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dimanche 12 janvier 2014

Les Gladiateurs - Demetrius and the Gladiators, Delmer Daves (1954)


Démétrius (Victor Mature) est un ancien esclave affranchi. Il est l'ami de Pierre (Michael Rennie) et a rapporté de Galilée la tunique du Christ. Caligula (Jay Robinson), alors empereur, désire s'approprier cette relique qui permettrait la vie éternelle. Démétrius frappe un décurion qui avait brutalisé sa fiancée. Il est arrêté et condamné à combattre dans l'école de gladiateurs de Strabo (Ernest Borgnine) qui appartient à l'oncle de Caligula, Claude (Barry Jones), époux de Messaline (Susan Hayward).

La Tunique (1953) de Henry Koster avait plutôt raté sa première vertu de  spectaculaire en mettant guère en valeur les possibilités du cinémascope mais se rattrapait en reliant sa trame biblique à un destin individuel poignant avec le personnage de Richard Burton. Une suite se tournait pourtant parallèlement et allait combler les manques du film de Koster avec Les Gladiateurs de Delmer Daves. Le film s'ouvre sur la mort des deux héros chrétiens de La Tunique pour laisser la place à Démétrius formidablement incarné par Victor Mature. 

On suit ici son parcours initiatique où au départ chrétien pieux et discret sa foi vacille suite au meurtre de sa fiancée. On inverse donc ici la construction de La Tunique avec un héros passant de la foi à la perdition, un choix dramatiquement bien plus intéressant que la piété inébranlable du premier film. L’idée est pourtant la même, illustrer le cheminement personnel du héros dont la paix intérieure se confondra à sa foi chrétienne. 

On y gagne donc avec un récit plus romanesque où Démétrius perd tout et entame une lente déchéance morale où seuls ses bas-instincts de violence (en devenant un gladiateur idole des foules assoiffées de sang) et charnels  (dans les bras de la vénéneuse Messaline incarnée par Susan Hayward) sauront le satisfaire. La fameuse tunique du Christ du film précédent est une nouvelle fois ici l'objet de toutes les convoitises, les romains lui prêtant même des pouvoir magique conférant l'immortalité. 

Produit en même temps que La Tunique comme déjà dit, le film souffre du coup du même léger manque d’envergure  mais Daves déploie une toute autre énergie que le mollasson Koster. La scène où Démétrius fait face à tous les assassins de sa fiancée dans l'arène et de rage les décime à lui seul est un moment d'anthologie, d'une brutalité inouïe pour l'époque et filmé avec une efficacité rare par Daves. Les centurions exultent, lui font une ovation et le spectateur a envie de faire de même devant ce morceau de bravoure, tout comme cet autre moment impressionnant (que Ridley Scott a repris dans Gladiator) où Démétrius affronte trois tigres affamés.

Ces combats démesurés ne doivent n’écarte cependant pas le film du message de paix et de tolérance prônant la coexistence des chrétiens et des romains avec ce final où Démétrius refuse de se battre et est soutenu par toute l'arène.  Oubliant enfin sa propre rage, notre héros refuse enfin d’être un instrument de violence. 

Bien meilleur que le premier volet, Les Gladiateurs souffre par contre une nouvelle fois de la prestation trop théâtrale de Jay Robinson en Caligula qui tombe plus d’une fois dans le ridicule. Le personnage autorise bien sûr une interprétation outrancière " de Tinto Brass (Malcolm McDowell irait encore plus loin dans le Caligula de Tinto Brass) mais là c'est plutôt embarrassant. Un beau diptyque en tout cas. 

Sorti en dvd zone 2 chez Fox

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