Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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vendredi 13 septembre 2013

Roujin Z - Rōjin Z, Hiroyuki Kitakubo (1991)

Dans un futur proche, l’humanité a réussi à dompter la technologie et bénéficie de tout le confort moderne. Mais un dernier enjeu pèse sur la société : le vieillissement de la population. Pour résoudre ce fléau grandissant, la médecine est remplacée par la robotique avec la création d’une machine nommée le « Z-001 », capable de prodiguer tous les soins nécessaires aux personnes âgées. Kijûrô Takazawa est le premier cobaye contraint à tester ce robot, bien que ce dernier ait souhaité rester avec son ancienne infirmière, la jeune Haruko.

Le vieillissement de la population est un problème majeur au Japon depuis de nombreuses années déjà, en faisant la nation la plus âgée du monde avec récemment plus de 20% des japonais ayant 65 ans et plus. Le problème commença à se ressentir plus fortement à la fin des 80's, le grand Katsuhiro Otomo se penchant sur la question lorsqu'il scénariserait le manga Zed et sa transposition dans ce Roujin Z dont il laisse la réalisation à Hiroyuki Kitakubo et s'entourant de futurs cadors dans l'équipe technique comme Satoshi Kon.

Le récit nous place dans un futur proche où ce vieillissement est devenu critique, laissant le ministère de la santé débordé face au manque de personnel pour s'occuper des seniors. Une solution semble être trouvée avec le robot "Z-001", intelligence artificielle apte à répondre et prévenir tous les besoins et désir du vieillard. Tous sauf la proximité, le réconfort et la chaleur humaine comme va l'expérimenté le malheureux premier cobaye Kijûrô Takazawa laissé à la merci de la machine. On retrouve là un élément typique de la culture japonaise à savoir répondre à une crise par un savoir-faire technologique soit précisément ce qui permit de relever économiquement le pays brisé au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.

Le traumatisme d'Hiroshima (auquel on peut ajouter l'actualité récente qu'on connaît) constitue le pendant inverse et schizophrène de cette mentalité avec cette même technologie et modernité pouvant se retourner contre vous, ce qui va bien entendu arriver ici. Les possibilités trop étendue de la machine vont donc progressivement une arme de destruction en se soumettant aux volontés du vieillard qui sème bien malgré lui le chaos. Nostalgique de ses sorties en mer avec son épouse, ce désir va être exaucé par le Z-001 qui va dévaster la moitié de la ville pour le mener à destination, les bienfaits (la machine est doté de la voix de l'épouse disparue de Takazawa) comme le danger de cette modernité sont donc représentés à travers cette démarche louable tout en dénonçant l'inhumanité des concepteurs lors de la cruelle séquence où sont présentés les possibilité de la machine.

Loin du ton désespéré de Akira (1988), Otomo use plutôt ici d'un ton léger et plutôt caustique pour évoquer le sujet même si l'émotion fonctionne grâce au personnage d'Haruko, infirmière bénévole dédiée à son patient. Cela n'empêchera pas Otomo de s'abandonner à son gout de la destruction des visions d'apocalypse, un peu trop d'ailleurs dans la seconde partie presque trop spectaculaire où le robot gagne en taille et puissance pour semer le chaos.

C'est tout de même une forme de victoire pour notre vieillard qui aura finalement pris le pouvoir sur la machine et maintenant ainsi un esprit et une âme humaine toujours vibrante malgré les ravages du temps. L'hilarant épilogue apporte ainsi une belle touche à cette idée avec l'apparition d'une drôle d'incarnation de Bouddha. Pas le meilleur travail d'Otomo mais très pertinent et plaisant.

Sorti en dvd zone francçais et blu ray chez Kaze

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