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samedi 21 septembre 2013

Le Marin des Mers de Chine 2 - Project A 2 ou 'A' gai waak juk jap, Jackie Chan (1987)


Au début du XXe siècle à Hong Kong, l'incorruptible Sergent Dragon, fort d'avoir mis hors d'état de nuire le pirate San Po, se voit confier la surveillance du plus dangereux district de la province de Hong Kong. Une fois sur les lieux, il doit arrêter de dangereux criminels mais se heurte à la corruption dramatique de la police locale, qui cherche à se débarrasser au plus vite de ce nouveau collègue trop zélé.

Noyé malgré lui dans la vague des sous Bruce Lee pour ses premiers rôles importants au cinéma sous l’égide de Lo Wei (La Nouvelle Fureur de vaincre en 1976), Jackie Chan se sortira bien vite de cette impasse en s’inventant ce personnage de jeune chien fou plus vulnérable, comique et casse-cou qui lui vaudra un succès immédiat. La star restera cependant dans un premier temps dans le registre du kung fu pian classique avant que le succès du Marin des Mers de Chine (1983) n’en fasse ce héros universel transcendant les genres, du film d’aventures (Opération Condor, (1991) au polar avec la série des Police Story notamment. Dès lors, Jackie Chan devient une sorte d’équivalent contemporain d’un Charlot (Charlie Chaplin) ou Malec ((Buster Keaton), promenant son personnage sans peur et sans reproche dans des univers divers et variés. Cette optique entraîne désormais un cahier des charges strict sur lequel se casseront les dents les réalisateurs qui travailleront avec la star, surtout les plus chevronnés comme Kirk Wong franchissant tous les écarts de violence et de bon goût dans un Crime Story (1993) loin du côté ludique et aseptisé habituel de Jackie. Le maître Lu Chia Liang lui-même en fera les frais, viré en cours de tournage du fabuleux Drunken Master 2 (1994).

C’est cette assurance et cadre plus défini et balisé qui fait toute la différence entre Le Marin des mers de Chine et sa suite, dans les réussites comme les ratés. Une nouvelle fois à la mise en scène, Jackie Chan y assume pleinement  son statut de star et donc exit les acolytes des Lucky Stars (Yuen Biao et Sammo Hung coincés sur le tournage du film de commando de Hung Eastern Condors) qui amenait une loufoquerie et un humour cantonais gras bienvenu dans le premier volet. Le récit d’aventure limpide de 1983 laisse également place à une intrigue plus ambitieuse où se mêle fresque policière et espionnage, Dragon (Jackie Chan) y étant confronté à des mafieux et policiers corrompus ainsi qu’à des révolutionnaires chinois (où l’on trouve les futurs vedettes Rosamund Kwan et Maggie Cheung qui débutèrent en faire-valoir féminin de Jackie). 

Pour le meilleur cela donne un film formellement bien plus abouti. Décors et costumes font preuve d’un raffinement certain avec ces plans d’ensemble somptueux du quartier où officie Dragon et la longue séquence de la soirée mondaine épate par son luxe ambiant.
Malheureusement cette suite s’avère inférieure par son manque de fantaisie. Le désormais formatage de la formule Jackie Chan affecte grandement le personnage de Dragon dont on se demande bien s’il est le même que dans le premier film. Mature et moins chien fou, il est bien plus lisse et perd en intérêt alors que les comparses déjantés qu’étaient Sammo Hung et Yuen Biao le faisaient réellement exister dans l’épisode précédent.

Quand ce personnage incorruptible enfreignait la loi pour aider Sammo Hung au nom de l’amitié, cela avait bien plus d’impact que le renfort final qu’il apportera aux révolutionnaires ci. De même, le revirement (façon Han Solo dans le premier Star Wars) de ce même Sammo Hung oubliant son intérêt personnel pour revenir aider Jackie était autrement plus fort que le secours tardif des révolutionnaires (tellement anecdotique que filmé hors chant lorsqu’ils sauvent Jackie de la noyade). En gros on a là un exemple de tout ce qui sépare un classique de la formule calibrée.

Les scènes d’actions souffrent également de ce formatage. Objectivement, le film est sans doute aussi (si ce n’est plus) spectaculaire que l’original mais laisse étrangement l’impression inverse. Les environnements sont bien moins variés (rendant d’ailleurs le titre français d’autant plus incongru), rendant les moments noyant les passages spectaculaires dans une certaine répétition. Seule la toute dernière partie semble retrouver un vrai grain de folie tel ce moment où Jackie frotte du piment rouge dans les yeux de ses adversaires ou bien sûr lorsqu’il survit miraculeusement à la chute d’un gigantesque échafaudage. Auparavant les pourtant nombreuses acrobaties de Jackie Chan (glissant le long d’échelles, sautant de maison en maison ou escaladant les murs avec une vélocité stupéfiante) auront presque laissé indifférents car l’efficacité aura pris le pas sur l’inventivité. 

Aucun équivalent à l’extraordinaire séquence de la poursuite en vélo ici et le grand classique de la comédie cantonaise qu’est le cache-cache de personnage antagonistes dans une maison est ici raté dans les grandes largeurs. Signe de cet affadissement, les féroces pirates du premier film sont devenus des faire-valoir comique et poissards qui noueront presque amitié avec un Jackie définitivement trop gentil. Une suite qui constitue un divertissement tout à fait honorable mais qui n’approche jamais l’émerveillement de son glorieux aîné car trop calculé

Sorti en dvd zone 2 français chez HK Vidéo

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