Bouffeur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que ça intéresse tout mes visionnages de vieilleries, coup de coeur et nanar potentiels. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau visionnage et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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jeudi 9 janvier 2014

Samsara - Ron Fricke (2013)


Tourné dans 25 pays, durant 5 ans, “Samsara” explore les merveilles de notre monde. C’est un voyage extraordinaire, une méditation sans paroles.

Samsara vient combler une longue attente pour les nombreux adorateurs du cultissime documentaire Baraka (1992), sorti près de vingt ans plus tôt. Filmé aux quatre coins du monde Baraka était un spectacle à la beauté et à l'ambition démesurée, offrant une réflexion sur les origines de l'humanité, l'avenir de l'homme, son rapport à la spiritualité et bien d'autres choses encore. Le film prêtait à de nombreuses interprétations car reposant sur la seule puissance évocatrice de l'image et notamment le montage sensitif et basé sur l’association d’idées. 

Des coins les plus reculés de la planètes en passant par les cités les plus surpeuplés et urbanisées, de la froideur mécanique des usines à la chaleur des communautés les plus primitives, des citadins les plus déshumanisé aux croyances les plus étranges et exaltées, des bâtiments ultra moderne aux vestiges du passé, le film était une splendeur visuelle de tous les instants.  Le tour de force technique était impressionnant avec les angles de prise de vues offrant une majesté inouïe aux images et où l'on devinait le degré d'implication et de danger exigé d’un Ron Fricke très inspiré du tout aussi fameux Koyaanisqatsi de Godfrey Reggio sur lequel il fut directeur photo. 

Le rythme hypnotique, la photo une bande son fabuleuse de Michael Stearns et Dead Can Dance (dont le titre Host of Seraphim est indéracinable du film) avaient également contribués la splendeur du film. Un tel résultat avait exigé une somme d’effort considérable pour Ron Fricke et son équipe ayant parcouru le monde durant trois ans pour offrir ces images extraordinaire. La suite longtemps promise devait donc attendre presque deux décennies et un tournage tout aussi épique (ayant duré cinq ans et traversé 25 pays) avant de de permettre de voir Samsara en 2011 et 2013 en salle en France.

On retrouve toutes ces qualités dans ce nouveau film qui nous offre comme attendu des images à couper le souffle. On navigue entre presque dans le conte fée avec cette ouverture sur ce palais installé dans les hauteurs d’une montagne et le titre du film (Samsara signifiant  « ensemble de ce qui circule »  en sanskrit)  se justifie par ce début imprégné de mysticisme indien avec ces rituels, des visions et une atmosphère baignant dans l’imagerie bouddhiste. Après les origines de l’homme, c’est au cycle de la vie que souhaite nous convier Ron Fricke à travers ses images (le début et la fin étant similaires pour signifier cette approche. 

Le spectacle est envoutant, les paysages urbains offrant des panoramas hypnotiques (que ce soit le sentiment fourmilière en ébullition lors de ces plongées sur des autoroutes tentaculaires ou l’aspect de lucioles démultipliées quand ce monde urbain est noyé dans une nuit de néons) et presque futuriste. On a parfois le sentiment de carrément se trouver sur une autre planète grâce aux cadrages impressionnants de Fricke lorsqu’il pénètre dans l’intimité de temples sacrés ou obtient une profondeur de champ inouïe  en capturant l’infinité et le mystère de certain lieux visités (on pense à ce toit tout en draperie aux couleurs vive voletant à perte de vue).

Samsara n’égale cependant pas Baraka par manque de subtilité dans son message. Baraka laissait était une invitation à l’abandon, laissant totalement naître l’émotion d’images dont la magie était pour l’essentiel captée sur le vif, saisissant chaque moment impromptu à travers sa caméra. Le message naissait de l’association de ces images même si bien sûr Fricke possédait un plan général de son film. 

Ici le message prime et guide les images, ce qui donne une rare lourdeur dès que l’ensemble se veut engagé. La chaîne de l’alimentation allant de l’élevage cruel de volaille en batterie (scène complètement reprise de Baraka d’ailleurs) jusqu’au rayon charcuterie et les fast-foods n’est pas très fine notamment. Il en va de même sur la dénonciation du culte du corps avec cet enchaînement entre automate au regard vide mais si proche de l’humain dans leur conception avec des bimbos dansant en maillot de bain mais guère plus habitées. 

Entre les deux, un insert d’obèse pour bien appuyer sur l’imperfection provoquée par les dérives de l’homme moderne après avoir fait admirer les corps nus et libérés d’autochtones de divers contrées. La grâce n’est pas absente dans cet optique (la danse dans la cour de la prison) mais on tombe à côté le plus souvent par surlignage tel cette homme se maquillant et simulant les mutilation en reprenant les peintures tribales. Un fond simpliste qui fait de Samsara un livre d’images magnifique, superbement mis en scène (le format 70 mm fait son petit effet) mais loin de l’aura de son prédécesseur voir de ses avatars dans la fiction comme l’excellent The Fall (2006) de Tarsem.

Sorti en dvd zone 2 français et bluray chez ARP



2 commentaires:

  1. Oui, c'est vrai que Samsara a des airs de déjà-vu (c'est un décalque amélioré de Baraka, pour faire court) et qui enfonce pas mal de portes ouvertes. Mais que les images sont belles, que le spectacle est grand (je l'ai vu à sa sortie sur grand écran, frissons garantis !)… Cette séquence à la Mecque m'a juste laissé sans souffle, bouche bée complètement...

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  2. Clair si le fond ne suit pas en tout cas on en prend plein les mirettes je l'ai loupé en salle (à Paris il passait au Max Linder je crois ça devait être une expérience) mais le bluray est magnifique

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