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mercredi 15 septembre 2010

SOB - Blake Edwards (1981)


Le dernier film du célèbre cinéaste Felix Farmer est un échec retentissant. Accablé par la critique, abattu par le départ de sa femme, Farmer sombre dans la déprime. Afin de sauver son film, il décide d'en tourner une version érotique.

Remis en selle par la reprise de la serie des Panthère Rose au milieu des 70's et par le succès de Elle, Blake Edwards eut les coudées franche pour réaliser cette farce corrosive sur le milieu Hollywoodien. Edwards avait déjà donné dans le genre sur un mode plus léger dans The Party où Peter Sellers dynamitait de sa maladresse une soirée huppée hollywoodienne. Ayant eu entre temps maille à partir avec les studios lorsqu'il fut dépossédé du montage de son western Deux hommes dans l'ouest, son fiel est autrement plus aiguisé dans ce SOB (abréviation de Son of a bitch le ton est donné) où il fait feu de tout bois.

C'est bien simple hormis un chien (accompagnant le gag fil rouge macabre où homme meurt d'une crise cardiaque dans l'indifférence générale) et le réalisateur doux dingue campé par Richard Mulligan, tous les personnages sont plus retors, hypocrite et décadent les uns que les autres. Patrons de studio tyrannique, agent manipulateurs, faux amis arrivistes et starlettes ambitieuses forme une galerie des plus détestable. L'adage qui veut qu'on vaut ce que son dernier film a rapporté au box office se vérifie d'emblée lorsque le héros Richard Mulligan voit sa dernière comédie musicale faire un four, avant qu'il ait l'idée saugrenue de la remonter pour en donner une version érotique. Tour à tour lâché par les studios puis finalement dessaisit lorsqu'un profit potentiel se fait sentir, malgré sa folie (le début montrant ses multiples tentatives de suicides avortées est tordant) il représente l'artiste intègre accroché à sa vision qu'un entourage néfaste va contrecarrer.

Julie Andrews qui avait depuis longtemps déjà réussi à se sortir de l'image de Mary Poppins s'en joue ici avec brio dans le rôle d'une star associée à la pureté enfantine qui dans la réalité est obsédée par son image et les dollars, jurant comme un charretier quand les choses ne tournent pas en sa faveur. On sent la jubilation de l'actrice à malmener ce qui a fait sa gloire à la manière de son personnage osant un rôle érotisant et la fameuse séquence où elle dévoile sa poitrine occasionne un flamboyant instant de comédie musicale magistralement filmé par Edwards.

Les dialogues sont outranciers et vulgaires à souhait et les voir prononcés par un casting haut de gamme ne les rend que plus forts avec notamment un fabuleux William Holden (buveur et noceur vieillissant un rôle de composition !) et Robert Preston grandiose en médecin lorgnant sur le dealer. Edwards ose même quelques allusion ouverte à des personnalités existante, le patron étranger ignare vociférant au téléphone évoquant clairement Bluhdorn propriétaire de la Paramount dans les années soixante dix.

On reprochera tout juste une certaine longueur par instants mais certains gags irrésistibles et la conclusion acide avec son montage parallèle entre adieux sincère et funérailles hypocrite en grande pompes font preuve d'une telle férocité qu'on ne peut que jubiler. Un des grands Blake Edwards qui allait embrayer sur le tout aussi brillant Victor, Victoria l'année suivante, certaines audaces de SOB en annonçant bien des aspects.

Disponible uniquement en dvd zone 1 doté d'une vf et de sous titre français, sorti chez Warner.

Extrait de la scène d'intro

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