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mercredi 17 septembre 2014

Le Sens du devoir 3 - In the Line of Duty 3, Brandy Yuen et Arthur Wong (1988)

Après une intervention musclée en pleine rue, Yeung, jeune policière en uniforme, est mutée dans la section criminelle dirigée par son oncle. Ce dernier voulant maintenir sa nièce à l'écart de tous les dangers, il lui demande d'escorter un policier japonais venu à Hong Kong pour enquêter sur un couple de dangereux braqueurs. Une mission en apparence tranquille qui va vite tourner au carnage.

Les deux premiers épisodes de la série Le Sens du devoir (1985 et 1986) avait permis de conjuguer l’action au féminin au sein du cinéma de Hong Kong (dans le sous genre dit « girls and guns »), faisant de Michelle Yeoh une star avec son personnage de fliquette teigneuse et casse-cou.  L’actrice va cependant mettre sa carrière entre parenthèse après son mariage avec le producteur Dickson Poon en 1986, laissant le rôle vacant. La saga se poursuivra néanmoins avec la taïwanaise Cynthia Khan qui reprend le flambeau dans ce troisième épisode. Le premier volet était doté d’une vraie bonne trame policière agrémenté de moments d’actions survoltés tandis que le deuxième était nettement plus chaotique et assez prétexte dans son argument à déployer des morceaux de bravoure dont la furie rattrapait bien les défauts. Ce troisième volet cumule les qualités et les tares de ces prédécesseurs. La trame (assez voisine du premier) voit la jeune policière Yeun (Cynthia Khan) s’associer au policier japonais Nakamura (Sai-Kit Yung)  venu à Hong Kong traquer un couple de tueurs (Hiroshi Fujioka et Michiko Nishiwak) responsable de la mort de son partenaire.

Le récit alterne gravité (avec la prestation très convaincante de Sai-Kit Yung en flic vengeur) et grosse comédie avec une Cynthia Khan entravée dans sa carrière par un oncle chef de sa section n’osant pas l’envoyer au front. On tend vers plus de noirceur lorsqu’entre en scène le duo de tueurs, ténébreux et charnel à souhait et apportant une dimension romanesque tragique puisque l’homme est mourant. Partagé entre leur cause politique et leur amour passionné, ils se consument dans le court temps qui leur est imparti tout en affichant une détermination meurtrière sans faille dans leurs méfaits sanglant. On reste au départ dans une narration relativement équilibrée qui introduit intelligemment les personnages. 

Cynthia Khan (dont c’est le premier rôle cinéma) ne singe jamais Michelle Yeoh, apportant une fraîcheur et une féminité plus prononcée tout en restant solide dans le registre dramatique et bien évidemment fait montre de sacrées aptitudes martiales. Alors que Michelle Yeoh faisait preuve d’une certaines vulnérabilité et montait en puissance au fil du récit, Cynthia Khan en impose d’office en vraies teigne dès le premier combat où elle abandonne sa tenue de pervenche pour alpaguer brutalement un voleur. Toutes ses joutes seront de sacrés moments, les chorégraphies nerveuse de Brandy Yuen faisant preuve d’une nervosité réjouissante où les bottes secrètes et les coups rageur pleuvent. L’influence d’un Jackie Chan s’estompe d’ailleurs par rapport au deux premiers films avec des cascades physiques plutôt rares pour privilégier le côté polar avec gunfights, explosion et combat physique.

Malheureusement le film se perd un peu dans sa dernière partie délaissant ses sous-intrigues intéressantes (y compris celle de l’homme d’affaire Yamamoto qui s’évapore du récit sans rien résoudre) pour privilégier le déluge d’action. Le policier vengeur est relégué au second rang et toute la facette viscérale de sa quête bâclée, le couple de tueurs voit l’homme mourir de façon assez  expéditive. Seule la rage de la femme est montrée mais sans prendre le temps d’exprimer sa douleur pour donner plus de force à l’affrontement final. 

 Le dernier face à face dans un hangar fait son effet avec tous les ustensiles et outils en place devenant des armes meurtrières, les hommes sont relégués au second plan pour laisser place au duel féminin bien furieux entre Cynthia Khan et Michiko Nishiwak. L’amateur d’action trouvera donc son compte avec ce volet mais il est dommage que la profondeur entraperçues s’évapore pour de la pure exploitation et un traitement routinier. Cynthia Khan aura en tout cas convaincu ses producteurs avec le succès du film et le quatrième épisode signé Yuen Woo Ping serait un retour en force fabuleux et doté d’un renfort de choix en la personne de Donnie Yen. 

Sorti en dvd zone 2 français chez Metropolitan

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