attirer les foudres des yakuzas puis de policiers corrompus. Le titre Shinjuku Love Story est bien choisi, puisque tout le film consiste (entrecoupé de petits intermèdes romantiques) en une longue course-poursuite dans le quartier phare de la ville de Tokyo. 

On part du côté le plus touristique, iconique et lumineux en traversant Akihabara et ses boutiques de jeux vidéo, les vues en plongées de la célèbre avenue, avant de progressivement explorer les bas-fonds plus inquiétants. Tous les protagonistes sont des archétypes, Fumimaro représentant le dur à cuir ténébreux au cœur tendre faisant craquer les filles, Mari l'amoureuse candide et naïve tandis que les yakuzas et les policiers ne sont des mines patibulaires à affronter (hormis un jeune boss yakuza plus coriace et charismatique). Les prémices de la spirale infernale qui va entraîner nos personnages sont amenés assez grossièrement, l'important est de lancer l'action et de ce côté-là on est plutôt servi.

La bascule est assez marquée dans les environnement et l'échelle de violence. Les premières escarmouches ont lieu dans des cadres familiers (galerie commerciale, restaurants, grande artères urbaines) où Fumimaro se contente de se défendre, fuir l'adversité et causer involontairement sa perte (la demande de prêt maladroite chez les yakuzas). Plus le récit avance, plus ces arrière-plans se font exigus, plus les ténèbres prennent le dessus et la brutalité des affrontements avec. La variété des lieux et l'inventivité constante de Hiroyuki Nasu à exploiter leur cinégénie (notamment grâce à la belle photo de  Takeshi Hamada ) laissent deviner une grosse influence du jeu vidéo de plateforme, notamment orienté bagarre (Double Dragon un des titres les plus fameux de cette veine sort d'ailleurs en avril 1987 sur NES). Les dantesques quarante dernières minutes voit donc Fumimaro défier ses ennemis dans une serre souterraine, des tunnels de métro en chantier, un hôpital désaffecté. 

Toujours dans cette logique de jeu vidéo, chaque nouvel ennemi se définit par une aptitude ou arme spéciale qui constitue un nouveau défi physique à relever (katana, lance-flamme et autres joyeusetés) pour Fumimaro. Hiroyuki Nasu se montre assez virtuose et inventif pour mettre tout cela en valeur, usant d'un découpage brillant qui met autant en valeur la topographie des lieux que les capacités de ses acteurs. Les corps à corps sont féroces, la pyrotechnie est spectaculaire et le passif d'adaptation de manga se ressent par la capacité à lâcher quelques plans iconiques assez jubilatoires. Ainsi le moment où Fumimaro s'empare d'une mitrailleuse (cette escalade fait d'ailleurs passer de l'arme blanche aux armes à feu dévastatrices) en semble littéralement prendre la pause un court instant avec le gigantesque engin est une vraie signature. Les chansons de j-pop qui rythment les morceaux de bravoure les plus fous rappellent d'ailleurs ce même type de moments dans la série animée Nicky Larson/City Hunter, et pour laquelle là aussi le quartier de Shinjuku était presque un personnage secondaire.

Donc si l'on joue le jeu et n'est pas trop regardant sur l'histoire et la caractérisation (le couple restant très attachant malgré les stéréotypes notamment Tôru Nakamura aussi charismatique dans l'action que gentiment maladroit en amour), c'est la promesse d'une belle décharge d'adrénaline sans temps mort.

Sorti en dvd japonais

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